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11 janvier 2013

Quel monde arabe en 2013 ? par Akram Belkaïd


Avec ce qui passe en Syrie au Bahreïn, mais aussi en en Egypte et en Tunisie, où la transition démocratique réserve encore des surprises, le monde arabe va continuer à faire parler de lui durant l'année qui s'annonce.

Personne ne contestera le fait que le Printemps arabe a été l'événement majeur de 2011. Mais qu'en a-t-il été de 2012? Les avis sont partagés. Dans de nombreuses capitales arabes on parle d'un hiver islamiste et d'une régression sociétale. A l'inverse, il existe un autre point de vue, moins influencé par les péripéties électorales, pour qui l'histoire est loin d'être écrite et qui affirme que nous n'en sommes qu'au début d'un long processus. Une longue séquence dont personne n'est capable de prédire la fin. En tout état de cause, une chose est certaine: le monde arabe va continuer à faire parler de lui durant l'année qui s'annonce.

Les souffrances du peuple syrien vont-elles continuer?

D'abord en Syrie où l'on se demande si 2013 verra la chute du régime d'Assad avec d'incalculables conséquences tant sur le plan local que régional. De plus en plus contrôlée par des groupes islamistes radicaux, la rébellion contre le pouvoir de Damas inquiète la communauté internationale y compris ses principaux soutiens. Dans l'hypothèse de sa victoire – ce qui reste encore à prouver tant le régime semble conserver de la ressource pour se défendre – faut-il craindre des représailles massives contre les communautés ayant soutenu, de gré comme de force, Bachar El-Assad? Au cours des dernières semaines, plusieurs textes ont circulé sur internet mettant en garde contre un génocide – c'est le terme employé – dont les Alaouites mais aussi les chrétiens seraient les premières victimes.
Mais la guerre civile syrienne, car c'en est une désormais, peut aussi s'enliser. C'est, même si personne n'en conviendra, une option qui arrangerait nombre d'acteurs internationaux qui activent dans la région. Une Syrie à feu et à sang constituerait de fait un abcès de fixation susceptible de peser sur le régime iranien et son allié libanais du Hezbollah. Ce serait aussi un conflit susceptible d'attirer des djihadistes du monde entier au grand soulagement des pays dont ils sont originaires. Et puis, plus le temps passera et plus les tensions s'exacerberont au sein des factions islamistes qui combattent le régime d'Assad, ce qui ne manquera pas de les affaiblir. Cela signifie une chose, on peut craindre que les terribles souffrances du peuple syrien vont continuer.

Les Bahreïnis face à l'indifférence généralisée

Le peuple de Bahreïn risque lui aussi de continuer à souffrir et cela dans une indifférence quasi-généralisée. Disparu des radars des médias internationaux dès mars 2011, cette monarchie sunnite, qui se dit constitutionnelle, reste confrontée à un fort mouvement de contestation essentiellement mené, mais pas uniquement, par des forces politiques chiites représentatives d'une part majoritaire de la population. L'une des hypothèses concernant la suite des événements est que cette crise – qui a fait plusieurs morts, des blessés, des arrestations et même des déchéances de nationalité – va nécessairement s'internationaliser. Si l'Arabie saoudite veille et protège la monarchie en place, on sent tout de même que l'opposition chiite marque des points auprès des grandes puissances occidentales et cela même si la propagande officielle l'accuse d'être inféodée à l'Iran.

Le camp islamiste regarde vers Morsi et l'Egypte

Mais le pays arabe qui sera le plus observé est bien sûr l'Egypte. Car ce qui s'y passe depuis plusieurs mois est tout sauf anecdotique. La victoire du Frère musulman Mohamed Morsi à l'élection présidentielle et l'adoption au forceps d'une Constitution rédigée par le camp islamiste figurent parmi les événements majeurs de 2012.
N'en déplaise au Maghrébins, et notamment aux Algériens, qui pensent le contraire, l'Egypte demeure le centre de gravité du monde arabe et ce qui s'y passe influe tôt ou tard sur ses voisins et cousins. Ainsi, la presse arabe transnationale a-t-elle déjà mis en exergue un fait de première importance. La récente radicalisation du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan – il a notamment appelé à des poursuites contre les producteurs d'une série télévisée sur Soliman le Magnifique – serait due à l'influence de Mohamed Morsi. Des Frères musulmans égyptiens au pouvoir qui incitent leurs homologues turcs de l'AKP à plus de rigorisme et d'orthodoxie, voilà une conséquence possible des événements de 2012 que personne ne semble avoir prévue. Ne disait-on pas, au contraire, que c'est le phénomène inverse qui aurait lieu, le «modèle turc» étant appelé à faire des émules dans le monde arabe?
Reste que la société égyptienne est divisée et que rien n'assure aux «Frères» que leur exercice du pouvoir sera un long fleuve tranquille. Mais l'expérience méritera d'être suivie de près.

