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04 mars 2016

Moyen-Orient : ce que pensent les jeunes musulmans de l'extrémisme islamiste


Un institut de sondage a demandé à des jeunes vivant dans des pays arabo-musulmans leur perception de groupes comme Daech ou al-Qaida. Le rejet de ces mouvements est très inégal selon les pays.

L'enquête a été menée entre octobre et novembre 2015, par un institut de sondage américain basé à Washington, Zogby Research Services. L'objectif était ambitieux: interroger les jeunesses musulmanes sur leur identité religieuse, leur rapport à la foi, et leur perception des groupes terroristes qui alimentent nos journaux quotidiennement. 5374 jeunes, âgés de 15 à 34 ans, ont donc été sondés dans les pays suivants: le Maroc, l'Égypte, la Palestine, la Jordanie, l'Arabie Saoudite, le Koweït, Bahreïn, et les Émirats Arabes Unis.

À la question «pensez-vous que des groupes comme Daech ou al-Qaida sont une perversion des enseignements de l'islam?», les jeunes Marocains (93%) et les jeunes Émiratis (92%) sont les premiers à dire qu'ils sont une «complète perversion de l'islam». Une affirmation qui est loin de faire l'unanimité dans d'autres pays, comme au Koweït (45%) ou en Arabie Saoudite (57%), où plus d'un jeune sur quatre estime plutôt que ces groupes «ont tort, mais soulèvent parfois des problématiques dans lesquelles je suis en accord avec eux». Dans les territoires palestiniens (15%) et en Jordanie (13%), une minorité va même jusqu'à affirmer que que ces mouvements «ne sont en rien une perversion de l'islam».

La technique du porte-à-porte a été préférée pour cette large étude (*), qui dresse le portrait d'une jeune génération musulmane très hétéroclite face aux enjeux religieux qui l'entourent. 

À la question «Avez-vous dans votre cercle d'amis ou de connaissances quelqu'un d'une autre religion que la vôtre», 96% des Saoudiens répondent «non» et 99% des Émiratis répondent «oui». Si une très large majorité (plus de 86%) des jeunes musulmans interrogés estiment que la religion est «une affaire privée», beaucoup admettent être partagé entre «les tentations et les vices de la société actuelle» et «le souci de préserver son identité et sa pratique de l'islam». C'est le cas de 62% de Koweïtiens, 60% d'Égyptiens ou encore 57% de Palestiniens.

Renaud Toffier

Le Figaro, 13 janvier 2016

(*) : Nota de Jean Corcos

Le lien du Figaro conduit à un tableau publié par un magasine marocain. L'étude en question, en langue anglaise et à télécharger, a pour titre "The 2015 Arab Opinion Index"