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28 mars 2017

Marjane Satrapi, quand l'Iran est une B.D

Affiche du film

Impossible d'approcher de la fin de ce "voyage" en Iran sans évoquer Marjane Satrapi.

Après quelques modestes articles consacrés d'autres facettes de la culture - cinéma, peinture, architecture, gastronomie - on va ainsi parler d'un art bien original, presque jamais associé au monde musulman : la bande dessinée. Un art porté avec tellement de talent par une jeune femme prénommée Marjane, née en 1969 et dont le vrai nom à l'état civil est Marjane Ebrahimi.

Marjane Satrapi est sans doutes l'artiste iranienne la plus célèbre, d'abord bien sûr comme auteur de B.D (à la fois scénariste et dessinatrice) ; mais aussi comme peintre ; et enfin comme réalisatrice, car elle a adapté pour le cinéma  "Persépolis", sa célèbre œuvre autobiographique, puis "Poulet aux prunes", son deuxième album.

Sa première bande dessinée, on le sait, raconte en quatre tomes sa vie de jeune iranienne, vivant les soubresauts de la Révolution Islamique à l'âge de dix ans ; née dans une famille très engagée politiquement à gauche - son oncle, figure locale du parti communiste fut fusillé - elle fut envoyée par ses parents au lycée français de Vienne ;  avant de retourner à Téhéran, d'y suivre des études à l'école des beaux arts, puis de partir cette fois définitivement pour la France en 1994. Et c'est dans notre pays qu'elle se révéla.

Marjane Satrapi a su, avec talent, dessiner son "double" qui traverse sa B.D au fil des ans,  jugez en plutôt ici !


Vous trouverez sur ce lien une excellente présentation de "Persépolis".

J'y ai sélectionné une planche et une image, reproduites ci-dessous : pouvoir rire des corbeaux de Téhéran est un plaisir dont on ne se lasse pas.
 

Enfin, je vous propose de voir la bande annonce de son premier film.

J.C

 

16 mars 2017

Israël versus Iran : en attendant la vraie guerre



Comme annoncé en introduction de ces "mois de l'Iran", j'ai décidé de publier vers la fin une série d'articles consacrés au sujet le plus angoissant : la course poursuite entre les deux grandes puissances régionales du Moyen-Orient, Israël et l'Iran, la direction du second ayant l'objectif stratégique d'éliminer le premier par tous les moyens.

Une petite précision pour commencer : il y a eu des centaines d'articles, sur le sujet, et il était impossible de les reprendre en trop grand nombre. Aussi, ai-je préféré mettre en liens certains d'entre eux dans cette petite introduction, destinée à la fois à annoncer les publications suivantes et à planter le décor.
-        La République Islamique d'Iran reste dirigée, en dehors de la vitrine Rouhani et des "réformateurs" interlocuteurs des Occidentaux, par un pouvoir à la fois théocratique et millénariste, dont l'objectif est d'accélérer "la fin des temps". Cette fin des temps, version chiite, prévoit la réapparition de "l'Imam caché" ; et les décideurs politiques du pays ont une vision apocalyptique de l'avenir, comme nous le signale un bloggeur d'origine iranienne dans les colonnes du "Times of Israël" .
-        Le souhait d'éradiquer Israël est une constante dans les discours officiels iraniens, et des centaines de références ont été enregistrées ; on en trouve par exemple dans les archives du blog sur l'Iran que je vous donnais ici le 2 février. Juste un exemple, cette déclaration  du chef des "Gardiens de la Révolution".
-        La guerre entre Israël et l'Iran a déjà commencé depuis longtemps, avec la création puis le développement irrésistible du Hezbollah libanais, détenant maintenant le pouvoir à Beyrouth, y ayant supplanté l'armée, et qui fut un acteur important de la victoire du régime syrien dans la guerre civile. Doté d'une redoutable force de frappe, il sera capable lors du prochain conflit d'envoyer une quantité effroyable de missiles. Or le public israélien n'y est pas prêt, comme vous le lirez sur ce lien.
-        Bien sûr, Tsahal n'est pas restée inactive, frappant régulièrement les convois d'armes sophistiquées à destination du Hezbollah au départ de la Syrie ; un général iranien a ainsi été tué lors d'une de ces frappes.

Mais les menaces dépassent maintenant la Syrie et le Liban : si, par exemple, la rébellion houthi (chiite) triomphe au Yémen, l'Iran pourra contrôler le Bab el Mandeb, menaçant ainsi directement les voies de navigation d'Israël vers l'Afrique et l'Asie : autre sujet, autre thème qui sera aussi abordé dans une prochaine émission ...