La Tunisie et la menace de radicalisation d'Ennahdha

Tout comme sera suivie l'évolution de la Tunisie où la polarisation de la vie politique entre partisans et adversaires d'Ennahdha – c'est d'ailleurs ce que recherche ce parti depuis février 2011 – peut mener au pire.
Des élections devraient se tenir en 2013, dans l'hypothèse où les travaux de la Constituante seront achevés. Dans quel climat le scrutin se déroulera-t-il? Faut-il donner du crédit aux sondages qui affirment que le parti religieux perd, jour après jour, de son audience? Et si tel est le cas, ne faut-il pas craindre de lui une radicalisation plus marquée et un recours plus fréquent à l'intimidation et à la violence?

L'Algérie face à l'«aventurisme démocratique»

Et l'Algérie dans tout cela? On peut prendre le pari que ses dirigeants continueront de se gargariser d'une «exception» qui tend à faire croire que le pays est resté hermétique à l'onde de choc provoquée par le Printemps arabe. Est-ce que cela restera le cas en 2013? Qui sait? Les Algériens sont devenus les champions du monde de l'attente du changement et vivent actuellement dans un environnement à part, presque factice, en raison de la bonne tenue des cours du pétrole. Ils peuvent regarder la situation en Egypte ou en Tunisie comme des repoussoirs et des obstacles à tout «aventurisme démocratique». Mais, ils peuvent aussi se dire qu'il est des pays arabes où, malgré la pagaille politique, les choses bougent et où tout reste permis

La partie est-elle perdue pour les Palestiniens?

On terminera ce tour d'horizon par le sort des Palestiniens. Ces derniers ont désormais un «Etat» admis dans l'antichambre de l'Onu. Il leur reste à avoir enfin leur terre, leur «vrai» pays et leurs droits. On le sait, les Israéliens ont l'intention de ne rien lâcher et continuent même d'annexer Jérusalem-est et ses environs.
Vu à l'instant T, on pourrait penser que la partie est perdue pour les Palestiniens. Mais, ce serait oublier que cette partie du globe, comme le reste du monde arabe, est souvent confrontée à l'inattendu. Cet imprévu salvateur qui rebat les cartes et détruit les certitudes de la veille. Et pourquoi 2013 ne serait-elle pas, elle aussi, l'année de l'imprévu?

Akram Belkaïd (*)
Kapitalis, 31 décembre 2012
*Journaliste algérien basé à Paris.
Source : ''Le Quotidien d'Oran''.

30 septembre 2012

Dix raisons de croire que les Tunisiens ne vivent pas dans un Etat de droit

En Tunisie, vivons-nous dans un Etat de droit ? C’est la question qui me taraude l’esprit depuis la mise en place d’un gouvernement provisoire dominé par le parti islamiste Ennahdha.



En effet, depuis cette date, chaque semaine apporte son lot de scandales, de comportements hors la loi, souvent d’ailleurs impunis, de dérives sécuritaires graves, de décisions de justice ubuesques, sans oublier, bien entendu, l’installation d’un émirat salafiste quelque part sur le territoire national, véritable Etat dans l’Etat!
Je ne vais pas pouvoir énumérer tous les actes de transgression de la loi qui ont été commis au cours des derniers mois car il me faudrait écrire un livre entier, aussi vais-je me contenter de passer en revue  les 10 situations qui me paraissent les plus graves.

 1- L’occupation de la faculté des lettres de la Manouba par des salafistes

C’est une affaire honteuse qui a pourri la vie, des mois durant, à des milliers d’étudiants et d’enseignants universitaires et dans laquelle se mêlent l’incompétence et la mauvaise foi du gouvernement.
Un certain 28 novembre 2011, deux étudiantes en niqab sont, en toute logique, empêchées de passer des examens. Elles font alors appel à un groupe de salafistes, en majorité étrangers à la faculté, qui occupent l’administration, empêchent le déroulement normal des cours, agressent étudiants, enseignants et même le doyen de la faculté en toute impunité.
Cette affaire, largement relayée par les médias, nationaux et internationaux, a  gravement terni l’image de la Tunisie à travers le monde, au vu et au su du ministre de l’Enseignement supérieur, connu pour son idéologie religieuse fondamentaliste proche de l’extrême droite, qui n’a pas trouvé mieux que d’en imputer la responsabilité au doyen de la faculté !

2- La profanation du drapeau national en toute impunité

Conséquence du pourrissement de l’affaire de la faculté des lettres de la Manouba et de l’étrange passivité du gouvernement face aux agissements des salafistes, l’un des activistes religieux s’est permis d’arracher le drapeau tunisien et de le remplacer par la bannière noire de son groupe fondamentaliste, au grand dam de millions de Tunisiens qui se sont sentis blessés et meurtris dans leur âme par ce geste insensé. Heureusement qu’à cet instant, une jeune fille armée de son courage a su tenir tête à l’énergumène et remettre en place notre drapeau, symbole du sacrifice des martyrs qui ont donné leur vie pour que la Tunisie soit un pays souverain et indépendant.
Le pire dans cette affaire est que le profanateur,  quoique identifié, n’a pas été inquiété outre mesure par les autorités. Il a pu ainsi se pavaner à sa guise pendant des semaines avant de se rendre de son plein gré à la police. Traduit en justice, il n’a écopé que d’une peine de prison de 6 mois avec sursis, qui en dit long sur l’indépendance de la justice.
(Pour information, si la loi avait été correctement appliquée, le profanateur aurait dû être condamné une  peine de 1 an de prison ferme).

