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27 août 2010

Que pensent les Arabes ? Quelques enseignements d'un sondage très intéressant

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Un sondage très intéressant a été publié début août sur le Web. Voici tout d'abord le lien pour accéder à l'intégralité du document en langue anglaise : cliquer ici.

Ce travail a été conduit par l'Université du Maryland, en coopération avec l'institut "Zogby International", et le soutien de la "Carnegie Corporation" de New-York. Shibley Telhami en était le "principal investigator", dans le cadre du "Saban Center at brookings Anwar Sadat professor for peace and development".

Petite précision à propos de l'Institut Zogby, bien connu des sondeurs outre-Atlantique : son directeur est le frère de James Zogby, maronite d'origine libanaise et président de "l'American Arab Institute", généralement présenté comme une organisation du "lobby" arabe à Washington : ceci pour dire que l'on ne peut donc soupçonner, a priori, les sondeurs d'avoir manipulé les résultats dans un sens hostile au monde musulman !

En ce qui concerne les échantillons interrogés, on notera :
- que le sondage a été réalisé dans six pays : Egypte, Jordanie, Liban, Maroc, Emirats Arabes Unis et Arabie Saoudite ;
- que les questions ont été posées entre fin juin et fin juillet 2010 ;
- qu'un total de 3.976 personnes ont été interrogées, soit plusieurs centaines par pays, selon des critères scientifiques d'échantillonnage ;
- que la marge d'erreur est estimée selon les pays dans une fourchette allant de 3,5 et 4,5 %.

Toujours pressés et se focalisant sur un seul des sujets de l'enquête, les grands médias ont tous et uniquement relevé la chute de popularité du Président Obama au cours de l'année écoulée, relevant que son fameux "discours du Caire" avait soulevé de grands espoirs, qui ont été rapidement déçus - comprendre : "parce que l'administration américaine n'a pas fait pression sur Israël pour accepter les positions palestiniennes". De son côté, le site "JSS News", israélien francophone et à forte audience, a publié un article intitulé "les résultats obscènes d'un sondage sur l'opinion arabe" : cet article traduit en fait un extrait du sondage publié sur le site américain "Elders of Zion", extrait focalisé uniquement sur l'absence presque totale d'empathie de l'opinion arabe, à la fois par rapport aux victimes juives de la Shoah et à celles du conflit israélo-palestinien ; on s'y reportera donc au lien pour ces résultats, sur lesquels je ne reviendrai pas en détails : disons juste que le fait que 0 % des sondés marocains éprouvent de la compassion pour ces deux catégories de victimes fait un peu frémir, surtout s'agissant d'un grand pays arabe francophone, à la direction modérée, où vit encore une petite communauté juive ... et qui a connu, pendant longtemps, des relations officieuses avec Israël !

Revenons aux positions de l'opinion publique de ces pays pour ce qui concerne le conflit israélo-arabe, car les résultats méritent un peu d'attention. La synthèse du rapport indique "que l'opinion est resté stable sur le conflit et sur les possibilités de le résoudre", et donne pour l'illustrer les réponses données aux mêmes questions en 2008 et 2009 : ce que nous dit l'opinion arabe présente des éléments instructifs, et peut-être un peu encourageants.

Tout d'abord en ce qui concerne la vision de la puissance d'Israël : sans pouvoir lire les pensées profondes des sondés, on peut imaginer que ceux qui voient l'état juif comme "plus faible qu'il n'y parait", espèrent fortement le voir plier - ou disparaitre à terme (c'est au fond le discours du Hamas et du Hezbollah) ; et que ceux qui le voient comme ayant "ses forces et ses faiblesses comme tous les états" sont des réalistes. Or la balance est à peu près égale (41 contre 44 %) entre les deux, et stable pour les dernières années.

Ensuite, en ce qui concerne les conditions d'un accord de Paix : 30 % des Arabes se satisferaient d'un accord sur la base des "frontières de 1967" et d'une division de Jérusalem ; 56 % disent que toute façon Israël ne l'acceptera pas ; et 12 % sont pour "poursuivre la lutte" même si Israël l'accepte. On peut donc dire que le soutien au programme d'éradication totale du pays professé par le Hamas, le Hezbollah - et, bien entendu, par leur tuteur iranien - est fortement minoritaire, on constate d'ailleurs qu'il diminue par rapport à l'année précédente.
La relation Israël-USA est un grand classique de la fantasmagorie "complotiste" : hélas, il y a toujours 47 % des sondés qui imaginent le "nain" Israël manipulant le géant américain, tandis que 20 % (peut-être la frange la plus "de gauche") pensent que l'état juif est un "outil" de la politique américaine - il y a quelques décennies, on aurait écrit un "laquais de l'impérialisme". Par contre les "réalistes", jugeant simplement que les deux pays ont des intérêts partagés, sont 33 %, ce qui est relativement positif vu les préjugés et les discours extrémistes dominants.

En ce qui concerne les perspectives du conflit israélo-palestinien, l'opinion publique arabe confirme à nouveau un grand réalisme : les pessimistes (57 %) sont majoritaires, en prévoyant une forte tension pour les années à venir ; les optimistes (30 %) voient simplement la poursuite du statut-quo ; ils ne sont que 10 % à prévoir "une solution à un état", autrement dit la fin d'Israël ... et 2% à imaginer que les Palestiniens perdront tout au final ! En ce qui concerne l'avenir plus lointain, on retrouve le partage entre les pessimistes, majoritaires, qui n'entrevoient pas des solutions, et les optimistes (environ 40 %) qui l'imaginent, mais pas à court terme.

Autre point positif : le fait qu'un majorité relative (39 %) pensent que le conflit puisse être résolu au travers de négociations - et non par une nouvelle guerre, ou une solution imposée extérieure.

Dans ces conditions, on pourrait être surpris des réponses des sondés à qui on demande leur sympathie vis à vis des deux camps palestiniens en présence, Fatah et Hamas : chacun ne recueille la sympathie que d'une petite minorité des Arabes, mais 70 % disent qu'ils soutiennent ... les deux à la fois, ce qui est complètement contradictoire avec les opinions exprimées ci-dessus : comprenne qui pourra !

