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03 octobre 2012

Qui va gagner en Syrie ? Randa Kassis sera mon invitée le 7 octobre

Randa Kassis

Dimanche prochain, nous allons parler, à nouveau, de l'actualité du monde arabe et des vagues révolutionnaires qui le secouent, et nous retournerons en Syrie, pays ravagé par une véritable guerre puisque les victimes seraient, d'après l'Observatoire Syrien des Droits de l'Homme,  au nombre de 30.000 maintenant, dont une majorité de civils. Pour en parler, j'aurai le plaisir de recevoir Madame Randa Kassis. C'est une figure connue de l'opposition en exil à Paris, puisqu'elle est la présidente du "Mouvement de la Société Pluraliste en Syrie". On a pu l'écouter sur France 24, France 5, Radio France International et j'oublie beaucoup de médias, j'ajoute qu'elle a un site où on peut réécouter ses interviews et j'invite les auditeurs à le visiter. Elle est née dans une des communauté chrétienne du pays, mais elle se définit avant tout comme une laïque, position courageuse dans le monde arabe et nous venons d'en avoir un rappel violent avec la vague d'émeutes meurtrières qui a suivi la diffusion du fameux et débile film anti-islam produit par un Copte vivant aux USA. Courageuse, elle l'est aussi car vous elle ne craint pas de s'afficher en compagnie de militants qui soutiennent la révolution syrienne, mais qui ont le "tort inexcusable" d'être juifs comme Bernard-Henri Levy, une chose que ne pardonnent ni les pro-Assad, ni hélas une partie des révolutionnaires.

 Parmi les questions que je poserai à Randa Kassis :

 - Le Conseil National Syrien a une image négative pour certains, car diplomatiquement il est appuyé par les pays du Golfe, à commencer par deux monarchies rivales mais unies pour le soutenir, l'Arabie Saoudite et le Qatar. La Turquie, dirigée par les islamistes de l'AKP, sert un peu de "base arrière" à la révolte, et elle laisse transiter les armes à l'Armée Syrienne Libre : or les reportages télévisés montrent toujours de jeunes combattants barbus criant "Allah Akhbar" dans les rues de Homs, Alep ou Damas, et on sait que des Djihadistes de plusieurs pays sont venus se battre en Syrie. Quel est leur poids numérique réel dans cette révolution ? On sait que Al-Qaïda a fait plusieurs attentats à la voiture piégé dans les grandes villes, et la propagande du régime présente la révolution comme une déstabilisation terroriste du pays, soutenue par un complot des Américains et d'Israël : que répondre à cela ?

-  On s'est hélas habitué aux nouvelles dramatiques en provenance de votre pays, tous les jours ce sont des dizaines, parfois de centaines de tués que l'on relève dans cette guerre ; l'armée bombarde à l'aveuglette des immeubles ; et, le 15 août dernier, une commission d'enquêteurs des droits de l'homme des Nations unies a conclu que les forces gouvernementales syriennes et les milices "Chabibas" ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Or la majorité de la population ne s'est pas encore révoltée : comment l'expliquez-vous ? Est-ce la peur de la répression ? Ou est-ce la peur de toutes les communautés minoritaires, qui craignent les représailles de la majorité sunnite ?

- D'un point de vue stratégique, comment voyez-vous, franchement, l'issue de cette guerre ? Il est clair que le régime n'arrive pas à écraser les révoltés, qui n'ont que des armes légères ; mais il est clair, aussi, que sans armes lourdes ils n'arriveront pas à s'imposer sur le terrain, on l'a vu d'ailleurs en juillet dernier lorsque les rebelles ont été écrasés des quartiers qu'ils avaient conquis à Damas : or les pays qui soutiennent l'Armée Syrienne Libre refusent de leur en donner. Alors quelle issue ? Peut-on espérer que des supports du régime le laissent tomber et négocient un "deal" avec la révolution, un peu comme l'avaient fait des anciens piliers de la dynastie des Kadhafi avant la chute de cette autre dictature ?

- Si on pousse plus loin le parallèle avec la révolution libyenne, on se souvient que l'intervention occidentale a été décisive pour renverser le rapport de forces sur le terrain. Il y avait eu le vote à l'ONU d'une résolution imposant une "non fly zone", qui a cloué au sol l'aviation libyenne, et cette résolution était passée grâce à l'abstention de la Russie et de la Chine. Dans un article du journal "Le Monde" du 14 août dernier, intitulé "Des avions pour Alep", Bernard-Henri Levy a demandé que l'on fasse la même chose dans votre pays. Vous soutenez cette proposition. Or il y a deux objections majeures, l'une diplomatique, à savoir que cette fois-ci la Chine mais surtout la Russie, soutiennent à fond le régime en  opposant leur véto au Conseil de Sécurité. L'autre stratégique, soulevée par Jean Fleury, ancien chef d'état major de l'armée de l'air : notre aviation représente à peine la moitié de l'aviation syrienne, on ne pourrait rien faire sans les Etats-Unis, or les USA sont dans une logique de retrait armé du Moyen-Orient : que répondez-vous à cela ?

Des questions très précises, comme vous le voyez, pour une actualité brûlante ... j'espère donc que vous serez nombreux à l'écoute dimanche prochain !

J.C