3- La parade des prédicateurs ignobles

Durant les mois écoulés, notre pays a vu défiler de nombreux apprentis-prédicateurs d’opérette, le plus célèbre d’entre eux étant le dénommé Wajdi Ghanim, qui s’est rendu tristement célèbre en faisant l’apologie de l’excision des fillettes, coutume barbare datant de la Jahiliya (la période antéislamique). Cet odieux personnage, condamné dans son propre pays, n’a pas trouvé mieux que de profiter de l’hospitalité des Tunisiens pour venir les insulter, et ce avec la bénédiction de certains hauts cadres du parti Ennahdha, de membres de l’Assemblée nationale constituante et même de membres du gouvernement, qui lui ont déroulé le tapis rouge.
Comment un Etat de droit pourrait-il se permettre d’autoriser une personne étrangère à venir lancer sur son sol des appels à la haine et à la discorde?

4- Les milices au service du parti-Etat 

Par une sorte de syndrome de Stockholm, Ennahdha semble suivre le chemin de l’ancien parti au pouvoir, le Rcd, dans bien des domaines, notamment celui des milices, chargées de faire le sale boulot!
Lors de la marche du 9 avril, destinée à commémorer le sacrifice des martyrs, l’auteur ces lignes était aux premières loges pour voir ces milices barbues à l’œuvre, en train de tabasser de simples citoyens venus fêter pacifiquement un évènement cher à leurs yeux.
Comme si le fait de lancer des gaz lacrymogènes était insuffisant, le ministre de l’Intérieur, cherchant visiblement à montrer un semblant d’autorité, a permis à ces milices d’agir en toute impunité et au mépris des lois élémentaires du respect des droits de l’homme ...

5 - La tentative de mainmise sur la télévision nationale

Continuant sur leur lancée et cherchant à «aider» le parti au pouvoir à asseoir sa domination sur les médias et notamment la Télévision nationale et ses deux chaînes Watanya1 et Watanya 2, ces milices ont organisé un sit-in juste en face du siège de l’établissement, offrant, deux mois durant, un spectacle désolant de voyous lançant à travers des mégaphones des slogans orduriers, appris par cœur, et des grossièretés à l’adresse des speakerines et présentatrices du télé-journal. Trois d’entre elles, n’en pouvant plus de voir leur honneur atteint par ces énergumènes, ont préféré démissionner.
Pour pouvoir camper de la sorte deux mois durant, il est clair que ces individus n’ont pas d’autre boulot, ce qui pourrait laisser penser qu’ils sont payés pour le faire, d’autant que certains témoins affirment avoir vu des voitures venir régulièrement apporter de la nourriture (et pourquoi pas autre chose) à ces sit-inneurs décidément très professionnels.

6 - Des Salafistes au dessus des lois :

Il semble que, sous le «règne» d’Ennahdha, les salafistes bénéficient d’une impunité totale et qu’ils peuvent mener des actions violentes sans courir le moindre risque pénal. Il suffit de rappeler les agressions contre des journalistes (notamment des journalistes Zied Krichène et Sofiène Ben Hamida), de l’universitaire et écrivain (Hamadi Redissi), des artistes, des innombrables citoyens (et, surtout, citoyennes) ordinaires, et ce en toute impunité.
Il y a lieu de noter que même les agents de police peuvent être victimes d’agressions de la part de ces salafistes, que le chef d’Ennahdha décrit comme ses «propres fils», qui lui rappellent sa «prime jeunesse»!
Si les forces de police ne sont même pas capables de se protéger elle-mêmes contre ces individus violents, alors comment pourraient-elles protéger les citoyens?

7 - Les appels au meurtre impuni

De nombreux Tunisiens sont scandalisés par cette douloureuse affaire d’appel au meurtre à l’encontre des juifs lancé par des extrémistes lors de l’arrivée de l’ex-Premier ministre palestinien Ismail Haniye. Non seulement cet appel au meurtre est resté impuni mais il s’est répété à plusieurs reprises. Le cas le plus édifiant est celui de l’appel au meurtre lancé publiquement contre l’ancien Premier ministre par un fonctionnaire de l’Etat, un haut cadre du ministère des Affaires religieuses de surcroît, dont le salaire est payé par le contribuable tunisien !

8 - L’affaire Nessma TV

C’est une affaire pour le moins abracadabrante dans laquelle les agresseurs sont innocentés alors que la victime est condamnée!
Quelques semaines avant les élections du 23 octobre 2011, la chaîne privée Nessma TV a eu la malencontreuse idée de diffuser le film ‘‘Persépolis’’. Ce film qui avait été auparavant projeté dans diverses salles de cinéma a été jugé blasphématoire par certaines personnes qui ont réussi à faire une manipulation politique, de sorte que des hordes d’énergumènes excités et endoctrinés se sont attaqués à la personne du directeur de la chaîne ainsi qu’a des membres de sa famille.
La justice a quasiment blanchi les agresseurs. Elle a, en revanche, condamné le directeur de la chaîne à payer une lourde amende.
Il y a lieu de noter que le verdict a été prononcé le jour même de la célébration de la liberté d’expression, ce qui a suscité une vive réaction d’indignation de la part de l’ambassadeur des Etats Unis d’Amérique. Et d’organisations internationales de défense des libertés.

