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28 juin 2013

Un blog à l'eau de rose, vraiment ?



La lecture, même en diagonale, de la majorité des blogs et sites juifs francophones m'inspire souvent un profond découragement. Non pas que je sois en opposition avec certaines indignations lorsque Israël est injustement accusé, ou lorsqu'un "politiquement correct" - en déclin, il faut heureusement le constater aussi - interdit toute critique de ses ennemis. Mais ce que je lis dès qu'il est question de l'islam et du monde arabe me déprime presque toujours, alors même que j'ai fait du monde musulman la thématique de ma série radiophonique, et alors que c'est sur le plan des relations judéo musulmanes que je me suis investi, ces dernières années : "affreux, sales et méchants", voilà la peinture raciste et simpliste que j'essaie d'éviter sur ce blog ou sur Judaïques FM ; et voilà aussi, sans doutes, pourquoi d'aucuns peuvent m'accuser de présenter des nouvelles "à l'eau de rose" !

Mais est-ce vraiment le cas ? Trouvez-vous dans votre presse quotidienne - pourtant un peu plus objective qu'avant, comme je l'écrivais plus haut - autant de références à l'antisémitisme d'origine musulmane, ici ou de l'autre côté de la Méditerranée ? Un fort mauvais procès, en vérité.

Je me suis amusé à comptabiliser l'ensemble des articles publiés avec le libellé "antisémitisme" depuis la naissance du blog, en 2005 : il y en a eu 91, soit rapportés au nombre total de publications environ 5 % ... n'était-ce pas déjà assez ?

Merci donc de faire un petit voyage dans les archives en cliquant sur chacun des libellés ci-dessous : et de vérifier, par vous même, que "mon blog n'est pas à l'eau de rose" !

J.C

22 novembre 2010

Damas, capitale du boycott arabe ... et de l'antisémitisme

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La 85ème conférence des officiers de liaison des bureaux régionaux arabes du boycottage d'Israël a ouvert pour 3 jours ses travaux  le jeudi 27 octobre 2010  à Damas. Avec la participation de 15 pays arabes.

Le sous–secrétaire général de la Ligue Arabe pour "Les affaires de la Palestine et des territoires arabes occupés", Mohammad Soubeih, a affirmé que "le boycott d'Israël est le devoir de tout Arabe et Musulman". De son côté, le chef de la délégation de la Palestine, Anwar Abdel Hadi, a affirmé que "le boycott est l'un des moyens nécessaires pour affronter l'entité sioniste".

L’antisémitisme arabe, qui a aujourd’hui le visage de la Ligue Arabe, se manifeste  à chaque occasion par ces conférences dites de "boycott d'Israël". Le slogan du boycott d'Israël est aujourd’hui l’arme du choix des tyrans, des dictateurs et des gouvernants de ces États totalitaires. Il détourne les populations arabes des troubles publics qui pourraient se déclencher à n’importe quel instant, de la colère,  de la pauvreté, de l’ignorance,  de la maladie, des inégalités économiques et de la négation des droits de l’homme. La Ligue Arabe, qui est un véritable club de pays autoritaires,  a épousé de multiples formes de la haine d’Israël. Il s’agit plutôt d’un antisémitisme politique qui fait de l’État juif la poubelle dans laquelle les pays arabes  vident toutes les frustrations. C’est pour cela que le  seul  combat qui rassemble le plus grand nombre des pays arabes, c’est bien le boycott d'Israël.

Le monde arabe représente 350 millions d'habitants et presque une fois et demi la surface de l'Europe, d'un bout à l'autre ce sont  des gouvernements qui s’appuient davantage sur la brutalité que sur l’autorité de la loi. Israël au Moyen Orient semble aujourd'hui un îlot de démocratie de progrès au milieu d'un océan de dictatures rétrogrades. Comment alors ne pas susciter la jalousie ? Le succès d’Israël inquiète les pays arabes. De plus, les régimes arabes en place n'ont d'autre but que de se perpétuer, sans aucune place pour une véritable expression populaire. Tous les pays arabes sont dans un équilibre fragile, le pouvoir pouvant être renversé du jour au lendemain par la force ou par des urnes truquées ou non, au profit d'un régime islamiste encore plus violent et arbitraire.

