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30 novembre 2012

Ecoutez, ré écoutez, lisez, relisez ... André Nahum



Comme je vous l'est déjà dit, notre radio a enfin un site digne de ce nom ce qui permet, d'abord, de réécouter ou de télécharger les podcasts d'émissions passées, pendant quelques mois !

Comme André a deux émissions hebdomadaires - "L'Etoile et le jasmin", sur les livres, et "le billet" sur l'actualité, elle est bien sûr beaucoup plus riche que la mienne ...  un régal à entendre, pour celles et ceux qui n'auraient pas été au rendez-vous du lundi soir et du mercredi matin.
Mais ces podcasts n'existaient pas, avant, et André Nahum diffusait (et diffuse toujours) le texte de ses billets sous forme écrite : j'en ai repris un certain nombre au fil des années, qui vous permettront de remonter le cours de l'actualité ... depuis 2005 ! Il suffit de cliquer sur les libellés ci-dessous.

J.C

08 octobre 2008

Ce matin sur Judaïques FM, André Nahum a dénoncé la nouvelle haine antisémite déguisée en « antisionisme »

Introduction :
Mon ami André Nahum a choisi de parler d’un sujet bien angoissant en cette journée veille de Yom Kippour. Il est vrai que l’actualité est peu brillante en la matière, avec en particulier le retour des veilles lunes accusant les Juifs d’être responsables de tous les malheurs passés et récents de l’humanité, donc en particulier du « tsunami » financier que nous sommes en train de vivre. Le Hamas palestinien n’a d’ailleurs même pas pris de gants pour le faire, accusant « les Juifs » et non pas « les Sionistes » d’être les responsables du « krach » de Wall Street.
A noter aussi qu’André Nahum a cité dans son intervention un nouvel acteur particulièrement virulent de cette propagande, le centre Chiite « Zahra » qui vient d’appeler à une manifestation interdite le 27 septembre dernier, et qui « copine » avec deux personnages condamnés par la justice pour incitation à la haine antisémite, Dieudonné et Kemi Seba.
On consultera
sur ce lien la vidéo sur « Youtube » de la conférence de presse dont parle notre chroniqueur - avec en liens une compilation de vidéos de propagande ...

J.C

Bonjour.
Un certain Yahia Gouasmi, se présentant comme président de la Fédération Chiite de France et membre du parti de Dieu - autrement dit, sauf erreur, du Hezbollah - a tenu ces jours-ci une conférence de presse largement diffusée sur Internet. Dans cette vidéo, ce monsieur qui se défend bien sûr de tout antisémitisme, comme le fera également Monsieur Kemi Seba (de la tribu K) qui l’accompagnait, dénonce avec violence la mainmise des « Sionistes » sur la France, son gouvernement et sa presse et il appelle solennellement les Français à s’en débarrasser. « Paris est occupé s’exclame-t-il, il est temps qu’on le libère ». Sous entendu, je pense, comme au temps des nazis !
Dans son excellent ouvrage : "La Judéophobie des modernes"(Editions Odile Jacob) le philosophe et politologue Pierre-André Taguieff s’étend longuement sur cette obsession pathologique de la puissance juive, de la conspiration juive, du complot juif etc. Vieilles antiennes reprises aujourd’hui par la propagande islamiste soutenue par les alter mondialistes et l’ultra-gauche. A une nuance près, c’est que le mot « sioniste » remplace parfois, le mot « juif ». A l’antique mythologie anti-juive, venue du fond des âges, a succédé « une mythologie « anti-sioniste ». Le « sionisme » se voyant affublé de tous les vieux clichés habituels mis au goût du jour et modernisés, en l’accusant de nazisme, racisme, colonialisme, génocide, purification ethnique, apartheid, etc., etc. La totale quoi !
Les propagateurs de ces infamies cherchant habilement leur caution dans les dires et les écrits de personnes d’origine juive, les « idiots utiles » de Lénine, psychopathes ultra religieux des « Netoureï Karta », ou hommes et femmes d’extrême gauche, avides de paraître et aveuglés par la haine de soi, qui ont assis leur carrière sur la dé légitimation et le dénigrement systématique de l’État d’Israël, associé généralement pour faire bonne mesure au rejet des États-Unis.