9 - Dédommagement des islamistes ou le hold-up du siècle

Au moment où la situation économique du pays s’aggrave très sensiblement, où le chômage s’amplifie, où l’inflation galopante rogne le pouvoir d’achat du citoyen tunisien, qui trouve toutes les peines du monde à joindre les deux bouts, et où les blessés de la révolution sont livrés à eux-mêmes et traités de façon indigne, les membres du gouvernement islamiste ne trouvent pas mieux que de sortir cette histoire d’indemnisation des victimes de la répression de Ben Ali.
Certaines rumeurs font état d’un montant astronomique (non confirmé) d’une cagnotte de 750 millions de dinars qui serait répartie entre les anciens prisonniers politiques. Ce qui constituerait un véritable hold-up sur les caisses de l’Etat, déjà à moitié vides!
Heureusement que dans notre pays, il reste des hommes et des femmes dignes qui refusent de manger de ce pain, notamment ces militants de gauche qui ont annoncé qu’ils refuserait de percevoir ces indemnités et qu’ils ont milité pour la libération et l’émancipation de leur peuple, et non pour être… rémunérés pour leur combat!

10- L’émirat salafiste du Sejnanistan

C’est sans doute l’affaire la plus grave, qui semble relever du surréalisme !
Divers médias tunisiens et étrangers ont révélé cette histoire gravissime de l’établissement d’un émirat salafiste dans le paisible village de Sejnane (nord-ouest), dont les habitants se trouvent à la merci d’un groupe de fondamentalistes religieux qui fait régner la terreur, à travers des actes de torture sur de paisibles citoyens. Un Etat dans l’Etat!
Le pire est que cette affaire dure depuis des mois sans que le gouvernement provisoire ne lève le petit doigt pour y remédier, se dérobant derrière des dénégations qui ne convainquent personne.
Tout récemment, un groupe d’une centaine d’étudiants, transitant par ce village, se sont fait menacer, insulter et même violenter par des extrémistes salafistes, sans que la police ne daigne intervenir.
Tout ce que notre gouvernement a trouvé comme commentaire, c’est de dire qu’il ne s’agit pas de touristes étrangers, mais d’étudiants tunisiens!
Ceux qui croient encore que la révolution tunisienne est celle de la dignité doivent déchanter!
En définitive, même si nous nous réjouissons du départ du tyran Ben Ali, nous devons nous résoudre à accepter le fait  que le chemin vers l’établissement d’un véritable état de droit en Tunisie est encore long et semé d’embuches !

Moez Ben Salem,
Kapitalis, le  17 mai 2012

Nota de Jean Corcos :

Il m'a paru intéressant de publier, avec quelques mois de retard, cet article de la presse tunisienne qui déjà tirait la sonnette d'alarme ... c'était avant bien d'autres graves dérives où l'islamisation rampante du pouvoir précédait ou accompagnait les violences des extrémistes salafistes ; et bien sûr, avant l'attaque en bandes rangées de l'Ambassade des USA à Tunis, le vendredi 14 septembre ! 

07 février 2012

Tunisie : les 10 erreurs fatales d'Ennahda


Le gouvernement Hamadi Jebali, qui multiplie les bourdes, serait bien inspiré de revoir sa stratégie, ses méthodes et sa communication. Faute de quoi, il risque de jeter l’éponge avant la mise en place d’une nouvelle constitution !

Il est généralement admis que tout gouvernement nouvellement élu bénéficie d’une période de grâce de 100 jours durant laquelle les citoyens lui accordent leur préjugé favorable. Pour le gouvernement à forte prédominance «nahdhaouie» mis en place suite aux élections du 23 octobre 2011, la période de grâce tire à sa fin et il est temps d’établir un premier bilan. Disons-le d’emblée, ce bilan est négatif, pour ne pas dire désastreux !
Le manque de compétences au sein de ce gouvernement, les mauvais choix stratégiques, l’absence totale de visibilité, les déclarations intempestives inappropriées, la mauvaise gouvernance et la communication déficiente ont conduit à une très mauvaise situation économique, une accentuation du chômage et une situation d’insécurité inquiétante.
Chaque jour qui passe nous apporte son lot de scandales, de maladresses et de décisions inappropriées qui font que le citoyen tunisien perd confiance en ce gouvernement. Pire, l’image de la Tunisie est sérieusement écornée, ce qui n’est pas pour rassurer touristes et investisseurs potentiels

Plutôt que de se remettre en question, le gouvernement «nahdhaouie» tente d’imputer la responsabilité du désastre actuel «à certaines parties qui ne veulent pas du bien à la Tunisie» ! Pathétique !
Je ne vais pas pouvoir énumérer toutes les erreurs commises par ce gouvernement, tellement elles sont nombreuses ; on va se contenter de passer en revue celles qui semblent les plus graves ou qui ont suscité le plus de réactions négatives :

1) Le «6ème Califat» de Hamadi Jebali : moins d’une semaine après les élections, alors que les résultats définitifs n’étaient pas encore publiés, le Premier ministre autoproclamé a fait une déclaration incroyable aux sympathisants d’Ennahdha, affirmant qu’il avait reçu des «signaux divins» et qu’il allait instaurer le 6e califat !
Il y a lieu de signaler que même les talibans n’ont jamais osé faire une telle déclaration !