Les pays arabes semblent prendre conscience d’une chose: Israël domine largement l’ensemble de ce monde… au niveau scientifique en tout cas. Donc il faut  le boycotter.

En effet, Israël est une "success story" comme disent les anglo-saxons, sur les plans technologiques, économiques, financiers, sur le plan des "start-up", de l'esprit d'entreprise, sur le plan des performances, du nombre de prix Nobel par habitant, des différents prix reçus dans tous les domaines notamment culturels. Sur le plan politique, Israël est  une exception : c’est le seul pays dans toute la région qui soit dirigé par un gouvernement contrôlé par une Assemblée démocratiquement élue.

De fait, Israël sera toujours la première cible des dictateurs arabes et de leurs dirigeants qui sont  les plus  vieux  dans la planète. Ce petit bout de terre  cristallise les haines et les passions de ces gens  qui n’ont pas réussi à construire des pays démocratiques. Nous pourrions ici  revenir sur l’antisémitisme arabe intrinsèque qui remonte à la nuit des temps, et qui a jalonné l’histoire de ces pays après leur indépendance, sans relâche et sans raison, avec son cortège d’horreurs les plus inconcevables pour un esprit simplement "humain". Un million de Juifs ont fui  les pays arabes ou en ont été expulsés, après l’application de lois discriminatoires,  des spoliations, des extorsions, et dans certains états des arrestations, des internements et des exécutions.

L’État Juif a lutté  avec dignité pour recueillir tous  les réfugiés Juifs des pays arabes, rendus apatrides. Cet État était d’ailleurs  la réponse à l’antisémitisme arabe.Le déplacement des Juifs des Pays Arabes n’était pas seulement la conséquence de la  proclamation de l’indépendance, d’Israël  et de l’humiliante défaite des Arabes. Les ingrédients de l’expulsion étaient déjà là, bien avant 1948. Les États de la Ligue Arabe avaient rédigé en novembre 1947 une loi désignant leurs Juifs d’"étrangers ennemis". Et les minorités non- musulmanes,  étaient rejetées et méprisées dans l’Histoire comme "dhimmis" (protégées), avec peu de droits, qui  étaient déjà opprimées par des régimes pan-arabes inspirés des Nazis. Comme l’exprime l’historien Nathan Weinstock, même les Juifs d’Allemagne de 1939 n’ont pas été si bien "ethniquement nettoyés".

Les pays arabes Arabes vivent aujourd’hui le pic d’une décadence   totale. Leur  vision politique est  déjà anachronique, obsolète, faite de fantasmes, de mirages et de délires. La survie  de leurs régimes est tributaire de la haine des juifs. Face à un sentiment d’échec et d’impasse du monde arabe, il faut donc boycotter l'état hébreu  faute de pouvoir le rivaliser.