Enfin, on peut être fortement encouragé, aussi par les réponses données à propos des priorités à obtenir pour cette négociation : ce sont, dans l'ordre, un état palestinien indépendant sur la rive ouest du Jourdain (46 %), une capitale arabe à Jérusalem Est (31 %) et "le droit au retour des réfugiés palestiniens" (21 %) ; cette dernière exigence, absurde et empêchant tout accord de paix - car équivalent à un suicide démographique d'Israël - n'est donc pas considérée comme une exigence essentielle par la majorité de l'opinion arabe ; qui se montre donc moins extrémiste là-dessus que la majorité des associations françaises dites "de solidarité avec les Palestiniens" !

Hélas, et en contre point des ces éléments positifs, l'opinion publique arabe se montre beaucoup plus compréhensive vis à vis de la montée en puissance de l'Iran que ses propres dirigeants : sans illusions sur la nature militaire de son programme nucléaire (57 % contre 35 % convaincus qu'il est pacifique), ils sont une large majorité (77 %) à refuser qu'on fasse pression pour qu'il l'abandonne ... mais les résultats sont, cette fois, très contrastés selon les pays :
- une écrasante majorité de Marocains (84 %) et d'Egyptiens (81 %) s'opposent aux sanctions ;
- mais ce n'est pas le cas d'autres pays où des majorités les soutiennent, comme c'est le cas des Jordaniens (68 %), des Emiratis (73 %) et même ... des Libanais (67 %), où on peut deviner, sans grands risques de se tromper, que seuls les Chiites souhaitent une bombe iranienne !

Les chiffres donnant l'opinion arabe sur les grandes puissances du monde réservent aussi des surprises, qui balaient la "vulgate journalistique" et le politiquement correct dominant : alors que beaucoup s'inquiètent de la montée de la xénophobie dans notre pays, une très nette majorité d'Arabes désignent la France comme le pays : où il y a le plus de démocratie et de liberté (47 %) ; le meilleur pour y faire des études (30 %) ; et où la vie est la plus agréable (51 %) !

Enfin, les chiffres relatifs aux sentiments identitaires réservent aussi des surprises, celles-là plus inquiétantes : les Arabes des ces différents pays se sentent, en effet, d'abord musulmans (39 %), puis ensuite citoyens de leur pays (32 %), arabes (25 %) et ... seulement à 2 % "citoyens du monde" - comme de plus en plus de jeunes, par contraste, en Europe. Sans surprise, on retrouve le Maroc (61 %) et l'Arabie Saoudite (47 %) parmi les pays où la dimension musulmane prend le pas sur toutes les autres.

25 août 2010

Juifs et Berbères du Maroc, une mémoire à retrouver : Arrik Delouya et Kamal Hachkar seront mes invités dimanche 29 août

Juifs de l'Atlas
Photo prise avant l'indépendance du Maroc

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Je serai ravi de vous retrouver dimanche prochain, après je l'espère des vacances bien reposantes pour la majorité d'entre vous, loin du stress des actualités. Pour cette émission de reprise, j'ai choisi un numéro qui apporte vraiment une bouffée d'optimisme, et qui nous fera voyager un petit peu puisqu'un de nos invités sera à Jérusalem au bout du téléphone : Kamal Hachkar est un jeune franco-marocain de 33 ans, chercheur et professeur d'histoire ; nous-nous sommes connus à l'occasion d'une journée organisée par l'association "Shalom-Paix-Salam", et on peut vraiment dire que l'amitié entre Juifs et Musulmans lui tient à cœur puisqu'il est cet été en Israël pour se perfectionner en hébreu, ce n'est d'ailleurs pas son premier voyage là-bas. Nous parlerons de son projet de film sur le Mellah disparu de Tinghir, ce village berbère du Sud Marocain qui est aussi le berceau de sa famille. A mes côtés dans le studio je recevrai Arrik Delouya, que j'ai connu à la "Commission pour les relations avec les Musulmans" du CRIF, que j'ai l'honneur de présider depuis maintenant un an : c'est le président d'une association culturelle, "Permanences du Judaïsme marocain", dont il nous parlera. C'est un chercheur franco-israélien, travaillant infatigablement  à préserver le patrimoine millénaire de cette communauté aujourd'hui dispersée, et jadis forte de centaines de milliers de personnes ; des chercheurs et historiens de plusieurs pays contribuent à ses travaux, mais il a surtout obtenu la coopération d'intellectuels marocains, berbères comme Kamal Hachkar. 

Parmi les questions que je poserai à mes invités :

- Pour Kamal, ce n'est pas commun pour un Musulman, même français, de choisir Israël comme destination. Pourquoi ces voyages successifs ? Dans quel cadre se fait cet apprentissage de l'hébreu ? Et est-ce qu'il se sent à l'aise, en parcourant le pays comme il le fait ?
- A propos de l'association "Permanences du Judaïsme marocain", quelles sont ses méthodes de travail, la "préservation du patrimoine" étant un objet bien vaste puisqu'il faut conserver à la fois des vestiges matériels - synagogues, cimetières - mais aussi une mémoire, avec des témoignages écrits et oraux : en quoi la coopération des Marocains est-elle indispensable ? Et est-ce que les Autorités la soutiennent ?
- Kamal Hachkar pense que "Depuis le départ de cette communauté juive, les gens qui sont restés ne les ont pas oubliés" - il a interviewé par exemple sa grand-mère, Zimba, qui se souvient très bien d'une voisine juive, pleurant au moment des adieux et lui disant "Dieu vous protège". N'est-ce pas trop beau, ou est-ce que d'autres personnes âgées comme sa grand-mère, ont gardé ce genre de souvenirs ? Et quid des jeunes Marocains, qui dans leur écrasante majorité n'ont jamais rencontré de Juifs de leur vie ?
- On sent une affection particulière des Berbères pour ce passé partagé avec les Juifs, il y a les universitaires qui travaillent avec l'association d'Arrik Delouya mais il y a aussi, par exemple, les 18 enseignants amazighs sont allés l'année dernière visiter le Yad Vashem à Jérusalem : comment l'expliquer ?
- au fond d'où venaient ces "Juifs berbères" ? Arrik Delouya dit que 95 % de la population vivant dans les palmeraies au Sud de Marrakech était juive jusqu'aux années 40, cela semble énorme: que penser de la théorie selon laquelle beaucoup de tribus de l'Atlas ont été converties au Judaïsme à l'origine ? Ou alors est-ce que, en sens inverse, beaucoup de Juifs se sont convertis à l'islam, on entend aussi certains Berbères marocains dire qu'ils sont des descendants de Juifs et qu'ils n'ont rien de commun avec les Arabes ?

