Blog à l'origine associé à la série "Rencontre", une émission produite sur Judaïques FM (1997-2020). D'abord consacrée au dialogue judéo musulman, puis au monde musulman en général, elle a été dédiée enfin aux affaires internationales. Ce blog donne maintenant l'ensemble des informations sur mes publications et productions.
Adresse "rencontre@noos.fr". En partie droite du blog, liens sur des archives sonores.
Impossible d'approcher de la
fin de ce "voyage" en Iran sans évoquer Marjane Satrapi.
Après quelques modestes
articles consacrés d'autres facettes de la culture - cinéma, peinture,
architecture, gastronomie - on va ainsi parler d'un art bien original, presque
jamais associé au monde musulman : la bande dessinée. Un art porté avec
tellement de talent par une jeune femme prénommée Marjane, née en 1969 et dont
le vrai nom à l'état civil est Marjane Ebrahimi.
Marjane Satrapi est sans
doutes l'artiste iranienne la plus célèbre, d'abord bien sûr comme auteur de
B.D (à la fois scénariste et dessinatrice) ; mais aussi comme peintre ; et
enfin comme réalisatrice, car elle a adapté pour le cinéma "Persépolis", sa célèbre œuvre
autobiographique, puis "Poulet aux prunes", son deuxième album.
Sa première bande dessinée,
on le sait, raconte en quatre tomes sa vie de jeune iranienne, vivant les
soubresauts de la Révolution Islamique à l'âge de dix ans ; née dans une
famille très engagée politiquement à gauche - son oncle, figure locale du parti
communiste fut fusillé - elle fut envoyée par ses parents au lycée français de
Vienne ;avant de retourner à Téhéran,
d'y suivre des études à l'école des beaux arts, puis de partir cette fois
définitivement pour la France en 1994. Et c'est dans notre pays qu'elle se
révéla.
Marjane Satrapi a su, avec
talent, dessiner son "double" qui traverse sa B.D au fil des ans,jugez en plutôt ici !
Vous trouverez sur
ce lien une excellente présentation de "Persépolis".
J'y ai sélectionné une planche et une image,
reproduites ci-dessous : pouvoir rire des corbeaux de Téhéran est un plaisir
dont on ne se lasse pas.
Enfin, je vous propose de
voir la bande annonce de son premier film.
Comme annoncé en
introduction de ces "mois de l'Iran", j'ai décidé de publier vers la fin une
série d'articles consacrés au sujet le plus angoissant : la course poursuite
entre les deux grandes puissances régionales du Moyen-Orient, Israël et l'Iran,
la direction du second ayant l'objectif stratégique d'éliminer le premier par
tous les moyens.
Une petite précision pour
commencer : il y a eu des centaines d'articles, sur le sujet, et il était
impossible de les reprendre en trop grand nombre. Aussi, ai-je préféré mettre
en liens certains d'entre eux dans cette petite introduction, destinée à la
fois à annoncer les publications suivantes et à planter le décor.
-La République Islamique d'Iran reste dirigée,
en dehors de la vitrine Rouhani et des "réformateurs" interlocuteurs
des Occidentaux, par un pouvoir à la fois théocratique et millénariste, dont
l'objectif est d'accélérer "la fin des temps". Cette fin des temps,
version chiite, prévoit la réapparition de "l'Imam caché" ; et les
décideurs politiques du pays ont une vision apocalyptique de l'avenir, comme
nous le signale un bloggeur d'origine iranienne dans les colonnes du "Times
of Israël" .
-Le souhait d'éradiquer Israël est une
constante dans les discours officiels iraniens, et des centaines de références
ont été enregistrées ; on en trouve par exemple dans les archives du blog sur
l'Iran que je vous donnais ici le 2 février. Juste un exemple, cette
déclarationdu chef des
"Gardiens de la Révolution".
-La guerre entre Israël et l'Iran a déjà commencé
depuis longtemps, avec la création puis le développement irrésistible du
Hezbollah libanais, détenant maintenant le pouvoir à Beyrouth, y ayant
supplanté l'armée, et qui fut un acteur important de la victoire du régime syrien
dans la guerre civile. Doté d'une redoutable force de frappe, il sera capable
lors du prochain conflit d'envoyer une quantité effroyable de missiles. Or le public israélien n'y est pas prêt,
comme vous le lirez sur ce lien.
-Bien sûr, Tsahal n'est pas restée inactive,
frappant régulièrement les convois d'armes sophistiquées à destination du Hezbollah
au départ de la Syrie ; un
général iranien a ainsi été tué lors d'une de ces frappes.
