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22 novembre 2012

Guerre de Gaza : et maintenant ? par André Nahum



La première remarque qui vient à l’esprit  dans  cette guerre entre le Hamas et Israël c’est  l’étonnante prouesse technologiques de l’état juif. Je veux parler de ce fameux  « dôme d’acier », système de  missiles antimissiles qui  bien que n’étant pas encore tout à fait au point, a réussi  à  détruire en vol au moins 80% des engins que le Hamas et le Djihad  islamique ont lancé contre le sud et  le centre du territoire israélien. On tremble en pensant aux dégâts humains et matériels qu’aurait subi  Israël si les deux mille  missiles envoyés par les terroristes avaient pu atteindre leurs cibles, notamment à Tel-Aviv ou Jérusalem. On peut imaginer que dans un avenir proche l’ensemble du pays  pourra bénéficier de la protection de  ce système malgré son coût élevé.
                                  
La deuxième constatation qui s’impose c’est l’unité,la discipline et  le sens de la responsabilité dont ont fait preuve les Israéliens confrontés à une situation des  plus périlleuses. Les organisations djihadistes  ont accumulé au cours des années un formidables arsenal de fusées fournies par l’Iran avec les instructeurs appropriés,  et ont réussi à contourner le blocus israélien (et égyptien du temps de Moubarak), grâce à des centaines de tunnels  reliant Gaza à l‘Egypte. Elles n’hésitent pas à se servir comme d’habitude de la population civile comme bouclier humain, rendant inévitables les très  regrettables dégâts collatéraux  qu’elles utilisent avec habilité pour leur propagande et la diabolisation d’Israël dans l’opinion mondiale. Quelle parade pourrait-il y avoir contre des gens qui  ne vivent et ne travaillent,  au détriment de leur population, que pour détruire Israël  ?
                                  
Dans ce conflit,  Barack Obama a fermement soutenu Israël, contrairement  à ce que l’on pouvait craindre vu son animosité envers  Netanyahou après sa réélection.  L’Europe n’attendant qu’une occasion pour reprendre sa politique pro palestinienne, même si  les  extrémistes  au pouvoir à Gaza sont les ennemis jurés de l’Autorité palestinienne, de  l’Occident et de tout ce qu’il  représente. La France a voulu faire un geste en envoyant  son ministre des affaires étrangères faire un rapide aller-retour à Jérusalem et Ramallah pour présenter, dit-on,  un projet  qatari de cessez le feu qui n’a été retenu par aucune des parties.

Et maintenant que va-t-il se passer ? Y aura-t-il une opération terrestre ? Ce n’est pas souhaitable. Elle couterait trop d’hommes à Tsahal et provoquerait d’importantes pertes humaines au sein de la population gazaouie, dans un territoire  truffé de pièges en tous genres, d’un système complexe de souterrains et d’une forte imbrication entre miliciens et civils. On peut être sûr que l’état hébreu se verrait alors complètement isolé et soumis aux accusations les plus ignobles, comme cela commence déjà à se faire. Il n’est que de voir la façon dont Recyp Erdogan, premier ministre turc accable sans vergogne  l‘« état criminel qui tue des enfants et des Musulmans, » , oubliant que son pays occupe un tiers de l’ile de Chypre et mène une guerre féroce contre les opposants kurdes eux aussi  musulmans. 

On peut penser que ces excès de langage, au demeurant coutumiers, sont motivés par l’importance que prend l’Égypte dans le processus de négociations en cours entre Israël et le Hamas puisqu’elle  lui vole la vedette en redevenant  la puissance régionale qu‘elle était naguère. Son rôle est essentiel dans cette crise et  le président Morsi, tout islamiste et anti -israélien qu’il soit, est obligé de faire preuve de pragmatisme s’il veut continuer à recevoir les  indispensables dollars des États-Unis.
En cas d’accord  de cessez le feu, il est plus que probable qu’Israël  lui demandera d’en garantir la bonne fin.

Ce qui est de l’intérêt de toutes les parties.

André Nahum,
Judaïques FM, le 21 novembre 2012