Notre radio

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14 novembre 2006

Farid El-Atrache, ya habibi !

Et si on oubliait un peu l’islam d’aujourd’hui ? Les voiles islamiques qui endeuillent les foules de leur noire couleur, et les regards de braise qui incendient les malheureux « blasphémateurs » ? La fameuse « rue arabe » qui en veut au monde entier, et les flaques de sang qui viennent gicler chaque matin sur le pavé de Bagdad ? Et si on se souvenait, un peu, que là-bas comme ici tout finit (et parfois commence) par des chansons, qui font vibrer les âmes et enjamber, par leur magie, le temps et l’espace ?

Il était donc un temps heureux sur les bords du Nil, une époque où le cœur du monde arabe chavirait en voyant danser de jolies filles fort dénudées sur les écrans de la ville ... Le « belly dancing », la danse du ventre, a connu dans les années 40 et 50 son heure de gloire, avec des films où le « kitch » oriental se déclinait parfaitement sur le mode péplum : milliers de figurants, décors pharaoniques, choristes et danseuses - la production égyptienne pouvait alors, et sur un mode original, rivaliser avec le cinéma de Hollywood. Le public du Caire comme de tout le Proche-Orient allait en ces temps là applaudir, dans ce genre de films - ou dans des opérettes plus intimistes -, celui qui fut le héros adulé de toute une époque, Farid El-Atrache (1915-1974). J’ai découvert un site plein de photos nostalgiques - en lien : belly-dance.org - qui lui consacre une page, et donne une compilation de musique orientale à télécharger. Druze né dans les montagnes syriennes, le géant des variétés égyptiennes eut comme partenaire de fameuses actrices et danseuses, dont Taheya Carioca, et surtout Samia Gamal (1924-1994) qui fut sa compagne.

J.C