Ftouh Souhail, 
Tunis

13 octobre 2010

"Parler contre Israël", par Pilar Rohala

Pilar Rahola, journaliste et femme politique catalane

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Texte présenté lors de la conférence qui eut lieu dans le Global Forum for Combating Antisemitism, qui se déroula il y a quelques jours à Jérusalem.
Lundi soir, à Barcelone. Au restaurant, une centaine d’avocats et de juges. Ils se sont réunis pour écouter mes opinions sur le conflit au Moyen Orient.
Ils savent que je suis un bateau hétérodoxe, dans le naufrage de la pensée unique qui règne sur mon pays, sur Israël.
Ils veulent m’entendre. Quelqu’un de raisonnable comme moi, disent-ils, pourquoi risque t-elle de perdre sa crédibilité, en défendant les méchants, les coupables ? Je leur dit que la vérité est un miroir cassé et que chacun d’entre nous en a un fragment. Et je provoque leur réaction : « Vous, vous vous croyez tous des experts en politique internationale quand vous parlez d’Israël, mais en réalité vous n’en savez rien. »
« Oserez-vous parler du conflit au Rwanda, au Cachemire ou en Tchétchénie ? Non. Ils sont juristes ; leur terrain n’est pas la géopolitique. Mais avec Israël ils osent. Tout le monde ose. Pourquoi ? Parce qu’Israël est  sous le feu médiatique de façon permanente et son image déformée contamine les cerveaux du monde. Et parce que cela fait partie du politiquement correct, parce que cela a l’air solidaire, parce que parler contre Israël ne coute rien.
Et ainsi, des personnes cultivées lisant des articles sur Israël sont prêtes à croire que les juifs ont six bras, tout comme au Moyen Age ils croyaient à toute sorte d’atrocités. Sur les Juifs d’antant et les Israéliens d’aujourd’hui, tout se vaut. La première question est alors de savoir pourquoi tant de gens intelligents, à l’heure de parler d’Israël deviennent des idiots…
Le problème que nous rencontrons – nous, qui ne démonisons pas Israël - est l’inexistence de débat à propos du conflit, ce qui existe bel et bien c’est la pancarte; nous n’échangeons pas des idées, nous nous tapons dessus avec des consignes ; nous ne disposons pas d’information sérieuse, nous souffrons d’un journalisme d’hamburger, fast food, plein de préjugés, de propagande et de simplisme.
La pensée intellectuelle et le journalisme ont démissionnés d’Israël. Ça n’existe pas. C’est pour cette raison que lorsqu’on essaye d’aller au-delà de la pensée unique, on devient suspect et réactionnaire, et on se retrouve immédiatement ségrégué. Pourquoi ? ça fait des années que j’essaye de répondre à cette question. Pourquoi ? Pourquoi de tous les conflits que connaît le monde le seul qui intéresse l’opinion est celui-ci ? Pourquoi on criminalise un petit pays qui lutte pour sa survie ? Pourquoi le mensonge et la manipulation informative triomphent avec une telle facilité ? Pourquoi tout est réduit à une simple masse d’assassins impérialistes ? Pourquoi les raisons d’Israël ne sont jamais évoquées ? Pourquoi il n’y a jamais de fautes palestiniennes ? Pourquoi Arafat est un héros et Sharon un monstre ? Bref, pourquoi étant le seul pays au monde sous la menace de destruction/anéantissement, c’est le seul que personne ne reconnait comme victime ?
Je ne pense pas qu’il y ait une unique réponse à ces questions ? De même qu’il est impossible d’expliquer complètement la méchanceté historique de l’antisémitisme, il n’est pas non plus possible d’expliquer l’imbécilité actuelle de l’anti israélisme. Elles boivent toutes deux des fontaines de l’intolérance, le mensonge et le préjugé. Si, en plus, nous acceptons que l’anti israélisme est la nouvelle forme d’antisémitisme, nous devons conclure que les contingences ont changé, cependant  se maintiennent intacts les mythes les plus profonds, tant celui de l’antisémitisme chrétien médiéval, que celui de l’antisémitisme politique moderne. Et ces mythes ont débouché sur le récit d’Israël. Par exemple, le juif moyenâgeux qui tuait des enfants chrétiens pour boire leur sang, se connecte directement avec le juif israélien qui tue des enfants palestiniens pour s’approprier de leurs terres. C’est toujours des enfants innocents et des juifs obscurs. Par exemple les banquiers juifs qui voulaient dominer le monde à travers de la banque européenne, selon le mythe de Protoclos, connecte directement avec l’idée de que les juifs de Wall Street dominent le monde à travers la Maison Blanche.
