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06 juin 2017

L'Arabie saoudite et ses alliés rompent avec le Qatar, accusé de "soutenir le terrorisme"



Ryad, Le Caire, Abou Dhabi et Manama ont rompu aujourd'hui avec le Qatar, accusé de soutenir le "terrorisme", quinze jours après un voyage de Donald Trump qui avait exhorté les pays musulmans à se mobiliser contre l'extrémisme.

Le Qatar, qui se targue de jouer un rôle régional et d'avoir été choisi pour organiser le Mondial-2022 de football, a également été exclu de la coalition militaire arabe qui combat des rebelles pro-iraniens au Yémen. Doha a répondu en accusant ses voisins du Golfe de chercher à le mettre sous tutelle. Ces mesures sont "injustifiées" et "sans fondement", a réagi le ministère des Affaires étrangères du Qatar dans un communiqué. Elles ont un "objectif clair: placer l'Etat (du Qatar) sous tutelle, ce qui marque une violation de sa souveraineté" et est "totalement inacceptable", a-t-il ajouté.
Il s'agit de la crise la plus grave depuis la création en 1981 du Conseil de coopération du Golfe (CCG: Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Koweït, Oman, Qatar). Trois de ces pays (Arabie, Emirats, Bahreïn), ainsi que l'Egypte, ont tour à tour annoncé à l'aube la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar, qu'ils accusent de "soutien au terrorisme", y compris Al-Qaïda, le groupe Etat islamique (EI) et la confrérie des Frères musulmans.
L'agence officielle saoudienne SPA a annoncé que Ryad rompait ses relations diplomatiques et fermait ses frontières terrestres, aériennes et maritimes avec le Qatar pour "protéger sa sécurité nationale des dangers du terrorisme et de l'extrémisme". "L'Arabie saoudite a pris cette mesure décisive en raison des sérieux abus des autorités de Doha tout au long des dernières années (...) pour inciter à la désobéissance et nuire à sa souveraineté", a déclaré un responsable saoudien.
"Le Qatar accueille divers groupes terroristes pour déstabiliser la région, comme la confrérie des Frères musulmans, Daech (acronyme en arabe de l'EI) et Al-Qaïda", a-t-il accusé. Selon lui, Doha soutient aussi "les activités de groupes terroristes soutenus par l'Iran dans la province de Qatif (est)", où se concentre la minorité chiite du royaume saoudien, ainsi qu'à Bahreïn, secoué depuis plusieurs années par des troubles animés par la majorité chiite de ce pays.

Le Qatar exclu de la coalition militaire arabe

La coalition militaire arabe, intervenant depuis plus de deux ans au Yémen sous commandement saoudien, a aussi décidé d'exclure le Qatar de cette alliance. Dans un communiqué, la coalition indique que le Qatar soutient "le terrorisme", citant notamment Al-Qaïda et l'EI, bien implantés au Yémen, mais aussi les rebelles pro-iraniens Houthis.
Au Caire, l'Egypte a également annoncé la rupture de ses liens avec le Qatar. Le Caire a "décidé de mettre fin à ses relations diplomatiques avec l'Etat du Qatar qui insiste à adopter un comportement hostile vis-à-vis de l'Egypte", a indiqué le ministère des Affaires étrangères égyptien. Le communiqué annonce aussi la fermeture des frontières "aériennes et maritimes" avec le Qatar.
Bahreïn et les Emirats arabes unis ont aussi rompu tout rapport avec Doha. Les diplomates du Qatar ont 48 heures pour quitter leurs postes dans le Golfe. La compagnie aérienne Etihad des Emirats arabes unis a annoncé aujourd'hui la suspension de tous ses vols vers et en provenance du Qatar. Etihad Airways précise dans un communiqué que cette mesure entrera en vigueur mardi matin "jusqu'à nouvel ordre", alors que les Emirats, l'Arabie saoudite et Bahreïn ont décidé de fermer "dans 24 heures" leur espace aérien et leurs frontières terrestres et maritimes avec le Qatar, accusé de soutenir "le terrorisme".

From 6 Jun, we will suspend all flights to and from Doha until further notice. For more info visit: https://t.co/4WHx54xHR0
— Etihad Airways (@EtihadAirways) 5 juin 2017

La compagnie aérienne d'Abou Dhabi affirme proposer à ses clients "d'autres options", y compris des remboursements complets de billets d'avions. Etihad "regrette la gêne causée par la suspension", conclut le communiqué.
Depuis Sydney, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a pressé les pays du Golfe de rester unis. "Certainement, nous encouragerions les parties à s'asseoir et à parler de ces divergences", a-t-il déclaré. "Si nous avons un rôle à jouer pour les aider à affronter (leurs différends), nous pensons qu'il est important que le CCG (Conseil de coopération du Golfe) reste uni", a ajouté Rex Tillerson.
La dernière crise ouverte dans le Golfe remonte à 2014 lorsque trois pays du CCG (Arabie, Bahreïn et Emirats) avaient rappelé leur ambassadeur à Doha pour protester contre le soutien présumé du Qatar aux Frères musulmans.

Le Figaro.fr avec AFP