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01 février 2015

Comment prévenir la radicalisation dans les prisons : Foudil Benabadji sera mon invité le 8 février

Intérieur de la prison de Fresnes


Est-il besoin de le rappeler ici ? J'ai été comme tous mes auditeurs à la fois choqué et horrifié par cette semaine de tueries au mois de janvier, qui a fait 17 victimes innocentes, y compris bien sûr les 4 juifs assassinés dans l'Hypercasher ; et j'ai décidé, naturellement, de me centrer sur la situation en France pour plusieurs émissions à venir. Dimanche prochain, nous allons parler d'un sujet qui a été très souvent évoqué dans les médias, c'est celui de la radicalisation dans les prisons : Mohamed Merah, Mehdi Nemmouche, Cherif Kouachi et Amedy Coulibaly avaient ceci en commun d'avoir tous été incarcérés pour des délits graves ; on a donc dit que la prison avait été le lieu d'un basculement, d'abord dans l'intégrisme islamiste puis vers le djihadisme ; ce n'est peut-être pas aussi simple, par exemple le deuxième frère Kouachi n'avait pas été condamné. Il y beaucoup de témoignages de personnels pénitentiaires, qui avaient avant ces derniers attentats dénoncé ce qui se passait dans les prisons, et c'est pourquoi j'ai jugé urgent de faire parler un témoin. Notre invité sera Foudil Benabadji. Il est le président de l'Union des Familles de Culture musulmane, mais il fait surtout partie du Comité Directeur de la Fraternité d'Abraham, où nous nous sommes connus ; cela témoigne, d'abord, de son idéal de dialogue et de paix entre les religions. Il est aussi aumônier, visiteur des prisons, le plus ancien aumônier musulman de France et c'est à ce titre principalement qu'il va témoigner ; disons-le aussi, son diagnostic sur ce phénomène de radicalisation est différent, et il pourra l'exposer lors de cette interview.

Parmi les questions que je poserai à Foudil Benabadji :

- On sait que les statistiques ethniques ou religieuses n'existent pas en France, en même temps ne donner aucun chiffre c'est alimenter des fantasmes. Est-ce qu'une population carcérale musulmane comprise entre 50 et 60 % des détenus vous semble proche de la réalité ? Est-ce qu'on a, aussi, un fort courant de conversion à l'islam en prison ?
- Quand on lit les interviews d'aumôniers des prisons, on est choqué par le caractère précaire et non reconnu de leur fonction. Contrairement aux aumôniers des armées, ils ne sont pas payés par l'Etat, ils ne touchent que des indemnités : pourquoi êtes-vous devenu aumônier ? Sur quels critères sont-ils recrutés ? Comment améliorer leur formation et leur statut ?
- Il y a 67.000 détenus actuellement. Le budget de la justice est l'un des plus faibles du monde développé, il représente 0,2% des dépenses publiques : d'où une surpopulation carcérale et des conditions de détention souvent lamentables. De cette promiscuité résulte bien sûr des fortes pressions par les groupes dominants, si on se réfère à des témoignages publiés dans la presse : brimades infligées à ceux qui fument ou écoutent de la musique ; vives incitations à lire le Coran ; prières dirigées par des Imams auto proclamés ; prosélytisme auprès des détenus les plus isolés ; dissimulation ou "takya" pour les plus radicaux, difficiles à détecter. Est-ce que vous confirmez ces constats ?
- Quand on voit le parcours de Mehdi Nemmouche, Mohamed Merah, Amedy Coulibaly, les délits graves pour lesquels ils avaient fait de la prison, est-ce que ce n'était pas d'abord des assassins en puissance, des êtres dénués de tout scrupule et qui ont trouvé le prétexte bien commode du Djihad pour assumer un fantasme de toute puissance ? Et est-ce que, dans le fond, plutôt que faire des contre-discours d'aumôniers musulmans contre des recruteurs radicaux en prison, on n'a pas plutôt besoin de psychologues pour détecter les profils dangereux ?
- Votre analyse personnelle va à contre-courant finalement du discours qui localise en prison le basculement dans l'islamisme radical : vous vous dites que les garçons qui basculent l'ont déjà fait avant d'aller en prison. Vous observez, depuis des décennies, comment ont évolué certains quartiers et cela vous révolte. Vous l'expliquez comment ?
- Quels sont les outils pédagogiques originaux que vous conçus pour combattre la radicalisation, et en particulier expliquer un peu ce que sont les autres religions ?

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J.C