La domination de la presse, la domination des finances, la conspiration universelle, tout cela qui configura la haine historique contre les juifs, débouche aujourd’hui dans la haine envers les israéliens. Dans le subconscient, donc, bât l’ADN antisémite occidental, qui crée un efficace terreau. Mais que bât-il dans le conscient ? Pourquoi  surgit aujourd’hui avec une telle virulence une intolérance renouvelée, cette fois centrée, non sur le peuple juif, sinon sur l’Etat juif ?
D’après mon point de vue, cela a des motifs historiques et géopolitiques, entre autres le cruel rôle soviétique pendant des décennies, les intérêts arabes, l’antiaméricanisme européen, la dépendance énergétique d’Occident et le croissant phénomène islamique. Mais il surgit aussi d’un ensemble de défaites que nous souffrons en tant que sociétés libres et qui débouche sur un fort relativisme éthique. Défaite morale de la gauche. Des décennies durant, la gauche hissa le drapeau de la liberté, là où il y avait de l’injustice et elle a été la dépositaire des espoirs utopiques de la société. Elle a été la grande constructrice de l’avenir.
Même si la méchanceté assassine du stalinisme enterra les utopies et laissa la gauche comme un roi nu, sans habits aucun, elle a conservé intacte son aura de lutte et marque encore la limite entre les bons et mauvais dans le monde. Même ceux qui ne voteraient jamais des valeurs de gauche confèrent un grand prestige aux intellectuels de gauche et leur permettent de monopoliser le concept de solidarité.
Cette trahison historique de la liberté se reproduit, actuellement, avec une précision mathématique. Aujourd’hui autant qu’hier, cette gauche pardonne des idéologies totalitaires, tombe amoureuse de dictateurs, et, dans son offensive contre Israël, ignore la destruction de droits fondamentaux. Elle déteste les rabbins mais adore les imams ; crie comme Tsahal, mais applaudit les terroristes du Hamas ; pleure pour les victimes palestiniennes, mais méprise les victimes juives; et quand elle s’émeut pour les enfants palestiniens, elle le fait seulement si elle peut incriminer les israéliens. Elle ne dénoncera jamais la culture de la haine ou sa préparation pour la mort, ou la servitude que souffrent les mères.
Et pendant qu’elle hisse le drapeau de la Palestine, elle brûle le drapeau d’Israël. Il y a un an, dans le Congrès d’AIPAC à Washington, j’ai posé les questions suivantes : « Quelles pathologies profondes éloignent la gauche de son compromis moral ? Pourquoi ne voyons-nous pas des manifestations à Paris, ou à Barcelone contre les dictatures islamiques ? Pourquoi, n’y a t-il pas de manifestations contre l’esclavage de millions de femmes musulmanes ? Pourquoi ne manifestent-ils pas contre l’emploi d’enfants bombes dans les conflits où l’Islam est impliqué ? Pourquoi la gauche est obsédée par la lutte contre deux des démocraties les plus solides de la planète, et celles qui ont souffert des attentats les plus sanglants : Etats Unis et Israël ? »...
Pourquoi la gauche qui a rêvé d’utopies s’est arrêtée de rêver, fissurée dans le Mur de Berlin de son propre échec. Elle n’a plus d’idées mais des consignes. Elle ne défend plus des droits mais des préjugés. Et le plus grand préjugé d’entre tous c’est celui qu’elle a contre Israël. J’accuse donc de façon claire : la principale responsabilité de la nouvelle haine antisémite, déguisée d’anti israélisme, provient de ceux qui devraient défendre la liberté, la solidarité et le progrès. Loin de là, ils défendent des despotes, ils oublient leurs victimes et se taisent devant des idéologies moyenâgeuses qui veulent détruire la civilisation.
La trahison de la gauche est une authentique trahison à la modernité. Défaite du journalisme. Nous avons un monde plus informé que jamais, mais nous n’avons pas un monde mieux informé. Au contraire les autoroutes de l’information nous connectent avec n’importe quel point de la planète, mais nous ne connectent ni avec la vérité, ni avec les faits.
Les journalistes actuels n’ont pas cartes puisqu’ils ont Google Earth, ils n’ont pas besoin d’histoire puisqu’ils ont Wikipedia. Les journaux historiques qui connaissent les racines d’un conflit existent, mais ils sont une espère en voie d’extinction, dévoré par ce journalisme d’hamburger qui offre de nouvelles fast-food, à des lecteurs qui ont besoin d’information fast-food.
