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03 septembre 2011

Dix ans après ... Jean-Pierre Filiu sera mon invité le 11 septembre !



Je serai ravi de vous retrouver dimanche prochain après la période des congés d'été. Voici donc revenu le mois de septembre, et dans quelques jours ce sera l'anniversaire du 11 septembre 2001, car il y a dix ans c'était les méga-attentats de New-York et Washington, des milliers de morts avec la destruction en direct des deux tours jumelles du World Trade Center et le basculement, d'un coup, dans un autre monde, avec des guerres qui ont commencé peu de temps après mais qui ne sont pas vraiment finies, en Afghanistan puis en Irak. Or justement, par un hasard de calendrier, c'est le dimanche 11 septembre que vous pourrez entendre ma prochaine émission : j'espère bien sûr qu'un nouvel et terrible attentat ne viendra pas marquer ce jour-là, ce serait fâcheux car ce sera un pré enregistré mais enfin je ne pouvais pas ignorer cet anniversaire, et pour en parler j'ai choisi l'un des meilleurs spécialistes de Ben Laden et d'Al-Qaïda, Jean-Pierre Filiu. Rappelons que j'ai déjà eu le plaisir de le recevoir à mon micro en octobre dernier. Jean-Pierre Filiu est historien et arabisant. Professeur associé à l'Institut d’Études Politiques de Paris, il a étudié en profondeur les différents mouvements jihadistes, mais surtout le phénomène Al-Qaïda ; et ceci a été synthétisé dans plusieurs ouvrages, "Les frontières du Jihad", publié aux éditions Fayard,  "Les neuf vies d'Al-Qaïda", chez le même éditeur, et puis en mars dernier "La véritable histoire d'Al-Qaïda", aux éditions Pluriel. Or, ce livre est sorti juste avant que Ben Laden ne soit liquidé par un commando américain, le 2 mai dernier, une fin brutale qui n'a pas suscité vraiment de réplique de la nébuleuse terroriste, confirmant ainsi son déclin dont il avait parlé à nos auditeurs. Mais son livre ignorait aussi le "printemps arabe" qui venait de commencer, un phénomène totalement indépendant d'Al-Qaïda mais qui ouvre aussi une période de grandes incertitudes, soulevant les espoirs des uns et les craintes des autres : alors il fallait que l'on se retrouve pour parler de tout cela, et nous allons essayer de le faire, d'abord en parlant plutôt de Ben Laden, du Pakistan où il a été tué et de l'Afghanistan, terrain principal de guerre aujourd'hui, et ensuite du monde arabe et de son devenir.

Parmi les questions que je poserai à Jean-Pierre Filiu :

- Avez-vous été surpris par cette fin brutale de Ben Laden ? Surpris, parce que c'est sous Obama, que l'on présente comme un "faible", que cette intervention armée au Pakistan, pays certes allié, mais souverain, a été décidée ? Surpris aussi par la faiblesse des réactions après ce qui a été une liquidation sans jugement ?

- Juste après le 11 septembre et une fois acquise l'information que les méga-attentats avaient été préparés et menés depuis l'Afghanistan par Al-Qaïda, implantée et protégée par les Talibans alors au pouvoir, les États-Unis sont intervenus militairement, les ont chassés et ont tenté de mettre en place un gouvernement représentatif  issu des élections. Dix ans après, et alors que plus de 150.000 soldats occidentaux sont engagés sur le terrain, on a l'impression que cette guerre s'enlise, et que les Talibans risquent de gagner : est-ce que cette intervention a effectivement privé Al-Qaïda de base arrière, et donc empêché d'autres 11 septembre ? Ensuite, est-ce que en tuant Ben Laden, l'administration Obama n'a pas voulu d'abord laisser tomber l'Afghanistan, en disant qu'il n'y avait plus de raison d'y rester ? Enfin, est-ce que la victoire des Talibans ne risquera pas d'apparaitre comme une victoire éclatante du Jihadisme international ?

- Certains ont écrit que, au moment où Ben Laden allait disparaitre mais sans que cela soit lié, Al-Qaïda avait reçu un deuxième coup décisif, car les jeunes révoltés ne se sont pas revendiqués de son discours, ni au Caire, ni à Tunis ni à Damas, mais d'un idéal de démocratie sans comptes à régler avec l'étranger occidental honni. Dans le journal "Le Monde", le 18 mars dernier sous le titre "l'intifada démocratique arabe est un mouvement de libération nationale", vous remarquiez justement, les drapeaux nationaux brandis partout en contraste avec les bannières vertes et noires des islamistes : que peut-on en penser ?

- A propos de la Libye : Kadhafi - qui a toujours eu un discours ambiguë vis à vis de l'islam politique - a voulu se présenter comme un rempart contre Al-Qaïda, accusé d'infiltrer la rébellion. Par contraste, le Conseil National de Transition a présenté l'insurrection comme un mouvement laïc et libéral, il suffisait de voir les reportages à la télévision pour noter de grandes barbes d'islamistes parmi les combattants. Et puis il y en a aussi parmi les responsables ; on dit aussi que des stocks d'armes ont déjà  été vendues à des groupes radicaux, AQMI et autres : ne doit-on pas s'en inquiéter ?

Soyez nombreux pour cette rentrée, pour une actualité toujours plus "chaude" !

J.C