J'espère vous retrouver nombreux à l'écoute dimanche prochain !

J.C

23 août 2010

Si la Tayelet m'était contée ...






Heureux de vous retrouver, après un si long silence !

Merci tout d'abord aux "fidèles" qui sont venus se connecter, régulièrement, à cette adresse : le blog reprend donc son fil aujourd'hui ; avec une "ligne" plus clairement affichée comme annoncé juste avant ces vacances (un très prochain article expliquera pourquoi je pense qu'il y a urgence à le faire) ; et une fréquence de publications un peu moins soutenue - je vise environ trois articles par semaine, de manière à mieux faire face à toutes les tâches "hors travail" qui s'accumulent à l'horizon ...

Mais revenons à cette série de photos, c'est à dire en fait à la destination de mes vacances sur lesquelles - comme à l'accoutumée - j'étais resté bien mystérieux : il s'agissait d'Israël, comme vous l'avez immédiatement compris. Mon dixième voyage, mais mes premières vraies vacances depuis un moment - les deux précédents, au milieu de la deuxième Intifada, m'avaient vu en fait accompagner des missions de l'AUJF pour notre radio Judaïques FM. Des vacances centrées sur Tel Aviv, destination devenue très populaire aussi bien pour la Diaspora française que pour les amateurs de "fun" du monde entier ... la ville est maintenant classée au top 10 des métropoles balnéaires par le très sérieux "National Geographic", avec Nice, Rio de Janeiro, Miami ou Barcelone !
De tels lauriers se méritent, et un court séjour - croisé à des souvenirs anciens - confirme les progrès de géant réalisés par la ville : terrasses de café qui n'ont maintenant rien à envier à celles de Paris ; gastronomie internationale et de qualité, qui n'existait presque pas il y a une vingtaine d'années (grands voyageurs, les Israéliens ont du ramener un peu cela dans leur bagages) ; rénovation d'une partie des immeubles construits pendant les années 30 et 40 pour le cœur de la ville (la fameuse "white city" de style Bauhaus inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO), les façades délabrées du reste faisant toujours peine à voir ; construction de nouveaux immeubles en centre ville, aux dimensions modestes mais de bon standing - pendant longtemps, les seules constructions semblaient être réservées aux riches habitants des quartiers nord ; et enfin, et les millions de touristes le savent bien, il y a ... la Tayelet, promenade du bord de mer, dont je vais vous parler.
Le promeneur a en effet peine à imaginer que, ici comme presque partout ailleurs dans le pays, des paysages de carte postale - "le ciel, le soleil et la mer" - ont été aussi le cadre d'évènements tragiques, qui ont forgé le pays en quelques décennies ... observons donc cette série de photos !

En haut, pour planter le décor, cette première vue prise de la fenêtre de mon hôtel : un aperçu d'ensemble de la Tayelet, vers le Sud, avec vue sur Yaffo, l'antique Jaffa. "Capitale" des Arabes palestiniens jusqu'à l'indépendance du pays - les Juifs en furent chassés lors d'un pogroms de 1921 - elle fut le théâtre de combats sanglants avec la Haganah en 1947-1948, à l'aube de l'indépendance de l'état - lire ici l'histoire de la ville. Le quartier de Manshiye - dont il subsiste la mosquée de Hassan Bek rénovée dans les années 90 - fut ainsi un champ de ruines, donnant un aspect désolant au boulevard front de mer dans sa partie sud, et ce pendant une bonne trentaine d'années ... Aujourd'hui, des buildings (résidences de luxe ou grands hôtels) poussent l'un après l'autre à cet endroit, lui donnant un air de petit Miami : voir deuxième photo à partir du haut. Mais revenons à la première photo : on aperçoit des constructions basses sur la plage,  juste avant de la digue de rochers s'avançant sur la mer. Il s'agit d'un complexe de loisirs, aujourd'hui partiellement à l'abandon et où se trouvait jadis un delphinarium ... "Delfinarium", comme le nom d'une boite de nuit fréquentée par des très jeunes garçons et filles, et qui fut l'objet d'un horrible attentat le 1er juin 2001, au début de la deuxième intifada : 22 morts, 120 blessés, dont une plaque rappelle le souvenir.

Autre attentat, évoqué sur la troisième photo toujours prise de la fenêtre de mon hôtel : on distingue toute proche l'Ambassade des États-Unis, gardée comme une forteresse, voir la double enceinte et les chicanes ... Mais, entre les deux, le Mike's Place, très fréquenté par la jeunesse de tous les pays en villégiature à Tel Aviv. Trois tués le 30 avril 2003, dont une jeune française qui travaillait au bar, victime d'un kamikaze britannique d'origine pakistanaise. La plus belle des revanches ? Comme tous les bars et restaurants, le Mike's Place ne désemplit pas !

Mais qui se souvient, aussi, que pendant une brève période, la violence n'opposa pas uniquement Juifs et Arabes, mais des Juifs entre eux ? Sur la photo suivante à partir du haut, on a une autre vue de la Tayelet, cette fois vers le nord : au premier plan un des premiers hôtels de luxe de la ville, le Dan ... à la façade unique, peinte par Agam. Au deuxième plan, l'ambassade de France, puis les grands hôtels construits à la fin des années 70. Ironie ? Face à l'ambassade se situe la plage Frishman, également nommée "plage des Français" en raison de sa fréquentation le mois d'août ... Mais, quasiment au même endroit, c'est un drôle de spectacle que pouvaient contempler les promeneurs, immortalisé sur la photo en noir en blanc : celui de l'Altalena en flammes le 20 juin 1948, bombardé sous les ordres de Ben Gourion alors premier chef de gouvernement d'un pays en guerre ! On lira ce bref article qui évoque la raison de cette décision, qui fit 18 morts mais empêcha peut-être une guerre civile, l'autorité légale du jeune État s'étant alors imposée à l'Irgoun, organisation dissidente ; et on réfléchira, aussi, à la veulerie de Yasser Arafat qui ne voulut jamais, de son côté, imposer son autorité par la force aux extrémistes du Hamas ...

