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16 novembre 2012

Deuxième guerre de Gaza, et un premier point

Tir d'un missile palestinien depuis la bande de Gaza

Difficile d'écrire alors que l'actualité s'emballe sans cesse, et que chaque moment peut rendre dépassées les conclusions synthétisées à l'heure précédente ... c'est pourtant l'exercice que je vais tenter, alors que l'on en est au soir du deuxième jour de cette guerre qui n'a pas encore de nom - sauf peut-être le nom de code de l'opération israélienne : "pilier de défense".

1. Toutes les lignes rouges ont été franchies, mais l'une après l'autre.

- depuis la première attaque contre une jeep patrouillant en bordure de la frontière, samedi dernier, et les dizaines de roquettes tirées quotidiennement sur les grandes villes du Sud : le Hamas et les organisations islamistes savaient pertinemment qu'Israël se trouverait face à une alternative difficile, soit accepter une nouvelle trêve fragile, avouant ainsi qu'il avait perdu sa force de dissuasion ; soit réagir, et se lancer dans un cycle de violence qui causerait des pertes civiles chez les deux peuples, offrant ainsi aux terroristes le lot de peur et de sang sur lequel ils assoient (toujours) leur prestige ;
- dès l'élimination d'Ali Jaabari, chef militaire du Hamas, qui devait (obligatoirement) provoquer une réaction forte de toutes les organisations islamistes de la bande de Gaza : 275 roquettes et missiles de tous types lancés en un jour et demi, c'est bien la preuve qu'il leur reste des "munitions" - en espérant que les plus redoutables auront été détruits en majorité dès les premières frappes aériennes, mais j'y reviendrai ;
- lorsque le Jihad islamique a lancé ses premiers missiles à longue portée sur Tel Aviv dans la soirée du 15 novembre : ils ont atterri heureusement sans faire ni victime ni dégâts ... mais la symbolique est lourde, car c'est la première fois que la principale métropole israélienne est touchée depuis la guerre du Golfe, en 1991 !

2. Pour le moment, Israël a plutôt marqué des points sur un plan militaire

- sans avoir lancé encore d'opération terrestre, il est parvenu à intercepter 130 missiles (à l'heure où je tape cet article), grâce au système "Dôme d'acier", que j'ai entendu dénigrer, ici ou là - et c'était bien injuste ; pour rappel, le traitement informatique des données radars associées au système, permet "d'économiser" ses cartouches en n'interceptant que les missiles devant tomber en zone habitée ;
- avec bien sûr le pourcentage inévitable de ratés de la défense anti-aérienne, de destructions et de tués (ainsi les trois malheureux frappés de plein fouet dans leur immeuble, à Kyriat Malachi), pour le moment ces centaines de missiles n'ont pas causé trop de dégâts ;
- l'aviation israélienne a détruit, dès la première frappe, la majorité des missiles à grande portée, ceux qui justement pourraient frapper Tel Aviv ; il en reste, d'autres seront tirés, mais clairement c'est un atout décisif qu'on perdu les organisations islamistes dès les premières heures de cette nouvelle guerre ;
- par contre (et tous les films diffusés par Tsahal le prouvent), les destructions de l'arsenal terroriste ont été très importantes : plus de 200 raids aériens en 24 heures, à partir d'une "banque de données" bien connue du Shin Beth, et qui ont du amoindrir fortement la capacité de nuisance du Hamas et des autres organisations.

3. Mais ceci n'empêchera pas une opération terrestre

Car hélas, les deux dernières guerres ont montré, par contraste, qu'une opération aérienne seule ne suffit pas : en 2006, face au Hezbollah, Tsahal mal préparée n'est intervenue que sur le tard, et sans pouvoir mettre un terme aux tirs de missiles ; en 2009, la même armée mais profondément réorganisée a pénétré à Gaza, laissant le Hamas au bord du gouffre et ses dirigeant prêts, au final, à signer un cessez-le-feu par craindre d'être chassés du pouvoir.
La décision d'entrer dans la bande de Gaza est-elle déjà prise ? On peut le penser, avec la mobilisation de 30.000 réservistes. Interviendra-t-elle malgré, ou après la visite du chef du gouvernement égyptien - un voisin menaçant, et dont l'attitude peut peser lourd dans le conflit ? Nous le saurons dans la journée de vendredi ... et il sera temps, après quelques jours, de faire un nouveau point !

J.C
le 15 novembre 2012