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20 novembre 2011

Iran et nucléaire, retour sur un article


Vendredi dernier, je publiais un article de deux éditorialistes réputés de la presse israélienne, Avi Issacharoff et Amos Harel ; un article sur le sujet brûlant qui inquiète tous les amis d'Israël, juifs ou non : peut-on détourner l'Iran de sa course à l'arme atomique ? L'originalité de cette publication était qu'elle retraçait une interview, peu banale dans le "Haaretz" puisque étant celle d'un universitaire iranien - certes vivant en exil aux USA.

Avant de revenir sur le fond cet article, quelques réflexions : en vous offrant une traduction en français, je pense avoir fait à nouveau un petit travail utile, mon lectorat - j'oserais écrire à nouveau "juif ou non" - devant en majorité être parfaitement français, c'est à dire monolingue. Pour les Juifs naturellement inquiets du sort d'Israël et se fiant à ce que l'on dit majorité dans leur blogosphère, la cause est entendue : sous prétexte qu'il se situe dans l'opposition au gouvernement actuel de Jérusalem, le "Haaretz" est un journal gauchiste, défaitiste et post-sioniste ; et ils en sont d'autant plus convaincus qu'ils n'arriveront même pas à lire et comprendre le site du journal en langue anglaise !
A titre personnel, je n'apprécie pas certains éditorialistes du quotidien israélien, beaucoup plus d'autres, en tout cas j'aime lire des analyses qui sortent des sentiers battus et qui forcent à réfléchir : or c'est tout à fait le cas de celui que je viens de vous proposer, car il ne peut satisfaire les tenants d'un discours militant ...

En gros (et c'est une bonne claque à la figure à la fois des propagandistes du régime dans nos contrées, et du "politiquement correct" dominant dans nos médias), cet expert iranien nous aura dit :
- que la République Islamique ne renoncera jamais à l'arme nucléaire ;
- que c'est un instrument de survie pour un régime devenu une "dictature ordinaire" ;
- que le même régime tient à une situation de "ni paix ni guerre" qui lui permet de perdurer ;
- que l'arme atomique devrait lui permettre d'obtenir une "suprématie régionale".
Tous ces éléments justifient déjà pleinement les craintes israéliennes, car un Moyen-Orient dominé par une puissance ayant fixé la disparition de l’État juif comme objectif officiel serait, bien sûr, invivable.

Mais là où Mehdi Khaladji nous dit quelque chose d'original - et avons le - de difficile à admettre à nos oreilles, c'est quand il juge que la République Islamique n'a pas l'intention d'utiliser, en premier, l'arme atomique, sachant parfaitement que ce serait suicidaire : or c'est justement ce que disent et répètent ceux qui dissuadent Israël de faire des frappes préventives sur les installations nucléaires de la République Islamique - frappes qui seraient extrêmement risquées nous dit cet expert, rejoignant en cela l'analyse de la majorité des responsables sécuritaires israéliens ...

Tout ceci étant posé, reste aussi une dernière hypothèse que je soumets à votre réflexion : et si cet expert iranien, exilé aux USA mais ayant encore de la famille dans son pays natal - y compris son père, Ayatollah réputé - était en fait un "poisson pilote" du régime, utilisé pour faire passer un certain nombre de messages à Israël ?

La question mérite au moins d'être posée : mais on aurait, dans tous les cas, vraiment tort de mépriser cet ennemi, à la fois retors, décidé et malin !