Ce que Pierre-André Taguieff appelle « l’antisionisme absolu » est le masque de la nouvelle judéophobie, un amalgame entre « Juifs », « Israéliens » et « Sionistes ». Les Juifs, pardon les Sionistes, sont rendus responsables de tous les malheurs de l’humanité de la peste noire du Moyen-âge au Tsunami en passant par les attentats du 11 septembre, et ils poursuivraient leurs complots pour la domination du monde.
Le Hamas y a été de son "coup de pied de l’âne" en accusant hier le "lobby juif" aux Etats-Unis d'être responsable de la crise financière qui secoue le pays et le monde. Cela vous étonne ?
Alors, dans cette situation plutôt difficile, en cette veille du Yom Kippour, j’ai envie de vous raconter cette courte histoire venue du Talmud.
Un officier romain demanda un jour à une célèbre rabbin juif :
- Vous, Juifs, êtes seuls parmi les 70 Nations de la Terre. Comme un agneau au milieu de 70 loups.Elles auraient pu vous dévorer. Pourquoi ne l’ont-elles pas fait ?
- Eh bien répondit le rabbin, c’est peut-être parce que nous avons un excellent berger.
Oui ! Mais, Vigilance quand même !
Bon Yom Kippour à Tous,
A Bientôt,

André Nahum,
Judaïques FM, le 8 octobre 2008

10 septembre 2008

Ce matin, sur Judaiques FM, André Nahum a dénoncé les propos négationnistes de Bigard






Trois des victimes du vol AA77 American Airlines :
de gauche à droite Paul Wesley Ambrose (32 ans), Bernard Brown (11 ans) et 
Mari-Rae Sopper (35 ans)

Introduction :
J’ai hésité un peu avant d’évoquer sur le blog, en cette veille de 11 septembre, la détestable tirade négationniste de Jean-Marie Bigard, vendredi dernier lors d’une émission de Ruquier. Mais j’ai ensuite jugé nécessaire de publier la chronique radio de mon ami André Nahum, effrayé par l’absence de réactions sur le plateau face à de telles énormités - et j’ajouterais pour ma part : par les milliers de messages de soutien publiés sur les sites des grands journaux, ce qui démontre le succès inquiétant des soi disant « théories » complotistes. Il est vrai que ce grossier personnage - que ne m’a jamais vraiment fait rire - a « demandé pardon », jurant qu’il ne parlerait plus du sujet (voir l'article sur "Liberation"). Sur le même lien, on pourra découvrir ou réentendre ses propos absolument délirants, en particulier à propos des deux avions (NDLR : celui qui s’est écrasé dans une forêt de Pennsylvanie et celui lancé sur le Pentagone) « qui volent encore ».
Comme je n’avais pas envie de lui faire de la publicité en mettant une de ses photographies, j’ai décidé d’illustrer cet article par des photos de tués de ce 11 septembre, passagers malheureux du vol American Airlines AA 77 qui a fini écrasé sur Washington : Bigard aurait du parler devant les membres de leurs familles endeuillées, histoire de ramasser quelques crachats bien mérités en pleine figure ...
Pour en savoir plus sur le vol AA 77 : lire sur wikipedia
Pour avoir la liste des victimes de l’attaque sur le Pentagone : lire sur ce site
J.C
Bonjour,
 