Israël est l’endroit du monde le mieux surveillé et néanmoins l’endroit du monde le moins compris. Bien sûr, il faut aussi compter avec l’influence de la pression des grands lobbys du pétrodollar dont l’influence sur le journalisme est subtil mais profonde.
N’importe quel mass media sait que s’il parle contre Israël, il n’aura pas de problèmes. Mais qu’arrivera t-il s’il critique un pays islamique ? Sans doute, alors, il va se compliquer la vie. Ne nous trompons pas ? Une partie de la presse qui écrit contre Israël, se verrait reflétée dans une aigue phrase de Goethe : « Personne n’est plus esclave que celui qui l’est en l’ignorant. » Ou sinon dans une autre, plus cynique : de Mark Twain : « Connaît d’abord les faits et puis torde-les autant que tu veux ». Le Code Pénal Romain. Et la Chartre des Droits de l’Homme…Et avec ces trois textes, on commencerait à nouveau. Et avec ces trois textes on commencerai à nouveau. Ces principes qui nous légitiment en tant que société, sont relativisés, même par ceux qui disent les défendre. « Tu ne tueras point »…, dépend de qui est la cible, pensent ceux qui, par exemple à Barcelone, ont manifesté avec des cris en faveur du Hamas. « Vivent les Droits de l’Homme »…, ça dépend à qui ils s’appliquent, et c’est pour cela qu’on ne se préoccupe de millions de femmes esclaves. « Tu ne mentiras point »…, dépend si l’information est une arme de guerre en faveur d’une cause. La masse sociale critique a réduit et, au même temps, a grossi le dogmatisme idéologique. Dans ce double virage, les valeurs fortes de la modernité ont été substituées par une pensée faible, vulnérable à la manipulation et au manichéisme.
L’ONU sert uniquement pour que des islamofascistes comme Ahmadinedjad, ou des démagogues dangereux comme Hugo Chavez, aient un haut parleur planétaire depuis lequel cracher leur haine. Et, bien sûr, pour attaquer systématiquement Israël. Aussi contre Israël, l’ONU vit mieux.
Finalement, défaite de l’Islam. L’Islam des lumières souffre aujourd’hui l’attaque violente d’un virus totalitaire qui essaye de freiner son développement éthique. Ce virus utilise le nom de Dieu pour perpétrer des horreurs inimaginables : lapider des femmes, les asservir, utiliser des femmes enceinte ou retardées mentales comme des femmes bombes, dresser dans la haine, déclarer la guerre la liberté. N’oublions pas, par exemple, qu’on nous tue au moyen de mobiles par voie sattellitale connectés avec les Moyen Age.
Si le stalinisme à détruit la gauche, et le nazisme a détruit l’Europe, le fondamentalisme islamique détruit actuellement l’Islam. Et elle a aussi, comme les autres idéologies totalitaires, un ADN antisémite.
Antisémitisme islamique est le phénomène d’intolérance le plus sérieux de l’actualité, il n’est pas vain de constater qu’il touche 1.300 millions de personnes éduquées, massivement, dans la haine au juif.
Dans l’impasse de ces défaites, se trouve Israël. Orphelin d’un journalisme sérieux et d’une ONU digne, et orphelin d’un islam tolérant, Israël souffre d’un violent paradigme du XXIème siècle : le manque de compromis solide avec les valeurs de la liberté. Rien ne paraît alors aussi bizarre. La culture juive incarne, comme aucune autre, la métaphore d’un concept de civilisation qui aujourd’hui reçoit des attaques de tout bord (de tous les côtés). Vous êtes les thermomètres de la santé du monde. Chaque fois que le monde a eu la fièvre totalitaire, vous avez souffert. Au Moyen Age Espagnol, pendant les persécutions chrétiennes, lors des pogroms russes, pendant le fascisme européen, pendant le fondamentalisme islamique…Toujours, le premier ennemi du totalitarisme a été le juif. Et dans ces temps de dépendance énergétique et discorde sociale, Israël incarne, dans sa chaire propre, le juif de toujours. Une nation paria parmi les nations. C’est pour cela que l’antisémitisme du XXIème siècle s’est vêtu avec le déguisement efficace de l’anti-israélisme.
Toute la critique contre Israël est-elle antisémite ? Non. Mais tout l’antisémitisme actuel s’est déversé sur le préjugé et la démonisation de l’Etat juif. Un nouvel habit pour une vieille haine.
Benjamin Franklin a dit : « Où vit la liberté, là est ma patrie. » Et Albert Einstein ajouta : « La vie est très dangereuse. Non à cause des personnes qui font du mal, mais à cause de celles qui s’asseyent pour regarder ce qui se passe. »
Celui-ci est le double compromis ici et maintenant : ne jamais s’asseoir pour voir passer le mal et défendre toujours les patries de la liberté.
 Pilar Rahola
Traduction de l’espagnol : Florencia Rodriguez

