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14 novembre 2009

Claude Lévi-Strauss et l'islam : 1/3, Introduction

Claude Lévi-Strauss

Je n’avais pas l’intention d’évoquer Claude Lévi-Strauss, disparu il y a peu : a priori du hors sujet, par rapport à la thématique de mon émission et de ce blog ; et puis aussi, un minimum de modestie et de réserve, alors que je n’ai rien lu de lui ... et quand bien même tant de journalistes parlent avec beaucoup d’aplomb de sujets dont ils ignorent tout !

Mais je l’ai fait car mon attention a été portée il y a quelques jours par un article publié par le site Guysen News (en lien permanent) sous la signature de Sidney Touati ; et cela dans le cadre de FaceBook (dont je vous parle de temps en temps) : une des applications permet en effet de reprendre des articles, et de les faire commenter par des membres de son réseau. Et c’est ainsi que j’ai découvert cette publication qui m’a choqué, disons le tout de suite ... En effet, loin d’éclairer sur le grand ethnologue disparu, le « zoom » était mis sur ce que Lévi-Strauss avait écrit dans « Tristes tropiques » à propos de l’islam ; citations reprises avec comme intention première et exclusive de diaboliser, en bloc, et cette religion, et les populations qui s’en réclament !

J’ai donc pensé qu’il serait utile et nécessaire de vous le rapporter : l’article de Sidney Touati sera reproduit in extenso dans le « post » qui suit ; puis, dans la publication suivante, je reprendrai les commentaires que j’ai écrits « à chaud » sur FaceBook.

Mais en préalable, je trouve aussi utile de reprendre ici quelques lignes à propos des relations tout à fait distanciées que ce grand penseur a eu, sa longue vie durant, vis-à-vis de ses origines et d’Israël : merci pour cela à Charles L., qui m’envoie régulièrement des liens et extraits glanés sur le WEB - un petit travail qui aurait pu, aussi, être fait par nos excellents confrères de Guysen !

Comme tant d'autres, ce petit-fils de rabbin versaillais expérimente l'antisémitisme des années 1930.
« On m'a traité de sale juif dès l'école communale...» Et encore au lycée, où il répond par le coup de poing.
« Se découvrir subitement contesté par une communauté dont on croyait être partie intégrante peut conduire un jeune esprit à prendre quelque distance à l'égard de la réalité sociale, contraint qu'il est de la considérer simultanément du dedans où il se sent et du dehors où on le met.»
Une situation qui, si elle le mènera d'une certaine façon au «regard éloigné» de l'ethnologue, ne le poussera jamais au rejet d'une identité française que Lévi-Strauss revendiqua toujours « intégralement et exclusivement ».
« Je me sens concerné par le sort d'Israël, affirmera-t-il des années plus tard, de la même façon qu'un Parisien conscient de ses origines bretonnes pourrait se sentir concerné par ce qui se passe en Irlande : ce sont des cousins éloignés ... »

J.C