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20 décembre 2015

La guerre des couteaux, quel impact sur la société israélienne ? Henri Cohen-Solal sera mon invité le 27 décembre

Henri Cohen-Solal
 
Avant de vous présenter cette émission, quelques informations sur la programmation. Habituellement, Judaïques FM passe une rediffusion pour la période de "l'entre réveillons" ; mais, d'une part l'actualité a fait sauter un numéro de "Rencontre", et d'autre part, et pour des raisons de calendrier, la première émission de "Rencontre" de l'année 2016 sera diffusée seulement le 17 janvier. Bref, et pour éviter une interruption trop longue, nous avons convenu de passer une interview nouvelle le 27 décembre, et j'espère que vous serez malgré tout nombreux à l'écoute !

La plupart de ceux qui suivent cette série savent que j'évoque rarement l'actualité israélienne, qui est par ailleurs largement traitée sur la fréquence juive ; par ailleurs, j'essaie, toujours, de prendre du recul sur l'actualité. Pour ma prochaine émission, nous n'allons pas ignorer les évènements tragiques récents, d'abord cette vague d'attaques au couteau ou à la voiture bélier qui ont fait une vingtaine de tués en Israël depuis Roch Hachana, et bien sûr les horribles attentats de Paris. Mais nous parlerons surtout de ce nouveau round de violence entre Israéliens et Palestiniens, avec notre invité qui se rend très souvent sur place, Henri-Cohen Solal. Henri Cohen-Solal est l'exemple parfait du témoin avec qui on peut prendre, justement, du recul. Il est à la fois psychanalyste et éducateur. Il a fait des études de psychologie avec des professeurs prestigieux comme Françoise Dolto et Jacques Lacan. Déjà passionné par la pratique autant que par la théorie, il a été infirmier psychiatrique pendant ses études, et c'est dans la psychiatrie qu'il a d'abord travaillé. Sans jamais quitter sa passion pour la psychanalyse - il a passé en 2013 une thèse de Doctorat intitulée "Freud, le passeur" -, il a vite réalisé que les maladies de l'âme pouvaient générer les pires drames dans la société, et c'est ainsi qu'il a fondé en 1980 avec des amis "Bait Ham", "La maison chaleureuse" en Israël, un lieu de rencontre entre jeunes Juifs et Arabes en difficulté. L'Intifada des couteaux, cette forme nouvelle de terrorisme qui traumatise la population, rend-elle maintenant impossible de telles rencontres ?

Parmi les questions que je poserai à Henri Cohen-Solal :

-        Pourriez-vous nous parler plus en détails de "Bait Ham", ce qu'on fait dans cette "maison chaleureuse" en Israël ; est-ce qu'il y a un seul ou plusieurs centres ?
-        La société israélienne a déjà connu par le passé, des vagues terroristes et certaines beaucoup plus meurtrières que celle-là : pourtant on a l'impression d'un traumatisme particulier, accompagné d'une peur et d'une méfiance jamais atteinte vis à vis de tous les Arabes : quelle explication psychologique pouvez-vous donner ?
-        Et est-ce que, avec le recul, on peut mieux définir ceux qui commettent ces attaques suicidaires, d'où viennent-ils ? Au début on a surtout noté des meurtres de civils à Jérusalem même, commis par de très jeunes Arabes habitant les quartiers Est, comment l'expliquez-vous ? Est-ce que c'est la proximité immédiate de la Mosquée Al Aqsa ?
-        Ce qui frappe tout visiteur qui vient en Israël, c'est à quel point les deux populations juive et arabe sont à la fois mélangée et séparées. Elles sont mélangées dans les transports en commun, dans les rues, sur les lieux de travail, dans certains lieux de divertissement ; mais en même temps ils ne vivent pas dans les mêmes villes et villages, et leurs enfants ne vont pas dans les mêmes écoles. Est-ce que tous les lieux de rencontre comme Bait Ham sont maintenant désertés ? Que sont devenus les activités qui créaient justement du lien, comme les orchestres mixtes, ou les rencontres entre équipes de football ou autres ?
-        Dans une vidéo remarquable que l'on peut voir sur le site Akadem, vous dites que ces attaques à coups de couteau risquent de créer une "société pulsionnelle", comme le sont devenues toutes les sociétés arabes des pays voisins ; et vous dites que ce mode pulsionnel, qui n'a jamais été celui de l'Etat d'Israël, est très dangereux pour son avenir : pourriez-vous en dire plus à nos auditeurs ?
-        On peut s'inquiéter de la banalisation dans la société israélienne de postures racistes, dérivant sur des actes violents,  comme ceux commis par l'organisation "Tag Mehir" ou le groupe "Lehava". Les Autorités et la Société ont-elles été trop laxistes par rapport à ces brebis galeuses ?
-        Dans le même entretien sur Akadem, vous disiez que, dans le fond "chacun veut être le "possesseur de l'origine". Or les autorités religieuses musulmanes donnent vraiment dans la caricature la plus grotesque, en niant que ce soit le lieu des premiers et deuxième Temples. L’actuel Mufti de Jérusalem a déclaré le 25 octobre 2015 que la mosquée Al-Aqsa était une mosquée construite depuis la création du monde" : comment arriver, par la parole et pas par la domination, à ce que chacun puisse écouter la croyance de l'autre, alors que même l'Histoire concrète est niée par une des parties ?

Des sujets de fond, avec un invité de qualité : merci pour votre écoute !

J.C