Le 11 septembre est pour tous les hommes libres, synonyme de deuil, de colère, d’indignation et de résolution pour mettre hors d’état de nuire les criminels fanatiques qui avaient mis au point ces terribles attentats qui bouleversèrent l’Amérique il a sept ans.
Qui aurait cru qu’un jour, des anti-américains pathologiques se seraient permis de mettre en doute ou de nier ce qui s’est passé ce jour là ? C’est ce qu’a fait pourtant il y a quelques années un monsieur dénommé Thierry Meyssan avec la publication d’une pseudo enquête sous le titre "L’effroyable imposture". Les islamistes avaient voulu faire porter au Mossad la responsabilité des attentats, Meyssan accuse lui carrément les Américains de s’être frappés eux-mêmes. Cet ouvrage qui bénéficia en son temps d’une large couverture médiatique ne pouvait que complaire à tous ceux, nombreux dans notre pays, qui vomissent les États-Unis, et influencer des esprits faibles ou peu avertis.
Dans quelle catégorie faut-il ranger l’humoriste Jean-Marie Bigard quand il se permet vendredi dernier sur Europe I (émission de Laurent Ruquier), de s’en prévaloir, pour tenir des propos négationnistes qui ont choqué plus d’un auditeur ? Peut-on ne pas réagir quand on entend que le 11 septembre n’est qu’un mensonge absolument énorme, que l’État américain a créé lui-même l'histoire de ces attentats. Que pour les tours du World Trade Center, c'est une démolition contrôlée, programmée, qu’ils (les Américains) ont programmés eux-mêmes, que les deux avions, dont l'un s'est écrasé sur le Pentagone, n'ont jamais existé, et que c'est un missile américain qui a frappé le Pentagone ...
Ces propos n’ayant apparemment pas provoqué de réaction immédiate sur le plateau, il faut croire que l’humoriste n’est pas le seul à penser ainsi et qu’un certain nombre de nos compatriotes plus sensibles à la propagande anti-américaine et particulièrement anti-Bush, qu’à la réalité de faits indiscutables, sont tentés de lui faire crédit.
 
Lorsqu’un comédien sort de son rôle et se transforme en polémiste politique pour proférer de pareilles inepties, il prend une lourde responsabilité. Dans une démocratie, les humoristes sont là pour se moquer, dénoncer, imiter les gens de pouvoir et les partis quels qu'ils soient. Les Pierre Desproges, Le Luron, Coluche furent parmi les grands qui ont marqué leur époque en grossissant de leur loupe géniale ses travers et ses folies. Mais toujours sans haine. C'est ça le vrai talent. Est-ce la place laissée vacante par leur disparition qui permet à certains d'oser se frotter au difficile exercice de la parole politique pour sombrer dans le négationnisme ?
 
Dans la Rome antique, un peintre avait l’habitude d’exposer son tableau dans la rue quand il l’avait achevé et de se cacher derrière la toile pour entendre les commentaires des passants.Un cordonnier passa par là et remarqua tout haut qu’il manquait un lacet dans la chaussure du personnage central. Rentré chez lui le peintre corrigea immédiatement et se remit le lendemain en posture. Le même cordonnier flatté de voir que sa remarque avait été suivie d’effet se permit de critiquer un autre aspect de l’œuvre. L’artiste surgit alors et lui répliqua : "Que le cordonnier ne regarde pas plus haut que la chaussure".
Chez nous on aurait dit : "A chacun son métier et les vaches seront bien gardées".

André Nahum
Judaiques FM, 10 septembre 2008

02 juillet 2008

Nouvel attentat à Jérusalem : « Israël ne se bat pas à armes égales avec des gens capables d’un tel mépris de la vie et de la condition humaine »

Jérusalem, 2 juillet 2008 : la peletteuse poursuit sa
course folle, après avoir renversé un bus
(photo AFP)

Ce matin, notre billettiste André Nahum avait évoqué sur nos ondes l’échange « prisonniers contre dépouilles » que le gouvernement israélien venait d’entériner avec le Hezbollah. Et il devait dire, fort justement : « cette décision douloureuse, qui honore le gouvernement et le peuple d’Israël sera certainement célébrée par le Hezbollah comme une immense victoire et pousse le Hamas à faire monter les enchères pour libérer éventuellement Guilad Shalit. »
Et mon ami André remarquait aussi : « Israël, ne se bat pas à armes égales, avec des gens capables d’un tel mépris de la vie et de la condition humaine. Mais que pouvait-on attendre de fanatiques qui n’hésitent pas à envoyer leurs propres enfants se faire exploser dans le seul but de tuer le plus possible « d’Infidèles », qui privilégient la mort sur la vie et éduquent leur jeunesse dans le culte du martyre et de la haine ? » 
C’était quelques heures avant le nouvel et effroyable attentat de Jérusalem, où un Palestinien employé de la société française responsable du chantier du futur tramway de la capitale, allait broyer férocement de nombreux véhicules en roulant avec sa pelleteuse à contre sens, renversant même un bus avant d’être enfin abattu par un policier : 3 morts, des dizaines de blessés ... (voir la photo).

