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18 février 2018

Iran, de la révolte à la révolution ?



Dans les tous derniers jours de décembre, on apprenait que de grandes manifestations contre le régime s’étaient produites en Iran, les plus importantes depuis la grande vague de contestation qui avait suivi les élections présidentielles truquées de 2009. Comme il y a neuf ans, on a assisté ensuite à une dure répression, avec des dizaines de tués et des milliers d’arrestations. Mais nos médias ont assez vite détourné les yeux de ce grand pays, au diapason de notre gouvernement et des pays européens. Que s’est-il passé ensuite ? Que peut-il se passer maintenant ? J’ai intitulé cette émission « Iran, de la révolte à la révolution ? », et je serai très heureux de recevoir une invitée qui va certainement nous aider à y voir plus clair, Madame Mahnaz Shirali. Mahnaz Shirali est née en Iran et elle vit en France depuis 25 ans. Bien entendu, elle suit de près l’actualité de son pays natal mais surtout son regard est celui d’une universitaire. Elle est politologue, et elle travaille à la fois comme chercheur et enseignante au Centre d’Etudes Européennes de Sciences Po Paris. Cela fait plusieurs décennies qu’elle suit l’évolution de la République Islamique d’Iran, et elle a publié de nombreux ouvrages et articles, citons deux livres, « La jeunesse iranienne, une génération en crise » paru en 2001, et « La malédiction du religieux. La défaite de la pensée démocratique en Iran » paru en 2012.

Parmi les questions que je poserai à Mahnaz Shirali :

-        Interviewée sur « Vatican News » le 2 janvier, vous avez dit qu’en fait des manifestations avaient commencé l’été dernier. Et vous avez évoqué une série d’évènements récents qui ont mis le feu aux poudres : que s’est-il passé ?
-        Vous avez publié le 6 janvier un article remarquable sur votre blog du « Huffington Post », qui était intitulé : « L’Occident le découvre, mais la colère des Iraniens ne date pas d’hier ». Pourriez-vous nous expliquer cela ?
-        Il est assez difficile de savoir ce qui se passe là-bas, car la possibilité pour les manifestants de diffuser à l’extérieur des photos et des vidéos est maintenant fortement réduite. Pourtant, si on se base sur des documents publiés par des sites d’opposition, on voit des usines en grève, et des groupes de manifestants qui semblent contrôler certaines localités : que savez-vous, personnellement, de la situation sur place ?
-        Le Président Emmanuel Macron a dit : « On voit bien le discours officiel qui est porté par les Etats-Unis, Israël, l’Arabie saoudite, qui sont nos alliés à de nombreux égards, c’est quasiment un discours qui va nous conduire à la guerre en Iran ». Or à part un soutien moral aux manifestants, ces pays ne peuvent rien faire de concret contre le régime. Qu’en pensez-vous ?
-        Des étudiants ont manifesté au cri de « Ni Gaza, ni Liban, je sacrifie ma vie pour l’Iran. » Mais est-ce que dans le pays, beaucoup d’autres ne soutiennent pas ces interventions militaires ? Dans le fond, le régime est du côté des vainqueurs : avec l’aide des Russes, la rébellion a été matée en Syrie. Par la faute des Américains, l’Irak a été satellisé. L’Arabie Saoudite se sent menacé. Et l’encerclement d’Israël est en train de se faire.
-        Toujours dans le « Huffington Post », le 16 janvier, vous avez eu deux formules surprenantes : la première, « la force du régime islamique réside dans son indifférence envers l'intérêt de son propre peuple. » ; et la seconde « la République des ayatollahs conduit sa politique étrangère à partir de l'hypothèse que le monde lui appartient. » L’Histoire ne nous apprend-elle pas qu’avec de telles logiques les régimes despotiques finissent tous par s’écrouler ?

Un sujet d’actualité vraiment brûlant, et une invitée de qualité : soyez nombreux à l’écoute !

J.C