J.C

11 juillet 2010

Bonnes vacances ... et rendez-vous le 23 août !

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Et voici donc revenu, amis lecteurs, le moment du "blanc" annuel. Une longue pause correspondant, heureusement, à de vraies vacances. Au bord de la mer, pas celle de cette photo idyllique ... mais dans un pays que je vous conterai à mon retour à Paris.
Des vacances plus longues qu'à l'accoutumée pour le blog, faute de temps - car mes multiples activités bénévoles m'ont fait prendre du retard pour mille petits travaux qui me faut essayer de faire courant août. Mais aussi - pourquoi ne pas l'avouer ? -, parce que suivant de près mon "audimat", je sais que ces mois d'été voient une chute de fréquentation qui motive peu pour des publications. Ajoutons à cela que juin fut décevant avec une chute d'environ 15 % du lectorat - qui avait dépassé les 4000 "hits" mensuels depuis septembre 2009.
Pourquoi ne pas l'avouer également ? Je pense mettre à profit ce "repos" prolongé pour réfléchir plus en profondeur à la FINALITE de ma publication, dans la "blogosphère juive francophone" ... Pour faire rapide, disons que celle-ci véhicule de manière ultra majoritaire un discours dans lequel je ne me reconnais pas. Je retrouve hélas ce discours, souvent violent ou sectaire, dans les propos échangés sur FaceBook où j'ai maintenant un réseau important d'ami(e)s, en France, en Israël et ailleurs : la connaissance des commentaires suscités par mes articles ; la possibilité de converser en simultané avec plusieurs personnes ; la découverte des certitudes qui me sont opposées, l'analyse aussi, au fil des mois, de l'univers mental de beaucoup m'ont convaincu qu'il fallait plus clairement "afficher la couleur" sur ce blog. Et d'essayer d'y faire œuvre de pédagogie !
Vous verrez donc, je l'espère, une petite évolution de contenu à la rentrée, avec le renfort de quelques bonnes "plumes" en renfort ... Pour les antisémites débiles et les antisionistes enragés que les hasards d'une recherche Internet font atterrir ici, il n'y aura rien de nouveau sous le soleil : ils trouveront toujours ici un discours différent de celui - compréhensif à leur égard - de la majorité des grands médias. Mais pour ceux "des miens" qui véhiculent sans complexe un discours haineux et raciste, "rencontrejudaiquesfm" deviendra une adresse à fuir, voir à combattre car je les dénoncerai plus clairement. J'y laisserai sans doutes une partie de mon lectorat, mais sans regret, car la qualité remplacera, j'en suis sûr, la quantité !
Bonnes vacances, reposez-vous bien et rendez-vous le 23 août !

07 juillet 2010

Apprendre ou se perfectionner en langue arabe et hébreu dans un Kibboutz en Israël !

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L'association Parler en Paix organise un stage linguistique en langue arabe et en langue hébreu en Israël du 22 août au 2 septembre 2010 au kibboutz Mashabeï Sadeh ( 12 jours).

Depuis 2008, Parler en Paix organise chaque année un voyage à but à la fois linguistique et culturel.
-    En mars 2008, le stage s’est déroulé dans un  village arabe d’Israël, à Arara,
-    En avril 2009, il  a eu lieu dans le nord du Maroc, à Chefchaouen

En 2010,  le voyage, initialement prévu en avril, a du être retardé, du fait du nuage islandais. Il doit avoir lieu, du 22 août au 2 septembre dans le sud d’Israël, dans un kibboutz du Neguev, proche de Beer Sheva. Il comprendra, comme d’habitude, des cours d’arabe et d’hébreu (niveaux avancé et débutant).

Ce séjour est ouvert à tous, adhérents ou non adhérents de Parler en Paix, mais respectueux des statuts et de l'éthique de l'Association consultables sur http//parlerenpaix.org, pour permettre la découverte d'un Israël pluriculturel à travers une initiation ou un perfectionnement en arabe littéral moderne et en hébreu moderne. Le stage de langues sera agrémenté de visites, excursions, rencontres avec les populations locales ( Bédouins, communauté Falasha..), conférences autour de cet aspect pluriculturel.

Informations pratiques : les dates sont modulables individuellement. Le prix du séjour au Kibboutz de Mashabeï Sadeh est de 775 € tout compris sans le vol. Contact joelleroboam@gmail.com

Parler en Paix, c'est qui, c'est quoi ?

Parler en Paix a vu le jour en juin 2004, quand un groupe de militants associatifs et deux professeurs de langue, l’un d’hébreu, l’autre d’arabe, ont eu ensemble l’idée d’un enseignement conjoint de l’arabe et de l’hébreu, laïc, convivial et extérieur aux mouvements politiques constitués. .

Des modalités pédagogiques : au cours de l’année, 30 séances d’enseignement, en soirée (19 à 22 h), comportant chacune un cours d’arabe et un cours d’hébreu.
Entre les deux cours, une pause conviviale de 30 minutes, permettant aux élèves et aux professeurs de se restaurer, de discuter et de créer des liens d’amitié.
Les élèves sont répartis, pour l’arabe et l’hébreu, en cinq groupes, allant du niveau débutant au niveau avancé (5 à 20 par classe suivant les niveaux).
Tous les élèves sont invités à suivre les cours des 2 langues, mais l’organisation des classes leur permet d’avoir un niveau différent dans les deux langues, par exemple débutant dans l’une et avancé dans l’autre. Ceci permet donc à ceux qui parlent déjà l’arabe ou l’hébreu, de se perfectionner dans la langue qu’ils connaissent et de s’initier à l’autre langue.
L’enseignement se déroule actuellement dans deux lycées parisiens, l’un se trouvant dans le 16ème arrondissement, l’autre dans le 11ème.