Mais les menaces dépassent
maintenant la Syrie et le Liban : si, par exemple, la rébellion houthi (chiite)
triomphe au Yémen, l'Iran pourra contrôler le Bab el Mandeb, menaçant ainsi
directement les voies de navigation d'Israël vers l'Afrique et l'Asie : autre
sujet, autre thème qui sera aussi abordé dans une prochaine émission ...
Enfin, et même si l'angoisse
d'une apocalypse nucléaire ne doit pas être balayée d'un revers de main, il
faut bien avoir à l'esprit que les guerres modernes permettent de mettre un
ennemi à genoux sans forcément utiliser ce type d'armements : on peut imaginer
des bombardements massifs à coups de missiles de plus en plus précis, par
exemple ; ou des attaques informatiques de grande ampleur, paralysant ses
communications et ses transports ... A ce (macabre) jeu là, c'est la puissance
ayant les meilleurs ingénieurs et scientifiques qui gagne. Or - et c'est un
fait trop souvent ignoré dans les médias communautaires - l'Iran est en train
de rattraper, voire de dépasser Israël. C'est pourquoi, avant de vous proposer
une série de trois articles sur le dossier nucléaire, vous lirez dans la
prochaine publication un article évoquant justement ce dernier point.
Pour finir, une vidéo,
sinistre intitulée "Israël, la fin". Disponible sur la chaîne Youtube
d'un compte français, elle imagine une attaque massive israélo-américaine
contre l'Iran, une contre-attaque foudroyante, et à la fin la destruction
"de l'entité sioniste" ... Ce film, en version française, a été
présenté au Théâtre de la Main d'Or, le Q.G de Dieudonné !
Il y a eu très peu de films
occidentaux évoquant l'Iran depuis la Révolution de 1979, et singulièrement les
mois très agités qui virent s'installer, par la ruse et l'intimidation, une
République Islamique en lieu et place de la dictature du Shah. Mais soulignons cependant une
brillante exception, le film "Argo" sorti bien après les faits, en
2012.
Ce n'est pas un
documentaire, mais il est basé sur des faits réels. Extrait de l'article
Wikipedia consacré au film :
"En 1979, un
responsable de la CIA charge un agent de libérer des diplomates américains réfugiés
à l'ambassade du Canada à Téhéran, à la suite de la prise de l'ambassade
américaine dans ce pays. Il monte de toutes pièces un projet de film, faisant
passer les diplomates pour les membres d'une équipe de tournage venue faire des
repérages pour un film de sciences fiction, intitulé "Argo".
J'avoue avoir éprouvé une
intense satisfaction en le voyant, car ce n'est pas tous les jours qu'on a le
courage, dans nos démocraties, de dénoncer l'abject régime des Ayatollahs. En
outre, il y est directement évoqué l'acte de gangstérisme inédit dans l'Histoire,
que fut l'assaut d'une Ambassade et la séquestration de diplomates. On le sait,
cette prise d'otages dura longtemps, et il fallu 444 jours pour que soient
libérés les 52 Américains ( lire
sur Wikipedia ) : mais au moins, six diplomates furent exfiltrés à la barbe
- c'est le cas de le dire - des Iraniens, et cela est bien réjouissant.
Dans la courte vidéo
ci-dessous, le trailer du film en Français.
Rita est une chanteuse
israélienne née à Téhéran en 1962. Connue surtout par des chansons en hébreu, à
sonorité orientaleou moderne (comme "Mehake" ou "Hapaam"),
on lui doit aussi une interprétation bouleversante de l'hymne national,
"Hatikva", chanté lors du 50è anniversaire de l'Etat.
Mais comme beaucoup d'autres
artistes "mizrahi" (orientaux), elle est restée marquée par ses
origines. Elle a ainsi interprété plusieurs chants populaires en langue farsi ;
mais surtout, angoissée par les risques très sérieux de guerre avec l'Iran,
elle a milité aussi pour la Paix : Rita a ainsi été nommée "ambassadrice
de bonne volonté" pour son rôle dans le rapprochement entre les peuples iranien
et israélien, et elle a même chanté à l'ONU !
"Shah Doomad" est
un air très gai, chanté dans les mariages en Iran. J'adore cette vidéo, pas
seulement pour la musique mais à cause de la joie exubérante de Rita, des
musiciens et de son petit public, clairement des israéliens d'origine perse
comme elle-même ...
On ne fait pas la paix avec
de la musique, mais il y a une raison d'espérer : malgré la peur, malgré la
propagande du régime, Rita est très connue en Iran où on n'hésite pas à copier
et enregistrer ses chansons;