Notre radio

Notre radio

12 juin 2006

Al-Qaïda, Al-Zarkaoui and co : égorgements, décapitations unlimited


Abou Moussab Al-Zarkaoui
photo tirée du site de la radio RFI


Abou Moussab Al-Zarkaoui a donc finalement été éliminé jeudi 8 juin par une opération conjointe des forces américaines et irakiennes, et avec l’aide active des services de renseignement jordaniens. Le petit royaume hachémite, durement touché par un attentat d’Al-Qaïda il y a quelques mois, s’est en effet mobilisé pour combattre les réseaux animés par ce « fils du pays », natif de la ville de Zarka.

Son seul nom provoquait l’effroi, car il aurait directement participé à des égorgements et des décapitations d’otages de toutes nationalités, dont celle du jeune juif américain Nick Berg. Pour avoir une bonne idée du fanatisme des jeunes islamistes venus accomplir le « jihad » en Irak, il m’a semblé utile de reproduire un extrait d’un reportage cauchemar de Jean-Pierre Perrin publié le 2 mars dernier dans le journal « Libération ». Il a été écrit à partir d’une rencontre avec un jeune Libanais sunnite revenu d’Irak, où il avait rejoint Al-Zarkaoui :
"A 31 ans, Saïd a quitté le Liban pour aller se battre en Irak et y mourir. Auparavant, il n'avait jamais manié une arme «ni égorgé ne serait-ce qu'un poulet». L'appel de la guerre sainte a brusquement résonné en lui, il y a environ deux ans. Un appel qu'il décrit comme irrésistible : «Le jihad, c'est le plus grand principe des musulmans. C'est ce qui est écrit dans le Coran. N'importe quelle puissance qui vient faire du mal aux musulmans, il faut se battre contre elle. Tous les jeunes musulmans portent en eux cette idée, surtout depuis qu'Oussama ben Laden a ordonné la guerre contre les croisés (...)
A Fallouja, Saïd écoute les discussions des combattants. «Ils ne se demandent pas s'ils vont gagner car c'est une évidence mais ce qu'ils feront après la libération de l'Irak.» Sur une table, à côté des médicaments de fabrication arabe, s'accumulent les passeports arabes et occidentaux de ceux qui sont partis mourir dans les attentats-suicides. Plus d'une vingtaine de kamikazes attendent leur tour. «On croit qu'ils sont envoyés au hasard. Ce n'est pas vrai ! Chacun a une mission bien définie», explique-t-il. Pourtant, il déprime un peu : «C'est comme en prison. Tu ne dois jamais sortir. Tu n'as même pas le droit d'aller prier à la mosquée. Tu attends la mort.» Parfois, on lui dit : «Viens boire leur sang.» Il s'agit des exécutions. «J'étais là quand on a égorgé le prisonnier coréen (en juin 2004, ndlr)», reconnaît-il. «Chaque fois qu'on apprend qu'Al-Zarqaoui a égorgé lui-même [un prisonnier], nous sommes fiers, même si ce sont des hommes qui avaient prié auparavant avec nous car ils se sont révélés être des traîtres.» Il se félicite aussi que le groupe ait assassiné le consul égyptien. «Ils lui ont dit : "[Par ta présence en Irak], tu témoignes de mensonges au profit des Américains. Tu es donc un traître." En l'égorgeant, on a réussi : depuis, il n'y a plus d'ambassadeur égyptien à Bagdad.» Mais la clémence, s'empresse-t-il d'ajouter, n'est pas pour autant absente dans le groupe. «On n'a pas égorgé le gouverneur d'Al-Anbar (une des trois provinces sunnites de l'Irak, ndlr) parce qu'il s'est repenti. Le pardon est plus important que le sang.» Pourquoi avoir alors assassiné la Britannique Margaret Hassan, une femme âgée convertie à l'islam, qui était hostile à l'invasion américaine et consacrait sa vie à secourir les handicapés irakiens ? «Je crois qu'elle enseignait secrètement la religion chrétienne», répond-il sans se troubler."

Se faire exploser au milieu d’une foule d’innocents, égorger, décapiter le plus naturellement du monde ... on aimerait croire que ce fanatisme pousse comme un vilain chardon sur les collines brûlantes du Proche - Orient, et que dans nos nations occidentales on ne risque pas de croiser de pareils fanatiques. Mais on se doute bien - surtout depuis les attentats de Londres, réalisés semble-t-il « en franchise » par de jeunes musulmans britanniques - que cela peut aussi arriver tout près de chez nous. Les terroristes pro Al-Qaïda arrêtés il y a dix jours au Canada trouvaient eux aussi du charme à la décapitation. Ci-dessous un extrait d’un autre article paru dans « Libération », celui-là daté du 8 juin ... jour de l’élimination d’Al-Zarkaoui :
"Les médias canadiens ont révélé que la cellule terroriste avait dans sa ligne de mire des édifices de la colline du Parlement à Ottawa, la Bourse et la Tour CN (la plus haute du pays) de Toronto, ­ des cibles que les accusés entendaient détruire avec les trois tonnes de nitrate d'ammonium qu'ils venaient de se procurer. Un tiers seulement de cet engrais chimique avait suffi à Timothy McVeigh, en 1995, pour l'attentat d'Oklahoma City qui avait fait 168 victimes.
Mardi, alors que les présumés terroristes comparaissaient devant la Cour de Brampton (Ontario), de nouveaux détails ont été dévoilés sur les intentions de la cellule, dont l'idéologie violente s'inspire d'Al-Qaïda, ont souligné les autorités. Les 17 hommes auraient prévu de pénétrer dans l'enceinte du Parlement, d'y prendre des otages et de demander, en échange, la libération de prisonniers musulmans et le retrait des troupes canadiennes d'Afghanistan. Ils avaient également prévu d'investir le siège de la télévision nationale CBC pour faire connaître leurs revendications. En cas de refus, ils auraient exécuté des otages, notamment le Premier ministre conservateur Stephen Harper qu'un des accusés, Steven Vikash Chand, aurait dit vouloir décapiter. Ils sont accusés par la justice, entre autres, de «complot», d'«importation d'armes illégales» et d'«entraînement en vue d'effectuer des actions terroristes». Ils se retrouvaient dans un camp caché dans les bois à quelque 150 km au nord de Toronto."
J.C