Un évènement qui fait frémir, mais auquel on peut aussi répondre en pensant à la conclusion d’André Nahum ce matin :
« Mais Israël est fort. Très fort ».

J.C

27 juin 2008

Après le discours de Nicolas Sarkozy à la Knesset : "Merci, Monsieur le Président" par André Nahum

Nicolas Sarkozy et la Présidente de la Knesset,
Jérusalem le 23 juin 2008
(photo AFP)

Introduction :
Mon ami André Nahum a lu sur notre radio un hommage appuyé à Nicolas Sarkozy, après avoir entendu son discours devant la Knesset. Un hommage qui contraste, fortement, avec les critiques lues sur les sites communautaires les plus marqués à droite. Mais c'est mal connaître ce vieux billettiste de Judaïques FM que de penser qu'il n'a pas entendu, aussi, les passages les plus favorables aux Palestiniens, ou de le prendre pour un pacifiste naïf s'illusionnant sur le pouvoir des mots ...
Je vous invite donc à lire ce billet d'André Nahum, et à vous rapporter au texte complet du discours de Nicolas Sarkozy sur le lien en fin d'article pour vous faire une idée. A noter, pour finir, que - de façon discrète et allusive - la France a aussi pris position sur deux questions absolument fondamentales, et qui bloquent toute avancée vers un hypothétique accord de Paix israélo-palestinien : des éléments totalement ignorés par la plupart de commentaires, et sur lesquels je reviendrai très prochainement.
J.C

Bonjour,
Avez vous écouté ou lu dans son intégralité le discours de Nicolas Sarkozy à la Knesset ?
Non ?
Empressez vous alors de vous le procurer car on en parlera longtemps dans les chaumières... juives.
A ma connaissance, jamais un homme d’Etat français n’a rendu justice avec autant d’émotion, autant de foi et autant d’affection à l’état d’Israël et à un peuple juif que "ni la violence ni la haine n’ont pu faire renoncer aux valeurs universelles que les prophètes d’Israël ont enseigné à tous les hommes"...
..."Un peuple qui a donné au monde un trésor, un trésor de savoir et un trésor d’humanité ..."Que serait le monde sans Spinoza, sans Freud, sans Einstein "? Le Judaïsme pour Nicolas Sarkozy c’est l’esprit prophétique qui ouvre l’avenir, qui appelle le progrès, qui réclame la justice."Reconnaissant son influence sur la société française dont il a nourri et a enrichi la culture, il comprend que "le cœur des Juifs ne peut rester insensible au destin d’Israël", "le destin de chaque juif étant lié au destin de tous les Juifs". Le président évoque le souvenir du grand-père juif qui l’a élevé et rend un hommage appuyé à ces femmes et à ces hommes qui ont fondé l’État d’Israël, un État qui dit-il appartient à tous les hommes parce que "les valeurs de justice et de droit qui le fondent sont des valeurs universelles" et dont il partage les inquiétudes concernant un Iran doté de l’arme atomique.
Quel juif, quelque soit sa sensibilité politique peut rester insensible à de tels propos ?
Le chef de l’État, à la veille de présider l’Union Européenne, souhaite vivement s’impliquer dans le processus de paix. Il partage avec Shimon Peres la vision idyllique d’un Moyen-Orient pacifié, guéri de ses passions mortifères, transformant définitivement l’acier de l’épée en soc de charrue selon la parole prophétique, pour le plus grand bonheur de ses habitants. Il est séduit par le projet grandiose de canal entre la mer rouge et la mer morte qui réunirait dans une même vallée de la paix, Israéliens, Palestiniens et Jordaniens.
Pour cela, il souhaite la réalisation rapide d’un État Palestinien démocratique, dont l’existence serait pour Israël un gage de paix. Un État qui s’étendrait sur l’ensemble de la Cisjordanie et de la bande de Gaza avec Jérusalem Est comme capitale avec un règlement du problème des réfugiés qui ne porterait pas atteinte à la spécificité d’Israël.
Il ne fait en somme que reprendre le plan de l‘Arabie Saoudite qui ne diffère pas des accords élaborés naguère à Genève par un groupe de Palestiniens et d’Israéliens.
Mais, il faut d’abord un arrêt total de la violence et du terrorisme, un rétablissement de la confiance, une transformation drastique des mentalités et bien que les pourparlers Olmert Abbas évoluent favorablement, nous n’y sommes pas encore. D’autant que les positions des deux protagonistes sont trop éloignées notamment sur Jérusalem et les implantations.
Mais la participation active d’une diplomatie française désormais plus équilibrée parce que moins partisane est certainement un atout non négligeable sur le chemin de la paix.
Merci, Monsieur le Président.

