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13 mai 2010

Royaume-Uni : cinq réflexions une semaine après …

David Cameron (à gauche) et Nick Clegg

N’ayant guère le loisir, habituellement, de tenir ce blog comme un véritable journal, je rebondis rarement sur un article publié. Je ferai une petite exception en ce jeudi férié et qui m’accorde quelques heures de répit, à propos d’un article publié la semaine dernière (lire ici) : que penser du résultat des élections britanniques ? Et que faut-il attendre de l’étrange attelage « Tories-Libdem » qui a succédé au Labour, épuisé par 13 ans de pouvoir, en limitant la réflexion à Israël et au Moyen-Orient ?

1. Première réflexion : en politique, TOUT est possible. Alors qu’en apparence, le programme des Libéraux Démocrates semblait plus à gauche - comprendre : « vert » et « tiers-mondiste » - que celui des Travaillistes, alors même que sa poussée électorale (en voix, mais pas en sièges, puisqu’ils en ont perdu cinq) a été réelle, c’est avec la Droite qu’ils s’allient ! Allez donc comprendre ... Une leçon, en tout cas, pour ceux des lecteurs ou auditeurs qui raisonneraient toujours selon un logiciel rigide : « je vote pour les gentils contre les méchants, car ceux qui gouverneront feront automatiquement ce qu’ils annoncent ».

2. Deuxième point : comment préjuger maintenant de l’attitude du nouveau gouvernement britannique ? Entre un David Cameron généralement considéré comme un admirateur d’Israël, et son Vice Premier Ministre Nick Clegg s’étant illustré par son hostilité (voir mon article précédent), ce sera le rapport de forces qui fera pencher la balance ; avec bien sur deux grilles de lecture : soit le simple ratio des sièges aux Communes (de cinq contre un en faveur des Conservateurs), soir le risque de perdre la majorité - avec le bien connu pouvoir de nuisance des « petits partis » ... qui a causé tant de tort à l’état juif, en raison de son système électoral absurde !

3. Troisièmement : Nick Clegg aura-t-il vraiment son mot à dire pour ce qui concerne la politique extérieure du pays ? « Le Figaro » vient de publier un excellent diaporama présentant les « têtes d’affiche » du nouveau gouvernement. On y découvre que les principaux ministères « régaliens » (finances, affaires étrangères, intérieur, défense) ont été réservés au parti dominant, avec des personnalités - William Hague et Liam Fox - à la fois eurosceptiques et pro américaines : de quoi plutôt rassurer Israël !

4. Au fond, le principal défi du gouvernement anglais va être de faire face à la « deuxième crise financière » qui est en train de secouer, et très fortement, les économies européennes. Sur ce plan - mais je peux me tromper - je crois que les Libéraux Démocrates, à l’électorat plus « bobo » que « prolo », accepteront de cautionner une politique d’austérité immédiate. Une politique que la Gauche aurait eu plus de mal à mettre en oeuvre rapidement, quoique ... nécessité faisant foi, ce sont bien des gouvernements socialistes qui, en Grèce et en Espagne, ont décidé de réduire brutalement les dépenses publiques pour éviter la banqueroute.

5. Et enfin, et cinquièmement, que se passera-t-il si l’actualité du Moyen-Orient redevient brûlante dans les prochains mois ? Aucun vote de confiance ne devrait être nécessaire aux Communes, à moins d’un engagement militaire : mais on ne voit vraiment pas où. A noter que Nick Clegg ne réclame pas le retrait d’Afghanistan, et que les troupes britanniques ont déjà quitté l’Irak. Le seul « point chaud » risquerait de se situer dans le Golfe, en cas d’explosion provoquée par l’Iran : et logiquement, les engagements britanniques envers les Emirats - qui pèsent tellement lourd dans la City - devraient cautionner une « Union Nationale » ... et susciter des grandes manifestations à Trafalgar Square !