La philosophie de Parler en Paix, pourquoi enseigner en commun l’arabe et l’hébreu ?
Ce sont des « langues sœurs », toutes deux d’origine sémitique avec de nombreuses ressemblances de leur structure et de leur vocabulaire.
Au travers de cette approche linguistique commune, Parler en Paix  souhaite favoriser le dialogue interculturel et la rencontre entre des personnes d’horizons différents.

Les professeurs d’arabe et d’hébreu se réunissent régulièrement pour définir les principes et les modalités de la pédagogie au sein de l’association et harmoniser leur enseignement.
La première année, en  2004, l’association a commencé avec seulement 15 élèves. A la 6ème rentrée, en 2009 et au cours de l’année 2009-2010, 135 élèves  étaient inscrits aux cours.
Parler en Paix et les enfants : L’enseignement est destiné à un public d’adultes. Mais l’association propose aux enfants une découverte ludique des deux langues et de leurs alphabets au cours d’ateliers ponctuels en période de vacances.

Parler en Paix c'est aussi l'organisation d'évènements et d'expositions : « Arabe et hébreu, deux langues sœurs, des soirées Poésie , des ateliers  de théâtre, la chorale,
un atelier de danse, un atelier de cuisine, un atelier de calligraphie.
 Ces ateliers, témoins de la vie culturelle au sein de l’association, évoluent en fonction des désirs, des talents et de la créativité de ses adhérents.

Partenariats de Parler en Paix, entre autres : Fatma & Cie, Création Mosaïques, J2P : association de quartier du 19ème arrondissement de Paris. Organisation pour les jeunes du quartier d’une initiation à l’arabe et l’hébreu, et d’un voyage en Israël en octobre 2010 prochain. L'association propose des tarifs réduits pour les demandeurs d'emploi et les bénéficiaires du RMI.

Plus d'infos sur http://www.parlerenpaix.org/
Contact facebook : Michel Malinsky

05 juillet 2010

Israël et la Tunisie assurent un meilleur encadrement des imams

Un imam

Le Shin Bet, les services de renseignement intérieurs d’Israël ont commencé depuis quelques jours à superviser des entretiens d’embauche pour le poste d’imam des mosquées en Israël Le but de la manœuvre, vérifier que le candidat prêcheur n’a pas l’intention d’appeler au Jihad, à la haine et à la destruction ... mais qu’il n’a pour but que de faire valoir la religion musulmane, dans l’amour et la paix.
Le Shin Bet vient de refuser pour la première fois la nomination d’un imam prêcheur de haine. Le Sheikh Ahmed Abu Ajwa est un candidat déçu. A 36 ans, il vient de se voir refuser de prêcher dans la confrérie des imams. Après enquête, il s’est avéré que l’homme était un fervent partisan de la haine anti-occidentale, et anti judéo-chrétienne. Le « Haaretz » , journal de la gauche israélienne, affirme que l’imam a une longue histoire d’activités hostiles face aux Juifs et à l’état d’Israël. « De plus, affirme le journal, il fait partie de ces imams qui colportent des ragots sur Israël ... ceux qui disent qu’Israël va détruire tous les 2 mois la mosquée Al Aqsa pour y construire une synagogue. »


Rappelons qu'Israël paye les imams au même titre qu’il paye les rabbins ! Il est donc tout à fait légitime que les imams soient scrupuleusement recrutés, avant d’aller professer leur « foi » en terre d’Israël ... qu’en plus le Shin Bet est chez lui en Israël et, en tant qu’employeur, l’état dispose de certains droits, dont celui de prendre des garanties. Il a le droit d’assurer un meilleur contrôle des imams et de créer les conditions de l’émergence d’un islam moderne.
D’ailleurs, les pays arabes devraient s’inspirer des méthodes israéliennes de recrutement et de renseignement concernant les imams qui professent dans nos mosquées, afin d’éviter que le discours religieux glisse vers des prêches haineux. Il était temps que l’on reprenne les choses en main ! En mettant une limite à ces débordements, on contrôle le discours religieux, qui dans de trop nombreux cas, n’en est plus un, derrière certains faux « imams » se cachent, des terroristes affirmés.
 

Pour ce qui concerne la Tunisie, la formation des imams prédicateurs est assuré par l’État lui-même, pour garantir une culture religieuse authentique.
Le 1er Avril 2010, M. Boubaker El Akhzouri, ministre tunisien des Affaires religieuses, a affirmé qu'un discours religieux éclairé demeure à la base d'une culture religieuse authentique et exacte chez l'individu. Présidant à Sidi Thabet, dans le gouvernorat de l'Ariana ( proche de Tunis) les travaux du 3ème atelier régional de formation au profit des jeunes imams prédicateurs des gouvernorats du Grand-Tunis, le ministre tunisien M. El Akhzouri a relevé l'importance du rôle de l'imam prédicateur dans l'explication et l'éclaircissement des préceptes, des valeurs et des principes de l'Islam, ainsi que dans l'appel au travail et à la production, à l'enracinement des fondements de l'identité arabo-musulmane et au renforcement de la fierté des acquis et de l'héritage civilisationnel du pays. Le ministre a, en outre, souligné l'impératif, pour l'imam prédicateur, de bien préparer le prêche du vendredi afin d'éviter les pièges de l'improvisation, et de choisir un sujet qui convienne à l'audience et aux spécificités de la région.
Il a d'autre part, mis en relief le rôle du discours religieux dans l'appui aux efforts déployés par l’État en matière de sensibilisation quant au comportement civilisé, de façon à contribuer à l'instauration d'une société équilibrée où règnent bonnes moeurs, droiture et vertu. Il a, dans ce sens, appelé les imams prédicateurs à adopter une approche claire et concise dans leurs prêches, en s'appuyant sur l'école malékite (école sunnite, majoritaire en Tunisie), dans la pratique des rites et en se référant aux théologiens et oulémas tunisiens.
Ces ateliers régionaux, a fait observer le ministre, visent essentiellement à promouvoir le discours religieux et à en parfaire le contenu et les méthodes, afin qu'il constitue un appui au développement intégral du pays et au projet civilisationnel instauré par le Président Zine El Abidine Ben Ali, ainsi qu'un message qui éclaire les citoyens, prône la pensée scientifique modérée et propage les valeurs de concorde et de la tolérance dans la société.