André Nahum
Judaïques FM, 25 juin 2008

Sur ce lien, lire le discours intégral de Nicolas Sarkozy à la Knesset, ou voir la vidéo.

19 juin 2008

André Nahum : à condition qu’Israël ne baisse pas sa garde, il vaut certainement mieux se parler que de se tirer dessus

Bonjour.
Une trêve de six mois aurait donc été conclue entre Israël et le Hamas par l’intermédiaire de l’Égypte. Elle entrerait en vigueur demain jeudi à 6 heures du matin, mais le caporal Guilad Shalit ne sera pas libéré et devra encore attendre. Ce qui est pour le moins surprenant. On peut s’interroger sur l’avenir de cette "Houdna" qui officialise en quelque sorte l’existence d’un "Hamastan" et que le vice premier ministre Haïm Ramon récuse en la qualifiant de victoire de l’Islam radical.
Par ailleurs, on parle également d’un échange possible de prisonniers avec le Hezbollah par l’intermédiaire des Allemands. Mais aucune indication n’a été donnée sur l’état de santé des deux otages israéliens dont on ne sait même pas s’ils sont encore en vie.
Lundi dernier, s’est achevé à Ankara le deuxième round des pourparlers indirects entre la Syrie et Israël par l’intermédiaire de la Turquie dont on dit à Jérusalem qu’ils se sont déroulés dans une bonne ambiance et qu’ils reprendraient bientôt. Et l’on apprend dans le même temps, que Bashar al-Assad va être invité à Paris le 13 juillet avec d’autres chefs d’États et de gouvernements pour le lancement de la future Union pour la Méditerranée, et qu’il assistera le lendemain place de la Concorde à la célébration de la fête nationale.
Finalement, le président syrien, considéré jusqu’à ce jour comme partie intégrante de "l’axe du mal" est en train de gagner sur tous les tableaux. Il vient de renforcer sa main mise sur le Liban par l’intermédiaire de son allié le Hezbollah, et d’y faire élire un président qui lui est plutôt favorable. Une situation que l’occident, France et États-Unis en tête a avalisé sans problème et apparemment sans état d’âme. En parlant, même indirectement avec Israël à Ankara, il se pose en homme de paix et de dialogue et sort habilement de son isolement politique sans avoir rien cédé ni rien promis.
Acceptera-t-il de rencontrer Ehoud Olmert au cours de son séjour à Paris ? Nul ne peut encore le dire.
On apprend par la bouche d’une de ses ministres, Buthana Sha’aban, que la Syrie ne renoncera pas à ses liens avec le Hezbollah et le Hamas. Ce n’est peut-être pas si évident que cela d’après le journaliste Abdal-Bar Atwan de Al-Quds al-Arabi, qui croit savoir qu’un débat interne agite le leadership syrien. Les modérés menés par le Ministre des Affaires étrangères, voulant s’engager davantage en direction des Américains tandis que les faucons, sous la houlette du Vice Président Farouk al-Sharaa, accordent une importance majeure à l’alliance iranienne. Selon Atwan, les modérés ont apparemment le dessus, mais on ne sait pas exactement s’il s’agit d’un scénario stratégique ou d’une simple manœuvre tactique. Ce ne serait alors qu’un jeu classique du bon flic et du méchant flic pour mieux mener l’Occident en bateau.