Enfin, et même si l'angoisse d'une apocalypse nucléaire ne doit pas être balayée d'un revers de main, il faut bien avoir à l'esprit que les guerres modernes permettent de mettre un ennemi à genoux sans forcément utiliser ce type d'armements : on peut imaginer des bombardements massifs à coups de missiles de plus en plus précis, par exemple ; ou des attaques informatiques de grande ampleur, paralysant ses communications et ses transports ... A ce (macabre) jeu là, c'est la puissance ayant les meilleurs ingénieurs et scientifiques qui gagne. Or - et c'est un fait trop souvent ignoré dans les médias communautaires - l'Iran est en train de rattraper, voire de dépasser Israël. C'est pourquoi, avant de vous proposer une série de trois articles sur le dossier nucléaire, vous lirez dans la prochaine publication un article évoquant justement ce dernier point.

Pour finir, une vidéo, sinistre intitulée "Israël, la fin". Disponible sur la chaîne Youtube d'un compte français, elle imagine une attaque massive israélo-américaine contre l'Iran, une contre-attaque foudroyante, et à la fin la destruction "de l'entité sioniste" ... Ce film, en version française, a été présenté au Théâtre de la Main d'Or, le Q.G de Dieudonné !

J.C


08 février 2017

Argo, le film choc sur l'affaire des otages



Il y a eu très peu de films occidentaux évoquant l'Iran depuis la Révolution de 1979, et singulièrement les mois très agités qui virent s'installer, par la ruse et l'intimidation, une République Islamique en lieu et place de la dictature du Shah. Mais soulignons cependant une brillante exception, le film "Argo" sorti bien après les faits, en 2012.

Ce n'est pas un documentaire, mais il est basé sur des faits réels. Extrait de l'article Wikipedia consacré au film :
"En 1979, un responsable de la CIA charge un agent de libérer des diplomates américains réfugiés à l'ambassade du Canada à Téhéran, à la suite de la prise de l'ambassade américaine dans ce pays. Il monte de toutes pièces un projet de film, faisant passer les diplomates pour les membres d'une équipe de tournage venue faire des repérages pour un film de sciences fiction, intitulé "Argo".

J'avoue avoir éprouvé une intense satisfaction en le voyant, car ce n'est pas tous les jours qu'on a le courage, dans nos démocraties, de dénoncer l'abject régime des Ayatollahs. En outre, il y est directement évoqué l'acte de gangstérisme inédit dans l'Histoire, que fut l'assaut d'une Ambassade et la séquestration de diplomates. On le sait, cette prise d'otages dura longtemps, et il fallu 444 jours pour que soient libérés les 52 Américains ( lire sur Wikipedia ) : mais au moins, six diplomates furent exfiltrés à la barbe - c'est le cas de le dire - des Iraniens, et cela est bien réjouissant.

Dans la courte vidéo ci-dessous, le trailer du film en Français.

J.C

03 février 2017

De Téhéran à Jérusalem, Shah Doomad !



Rita est une chanteuse israélienne née à Téhéran en 1962. Connue surtout par des chansons en hébreu, à sonorité orientale ou moderne (comme "Mehake" ou "Hapaam"), on lui doit aussi une interprétation bouleversante de l'hymne national, "Hatikva", chanté lors du 50è anniversaire de l'Etat.

Mais comme beaucoup d'autres artistes "mizrahi" (orientaux), elle est restée marquée par ses origines. Elle a ainsi interprété plusieurs chants populaires en langue farsi ; mais surtout, angoissée par les risques très sérieux de guerre avec l'Iran, elle a milité aussi pour la Paix : Rita a ainsi été nommée "ambassadrice de bonne volonté" pour son rôle dans le rapprochement entre les peuples iranien et israélien, et elle a même chanté à l'ONU !

Plus d'informations sur sa biographie dans ce lien.

"Shah Doomad" est un air très gai, chanté dans les mariages en Iran. J'adore cette vidéo, pas seulement pour la musique mais à cause de la joie exubérante de Rita, des musiciens et de son petit public, clairement des israéliens d'origine perse comme elle-même ...
On ne fait pas la paix avec de la musique, mais il y a une raison d'espérer : malgré la peur, malgré la propagande du régime, Rita est très connue en Iran où on n'hésite pas à copier et enregistrer ses chansons;

J.C