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16 février 2007

Une politique bien étrangère, 1/3 : la grande absente de l’élection présidentielle, par André Nahum

Introduction :
Voici une série de trois articles à propos de la politique étrangère, grande absente du débat électoral. Constat en l’occurrence récurent, les Français se retrouvant dans leur écrasante majorité dans un consensus « gaullien » qui permet de s’accrocher aux lustres d’une grandeur passée, et d’éviter des réflexions approfondies. Comme en d’autres domaines la langue trahit la pensée profonde, qui associe la racine « étrange » aux relations internationales, alors que les Anglais, par exemple, utilisent une terminologie spécifique - « Foreign office » - pour désigner le ministère en charge de la diplomatie !

Commençons donc aujourd’hui par la chronique lue hier sur les ondes de Judaïques FM par mon ami André Nahum : oui, il est plus que temps que les candidates et candidates expliquent aux Français les défis du monde dangereux où nous vivons, et comment ils entendent y répondre ; aux Français dans leur ensemble, et pas seulement aux seuls Juifs, affolés par les menaces de génocide en provenance de l’Iran et auxquels des hommes politiques viennent apporter des paroles apaisantes - comme mardi soir à la Mutualité lors de la soirée à l’appel du CRIF (lire le compte-rendu en lien).

J.C

Bonjour.

Nous voilà donc en pleine campagne électorale. Ségolène Royal insiste sur le social et nous fait partager son émotion en affirmant sa volonté de se préoccuper du sort des jeunes de banlieues autant que de ses propres enfants. Nicolas Sarkozy veut responsabiliser les Français, leur redonner le goût de l'effort et l'ambition de réussir.François Bayrou fait avec un certain bonheur de l'équilibrisme au centre. Et tandis qu'à l'extrême gauche on accable comme d'habitude les patrons et le capital, Le Pen continue à se focaliser sur les problèmes de l'immigration. Tous ou presque se rangent en bon ordre sous l'ombre tutélaire de Nicolas Hulot pour sauver la planète du réchauffement.

On a l'impression à les entendre qu'aucun d'entre eux ne lit les journaux. Et qu'est-ce qu'ils nous racontent ces journaux ? Passons sur les divers incidents qui se produisent régulièrement dans nos banlieues. Mais par delà nos frontières, en Irak, des Musulmans tuent quotidiennement des dizaines d'autres Musulmans qui n'appartiennent pas à la même mouvance. En Afghanistan les Talibans relèvent la tête et tuent. Au Liban, des bombes tuent des chrétiens. En Israël, les Palestiniens menacent de provoquer une troisième Intifada parce que les Israéliens veulent reconstruire une rampe près du Mur Occidental ex-Mur des Lamentations. En Somalie, les milices des "Tribunaux islamiques" font encore parler d'elles en envoyant par ci par là quelques obus de mortier ou quelques roquettes sur les civils de leur capitale. Rappelons pour mémoire les attentats qui de New-York à Madrid en passant par Londres, Bali, la Turquie, l'Algérie où on a encore tué hier, ensanglantent régulièrement la planète. Ajoutons que le président iranien est plus que jamais décidé à poursuivre l'enrichissement de l'uranium c'est à dire à fabriquer des bombes atomiques et si l'on en croit le "Financial Times", rien désormais à part la force ne peut l'en empêcher. Il fait d'ailleurs des émules puisque hier, au parlement égyptien, un député de la majorité a affirmé que la seule façon d'en finir avec Israël était de le rayer définitivement de la carte au moyen d'une bombe atomique.

Tout cela pour vous dire que la terreur constitue partout une menace réelle dont nos gouvernants et nos candidats sont loin d'avoir pris la mesure.Et pourtant elle nous concerne au premier chef. Croit-on que lorsque l'Iran possèdera des bombes atomiques il se contentera d'en envoyer une sur le seul Israël comme le pense Monsieur Chirac ? Qui peut affirmer de bonne foi que si à Dieu ne plaise Israël venait à disparaître, la folie djihadiste s'arrêterait immédiatement et que prendraient fin ces sanglantes tentatives d'épuration ethnico-religieuse qui visent à chasser les Chrétiens du Liban, chasser les Juifs d'Israël, chasser les Chiites quand on est Sunnite et les Sunnites quand on est Chiite, les tentatives de fanatiser et prendre en otages les populations musulmanes pour imposer des régimes intégristes moyenâgeux ?

Alors mesdames et messieurs les candidats, ne croyez vous pas qu'il s'agit là de problèmes graves sur lesquels devraient s'exprimer et se positionner ceux qui ambitionnent de devenir Président ou Présidente du grand pays qui est le nôtre ?

André Nahum
Le 14 février 2007