Ftouh Souhail,
Tunis

04 juillet 2010

De quelle raison parlez-vous ? par Talila Malka

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« Appel à la Raison », « Raison garder », une pétition, suivie d’une contre-pétition. Deux textes à l’origine d’une intense polémique au sein de la communauté juive française. Que signifie donc le terme Raison dans le douloureux et complexe conflit israélo-palestinien ? Je ne tenterai pas ici de vous faire entendre « raison », ou encore d’esquisser un début de tentative d’analyse politique et géostratégique. En effet, j’avoue avec grande humilité ma probable ignorance de la profonde étendue des enjeux moyens-orientaux. Cet article se veut plutôt apporter une voix différente, car je n’ai signé aucune des deux pétitions citées.

1. Lorsque qu’est lancée la pétition initiée par JCall, je ressens immédiatement un malaise qui ne m’incite pas à signer cet appel, que j’aurais sans nul doute signé quelques années auparavant.. Tout d’abord, le procédé employé demeure sujet à questionnement.
Les initiateurs de cet appel prétendent représenter la Diaspora juive européenne s’adressant à l’état d’Israël. Les Diasporas juives et les Israéliens sont en effet intimement liés, un lien affectif profond et irréversible. Dans cette perspective il est légitime que les Diasporas questionnent Israël, d’autant plus que leur sécurité et leur tranquillité sont liées à la situation moyen-orientale. Cependant, dès le départ, les principaux signataires de l’Appel à la Raison semble s’adresser à tous… ici en Europe, à Bruxelles notamment, sauf au principal intéressé. Ils donnent ainsi l’amer impression pour qui connaît la société israélienne, d’un pays hermétique et fermé à toute remarque. Mais il n’est rien de tout cela. La société israélienne, en constant état de guerre depuis sa naissance, a démontré sa démocratie et ses capacités à se remettre en question. Il suffit pour s’en convaincre de découvrir la richesse et la diversité de son cinéma, de sa littérature, et des initiatives judéo-arabes.  Combien de pays en état permanent de guerre auraient muselé la liberté d’expression ? Combien de nations, dans ces conditions extrêmes, auraient permit le développement d’un monde artistique, journalistique et politique où toutes les opinions peuvent s’exprimer, même les plus contradictoires et les plus radicales ? Combien d’œuvres artistiques en Israël invitent à une remise en cause profonde de cette société, de ses actes et de ses choix ? Dans une atmosphère où Israël est diabolisé, « nazifié » par des faiseurs de haine, nous devons, chacun de nous, réfléchir profondément à nos actes et nos mots publics vis à vis d’Israël. Je ne parle bien sûr pas d’autocensure, mais savoir peser ses mots et ses actes dans un contexte où tout devient prétexte à accroître l’antisémitisme à travers la haine d’Israël est aujourd’hui une question de bon sens. Un appel qui se serait adressé en premier lieu aux israéliens eux-mêmes et auraient initié un nécessaire et légitime dialogue entre Diasporas et Israéliens aurait été mieux perçu. Mais cela n’a point été le cas. Sans compter la nature du texte, qui donne l’impression d’accabler uniquement l’état israélien, en passant brièvement sur les bien réels dangers auxquels il doit faire face.
Autre point non négligeable. Pour faire la paix, ou du moins envisager de la faire, il faut être deux. La situation géopolitique a eu pour effet mondial une dégradation malsaine des relations judéo-musulmanes. Pour qui doute encore, il suffit d’observer les sites communautaires des uns et des autres, pour constater l’écrasante prépondérance des sujets israélo-palestiniens, mais pas seulement. Tout est prétexte à évoquer « l’autre », le « juif », le « musulman », « l’Arabe », et la nature de ce que nous lisons et entendons fait frémir d’effroi tant elle inquiète et démontre la mise en place de ce que certains faiseurs de haine souhaitent demeurer « deux blocs », « deux camps ». Dans ces conditions, un appel commun judéo-musulman-arabo-berbère européen aurait eu bien plus d’impact et de symbole. Il aurait reflété l’attente sincère de nombreuses personnes des deux côtés. Il aurait appelé Israël à cette fameuse raison, certes, mais il aurait adressé également des remarques aux pays musulmans, sunnites comme chiites. Leur demandant de cesser d’instrumentaliser les souffrances palestiniennes pour mieux masquer leurs crises internes et leurs propres échecs. Leur exigeant de cesser de diffuser des théories antisémites, sous couvert de dénoncer la situation des palestiniens. Protocole des Sages de Sion en vente au grand jour, image du juif liée à la ruse, l’argent, le pouvoir, la domination, des images et des idées que l’on pensait avoir péries avec la fin du nazisme, mais qui pourtant, renaissent de leurs cendres pour mieux distiller leur venin. La communauté juive française, accablée par des années de renaissance de l’antisémitisme, apparaît aujourd’hui renfermée et sous haute tension. Elle se sent seule et incomprise face à ceux qui osent encore soutenir les Dieudonné, les Ahmadinejad invitant des néo-nazis, les caricatures anti-juives sous couvert de dénonciations d’Israël, les dérives des manifestations de soutien à la Palestine.  Comment dans ces conditions lui demander de soutenir un appel à la Raison à destination d’Israël alors qu’elle souffre ICI en France, des conséquences malsaines de l’importation du conflit israélo-palestinien, notamment en provenance des pays arabes et des instrumentalisateurs de la cause palestinienne. La présence dans un appel commun, de l’autre acteur en Europe, qui suit de près la destinée israélo-palestinienne, tout comme les juifs, aurait donné plus de crédit et de légitimité à cet appel.
Aucune initiative, au Moyen-Orient comme en Europe, ne pourra se faire sans la présence et l’investissement de tous les acteurs concernés. OUI, Israël a des torts dans la dégradation de la situation, tout comme ses voisins. La RAISON, l’ultime raison, simple, humble et limpide mérite d’être rappelée :

C’est tous ensemble que nous avancerons.

