Notre radio

Notre radio

17 avril 2011

La burqa, épouvantail ou signal d'alarme ? Agnès De Féo sera mon invitée le 24 avril



Nous allons laisser dimanche prochain l'actualité internationale et les révolutions dans le monde arabe, pour revenir dans notre pays, la France. Et il s'agira aussi d'une actualité brûlante, puisque nous allons parler de la burqa et du niqab, dont le port en public est désormais interdit depuis le lundi 11 avril. Mon invitée sera Agnès De Féo,  chercheuse associée à l'IRASSEC (Institut de Recherche sur l'Asie du Sud Est contemporaine), elle nous dira comment ce domaine, qui est un peu loin, a priori, de l'islam intégriste l'a conduite à s' intéresser à ce sujet. Elle m'a envoyé il y a quelques mois un DVD intitulé "Sous la burqa" : c'était après le vote de la loi, votée à une écrasante majorité le 13 juillet dernier à l'Assemblée Nationale puis confirmée en septembre au Sénat. Dans son film, produit par Marc Rozenblum, viennent témoigner plusieurs femmes intégralement voilées, qui présentent leur tenue vestimentaire comme un libre choix personnel n'entravant en rien leur bonne intégration dans la société, et bien entendu elles protestent fortement contre la future application de la loi. Avec elles, quatre Français non musulmans, Jean Baubérot, Michel Wievorka, Bérangère Lefranc et surtout Raphaël Liogier se font, tout le long de ce film de 51 minutes, les procureurs résolus contre cette loi, avec des arguments que, je dois le dire, j'ai souvent trouvé de mauvaise foi. Soyons donc très clair, à propos de cette interview, pour mes auditeurs et pour les lecteurs de ce blog : je suis bien conscient qu'un vague d'opinion hostile à l'islam se développe dans notre pays, que ce racisme risque de toucher par ricochet aussi les Juifs français, et ce climat ne me plait pas du tout. Mais en même temps, je soutiens pleinement cette loi, comme la majorité des Français, pensant que la burqa est un véritable signal d'alarme, et donc pas  un simple épouvantail électoraliste - comme le disent les Verts et l'extrême- gauche, qui, dans le fond, acceptent la transformation de notre pays en une société multiculturelle.

Parmi les questions que je poserai à Agnès De Féo :

- Vous soulignez bien dans un article l'obsession de la séparation des sexes chez les fondamentalistes islamiques : tenues vestimentaires imposées, mais aussi vêtements qui sont l'image anachronique d'une époque supposée idéale, celle du Prophète, de ses épouses et de ses compagnons. Seulement cette réalité historique et idéologique, n'apparait pas dans le commentaires des sociologues qui se font les avocats de la burqa dans le film : au fond l'écrasante majorité des Français regardent, avec effroi, ces tenues vestimentaires parce qu'elles portent symboliquement quelque chose qui nous fait horreur, la société des Talibans afghans ou des madrassas pakistanaises : est-ce qu'on ne peut pas les comprendre ?
- Plusieurs femmes dans le film disent "je suis féministe parce que je protège mon corps des désirs masculins, je ne veux pas être un morceau de chair présenté à l'étalage" : d'abord on peut avoir une tenue pudique, sans porter une tenue qui fasse penser à des "Belphégors", et là je pense aux Juives orthodoxes ; ensuite, cette théorie selon laquelle tout regard masculin serait associé à un désir sexuel, est-ce que ce n'est pas la marque, justement, d'une sale mentalité qui rendrait tout homme incapable de considérer la femme comme autre chose qu'un objet de désir ?
- Toutes les femmes interviewées disent qu'elles portent cette tenue volontairement et que personne ne les a forcées, mais franchement est-ce que vous pensez que celles qui seraient contraintes par la force pourraient le dire dans un reportage ?
- On se souvient de la loi Stasi qui à partir de la question du voile islamique à l'école a interdit également les kippas et les crucifix de grandes dimensions. Or justement, après l'interdiction du port du voile intégral dans l'espace public, le nouveau ministre de l'intérieur, Claude Guéant, a évoqué aussi l'interdiction de toutes les tenues associées à une religion dans les écoles, mairies, etc. Est-ce que, à votre avis, les Juifs orthodoxes peuvent faire les frais, à terme, de ce climat hostile et suscité, finalement, par un phénomène intégriste minoritaire chez les Musulmans ?

Un sujet brûlant ... et une émission que j'espère vous serez très nombreux à suivre dimanche prochain !

J.C