En fait, si Damas peut très bien abandonner le Hamas et le Jihad islamique pour récupérer le Golan, il semble peu probable qu’elle se résigne à rompre son alliance avec l’Iran et son satellite le Hezbollah, qui s’est singulièrement renforcé politiquement et militairement depuis la malencontreuse guerre du Liban, car elle est est essentielle à ses yeux. Mais sait-on jamais comment les choses peuvent évoluer dans cet Orient imprévisible et si compliqué ?

A condition qu’Israël ne baisse pas sa garde, il vaut certainement mieux se parler que de se tirer dessus.

André Nahum
Judaïques FM, le 18 juin 2008

22 mai 2008

André Nahum sur Judaïques FM : Palestiniens et Israéliens ont beaucoup plus de choses à faire ensemble que de s’entre-tuer

Bonjour.

Quel avantage Israël peut-il retirer d’une "Oudna" de six mois, en dehors de la libération éventuelle du caporal Gilad Shalit, retenu dans le secret le plus absolu par ses ravisseurs au mépris de toutes les lois internationale et de la simple éthique humaine ?

La menace que font planer sur Israël le Hamas au sud et le Hezbollah au nord est stratégique et non tactique, c’est à dire qu’elle représente un danger vital. Accorder un répit au Hamas c’est lui permettre de s’armer à outrance, d’entraîner ses miliciens et l’on peut être certain que l’Iran fera un effort particulier pour l’y aider, trop content de renforcer son avant-poste de Gaza. Israël va-t-il accepter cette proposition ou la rejeter et se lancer dans une action militaire de grande envergure qui serait certainement coûteuse en vies humaines ? La question se pose au gouvernement de Ehoud Olmert et la réponse n’est pas évidente.

Une pause dans les hostilités est toujours bonne à prendre et beaucoup de choses peuvent se passer en six mois. Si l’on en croit la radio militaire israélienne,aussitôt démentie pas la Maison Blanche, la situation à Gaza et le coup de force du Hezbollah à Beyrouth pousseraient Georges Bush à attaquer l’Iran avant la fin de son mandat.
D’autres faits récents inciteraient au contraire à un certain optimisme :
1) Les pourparlers de paix entre Olmert et Mahmoud Abbas progressent tant bien que mal, mais ils progressent tout de même sous la houlette des USA.
2) La Conférence du Président à Jérusalem mercredi dernier, celle qui se tient actuellement à Sharm El Sheikh et celle qui va se dérouler à Bethléem peuvent convaincre certains Palestiniens que leur sort peut s’améliorer considérablement à court terme et les amener à préférer la paix à la confrontation

Ce fut un moment d’intense émotion et de grand enthousiasme à la Conférence du Président, lorsque le milliardaire israélien Itshaq Tshuva annonça qu’il était prêt à investir avec un groupe d’hommes d’affaires et de banquiers israéliens et étrangers trois milliards de dollars, pour construire en deux ans un canal de 166 kilomètres reliant la mer rouge à la mer morte. Avec comme résultats, la désalinisation de l’eau de mer, la production d’électricité, la création d’emplois et une coopération régionale sans précédent pour créer dans cette "vallée de la paix" entre Israël, la Jordanie et la Palestine, des hôtels, des pôles touristiques, un des plus grands jardins botaniques du monde, etc. Le roi Abdullah de Jordanie et le prince saoudien Walid bin-Talal auraient déjà donné leur adhésion enthousiaste au projet auquel il ne manquerait que l’approbation des gouvernements.
C’est peut-être là, le seul moyen de briser le cycle de la violence comme l’a dit Itshaq Tshuva. La création d’emplois et la prospérité calmeraient les tensions dans la région et seraient une alternative à la guerre et au terrorisme. La paix se réalisera pense-t-il, reprenant la vision de Shimon Peres, non pas tant par des accords, que par la coopération et la bonne volonté des peuples de la région. C’est peut-être un mince espoir, mais "de sa bouche à Dieu" ! Comme on disait chez nous.

