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17 mai 2007

Adieu à « Chirac d’Arabie » : 4/5, le discours du Caire

Citation on line

Extrait de « Chirac d’Arabie » de Christophe Boltanski et Eric Aeschimann, Editions Grasset

Pages 195 à 196

Le cadre théorique de cet activisme est défini dans son intervention du 8 avril 1996 à l’université du Caire. Un grand discours « fondateur » comme il les affectionne (...)

Le résultat est un discours à la tonalité étrangement désuète, faisant fi des changements survenus sur la planète. Avec la construction européenne et l’avènement de l’hyper-puissance américaine, la France est devenue une puissance moyenne et l’invasion du Koweït a démontré la division profonde des pays arabes. Mais le Président n’en a cure et il martèle l’idée d’un lien spécifique entre une France vue comme une puissance entièrement autonome et un monde arabe pris comme un bloc : « la politique arabe de la France », « la relation que Français et Arabes ont nouée de longue date », « les peuples arabes », « entre Français et Arabes », « la grande politique arabe », « le monde arabe », « nous devons dialoguer entre partenaires égaux », y affirme le chef de l’ État. (...)

Ce catalogue de vœux pieux mâtinés de postulats relativistes fonde-t-il une « politique arabe » ? Dix ans plus tard, les impasses du discours du Caire sautent aux yeux. L’Europe y est reléguée au second plan. Le développement de la société civile des pays arabes n’est jamais évoqué. Les principes qui doivent guider la France dans ses relations avec chaque pays arabe ne sont pas définis. Et la question d’Israël est traitée exclusivement à travers le prisme du conflit avec la Palestine. (...) Pour maintenir son cap gaullien, il va bientôt être contraint d’en accentuer les traits à l’excès, de transformer l’amitié envers les dirigeants arabes en complaisance, de pousser la critique d’Israël jusqu’à la quasi-rupture et de se distinguer des Américains jusqu’au défi. Pour lui rester fidèle, le mythe oblige à une surenchère permanente.

J.C