2) Souad Abderrahim et les mères célibataires : surnommée «Souad Palin», celle qui se présente comme l’égérie d’Ennahdha du fait qu’elle soit non voilée a déclaré sur les ondes d’une radio étrangère que «les mères célibataires sont une infamie en Tunisie ; éthiquement elles n’ont pas le droit d’exister» [en tant que telles, Ndlr] !
Propos fascistes que l’on pensait ne plus pouvoir entendre après la fin du nazisme !

3) Les salafistes et la Faculté des lettres de la Manouba : sans doute l’affaire qui reflète au mieux l’incompétence et la mauvaise foi de ce gouvernement !
Un groupe d’une trentaine de salafistes entreprend d’investir l’administration de la Faculté des lettres de la Manouba menaçant le doyen, les enseignants et les étudiants et empêchant la tenue des cours et des examens dans cet établissement universitaire qui compte près de 10.000 étudiants ; incroyable mais vrai ! Devant la passivité du gouvernement de Béji Caïd Essebsi, puis de celui de Hamadi Jebali, qui laissent pourrir la situation pendant 5 semaines, enseignants et étudiants se rendent au ministère de l’Enseignement pour demander au ministre, Moncef Ben Salem, issu d’Ennahdha, de trouver une solution. Ce dernier ne trouve pas mieux que d’envoyer la police pour les tabasser. Pis, une journaliste présente sur place pour couvrir la manifestation se fait violenter à son tour ! Le Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt) organise une manifestation pacifique pour exprimer sa solidarité avec la journaliste en question. Ennahdha, pour sa part, envoie une «milice» (on ne trouve pas d’autres mot pour qualifier ces préposés à l’intimidation de ses opposants) pour intimider les manifestants.
Entre-temps, les salafistes continuent leur sit-in à la Manouba, sans être inquiétés outre mesure !

4) Un candidat ministre essuie le véto d’un pays étranger : le Premier ministre a d’abord présenté un gouvernement pléthorique comprenant 51 ministres avant de céder à la pression populaire et ramener ce nombre à 41 ! Plus grave, le portefeuille de ministre des Finances a d’abord été attribué à Khayam Turki (Ettakatol), un expert en finance internationale dont la compétence est reconnue (chose rare dans ce gouvernement), avant de lui être retiré sous la pression d’un petit pays du Golfe : les Emirats arabes unis !
La souveraineté de la Tunisie prend un sale coup !

5) Tentative de contrôler les médias : le gouvernement Jebali a commis une grossière erreur en essayant de mettre la main sur les médias publics à travers la nomination de directeurs et de rédacteurs en chef qui lui sont inféodés. Pire, certains de ses nominés sont des anciens Zabatistes. Cette décision malencontreuse, d’un amateurisme primaire, a eu pour effet de souder les rangs des journalistes tunisiens.

6) Tentative de contrôle de la Banque centrale de Tunisie (Bct) : Après une première tentative ratée de mettre la main sur la Bct à travers une loi que voulait faire passer Ennahdha à l’Assemblée constituante, le gouvernement revient à la charge, indirectement, en envoyant des éléments proches d’Ennahdha, organiser une manifestation à la Bct, pour réclamer le départ de son gouverneur. Un scandale dont ce gouvernement pouvait se passer.
Parenthèse : Ennanhdha a pris la fâcheuse habitude d’envoyer ses hommes pour tenter d’imposer sa loi. Elle l’a fait contre les journalistes, le gouverneur de la Bct, le gouverneur de Kebili, devant le ministère de l’Intérieur, des intellectuels... Bref, la méthode d’un Rcd-bis !

7) L’Emirat salafiste de Sejnane : cette affaire gravissime, qui paraît relever du surréalisme, a gravement terni l’image de la Tunisie à l’échelle internationale. Un journal de la place a révélé l’histoire incroyable de la création d’un véritable émirat salafiste dans la petite ville de Sejnane ; les habitants de cette ville se trouvant à la merci d’un groupe extrémiste qui fait régner la terreur, à travers des actes de torture sur de paisibles citoyens. Un Etat dans l’Etat ! L’affaire a été largement répercutée à travers les chaînes de télévision tunisiennes et étrangères. 