Il est vrai que Palestiniens et Israéliens ont beaucoup plus de choses à faire ensemble que de s’entre-tuer.
Mais qui réussira à faire entendre raison aux fanatiques s’ils ne sont pas mis hors d’état de nuire ?

André Nahum,
Judaïques FM, billet du 21 mai 2008

08 février 2008

André Nahum : trouver des excuses au terrorisme islamiste, c'est préparer pour nos enfants et petits-enfants des lendemains bien sombres ...

Enfant palestinien distribuant des friandises à Gaza,
pour célébrer l'attentat du Hamas à Dimona
(photo Reuters, le 4 février 2008)

Bonjour.
 
Peu d'entre vous s'en souviennent peut-être, mais c'est aujourd'hui le 74e anniversaire du 6 février 1934 au cours duquel, la République faillit être renversée par les fascistes. Il s'en est fallu de peu que la Cagoule et les ligues rassemblées place de la Concorde prennent d'assaut la Chambre des Députés.
Six ans plus tard, en juin et juillet 1940, les factieux prenaient leur revanche sur la "gueuse", c'est à dire la République, à la faveur du désastre militaire qu'avait subi la France et instauraient à Vichy, sous la protection des baïonnettes allemandes, le régime totalitaire et antisémite du maréchal Pétain ...
Février 1934, la France échappe de peu à la dictature et la République gagne un court répit avant de sombrer dans le drame.
Février 2008, le monde se trouve confronté à une puissante entreprise totalitaire et terroriste qui sous prétexte de religion foule aux pieds les principes les plus sacrés des religions, c'est à dire le respect et la protection de l'homme, censé avoir été créé à l'image de Dieu selon la Thora, les Évangiles et le Coran. C'est au Nom de Dieu que le cheikh libanais Hassan Nasrallah qui dirige le Hezbollah, c'est à dire "le parti de Dieu", se glorifie de détenir des cadavres de jeunes juifs morts au combat, et exerce un chantage odieux sur Israël pour les négocier au prix fort. Au Nom de Dieu, les assassins d'Al-Qaïda, après avoir égorgé et décapité des innocents dont ils filmaient l'agonie, pratiquent maintenant une euthanasie d'un genre nouveau. Ils utilisent en Irak des femmes trisomiques, c'est à dire des déficientes mentales pour en faire des kamikazes et pour tuer des dizaines d'autres musulmans.

Il y a 70 ans, l'Allemagne nazie se débarrassait de ses malades mentaux en les gazant mais Adolf Hitler n'a jamais prétendu agir au Nom de Dieu. Bien au contraire. Avant-hier en Israël, à Dimona, le Hamas et une organisation liée au Fatah - c'est à dire au parti qui négocie actuellement la paix avec Israël - ont envoyé deux jeunes gens transformés en bombes vivantes se faire exploser dans un café pour tuer des civils juifs, encore au Nom de Dieu ...
Pourquoi l'ONU, l'Europe, les Nations, nos gouvernants, nos media ne dénoncent-ils pas comme crimes contre l'Humanité ces actions infâmes que l'on commet au Nom de la religion ? Qu'attendent les responsables religieux, en islam comme ailleurs, pour condamner leurs auteurs avec force et les reléguer au ban de l'Humanité ? Ne pas combattre le terrorisme islamiste où qu'il se manifeste avec la dernière énergie, c'est se faire son complice. Lui trouver des excuses, accepter la banalisation de ses forfaits contre Dieu et contre l'homme comme une fatalité inéluctable, c'est préparer pour nos enfants et petits-enfants des lendemains bien sombres.

