Notre radio

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03 mars 2012

Où en est la révolution en Syrie ? Ferec Nemir sera mon invité le dimanche 11 mars

Déserteurs ayant rejoint "l'Armée syrienne libre"


Dimanche prochain ce sera une émission en direct, et nous poursuivrons notre tour des pays arabes en proie à des bouleversements politiques : nous allons enfin consacrer une émission entière à la Syrie avec un militant de l'opposition en exil à Paris, qui nous apportera son témoignage, Monsieur Ferec Nemir. Ferec Nemir s'était déjà exprimé au micro de Judaïques FM, la dernière fois c'était en janvier 2004, peu d'auditeurs doivent s'en souvenir. Déjà, nous avions pu l'entendre dénoncer le régime despotique et sanguinaire de la famille Assad, c'était dans les premières années du règne du fils, Bashar, que certains avait pourtant accueilli avec des espoirs de changement. Nous avions en particulier parlé du sort de l'importante minorité kurde du pays, deux millions d'âme pour partie privés de nationalité, et avec encore moins de droits que les autres alors qu'ils représentent près de 9 % de la population : mais aujourd'hui ce ne sont pas eux qui sont en première ligne, car on peut dire que quasiment toutes les composantes de la population, malgré une répression féroce qui a fait des milliers de morts en un an, se révoltent contre le régime, doublement minoritaire puisqu'il représente à la fois les intérêts mafieux d'un clan et ceux de la minorité alaouite. Beaucoup de sujets donc au menu de notre entretien, et nous espérons vraiment éclairer nos auditeurs !

Parmi les questions que je poserai à Ferec Nemir :

- Il y a plusieurs courants d'opposition. Le "Comité de coordination nationale des forces de changement démocratique", d'abord :  ce comité s'est constitué le 25 juin dernier lors d'une réunion secrète dans la banlieue de Damas, mais il n'a pas rejoint le Conseil National Syrien (C.N.S), créé à Istanbul , et qui, lui, a le soutien des militaires rebelles ayant constitué "l'Armée Syrienne Libre". Pourquoi ce clivage ? Est-ce idéologique en raison de la présence des Frères Musulmans au sein du C.N.S ? Ou est-ce une divergence de stratégie, par rapport à leur programme, qui réclame la chute du régime ?

- 300 activistes ont écrit le 19 janvier une "lettre ouverte" au C.N.S, lui faisant plusieurs reproches : poids trop important des islamistes ; faiblesse de la représentation des minorités alaouites et chrétiennes ; manque d'intérêt pour les questions qawmiya,  pan-arabes, au seul profit des questions "patriotiques", wataniya, sous-entendu désintérêt pour la récupération du Golan ; et surtout, rôle jugé disproportionné de la Turquie, qui devient la base arrière du Conseil mais aussi des réfugiés syriens au Moyen-Orient : et c'est là que revient la question kurde, dans la mesure où le gouvernement Erdogan soutient à la fois ouvertement la mouvance des Frères Musulmans dans toute la région, donc en particulier en Syrie, contre le régime Al-Assad ; mais en même temps affronte militairement la rébellion kurde du P.K.K dans son territoire : pourriez-vous nous en dire plus sur le positionnement des Kurdes syriens ?

- Le 12 février, le "Strategic Research and Communication Centre" évaluait le bilan de la répression à plus de 8000 tués, 35.000 blessés, 65.000 disparus et 212.000 arrestations, ces chiffres vous semblent-ils réalistes ? Comment empêcher ce massacre ?  Les jeunes rebelles de l'Armée Syrienne Libre n'ont que des armes légères, et ils ne peuvent pas sérieusement résister face aux blindés, qui reprennent méthodiquement les villes révoltés. Les sanctions internationales, en particulier l'embargo sur le pétrole, ne semblent pas impressionner le régime qui a le soutien de la Russie, de l'Iran et même de l'Irak, dominé par les Chiites proches du régime alaouite de Damas. Il est impossible de faire voter une résolution contraignante au Conseil de Sécurité de l'ONU en raison des vétos russe et chinois ; et enfin, on a l'impression que les services de sécurité, les Moukhabarat ont commis de telles horreurs lors de la répression qu'il leur est impossible, maintenant, de se faire oublier en ralliant la révolution : qu'en pensez-vous ?

-  En dehors des Kurdes, et de la minorité alaouite qui, en gros, soutient le régime, il y a d'autres minorités : les Chrétiens de diverses confessions, les Arméniens, les Druzes, et là on entend leurs responsables communautaires, leurs clergés, déclarer leur obédience au clan Assad, et c'est un fait que cette dictature s'est aussi appuyée, dans son armée, dans ses services secrets sur des non musulmans qui se sont sentis protégés par un régime plus laïc qu'ailleurs. Alors il y a le précédent irakien avec le triste sort des Chrétiens après la chute de Saddam Hussein, et on peut comprendre aussi leurs craintes : que répondre sur ce point à la propagande du régime ?

A nouveau, nous évoquerons l'actualité brûlante ... et j'espère que vous serez nombreux au rendez-vous ! 

J.C