8) Le chef du Hamas et les cris de haine à l’aéroport : le parti Ennahdha a commis l’énorme bourde d’inviter (en son nom ou bien en celui du gouvernement, on n’en sait rien) le chef du Hamas, prenant le risque de froisser les autorités palestiniennes légitimes. Pire, lors de l’accueil triomphal qui lui a été réservé à l’aéroport Tunis-Carthage, des cris de haine d’une extrême gravité ont été lancés par une horde d’énergumènes excités. C’en est fini de l’image d’une Tunisie tolérante !

9) La libération anticipée d’un pédophile : lors de la célébration du 1er anniversaire de la révolution du 14 janvier, un certain nombre de détenus ont bénéficié d’une amnistie, parmi eux se trouve un pédophile qui n’est autre que le frère du ministre de la Justice ! Pour un parti qui parle d’éthique et de morale, c’est vraiment la chose à ne pas faire !

10) Un appel au meurtre en direct : lors d’une séance de travail de l’Assemblée constituante, en présence du Premier ministre et retransmise en direct à la télévision, un des hauts responsables d’Ennahdha n’a pas trouvé mieux que de lancer un appel à la violence ! Evoquant les sit-inneurs et les manifestants qui réclament leurs droits, il n’a pas trouvé mieux que de citer un verset du Coran qui menace ces derniers, à travers un langage imagé, de couper leurs mains et leurs jambes et de les faire disparaitre de la surface de la terre. Le tyran Ben Ali paraît être un enfant de chœur.
En définitive, ce gouvernement est appelé à faire une révolution de palais et revoir de fond en comble sa stratégie, ses méthodes et sa communication. Faute de quoi il risque de devoir jeter l’éponge avant même la mise en place d’une nouvelle constitution !

