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20 mai 2007

Rachida Dati, un parcours exemplaire !

Rachida Dati, nouveau Garde des Sceaux
(photo AFP)

Au cours de la semaine écoulée, les sites communautaires juifs ont été remplis des rumeurs concernant le futur locataire du Quai d’Orsay : il y a eu d’abord la forte inquiétude de voir revenir aux affaires Hubert Védrine, un pilier de la fameuse « politique arabe de la France » - si longuement évoquée ici ces derniers jours, à propos de Jacques Chirac ; puis la satisfaction de voir arriver Bernard Kouchner, un « idéaliste » défenseur des Droits de l’Homme - et un des très rares hommes politiques français à avoir approuvé le renversement par la force de Saddam ; il avait d’ailleurs préfacé un ouvrage de référence, « Le livre noir de Saddam Hussein », qui avait fait l'objet d'une émission de ma série. Mais restons prudent ... je suis un peu trop vieux, et j’ai vécu trop de mouvements à la tête de la République pour ne pas craindre d’être à nouveau déçu en matière de politique étrangère !

J’aimerais plutôt parler ici d’une autre élue du nouveau gouvernement, dont la promotion mérite d’être saluée, surtout sur ce blog : contrairement à - hélas - trop de sites de ma communauté, où on ne s’intéresse de façon singulière (ou collective) aux Musulmans qu’à travers les prismes du conflit israélo-arabe où de l’islamisme antisémite, j’essaie de rendre compte ici d’autres personnalités, d’autres discours, et d’autres parcours qui font honneur à la communauté musulmane. La nouvelle et très jeune (41 ans) Ministre de la Justice a vu récompensés par Nicolas Sarkozy, non seulement son talent de porte-parole au cours de la campagne présidentielle, mais aussi un travail de conseiller important au sein du Ministère de l’Intérieur, après une ascension sociale fulgurante due à un travail acharné.

Retour d’abord sur son cursus, reproduit ci-dessous d’après un article du journal « Libération » :
Rachida Dati symbolise l'ouverture aux Français d'origine immigrée, à cette «diversité» que les partis politiques se sont engagés à prendre en compte. Que cette promesse soit tenue par le président Sarkozy met la gauche face à ses propres atermoiements. Fille d'un ouvrier marocain, Rachida Dati est la première personnalité d'origine maghrébine à décrocher un ministère régalien.
Sur son CV, Rachida Dati, 41 ans, mentionne qu'avant d'être diplômée de l'Institut supérieur des affaires puis de l’École nationale de la magistrature elle fut aide-soignante. Deuxième d'une fratrie de douze enfants, elle a grandi dans un HLM de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), s'occupant de ses frères et sœurs aux côtés de sa mère, femme de ménage algérienne, «lumière de sa vie», aujourd'hui décédée. Son vieux père collectionne les photos de sa fille dans les journaux et magazines où, adolescente, Rachida Dati observait le parcours des puissants et les chemins de l'ascension sociale. Pour réussir, elle pensait ne pouvoir se contenter d'être bonne élève. Déterminée à s'arracher à son milieu social, elle s'est aussi imposée à force de candidatures spontanées. Son premier rendez-vous avec Sarkozy, elle ne l'a obtenu qu'à la troisième tentative, après deux courriers restés sans réponse. A partir de 2002, elle sera conseillère du ministre de l'Intérieur, en charge du projet de loi sur la prévention de la délinquance.

D’autres précisions sur l’encyclopédie en ligne wikipedia. A découvrir en lien aussi une belle interview d’Anne-Cécile Sarfati dans le journal "Elle" . A noter, enfin, l’hommage appuyé que Rachida Dati a rendu Place Vendôme à deux « bonnes fées » qui se sont penchées sur sa carrière, Simone Veil et Jacques Attali, deux éminentes personnalités de la communauté juive.

En nommant cette fille d’immigrés maghrébins à l’un des plus hauts postes de l’État, Nicolas Sarkozy a su parfaitement (comme le dit un quotidien qui ne l’aime pas particulièrement) « mettre la gauche face à ses propres atermoiements ». Et pas seulement la gauche : Jacques Chirac ne s’était pas montré très généreux non plus ; rappelons-nous les deux portefeuilles attribués à des Musulmans dans le précédant gouvernement, celui de « l’égalité des chances » sans attribution précise ni budget accordé à un Azouz Begag, tellement aigri qu’il est passé à l’opposition ; et le modeste Secrétariat d’État aux Anciens Combattants confié à Hamlaoui Mekachera. Il est enfin tout à fait heureux que Rachida Dati, en n'ayant pas pris le délicat porterfeuille de "l'immigration et de l'identité nationale", se retrouve dans des fonctions qui correspondent tout à fait à son cursus - et pas dans le rôle, ingrat, de "l'Arabe de service".

J.C

Nota de Jean Corcos (ajouté le 9 juillet 2008) :
Vous avez été des centaines à venir sur cet article, après avoir fait la recherche « Rachida Dati juive » sur un moteur de recherche ... le contenu de cet article vous aura donc déçu.
Je vous invite donc vivement à consulter sur ce lien un récent article de mon blog, qui répondra, je pense, à votre curiosité !