Mais n'ayez crainte, on s'en sortira !
 
André Nahum
Judaïques FM, le 6 février 2008

16 janvier 2008

André Nahum ce matin sur Judaïques FM : que faire pour répondre aux attaques du Hamas ?

Bonjour.

Les roquettes ont continué à pleuvoir hier sur Sderot, faisant quatre blessés. Un missile Grad à longue portée a atterri à Ashkelon, tandis que les kibboutz jouxtant la frontière avec Gaza étaient soumis à un feu nourri de mitrailleuses et de mortiers et qu'un volontaire équatorien qui travaillait sur un tracteur était abattu d'une balle dans le dos par un sniper palestinien.

Israël ne peut rester les bras croisés devant les attaques incessantes auxquelles est soumis le sud du pays. Ehoud Olmert, échaudé sans doute par les ratés de la guerre au Liban en 2006, ne se résout pas, malgré les pressions des milieux militaires, à engager une action de grande envergure et donne la préférence à des opérations ponctuelles dont les résultats se font attendre.
Ainsi, au cours de la journée d'hier les forces de défense d'Israël ont infligé de lourdes pertes au Hamas qui a perdu au moins vingt de ses militants armés. Ce matin, c'est Walid Obeidi, chef du Djihad Islamique de Cisjordanie qui a été abattu. Mahmoud Abbas, engagé dans d'importantes négociations avec l’État juif sous la houlette des Américains s'était engagé comme le lui demandait la feuille de route, à désarmer les milices et mettre un terme au terrorisme. Il ne l'a pas fait, obligeant Israël à faire lui-même le sale boulot. Aujourd'hui, il jette les hauts cris en accusant l’État juif de massacrer son peuple. S'il avait réussi à mettre de l'ordre dans les territoires dont le suffrage universel lui a donné la charge, on n'en serait pas là.

Pouvait-il croire qu'Ehoud Olmert allait accepter de laisser indéfiniment ses concitoyens sous la menace des terroristes sans réagir ? Il avait été prévenu à maintes reprises, rien n'est possible s'il n'est pas mis fin au terrorisme. Ses protestations virulentes laissent planer un doute sur la pureté de ses intentions. Et si entre le Hamas et l'OLP on s'était distribué les rôles du bon flic et du méchant flic, l'un parlant de paix pendant que l'autre poursuit ouvertement sa guerre ? Doit-on imaginer que dans ces conditions Israël se trouve piégé, « squeezé » comme on dirait au bridge ?

En fait sa marche de manœuvre est très étroite.
Veut-il imposer des sanctions économiques à Gaza et c'est un tollé général dans l'opinion mondiale entièrement acquise aux Palestiniens.
Essaye-t-il de les décourager de lancer leurs roquettes en diminuant les livraisons de fuel ou en leur imposant des coupures d'électricité ? Le monde entier s'enflamme et la Haute Cour israélienne elle-même y va de ses interdictions.
Permet-il le passage des camions de l'aide humanitaire venue d'Europe qu'il y découvre des tonnes de matériel entrant dans la fabrication des "kassam".

Alors que faut-il faire ?
Une majorité d'Israéliens pensent qu'Ehoud Olmert doit démissionner si les conclusions du rapport Vinograd lui sont défavorables. Le départ probable du gouvernement d'Avigdor Libermann et de son parti "Israel beteinou" le fragiliserait davantage, le mettant à la merci du parti "Shas" pour conserver une majorité qui ne se trouverait pas dans les meilleures conditions pour faire les concessions douloureuses qu'il laissait prévoir sur Jérusalem, les implantations, le retour des réfugiés.
Dans ce contexte difficile, il semble bien que l'accord de paix tant souhaité par le président Georges Bush ne soit pas encore à portée de la main.

André Nahum
Judaïques FM, le 16 janvier 2008