27 juin 2010

Comment ne pas importer le conflit israélo-palestinien ? Corine Goldberger et Adil Sijilmassi seront mes invités le 4 juillet




Nous allons laisser - pour cette dernière émission avant la pause estivale -, le Moyen-Orient compliqué et ses conflits présents, et peut-être hélas à venir, pour parler des relations entre Juifs et Musulmans dans notre pays, la France. Et justement, parce que nous craignons tous l'importation du conflit israélo-palestinien, j'ai invité deux personnes qui sont des acteurs du dialogue, Corine Goldberger et Adil Sijilmassi. Corine Goldberger est journaliste, et nous avons fait connaissance depuis un moment déjà sur FaceBook, par l'intermédiaire d'un groupe qui s'appelle "Shalom Paix Salam" (cliquer sur son nom en libellé). Elle fait partie des administrateurs du groupe, comme mon autre invité. J'avais déjà consacré il y a environ un an une émission au phénomène FaceBook, ce réseau social qui en quelques années a vu s'inscrire des centaines de millions de personnes, et nous en avions parlé avec deux invités, Myriam Allouche et Tewfik Sahih, un jeune musulman de Bruxelles : ils nous avaient fait part d'un groupe encore plus vaste que "Shalom Paix Salam", puisqu'il a plus de huit mille inscrits - ce groupe s'appelle "Juifs, Musulmans faisons la paix" ; nos invités nous diront aussi comment leur groupe se situe par rapport au précédent. FaceBook charrie le meilleur et le pire, il y a des groupes comme le leur qui essaient de rapprocher les cultures et les religions, et d'autres au contraire qui sont clairement racistes ou antisémites, cela nous en avions déjà parlé et on pourra en reparler peut-être. Mais au delà de ce sujet, j'aimerais vraiment que tous les deux, et sans langue de bois, nous donnent leur vision des relations existantes et possibles entre Juifs et Musulmans dans la Cité : est-il possible de passer au travers des crises graves comme celles que l'on a connu lors de la dernière décennie ? Est-il possible de construire un "vivre ensemble", et plus encore, de se connaitre et de s'apprécier mutuellement ? J'espère que leur enthousiasme et leurs idées apporteront un peu d'optimisme à l'auditoire de cette antenne, qui est souvent démoralisé !

Parmi les questions que je poserai à Corine Goldberger et Adil Sijilmassi :

- Comment est né leur groupe, et comment se situe-t-il par rapport à d'autres associations de terrain qui, comme l'A.J.M.F, milite pour le rapprochement judéo-musulman ?
- Quelles ont été les activités de "Shalom Paix Salam" en un peu plus d'un an d'existence ?
- On entend beaucoup chez les Juifs - aussi bien dans la communauté organisée que chez la majorité des gens, qui ne sont pas spécialement engagés : "Les Musulmans refusent tous dans le fond de leur cœur l'existence de l'état d'Israël, et ça c'est insupportable, on ne peut pas construire une amitié là-dessus" : qu'en pensez-vous ?
- Est-ce que revisiter un passé qui fut commun, en Afrique du Nord en particulier, et en le considérant objectivement, ni en noir, ni en rose, ne permettrait pas de mieux "vivre ensemble" ici en France ?
- Comment sortir chez les Juifs d'une logique du type "clash des civilisations", logique hélas reprise dans beaucoup de blogs qui n'hésitent pas à se référer à des sites d'extrême-droite ? Et, côté musulman, arrivera-t-on à oublier reconnaitre l'origine de la plupart des agressions antisémites récentes, ou la violence verbale de certaines manifestations de "solidarité" envers les Palestiniens ?