2. Je n’ai pas pour autant signé l’appel intitulé « Raison Garder ». L’ambiance accompagnant ce texte a produit un profond malaise en moi, tout comme « L’appel à la raison » de JCall. Les signataires appelant Israël à la raison, se sont vus insultés et définis comme des traîtres, voire, insulte suprême, des antisionistes… Dans le monde binaire de certaines âmes promptes à se battre virtuellement pour défendre Israël, toute critique ou remise en question de la politique israélienne équivaut à une mise à l’écart totale, et à un déchaînement d’agressivité où toute tentative intellectualisée de débattre se révèle vaine. La polémique autour de ces deux appels ne fait que rappeler un problème qui prend une ampleur non négligeable dans la communauté. Ce problème réside dans l’impossibilité de débattre sans se faire taxer de traître. Vous n’appréciez pas Liberman ? Netanyahu ? Vous pensez que la politique en Cisjordanie devrait être d’avantage remise en question ? Risquez-vous à émettre votre avis sur un groupe facebook dédié à Israël, et vous allez voir le déferlement de réponses colériques vous traitant sans vous connaître de pro-arabe, de traîtres, de « juif de cour » et je vous passe tous les détails des charmants sobriquets employés à votre égard. D’autant que vous êtes un amoureux inconditionnel d’Israël, intègre quant à l’antisémitisme qui accompagne l’instrumentalisation, de la cause palestinienne, vous êtes peut-être même engagé et dévoué à la communauté, et vous vous retrouvez injurié, voire calomnié par des inconnus qui vous jugent sans vous connaître pour le simple fait d’avoir émis des idées, qui par ailleurs ont libre cours en Israël… Il faudrait rappeler aux personnes qui se sont déchaînées ces dernières semaines que le questionnement, le débat, l’échange, même intenses, font partie intégrante de la culture juive et sont à la base de la pensée juive, qu’elle soit spirituelle, philosophique ou politique. L’agressivité dans le débat ne fait en aucun cas partie de notre tradition et se révèle étrangère à notre culture. Au-delà des légitimes reproches que nous pouvons faire aux signataires de l’Appel à la Raison, remettre en cause leur sincérité vis-à-vis d’Israël et de la communauté est un glissement qui n’aurait pas du se produire. Que souhaitent donc certains des détracteurs de cet appel ? Envisagent-ils que nous devenions une communauté hermétique, où la pensée unique régnerait ? Un groupe humain, quel qu’il soit, ne peut évoluer positivement, si le débat et l’absence d’idées au pluriel sont absent. Cela augure les presmices de la défaite de la démocratie, ni plus, ni moins. Des juifs débattent ? Des juifs s’engueulent ? Pardonnez-moi l’expression mais c’est tant mieux !

Pour conclure, je dirais qu'il est temps de cesser d'opposer deux clichés constants que nous retrouvons constamment dans la communauté. D'une part les "shalom archav" et d'autre part les "soutiens inconditionnels de tout gouvernement israélien" Je n'apprécie guère l'actuel gouvernement israélien, tout comme je n'apprécie pas "shalom archav"et leurs actions,  et je suis loin d'être la seule. Pour autant, j'aime Israël inconditionnellement, irrationnellement, et le défendrai toujours. Nos sensibilités à tous sont complexes et diversifiées certes, mais nous sommes tous reliés par notre amour d'Israël et cette chose indescriptible qui fait que nous sommes tous proches les uns des autres et nous sentons envers et contre tout, malgré les désaccords, UN.

Talila Malka
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Nota de Jean Corcos
Comme la signataire de cet article, je n'ai signé aucun de ces deux appels. Pour presque les mêmes raisons, et alors même que j'ai d'excellents amis qui ont signé l'un ou l'autre. Nouvelle preuve du pluralisme de Judaïques FM, nos auditeurs auront pu entendre, par exemple, nos éditorialistes Gérard Akoun et André Nahum diverger sur JCall, le premier le soutenant et le deuxième le condamnant !
Quelques remarques en complément :
-  Pour JCall, je n'aurais pas aimé voir ma signature à côté de celles d'adversaires résolus de l'état d'Israël, et que les initiateurs de l'appel auraient du refuser.
-  Pour "Raison garder", les initiateurs ont surtout fait passer le message que le gouvernement actuel d'Israël était excellent, et reflétait parfaitement la volonté des Israéliens ; vous ne serez guère surpris que cela ne soit pas mon avis !

01 juillet 2010

A propos de notre émission de dimanche prochain ...

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L'émission de dimanche prochain 4 juillet sera un pré enregistré ... comme cela est souvent le cas ! Plus précisément, l'enregistrement a eu lieu ce jeudi soir, et je peux vous dire que ce numéro de "Rencontre", réalisé avec deux invités non "professionnels" de la radio, s'est fort bien passé.

Mona Lisa, version salafiste


Le sourire du mois
- juillet 2010

Sans commentaires, juste pour le "fun" ... et en espérant que Léonard de Vinci ne se retourne pas dans sa tombe !

J.C

29 juin 2010

Cheval de Troie iranien au sein des élections irakiennes par le Dr. Nimrod Raphaeli


Introduction

Près de deux mois après la clôture des élections législatives en Irak, le nouveau gouvernement n'a toujours pas été formé, et la perspective d'une sortie de l'impasse qui a empêché jusqu'ici la formation du gouvernement n'apparaît pas. La situation semble au contraire de plus en plus complexe et les pistes de plus en plus brouillées. L'un des facteurs contribuant à complexifier la situation n'est autre que le cheval de Troie iranien en Irak.

