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25 août 2010

Juifs et Berbères du Maroc, une mémoire à retrouver : Arrik Delouya et Kamal Hachkar seront mes invités dimanche 29 août

Juifs de l'Atlas
Photo prise avant l'indépendance du Maroc

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Je serai ravi de vous retrouver dimanche prochain, après je l'espère des vacances bien reposantes pour la majorité d'entre vous, loin du stress des actualités. Pour cette émission de reprise, j'ai choisi un numéro qui apporte vraiment une bouffée d'optimisme, et qui nous fera voyager un petit peu puisqu'un de nos invités sera à Jérusalem au bout du téléphone : Kamal Hachkar est un jeune franco-marocain de 33 ans, chercheur et professeur d'histoire ; nous-nous sommes connus à l'occasion d'une journée organisée par l'association "Shalom-Paix-Salam", et on peut vraiment dire que l'amitié entre Juifs et Musulmans lui tient à cœur puisqu'il est cet été en Israël pour se perfectionner en hébreu, ce n'est d'ailleurs pas son premier voyage là-bas. Nous parlerons de son projet de film sur le Mellah disparu de Tinghir, ce village berbère du Sud Marocain qui est aussi le berceau de sa famille. A mes côtés dans le studio je recevrai Arrik Delouya, que j'ai connu à la "Commission pour les relations avec les Musulmans" du CRIF, que j'ai l'honneur de présider depuis maintenant un an : c'est le président d'une association culturelle, "Permanences du Judaïsme marocain", dont il nous parlera. C'est un chercheur franco-israélien, travaillant infatigablement  à préserver le patrimoine millénaire de cette communauté aujourd'hui dispersée, et jadis forte de centaines de milliers de personnes ; des chercheurs et historiens de plusieurs pays contribuent à ses travaux, mais il a surtout obtenu la coopération d'intellectuels marocains, berbères comme Kamal Hachkar. 

Parmi les questions que je poserai à mes invités :

- Pour Kamal, ce n'est pas commun pour un Musulman, même français, de choisir Israël comme destination. Pourquoi ces voyages successifs ? Dans quel cadre se fait cet apprentissage de l'hébreu ? Et est-ce qu'il se sent à l'aise, en parcourant le pays comme il le fait ?
- A propos de l'association "Permanences du Judaïsme marocain", quelles sont ses méthodes de travail, la "préservation du patrimoine" étant un objet bien vaste puisqu'il faut conserver à la fois des vestiges matériels - synagogues, cimetières - mais aussi une mémoire, avec des témoignages écrits et oraux : en quoi la coopération des Marocains est-elle indispensable ? Et est-ce que les Autorités la soutiennent ?
- Kamal Hachkar pense que "Depuis le départ de cette communauté juive, les gens qui sont restés ne les ont pas oubliés" - il a interviewé par exemple sa grand-mère, Zimba, qui se souvient très bien d'une voisine juive, pleurant au moment des adieux et lui disant "Dieu vous protège". N'est-ce pas trop beau, ou est-ce que d'autres personnes âgées comme sa grand-mère, ont gardé ce genre de souvenirs ? Et quid des jeunes Marocains, qui dans leur écrasante majorité n'ont jamais rencontré de Juifs de leur vie ?
- On sent une affection particulière des Berbères pour ce passé partagé avec les Juifs, il y a les universitaires qui travaillent avec l'association d'Arrik Delouya mais il y a aussi, par exemple, les 18 enseignants amazighs sont allés l'année dernière visiter le Yad Vashem à Jérusalem : comment l'expliquer ?
- au fond d'où venaient ces "Juifs berbères" ? Arrik Delouya dit que 95 % de la population vivant dans les palmeraies au Sud de Marrakech était juive jusqu'aux années 40, cela semble énorme: que penser de la théorie selon laquelle beaucoup de tribus de l'Atlas ont été converties au Judaïsme à l'origine ? Ou alors est-ce que, en sens inverse, beaucoup de Juifs se sont convertis à l'islam, on entend aussi certains Berbères marocains dire qu'ils sont des descendants de Juifs et qu'ils n'ont rien de commun avec les Arabes ?

J'espère vous retrouver nombreux à l'écoute dimanche prochain !

J.C