Des questions difficiles posées à deux acteurs de bonne volonté ... que vous encouragerez, j'espère, en étant nombreux à l'écoute !

J.C

Nota (ajouté suite à l'émission) :

Au final, c'est Mohamed Kamli et non Adil Sijilmassi qui est venu dans notre studio.
Lire l'article publié le 1er juillet 2010, en mise au point avant la diffusion.  

17 juin 2010

Antisémitisme répugnant dans la presse du Qatar

Caricature antisémite publiée dans le journal qatari
"Al -Raya" le 8 mai 2010, dessinateur Omayya Juha
(source : "the memri blog")

Sur le livre est écrit : « Guerre contre l’islam ». Le faciès du Juif représenté, ses papillotes métamorphosées en serpents vénéneux ... tout cela en fait une publication digne de la propagande nazie, les élèves dépassant presque le maître !

Ce dessin infect a donc été publié tout à fait récemment dans le journal « Al-Raya » de l’émirat du Qatar.

Nous avons évoqué dans une émission récente différents du pays du Golfe ... Hélas, en ce qui concerne cet état, et même s'il joue les équilibristes entre l'Iran et les Occidentaux, l'antisémitisme semble s'y afficher sans aucun complexe !

17 avril 2010

L'Algérie et le tabou juif : Jean-Pierre Lledo sera mon invité le 25 avril

L'affiche du film

Après deux émissions consacrées au Maroc, nous allons parler dimanche prochain de l’Algérie, et malheureusement et comme vous l’imaginez, ce sera en contraste une émission peu réjouissante. Je l’ai en effet intitulée « L’Algérie et le tabou juif », parce que ce pays a non seulement chassé sa population juive - dont la présence bimillénaire précédait comme partout au Maghreb l’invasion arabo-musulmane -, mais en plus a effacé jusqu’à la mémoire de cette présence ; sous couvert d’antisionisme, une haine antisémite est entretenue dans une partie de ses médias ; et tout cela est fait, avec une bonne conscience tout à fait insupportable, et que l’on retrouve chez quasiment toutes les élites, y compris les plus éloignés de l’islam radical. Pour en parler, j’ai invité un témoin exceptionnel, puisqu’il a grandi et vécu là-bas jusqu’à sa fuite en France en 1993, il s’agit de Jean-Pierre Lledo ; mes auditeurs fidèles s’en souviennent peut-être, je l’avais déjà eu comme invité en juin 2004. De père pied-noir d’origine espagnole et de mère juive, il était un tout jeune adolescent au moment de l’indépendance de l’Algérie. Sa famille - comme une toute petite minorité de la population européenne - avait choisi de s’engager dans la lutte pour l’indépendance, en raison notamment de convictions communistes. Elle est donc restée en 1962 dans ce pays. Mais l’Histoire l’a rattrapé, comme je le disais, intellectuel connu là bas il a été menacé de mort par les tueurs islamistes et il est venu se réfugier ici. Jean-Pierre Lledo a réalisé plusieurs longs métrages sur l’Algérie, citons « Un rêve algérien », « Algérie mes fantômes » ; et puis son dernier film « Algérie, histoires à ne pas dire » où des témoins évoquent les massacres qui ont entraîné la fuite d’un million de Chrétiens et Juifs d’Algérie. Alors nous parlerons de ce film, mais nous parlerons aussi d’un article publié en novembre 2009 dans la revue « Controverses » édité par Shmuel Trigano : cet article d’une densité extraordinaire est intitulé « La question juive en Algérie, aujourd’hui (et hier) ».