La commission des comptes et de la justice (AJC), cheval de Troie iranien

Selon la mythologie grecque, les Grecs ont présenté aux citoyens de Troie un grand cheval de bois, dans lequel ils avaient secrètement caché leurs guerriers. Pendant la nuit, les guerriers sont sortis du cheval de bois et ont envahi la ville.
Le rôle joué par la Commission des comptes et de la justice (AJC), sous la présidence d'Ahmed Chalabi, l'un des politiciens les plus pro-iraniens de la scène politique irakienne, et de son directeur exécutif Ali Al-Lami, fait penser à un cheval de Troie iranien en Irak. Dans une déclaration datant de février 2010, le commandant des forces américaines en Irak, le général Ray Odierno, rapportait que les renseignements faisaient état de l'influence iranienne à laquelle étaient soumis aussi bien Chalabi qu'Al-Lami. Les États-Unis estiment en effet qu'Al-Lami est un agent des services de renseignements iraniens. [1]
L'AJC, anciennement connue sous le nom de "Commission de dé-baathification," a été inactive pendant des années, mais s'est subitement réveillée quelques jours avant les élections législatives du 7 mars 2010, empêchant plus de 500 candidats de se présenter, au nom de prétendues sympathies baasistes. La plupart d'entre eux faisaient partie de la liste d'Iyad Allaoui, à la tête d'Al-Iraqiya. Parmi ceux qui n'ont pu se présenter se trouvait le principal candidat sunnite: Saleh Al-Mutlak.
La plupart des Irakiens ont en horreur le parti Baath, qui a gouverné l'Irak pendant 35 ans, dont 30 ans sous Saddam Hussein. Les critiques contre la décision de l'AJC d'empêcher les candidats présumés pro-baathistes de se présenter se basent donc sur l'absence de toute possibilité pour les accusés de se défendre d'un passé ou de sympathies baasistes. Ces critiques relèvent en outre que cette décision a été prise trop peu de temps avant les élections. Elle est vue comme une offensive contre Iyad Allaoui, ce dernier étant considéré par l'Iran comme trop laïque et trop proche du régime saoudien.
L'AJC a refait surface une deuxième fois après l'annonce du résultat des élections, Iyad Allaoui ayant obtenu un avantage de deux sièges sur son plus proche rival, le Premier ministre Nouri Al-Maliki (91 sièges contre 89 sièges). L'AJC a déclaré que 52 des candidats, dont au moins deux ont été dûment élus au Parlement en tant que membres d'Al-Iraqiya, devaient être disqualifiés pour appartenance présumée au mouvement baasiste. L'AJC est allée plus loin encore en appelant la Commission électorale à ignorer les voix accordées à ces 52 candidats et à revoir l'attribution des sièges sur la base du nouveau décompte des voix. Al-Iraqiya pourrait ainsi perdre au moins deux sièges, perdant sa place de premier parti au parlement, ce qui priverait Iyad Allaoui de la possibilité de former un gouvernement dont il serait la tête.

Al-Lami accuse Washington de vouloir l'assassiner

Pour accroître l'incertitude injectée au processus politique, avec l'apparente bénédiction de l'Iran, le directeur exécutif de l'AJC Ali Al-Lami a accusé lundi les Etats-Unis de chercher à l'assassiner pour ensuite mettre le meurtre sur le dos d'Al-Qaïda. Il a déclaré que les États-Unis voulaient se "venger" de ses efforts pour contrecarrer le plan américain visant à rétablir le parti Baath au pouvoir. Ce serait les renseignements irakiens (Moukhabarat) qui lui auraient fait part de ce prétendu complot pour le liquider, sur la base d'informations divulguées par une source "de premier ordre", au sein de l'ambassade américaine à Bagdad. [2] Un chef de file d'Al-Iraqiya a qualifié les propos d'Al-Lami de fruit de son imagination, nourrie par "des fronts régionaux connus" liés à l'Iran. Auparavant, Al-Lami avait passé 18 mois dans une prison américaine, suspecté d'activités terroristes. [3]

Le porte-parole du gouvernement critique la Commission des comptes et de la justice (AJC)

Ali Al-Dabbagh, porte-parole du gouvernement irakien (élu au Parlement dans le cadre de la liste Al-Maliki "Etat de droit"), a émis "une critique sans précédent" de la décision de l'AJC d'exclure certains candidats du processus politique. Il a déclaré que cette décision créerait des tensions entre les groupes politiques ; or "la situation politique en Irak ne peut pas supporter les crises marginales qui ne servent pas l'intérêt du pays". [4] Dans une interview accordée au site libéral Elaph, Al-Dabbagh a confirmé que des efforts avaient été déployés pour restructurer l'AJC afin que le pays ne "cède pas sous les caprices d'un nombre limité de personnes qui créent des crises politiques consécutives..." [5]

La Premier ministre que l'Iran veut

L'Iran s'est efforcé durant des mois, avant les élections, d'unifier les deux principaux groupes chiites - l’État de droit d'Al-Maliki et le Conseil islamique suprême d'Al-Hakim, élément clé de l'Alliance irakienne nationale. Ayant échoué dans ses efforts, l'Iran s'est engagé dans des activités subversives - principalement, mais pas exclusivement, à travers l'AJC - pour empêcher que M. Allaoui, chef de file chiite libéral et laïque, ne devienne Premier ministre. Le directeur d'Al-Arabiya TV, Abd Al-Rahman Al-Rashed, a vu tout à fait juste lorsqu'il a qualifié l'action de l'AJC de "complot" pour empêcher Iyad Allaoui de devenir Premier ministre. [6]

Conclusion

L'arrêt de l'AJC visant à exclure, a posteriori, les voix accordées aux candidats accusés de sympathies baathistes, et la demande d'Al-Maliki, approuvée par le tribunal, d'un nouveau décompte manuel des voix de la province de Bagdad, ont suspendu tout débat véritable quant à la formation du nouveau gouvernement. En attendant, les pays de la région - l'Iran, les États arabes, la Turquie, et d'autres encore - continuent de s'ingérer dans les affaires politiques irakiennes, ce qui rend l'éventualité d'un compromis politique encore plus improbable.

Dr Nimrod Raphaeli, chercheur au MEMRI
Publié par le site MEMRI le 7 mai 2010


[1] Al-Rafidayn, le 2 mai 2010.
[2] Al-Rafidayn, le 2 mai 2010.
[3] Al-Rafidayn, le 2 mai 2010.
[4] Al-Zaman, Irak, le 29 avril 2010.
[5] www.ekaog,cin/Web/news/2010/557715html (3 mai 2010).
[6] Al-Sharq Al-Awsat, Londres, 29 avril 2010