Notre radio

Notre radio

30 mars 2006

Tunisie : 50 ans d’indépendance et une brillante réception

De gauche à droite : Jean Corcos, Michel Hayoun, président de l'Association
des Anciens Elèves du Lycée Carnot de Tuniset Bernard Allali, 
président de l'Association "Arts et Traditions Populaires des Juifs de Tunisie"

La Tunisie vient de célébrer le 20 mars les 50 ans de son indépendance. Trois jours après, le nouvel Ambassadeur à Paris, Monsieur Raouf Najjar et son épouse donnaient une brillante réception au pavillon d’Ermenonville, et j’ai eu l’honneur de figurer parmi les centaines d’invités.

Pourquoi le nier ? Je ne peux pas être tout à fait objectif en parlant de mon pays natal. Près de quarante ans ont passé, laissant loin l’amertume du départ et de l’adieu au ciel bleu de mon enfance. Ayant dans la tête une France idéalisée, traumatisé par la toute récente « Guerre des Six jours » vécue en terre arabe et marquée par une émeute anti-juive, j’étais parti en tournant le dos à un passé dont je ne savais pas que l’on n’arrive jamais vraiment à effacer ... C’est un fait, et André Nahum l’a souligné dans son billet que j’ai publié le 15 mars à propos des incidents antisémites à l'Université de Tunis : les Juifs de Tunisie, malgré la douleur de l’exil, se sont toujours fait les ambassadeurs de leur pays d’origine. Cela, et même si elles ont mis du temps à le reconnaître, les autorités tunisiennes l’ont parfaitement compris !

Aussi ai-je été agréablement surpris - mais pas totalement, dans le fond - par le nombre de « Tunes » présents à cette réception. La place me manque pour donner tous les noms, et je risque de blesser ceux que j’oublierais. Citons les plus connus : le cinéaste et producteur de télévision Serge Moatti ; le président du Congrès Juif Européen Pierre Besnainou ; le rédacteur en chef du mensuel « Tribune Juive », Yves Azeroual ; et de nombreux amis responsables d’associations diverses, dont le travail a permis de préserver une part essentielle de la mémoire séfarade ... Présents aussi dans cette réception des « pieds-noirs » célèbres nés en Tunisie et ayant conservé des attaches profondes avec le pays : le Maire de Paris Bertrand Delanoë, l’ancien ministre Philippe Seguin, et de nombreux députés, ambassadeurs et attachés militaires de tous les pays en tenue chamarrée. Et cela au milieu, bien sûr, de représentants de la communauté tunisienne de la capitale, qui m’ont frappé - surtout les femmes - par leur décontraction et leur allure moderne ... bien loin des images des tenues folkloriques pour touristes et ... pour les invités de la réception (il en fallait bien).

Pour finir, un rappel et une image assez révélatrice.

La Tunisie a été un des premiers pays arabes a établir des relations officieuses avec Israël après les accords d’Oslo, et malgré le blocage du processus de Paix, elle a fait récemment des gestes qui ont évoqués sur le blog
. Tous les ambassadeurs de Tunisie ont honoré de leur visite le CRIF auquel je suis associé. Et je ne répondrai jamais, par éthique personnelle, à une invitation venant d’un pays arabe affichant des positions extrémistes.

L’image, c’est celle de la dizaine de polytechniciens tunisiens en cours de scolarité, dont une jeune fille, tous en grand uniforme qui se trouvaient à l’entrée juste derrière l’Ambassadeur. Image bien symbolique : la Tunisie, seul pays arabe dont la réussite économique est éclatante, met en avant ses élites dont elle est fière. Ailleurs, au Proche Orient, ce sont des enfants portant des ceintures d’explosifs que l’on exhibe devant des journalistes complaisants - tout un symbole.

J.C