Moez Ben Salem
Kapitalis, 26 janvier 2012

01 septembre 2011

L’Algérie cherche à faire échouer les révolutions en Tunisie et en Libye



Cette fois-ci, le régime algérien a été pris la main dans le sac. Une cargaison d’armes, une de trop, débarquée dans le port algérien de Djendjen, et acheminée par des relais de l’armée algérienne vers la Libye, à travers le sud-est du Sahara algérien, a été éventée par un haut responsable américain. Une opération que ce dernier a vigoureusement condamnée, accusant l’Algérie d’avoir violé les dispositions de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité (1).
Les uns bombardent un pays, pendant que les autres aident son despote
Pourquoi les Américains ont-ils dénoncé cette opération? Pourquoi celle-ci? Pourquoi cette fois-ci?
Le soutien du régime algérien à la famille Kadhafi, pour l’imposer par la force au peuple libyen, était pourtant patent, et le Conseil national de transition (Cnt) libyen l’a publiquement, et énergiquement signalé à la communauté internationale, à plusieurs reprises. En vain!
Le régime algérien a volé au secours de Kadhafi bien avant que les premières émeutes de Benghazi aient lieu.
Une alliance mutuelle aurait été contractée entre les deux régimes despotiques dès que la révolution de jasmin a commencé à souffler sur la région. Les Occidentaux connaissaient la nature des relations entre les deux régimes, l’aide du régime algérien à son acolyte libyen, et même l’utilisation d’un clan du Polisario par le Département du renseignement et de la sécurité (Drs) de l’armée algérienne, pour sustenter le despote libyen en armes, munitions, mercenaires, carburant et véhicules. Cela était un secret de Polichinelle, depuis le tout début.
Pourquoi alors ni l’Otan, ni une quelconque puissance occidentale n’en a rien dit jusqu’à ce jour?
Est-ce seulement l’effet des gros contrats dont se sert le régime algérien pour mettre un bémol aux protestations occidentales, où bien existe-t-il d’autres éléments qu’on nous cache?
En tout  cas, à Alger, c’est le branle-bas de combat. Un malheur ne vient jamais seul, dit-on. Cette tuile qui tombe sur la tête du régime, et qui va, encore une fois, le montrer sous son véritable jour, tombe vraiment mal, pour l’association de malfaiteurs qui préside aux destinées des Algériens.
En plus d’une guerre de clans qui fait rage depuis peu, au sujet de toutes récentes commissions sur des achats d’armements, qui auraient rapporté un gros butin à un clan au détriment d’un autre, un gros pactole qui se chiffre en plusieurs centaines de millions de dollars, il y a aussi l’affaire El Jenn, ce criminel contre l’humanité, qui a failli être pris comme un rat à New York, après que des opposants au régime algérien ait lancé l’alerte sur sa présence aux Etats-Unis.
S’il avait été arrêté, le monde entier aurait découvert la véritable nature du régime algérien, et les atroces exactions qui ont été commises, dans les années 90, par les escadrons de la mort, et les Groupes islamiques armés (Gia), tous agissant sous les ordres du sinistre Drs. http://www.youtube.com/watch?v=T_O-QbQags0
Le régime, alerté par une procédure qui venait d’être lancée depuis Londres, a fait exfiltrer in-extremis le criminel contre l’humanité, en utilisant un avion affecté à la présidence de la république. Mais cette histoire a semé la panique dans le sérail. Un clan du Drs, le plus compromis dans les crimes de masse, parce que les généraux qui le composent aujourd’hui étaient des officiers opérationnels au moment des carnages et des enlèvements, a vite compris que si El Jenn a été envoyé en mission aux Etats-Unis, ce n'était pas pour ses brillantes qualités, puisqu’il n’en a aucune, hormis son goût immodéré pour le sang, mais pour les mettre dans une situation difficile, et les jeter en pâture aux opinions publiques internationales.
Le régime algérien déterminé à empêcher l'installation de démocraties à ses frontières ...
C’est donc dans ce climat de guerre larvée, et d’une autre ouverte, que le régime algérien est finalement confondu, pour une énième forfaiture. Son implication aux côtés de la contre-révolution libyenne, pour empêcher le despote de tomber, est enfin avérée. Ou plutôt publiquement dénoncée.
Cette cargaison d’armes destinée à la famille Kadhafi a bien été déchargée au port algérien de Djen-Djen, et acheminée vers la Libye par des relais de l’armée algérienne. Cette fois-ci, les preuves sont tangibles et incontournables. Les Américains, par la voix d’un responsable du Département d’Etat, ont porté des accusations directes. Comme pour dire que c’était assez joué.
Mais ce que ne nous disent ni les journaux du régime, ni les porte-paroles du Département d’Etat, est que ce n’est pas d’aujourd’hui que le régime algérien vole au secours des Kadhafi. Ce n’est pas une cargaison qui a été acheminée via l’Algérie, mais des centaines. Une perfusion en non-stop, de moyens colossaux, un approvisionnement et un soutien en flux tendu.
Sans l’aide, massive, régulière, et très variée du régime algérien, Kadhafi n’aurait pas tenir dix jours.
Toutes les souffrances inutiles, et les morts de  milliers de civils assassinés par les mercenaires de Kadhafi, auraient pu être évitées sans l’action morbide du régime algérien.
C’est lui, et principalement lui, qui a porté Kadhafi à bout de bras, par tous les moyens dont il dispose, diplomatiques, militaires, logistiques, médiatiques, et autres que nous ne connaissons pas, mais dont nous aurons bien le détail, tôt ou tard.
C’est le régime algérien, aidé de certaines parmi ses créatures du Sahara occidental et de l’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui ont acheminé armes, carburant et véhicules militaires au clan Kadhafi.
Polisario et Aqmi, des outils entre les mains du Drs algérien... 
La désinformation qui a circulé sur les révolutionnaires libyens, pour les faire passer pour des djihadistes n’ayant d’autre objectif que d’installer des républiques islamistes dans tout le Maghreb est un complot soigneusement ourdi par les officines du Drs, passées maîtres dans ce genre de manipulation. Ce sont elles qui envoyaient leurs groupes de l’Aqmi vers la Libye, en même temps qu'elles  les dénonçaient via leurs journaux et leurs relais médiatiques, à une opinion internationale chauffée à blanc, encore une fois, sur la menace islamiste.
Rien que de bien normal, en fait. Ces pratiques du régime algérien, presque anodines, contre les peuples en marche, procèdent d’une logique somme toute légitime. Puisqu’une association de malfaiteurs, comme celle qui a pris le contrôle du pouvoir en Algérie, ne peut pas s’accommoder, à toutes ses frontières, d’Etats démocratiques, qui auront été fondés par les peuples eux-mêmes, après que les despotes en eurent été chassés. Cela aurait été suicidaire pour le régime algérien, s’il avait accepté, sans coup férir, que des systèmes démocratiques, et éminemment contagieux, s’installent à ses frontières.
Et c’est dans cette logique que, dès les premiers soulèvements populaires en Tunisie, le régime algérien a usé de tous ses moyens pour les contrecarrer, pour voler au secours de l’ami Ben Ali, et plus tard pour lancer, et promouvoir, avec le même zèle hargneux, les contre-révolutions des autres peuples de la région.
Il tente, jusqu’à aujourd’hui, de faire échouer la révolution tunisienne, et de faire regretter au peuple tunisien d’avoir chassé Ben Ali.
Si les touristes algériens ne se sont pas rendus massivement en Tunisie, cette année comme à leur habitude, c’est parce que le régime algérien a déchaîné sa propagande pour faire croire aux Algériens que la Tunisie est à feu et à sang, et qu’il était très périlleux d’aller y passer ses vacances.
Les journaux du régime ont été jusqu’à publier des informations faisant état de l’enlèvement de deux nouvelles mariées, par des groupes de jeunes Tunisiens.
Le régime algérien a réussi, en fin de compte, à priver le peuple tunisien d’une manne habituelle. Ce qui ne manquera pas d’affecter gravement son économie.
Ce que recherche exactement le régime algérien, qui tente de provoquer l’anarchie et le chaos dans ce pays voisin, pour dissuader les Algériens de se laisser tenter par une expérience révolutionnaire.
Un régime parano ...
Le régime algérien est aux abois. Son hostilité aux réformes annoncées par le monarque marocain procède de la même logique paranoïaque. Aussi timides soient-elles, et tout aussi mièvres, ces réformes ont pourtant été perçues comme dangereuses.
Et en même temps que le régime algérien lâche toutes ses meutes contre les opposants et les peuples voisins, il tente de se servir de l’immense pactole qu’il réserve à son fameux «plan quinquennal», environ 300 milliards de dollars, pour acheter la complicité, ou du moins la passivité d’un Occident qui ne demande qu’à irriguer son économie, même si cela doive être accompagné d’indignes compromissions.
Les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne savent très bien ce que sont les pratiques de ce régime mortifère, non seulement contre son propre peuple, qu’il prend en otage, et qu’il pille sans vergogne, mais aussi contre les autres peuples de la région, dont il aide les despotes à les garder sous leur emprise.
Les Occidentaux, et tout particulièrement la France, savent, dans le détail, toute l’étendue de l’aide scélérate et criminelle apportée par le régime algérien à la famille Kadhafi. Les gros contrats que leur agite le régime algérien sous le nez, pour qu’ils détournent le regard, sera inscrit à leurs tablettes, le jour où les peuples se seront débarrassés de toute leur vermine. Nous leur demanderons pourquoi ils acceptaient de bombarder des troupes de Kadhafi, avec toutes les victimes collatérales que cela entraîne, sachant qu’ils le faisaient en vain, et que dans le même temps que durait leur action, le régime algérien faisait parvenir aux Kadhafi bien plus que ce qui avait été détruit par leurs bombardements.
Et ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas, parce que nous savons qu’ils savent, et qu’ils ont toujours su.
En tout état de cause, cette cargaison d’armes pour Kadhafi dont le passage par l’Algérie a été éventé, n’est qu’une seule parmi des centaines, peut-être des milliers d’autres. L’approvisionnement des Kadhafi par le régime algérien n’a jamais cessé. Pas un seul jour. Non seulement en armes, mais aussi en mercenaires, en carburant, en véhicules militaires, en munitions, en argent, et même en psychotropes du viol et de l’assassinat. Les mêmes pilules bleues qui étaient distribuées aux criminels sanguinaires que le Drs envoyait dans les campagnes commettre des carnages contre les populations. Les mêmes pilules bleues que El Jenn prenait lorsqu’il égorgeait ses victimes, où qu’il les énucléait, un œil après l'autre, à l’aide d’une fourchette. Les mêmes pilules bleues ont été fournies aux Kadhafi – c’est dire! – par le régime algérien.
Comme un geste inamical, voire menaçant, une campagne anti-marocaine est savamment entretenue par les relais du régime algérien, pour empêcher, coûte que coûte, les deux peuples maghrébins de se retrouver, et de regarder ensemble vers l’avenir. Plus que cela, les récentes acquisitions d’armement par le régime algérien, pour près de 20 milliards de dollars, procède délibérément de la volonté de pousser le royaume marocain à une escalade militaire, pour le ruiner, et le pousser au surendettement, à un moment où la poussée de la misère et du chômage risquent de mettre le feu aux poudres, dans un Maroc qui manque cruellement de ressources naturelles. Contrairement à son voisin algérien qui dilapide les siennes en ruineuses dépenses, dont celle des armements, au risque de plonger toute la région dans une logique d’affrontement.