Parmi les questions que je poserai à Jean-Pierre Lledo :

- Est-ce que cela a été facile de trouver des témoins et des acteurs, un demi-siècle après ? Les interviews ont été tournées sur les lieux mêmes des différents drames qui sont évoqués, est-ce qu’il n’a pas eu peur en retournant en Algérie ?
- La partie consacrée à Constantine évoque la mémoire de Raymond Leyris, ce grand maître de la musique arabo-andalouse, surnommé « Cheik Raymond », c’était aussi le beau-père d’Enrico Macias qui jouait à ses débuts dans son orchestre. Raymond Leyris a été assassiné le 22 juin 1961, on dit que cet assassinat a provoqué l’exode massif de la communauté juive de la ville. Or, presque 50 ans après, la censure et la langue de bois sont réunies pour effacer sa mémoire. Qu’en pensent vraiment les habitants de Constantine aujourd’hui ?
- Le film évoque plusieurs massacres de ce qu’on appelait à l’époque « les Européens » ; mais comme c’est un film où les témoins parlent en arabe, on voit que les mots utilisés par les insurgés étaient beaucoup plus primaires, ils disaient « Nkatlou Gouar, Nkatlou Nsara, Nkatlou Yaoud » : « tuez les Infidèles, tuez les Chrétiens, tuez les Juifs ! ». Il a aussi l’honnêteté historique de rappeler les massacres d’Algériens commis par l’armée en représailles. Si on se projette à notre période, où le nationalisme palestinien a toujours utilisé le terrorisme et où l’Algérie a toujours soutenu les plus extrémistes parmi eux, comment l’expliquer ? Est-ce que c’est la bonne conscience anti-colonialiste, qui fait toujours justifier tous les moyens ? Ou alors est-ce que cette barbarie a des racines plus profondes, et lesquelles ?
- Le discours dominant en Algérie est : « on n’a rien contre les Juifs, tout contre le Sionisme. Si des Juifs sont partis, c’est la conséquence du décret Crémieux, lequel en leur accordant la nationalité française les a séparés de nous, les autres indigènes ». Qu’est que l’on peut répondre à cela ? Et est-ce que la presse arabophone n’est pas moins ambiguë que la presse francophone en matière d’antisémitisme ?

J’espère que vous serez nombreux à l’écoute dimanche prochain !

J.C

19 mars 2010

L’Imam de Drancy : nouvelle agression, lâchage et intimidations …

l'Imam de Drancy, Hassen Chalghoumi

En cliquant en libellé sur son nom, vous découvrirez ou redécouvrirez combien cet ancien invité de mon émission a eu à subir des pressions, à la fois morales et physiques, de la part des islamistes radicaux parce qu’il s’était rapproché - de façon spectaculaire - de la communauté juive ; et aussi, faute impardonnable aux yeux de ces fanatiques, parce qu’il avait dit qu’il était pour l’interdiction de la burqa ...

Nouvelle agression, le lundi 8 mars, avec une intrusion de membres du « collectif Cheikh Yassine » (du nom du fondateur du Hamas), une intrusion qui provoquera la fermeture de la Mosquée pendant trois jours
(lire ici). Sur cette vidéo - voir en lien - mise en ligne sur « Dailymotion » par un supporter du collectif de pseudo « Résistance palestinienne », on peut entendre l’un des « manifestants » dénoncer les caméras de surveillance, et se lancer dans une accusation délirante : ces caméras serviraient au CRIF pour visionner les femmes musulmanes faisant de la gymnastique dans une des salles du local ! « Juifs pervers », « Juifs espions », «Juifs ennemis de l’islam », « dialogue avec les Juifs = trahison » ... tous les poncifs de l’antisémitisme le plus abject sont réunis dans ce document, et dans les dizaines de commentaires que vous pourrez lire à la suite. Des commentaires qui font peur, comme l’énorme succès de cette vidéo - plus de 60.000 vues !

Par contraste, une manifestation a eu lieu le jeudi 11 mars au soir devant la Mosquée : on pourra la visionner
sur cet autre lien. Hélas, seule une petite cinquantaine de personnes étaient présentes, selon un ami présent. Pratiquement pas de personnalités, hormis le courageux Maire de Drancy qui, lui, n’a pas « lâché » l’imam Chalghoumi. Soutien moral, aussi, du président du CRIF - CRIF traité de « voyou » par les membres du sympathique collectif ; et soutien, quelques semaines avant, de la courageuse Caroline Fourest, qui parlait de « l’imam sacrifié » dans les colonnes du journal « Le Monde » : vous pourrez lire ces différents documents sur le blog de mon ami Bernard Koch, "la vérité entre nous".