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02 octobre 2009

De Villepin et Ahmadinejad, vedettes de l’actualité

Dominique de Villepin et Mahmoud Ahmadinejad
(photo tirée d'un article du site "iran-resist" du 20 novembre 2008)

Les hasards du calendrier ont mis la semaine dernière deux personnalités en « tête de gondole » de l’actualité ...

Le sinistre Mahmoud Ahmadinejad, d’abord, qui a récidivé dans le registre de la provocation haineuse, avec successivement de nouvelles déclarations négationnistes (à l’occasion de la journée « Al-Qods », le 18 septembre), puis un discours à l’antisémitisme transparent devant l’Assemblée Générale des Nations ; ceci sans parler, bien sûr, de la menace nucléaire qui semble - mais gardons-nous de tout triomphalisme - provoquer enfin une prise de conscience partagée (la déclaration commune Obama - Brown - Sarkozy au sommet du G 20 à Pittsburgh).

Dominique de Villepin, ensuite, à l’occasion de l’ouverture du long procès qui vient de s’ouvrir devant le Tribunal Correctionnel de Paris, pour juger les prévenus de la ténébreuse affaire Clearstream. Tous les observateurs ont relevé le pénible « règlement de comptes » entre le Président de la République et l’ancien Premier Ministre, et je ne m’aventurerais pas à considérer le prévenu le plus célèbre de cette affaire comme un « coupable », comme l’a fait Nicolas Sarkozy dans son lapsus malheureux. Mais, à lire les commentaires ici et là, force est de constater que ceux qui haïssent le second considèrent, instinctivement, que le premier ne peut qu’être innocent. Et dans cette haine, il y a une dimension obsessionnelle que l’on retrouve presque toujours : « Sarkozy haïssable parce que trop proche des Américains », avec son corollaire : « Villepin sympa parce qu'il veut éloigner la France des USA et de l’OTAN » - et revient alors l’inévitable référence à son fameux discours de 2003 à l’ONU, contre la guerre en Irak !

Oui mais ... jusqu'où ? Jusqu’où peut aller ce regroupement anti-américain qui réunit des gens de droite et de gauche, des alter mondialistes et des orthodoxes du Gaullisme d’antan, des trotskystes et des « extrême centristes » à la Jean-François Kahn ? Jusqu’à considérer que, au bout du voyage, mieux vaut s’entendre avec un nazi comme Ahmadinejad qu’assumer une solidarité des démocraties - et accessoirement, éprouver un minimum d’inquiétude pour la survie d’Israël ? Et c’est là que cette photo, prise à l’occasion d’un voyage de Dominique de Villepin à Téhéran en novembre dernier, est lourde de signification : personne ne lui a fait de reproche pour ces sourires et ces poignées de main, alors qu’il n’était pas mandaté par son gouvernement ; pire encore, beaucoup de partisans de ce peut-être candidat à la présidentielle de 2012 lui sont encore plus acquis ... à cause de genre de fréquentations !

J.C