Djamaleddine Benchenouf
 Journaliste algérien basé en France.
Publié sur le site tunisien Kapitalis, 25 juillet 2011
(1) - Le ministère algérien des Affaires étrangères a «catégoriquement» démenti les informations faisant état du transit d’une cargaison d'armes par le port de Djen-Djen (360 km à l’est d’Alger) en direction de la Libye.
Dans une déclaration au journal électronique ‘‘Tout sur l’Algérie’’ (Tsa), le porte-parole Amar Belani a accusé des membres du Conseil national de transition libyen (Cnt, opposition) d’avoir distillé ces informations. Certains «ne reculent devant aucune turpitude ou manœuvre perfide de désinformation pour tenter, vainement je dois préciser, de mettre la pression diplomatique sur notre pays», a accusé M. Belani.
Depuis le début de la guerre civile en Libye, Alger est régulièrement accusée par le Cnt de soutenir le régime de Mouammar Kadhafi à travers la fourniture d’armes et l’envoi de mercenaires. Lors d’une visite début juin à Alger, le général Carter Ham, patron du Commandement militaire américain pour l’Afrique (Africom), avait démenti les accusations du Cnt, affirmant que l’Algérie a toujours œuvré pour «prévenir et empêcher qu’il y ait des mercenaires ou bien un mouvement de personnes et d’armements dans la région». (Source: AP).

Nota de Jean Corcos
L'hostilité de l'Algérie envers les révolutionnaires libyens est une réalité, car plusieurs jours après la chute de Kadhafi, Alger était l'un des seuls pays arabes à refuser de reconnaitre le CNT. Ceci étant, le discours pour le justifier est exactement l'inverse : les Algériens soupçonnent la rébellion d'être infiltrée par Al-Qaïda. Ceci étant également, le scandale de de soutien est apparu en plein jour lundi dernier, lorsque l'on a appris que l'Algérie avait donné asile à plusieurs membres de la famille Kadhafi,...