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10 août 2014

Rupture du cessez-le-feu. Et retour sur les exigences soit disant "humanitaires" du Hamas



Le Hamas a donc, hélas, décidé de rompre la trêve, Israël n'ayant pas cédé à toutes ses exigences ; en même temps, il a laissé sa délégation au Caire pour continuer de "négocier" : logique de terroriste, "je te mets un pistolet sur la tempe, je tue des otages de temps en temps mais c'est de ta faute parce que tu ne fais pas tout ce que je demande" ! Bien entendu, l'état hébreu n'a pas cédé à ce chantage, retirant immédiatement ses représentants pour ces négociations si vite avortées. Il a simplement attendu deux heures et demi avant de commencer à répliquer, et la guerre a repris vendredi en fin de matinée.

Comme l'a écrit un ami sur ma page FaceBook, "des civils vont encore mourir, mais ils seront à nouveau satisfaits de leur folie suicidaire et pourront encore jouer les martyrs tout en criant au génocide face aux médias débiles et compatissants du monde entier…" Pauvres civils de Gaza, qui souhaitaient à une majorité de 92 % la prolongation du cessez-le-feu, comme le révélait un sondage publié le 7 août sur le "Times of Israël" : mais qui le relève ? Qui a repris ce sondage dans la presse française ?

Alors justement, à propos de ces "médias débiles et compatissants" dont parlait mon ami, on ne peut que relever l'absence totale d'analyse par rapport à ce que le Hamas exige d'Israël, et sur les raisons qu'a ce dernier de ne pas céder sur tout : la "levée du blocus" est présentée comme un simple et naturel objectif "humanitaire", ce qui sous-entend que les Israéliens sont des monstres obtus, ayant un plaisir sadique à opprimer la population de Gaza mais absolument aucun soucis sécuritaire : soyons clair, certaines choses peuvent être aménagées, comme l'élargissement de la zone de pêche, ce qui n'empêchera pas un contrôle en haute mer par la marine israélienne : mais ce que souhaite dans le fond l'organisation terroriste, c'est pouvoir vraiment faire du mal pour le prochain "round", et on peut le démontrer.

1. Premier souhait du Hamas, "non dit" bien sûr, ils veulent une levée totale des importations, sans aucun contrôle sur l'usage des matériaux y compris "civils" : cela signifie pratiquement, "livrez moi des sacs de ciment et de l'acier, et je ferai tous les tunnels que je souhaite ; livrez moi des produits chimiques et des tôles, et j'en ferai des missiles maison" ... Israël peut-il l'accepter ?

2. Deuxième souhait du Hamas, l'ouverture sans aucun contrôle des postes frontières aux Gazaouis souhaitant se rendre en Israël, et là il faudrait rappeler l'historique complet des attentats menés en territoire israélien juste à la frontière ou au delà, pendant la seconde Intifada : je me souviens en particulier de celui-ci, des conteneurs de marchandises destinés à être embarqués à Ashdod avec à l'arrivée, sortie de terroristes qui ont tué plusieurs personnes . Ceci sans parler des innombrables infiltrations "kamikazes" de véhicules et hommes armés à chaque point de passage.

3. Troisième souhait, "un port en eau profonde et un aéroport", comme si l'importation terrestre de marchandises débarquées par bateaux à Ashdod ou El Arish était une gêne pour eux. Or ce qu'ils veulent, en réalité, ce sont des livraisons directes d'armes venues d'Iran ou du Soudan : seulement là, ce ne seront plus quelques "Fajr" et des missiles "maison" plus ou moins bricolés. La prochaine fois, ce seront des missiles de croisière, du matériel russe de toute dernière génération pouvant atteindre ses objectifs malgré le "dôme d'acier". Et là il faut être net, clair et précis pour les lecteurs mal informés : les armes pour mettre Israël à genoux existent ! La technologie russe est assez avancée, et Poutine - grande idole de toutes les extrêmes droites antisémites de la Planète - assez dangereux pour que cela finisse entre les mains du Hamas. La prochaine fois si on accepte ce que demande le Hamas, ce sera "Ben Gourion Airport", les centrales thermiques, les usines de dessalement d'eau de mer, les aéroports militaires ... tout ce qui est vital qui pourra être détruit !

Voici les réflexions que je voulais échanger avec vous. Alors donc que cette sale guerre a repris et qu'on n'en voit pas encore la fin, sauf à calculer la consommation de missiles par le Hamas - il leur en restait selon certaines évaluations, un tiers du stock initial au bout de quatre semaines de combats.

Jean Corcos