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04 juillet 2006

Abdelrahmane Al Rached, Alain Hertoghe et André Grjebine : un cocktail rafraîchissant !


La canicule parisienne se fait oppressante, et l’on en vient presque à attendre les violents orages annoncés pour demain ! La langue de bois du vingt heures à la télé n’aide déjà pas beaucoup à comprendre l’actualité, pas plus qu’une soupe poisseuse n’aiderait à nous désaltérer par le temps qu’il fait. Alors c’est un vrai bonheur que de faire des lectures fraîches et inédites, de les mixer ... et de vous les offrir en cocktail virtuel. Félicitations donc, aux trois auteurs pour les articles dont vous trouverez les liens ci-dessous.

Abdelrahmane Al Rached est éditorialiste dans le journal arabe international publié à Londres, Asharq Al Awsat (« le Moyen-Orient »). Il a écrit ce matin 4 juillet que seul le Hamas est responsable de la catastrophe en retour que leur impose Israël, et qu’ils ont tort d’appeler les Arabes au secours. Ci-après, un extrait :
« Comment ceux qui appellent aujourd'hui les Arabes au secours osent-ils le faire alors qu'ils ne leur ont jamais demandé un avis ou un conseil avant de se retrouver au cœur de la crise ? Aujourd'hui, les Palestiniens dénoncent les tueries, les destructions systématiques à Gaza, et appellent les dirigeants arabes à intervenir pour faire cesser la machine à tuer israélienne. Mais avaient-ils informé ces dirigeants arabes de leur projet d'enlever un soldat israélien ? Ne devaient-ils pas peser le pour et le contre avant de franchir le pas ? Le Hamas n'a jamais tenu compte des conseils qui lui avaient été donnés par les Arabes, et il n'a fait que rejeter l'initiative arabe de paix, en insistant sur la résistance, seul moyen de libérer les territoires, et seul langage que comprend l'ennemi (...). »
Alain Hertoghe, ex-journaliste de « la Croix » et éditeur de l’excellent blog « carte de presse » que j’ai déjà cité à plusieurs reprises, n’en peut plus, lui aussi, de la langue de bois de la plupart des éditorialistes français qui mettent sur le même plan les islamistes du Hamas et l’état démocratique d’Israël. Il vient de l’écrire dans un article, "l'arroseur arrosé", qui a suscité des dizaines de réactions des internautes. Extrait choisi :
« L’État israélien est une démocratie qui n'a rien à envier à la nôtre. Reconnu par la communauté internationale, membre de l'ONU, il a le droit de se défendre quand il est attaqué, même contre un ennemi plus faible. (...) Hitler et les nazis étaient aussi arrivés au pouvoir par la voie des urnes. Cela n'avait pas empêché les démocraties occidentales de déclarer ses dirigeants politiques objectifs militaires. Et, à l'heure de vaincre le nazisme, les États-Unis et leurs alliés européens bombardèrent massivement les villes allemandes. Sous les applaudissements des opinions publiques occidentales. Rien à voir avec la manière ciblée de Tsahal de frapper les groupes terroristes en tentant de minimiser le nombre de victimes civiles. »
Enfin, André Grjebine est directeur de recherche au Centre d'études et de recherches internationales de Sciences-Po. Il a publié ce 4 juillet un « rebond » dans « Libération » intitulé "Ségolène, ombres et Lumières" (la majuscule est volontaire et se réfère à l’héritage philosophique pré-1789, donc laïc et anti-obscurantiste). Et, avec une plume chatouilleuse, il demande à la jolie « candidate à la candidature » du PS de se positionner clairement, à la fois sur des sujets de politique internationale et de choix de société. Encore des extraits ...
« Comment ne pas s'interroger, par exemple, sur les relations que Mme Royal entretient avec l'héritage des Lumières et sur sa conception de la liberté d'expression, quand elle trouve inadmissible qu'on insulte l'image sacrée du Prophète musulman et que s'adressant à son ami, l'avocat Jean-Pierre Mignard, elle déclare : «N'aie pas peur, Jean-Pierre ! Je ne laisserai pas insulter Dieu !». De même, on attend d'elle qu'elle explique ce qu'elle entend par «être au clair sur ses valeurs» quand elle évoque les relations internationales. Cela signifie-t-il qu'elle envisage de se démarquer ou, au contraire, qu'elle adhère à l'antiaméricanisme qui imprègne si souvent les discours socialistes et qui conduit à soutenir, implicitement ou pas, des mouvements fondamentalistes, voire des régimes autoritaires, simplement parce qu'ils s'opposent aux États-Unis ... ou à Israël ? »

J.C