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02 septembre 2017

A quoi joue la Jordanie ? Jacques Benillouche sera mon invité le 10 septembre

Le Président turc Recep Tayyip Erdogan et le Roi Abdallah de Jordanie,
Amman le 21 août 2017

Nous allons consacrer mon émission de la rentrée à un pays voisin d’Israël. J’ai en effet intitulé ce numéro de « Rencontre », « A quoi joue la Jordanie ? », et c’est vrai qu’on a constaté ces dernières semaines que ce pays voisin de l’Etat hébreu, théoriquement en paix avec lui et toujours présenté comme un facteur de stabilité dans la région, avait jeté de l’huile sur le feu ; d’abord à l’occasion des incidents du Mont du Temple mais aussi après, dans l’affaire de l’ambassade israélienne à Amman. Notre invité sera Jacques Benillouche, que je pense les auditeurs de notre station commencent à bien connaitre ; correspondant en Israël du journal en ligne "Slate.fr", il est aussi le directeur du site Internet "Temps et Contretemps", où comme le savent mes lecteurs fidèles j’écris souvent des articles.

Parmi les questions que je poserai à Jacques Benillouche :

-       La crise du Mont du Temple a commencé le 14 juillet par l’assassinat de deux policiers druzes israéliens, des terroristes ayant utilisé des armes cachées sur place. Avant l’installation provisoire de portiques de contrôle qui a suivi, la Jordanie s’était illustrée par les félicitations adressées aux terroristes par le président de son Parlement, sous les applaudissements des députés. Israël a protégé depuis longtemps les dirigeants de ce pays par une coopération sécuritaire ; or, cette coopération reste cachée à sa population par la Monarchie : qu’en penser ?
   Après la mise en place des portiques de détection à l’entrée du Mont du Temple, il y a eu des manifestations violentes côté palestinien, puis l’assassinat de trois habitants d’une implantation, et on a craint un moment une nouvelle Intifada. Au-delà des erreurs de calcul de Netanyahou qui a fini par reculer, on a relevé que le Roi de Jordanie était aussi virulent que l’Autorité Palestinienne ou le Hamas, et n’avait pas du tout aidé Israël à sortir de ce guêpier ; n’aurait-il pas mieux valu, dès le départ, l’associer au contrôle sécuritaire de ce Lieu Saint ?  
   Pour ne rien arranger, il y a eu ensuite l’incident grave à l’Ambassade d’Israël à Amman, lorsque se défendant après avoir été attaqué à l’arme blanche par un Jordanien, un garde du corps a tué l’assaillant mais aussi une autre personne tout à fait innocente. Le gouvernement israélien, en cédant pour les portiques, est arrivé à le faire sortir de Jordanie, mais en fait toute l’équipe de l’Ambassade est partie en même temps : où en sommes-nous, et comment sortir de cette crise ?
  Tu as écrit un article le 11 août intitulé : « Les raisons véritables du voyage du Roi Abdallah à Ramallah ». Cela faisait cinq ans qu’il n’était pas venu, et officiellement, c’était pour exprimer, je le cite, « le soutien total de la Jordanie aux droits légitimes des Palestiniens et à la création d'un État indépendant avec pour capitale Jérusalem Est». En réalité, pourquoi ce voyage ?
-     Il y a un élément clivant aujourd’hui dans le monde arabe, c’est l’attitude à avoir vis-à-vis des Frères Musulmans. Depuis la rupture totale décidée au mois de mai par plusieurs Etats contre le Qatar, qui est devenu leur base arrière, il y a deux camps : les pays qui les considèrent comme une menace intérieure (Egypte, Arabie Saoudite, Bahreïn et Emirats Arabes Unis). En face, il y a un axe qui défend le Qatar, avec deux pays non arabes, la Turquie, et le grand rival chiite de l’Arabie, l’Iran. Or la Jordanie a refusé de prendre parti. Quel est le poids de la confrérie dans le Royaume Hachémite ?
   La société jordanienne semble vu de loin comme à la fois plus évoluée que celle de la plupart des pays arabes du Moyen-Orient, et en même temps traversée par des tensions lourdes de menace. C’est un pays de plus de 9 millions et demi d’habitants, où il existe encore une importante minorité chrétienne et qui a même reçu beaucoup de réfugiés chrétiens d’Irak. C’est un Etat assez bien classé du point de vue des libertés publiques ou de l’accès à Internet, et qui a beaucoup de liens avec les Occidentaux. Mais en même temps, il compte parmi ses citoyens plus de 2 millions de Palestiniens, qui restent très hostiles à Israël. Un million et demi de réfugiés syriens les ont rejoints, et eux aussi peuvent rester : comment vois-tu l’avenir de la Jordanie ?

Un sujet original, donc, car nous n’avions jamais consacré une émission spécifique à la Jordanie. Mais en même temps, une interview tout à fait en phase avec l’actualité : soyez nombreux à l’écoute !

J.C