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01 avril 2012

Mais où est passé Stéphane Hessel ?

Le sourire du mois
- avril 2012


Sourire jaune vu l'actualité récente ... mais ce n'est pas un "poisson" en ce 1er avril: juste l'occasion de cracher notre mépris à cette "grande conscience" encensée par les médias, si bavard malgré son grand âge, et tellement silencieux quand cela l'arrange !

J.C

29 avril 2011

Kadhafi, al-Assad, deux poids deux mesures par Gérard Akoun


Bashar al-Assad utilise la manière forte pour venir à bout de la rébellion qui menace son pouvoir. Après avoir fait quelques promesses de réformes et supprimé l’état de siège qui perdurait depuis près de cinquante ans, il fait donner les tanks et tirer à l’arme lourde sur la population civile, qui continue à manifester à mains nues pour plus de démocratie. On compte plusieurs centaines de morts et des milliers de blessés, mais la condamnation ou - l’indignation - reste très mesurée. On hausse le ton, « la situation est devenue inacceptable, on n’envoie pas, face à des manifestants, des chars » a déclaré mardi dernier Nicolas Sarkozy, mais il n’a pas mis directement en cause Bashar al-Assad comme l’a fait Obama qui a accusé le président syrien de placer « ses intérêts personnels au dessus du peuple syrien » et d’avoir demandé l’aide de l’Iran pour mener la répression ». Difficile, en effet, de critiquer trop durement Bashar al-Assad, après lui avoir déroulé le tapis rouge, en le recevant à Paris et lui avoir offert  la place d’honneur dans la tribune officielle au défilé du 14 juillet 2008. Nicolas Sarkozy rompait ainsi avec la politique d’ostracisme que Jacques Chirac exerçait à l’encontre de son homologue syrien, qu’il soupçonnait, sans doute avec raison, d’être responsable de l’assassinat de Rafic Hariri le Premier ministre libanais. Cette réception s’inscrivait dans l’ambitieux projet d’Union pour la Méditerranée dont Nicolas Sarkozy se voulait l’architecte, en s’appuyant sur Moubarak, Ben Ali, Kadhafi, Bashar al-Assad et quelques autres autocrates ou dictateurs. On sait ce qu’il en est advenu. Aujourd’hui, avec Alain Juppé se met en place une nouvelle politique étrangère, la France n’est plus aux côtés des dictatures, « la France est aux côtés des peuples arabes ». Mais si la France est en pointe dans le soutien aux rebelles libyens et participe à l’éviction de  Kadhafi, elle est plus prudente quand il s’agit de condamner le Président syrien qui n’a, pourtant, rien à envier au Président libyen : il massacre sa population avec autant de sauvagerie ; mais voilà la Syrie, constituée d’une mosaïque de minorités ethnique ou religieuses, se trouve au cœur du Proche Orient, et ses voisins pour des raisons diverses craignent que la chute de Bashar  al-Assad ne déstabilise la région. 
Israël perdrait son meilleur ennemi, il n’y a eu aucun incident de frontière avec la Syrie depuis 1973, le Golan est tranquille ; il y a quand même un hic, elle arme le Hezbollah et le Hamas, mais un nouveau régime n’en ferait il pas autant ? Après tout, Moubarak était le meilleur allié d’Israël, et les dirigeants israéliens auraient bien aimé qu’il restât au pouvoir, alors qu’il laissait se développer en Égypte un antisémitisme officiel et odieux, sans que cela ne les offusque!
L’Irak craint que la minorité alaouite au pouvoir ne soit remplacée par des sunnites, qui pourraient remettre en cause le pouvoir des Chiites en Irak et encourager les Kurdes à prendre leur indépendance, des Kurdes qu’on retrouve aussi en Syrie.
Les Occidentaux, les Américains  craignent les effets dévastateurs de l’instabilité syrienne sur le Liban, même s’il considèrent que cela entraînerait un affaiblissement de l’Iran et un renforcement de l’Arabie Saoudite.
L’Autorité palestinienne pourrait y trouver un avantage, le Hamas serait affaibli, mais en vérité, personne ne souhaite le départ de Bashar El-Assad. Il le sait et il joue là dessus.

Il y a donc très peu de chances pour qu’une intervention, sous les auspices de l’ONU ou de la Ligue Arabe puisse avoir lieu en Syrie, d’autant que la Russie et la Chine y mettraient leur veto.
 Morale et Politique ne font pas bon ménage, on s’en doutait, que des gouvernements réagissent de cette manière n’a rien d’étonnant ; par contre, je suis frappé par le silence des diverses associations ou personnalités promptes à exprimer leur colère, leur condamnation, leur indignation, à aller manifester quand des Palestiniens sont victimes d’exactions provoquées par les Israéliens !!! On cherche vainement le moindre communiqué, c’est le mutisme complet, alors que ces associations et ces personnalités ne sont soumises à aucune obligation de réserve, qu’elles ne sont pas astreintes à  des contraintes de gestion gouvernementale. Combien leur faudra t-il de morts de blessés, pour qu’elles manifestent leur indignation ? Sans vouloir faire de comptabilité macabre, un seul mort et son auteur est déjà condamnable, il y a eu bien plus de victimes civiles en Libye, et le chiffre ne cesse de s’élever en Syrie, qu’à Gaza lors de l’opération « plomb durci ».
L’indignation ne peut pas être sélective, n’est ce pas Monsieur Hessel ?

Gérard Akoun        
Judaïques FM, le 28 avril 2011

30 janvier 2011

A propos de la tribune de Régis Debray et Stéphane Hessel, publiée dans le journal "Le Monde", par Gérard Akoun

Régis Debray et Stéphane Hessel ont publié, une tribune dans le "Monde",daté du 25 janvier, intitulée « une censure indigne », à propos du débat, auquel ils devaient participer, à l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm et dont la tenue a été interdite par sa directrice, Madame Canto Sperber. Cette interdiction a déjà fait couler beaucoup d’encre et des torrents d’indignation dans des milieux  pro palestiniens et  peu susceptibles de sympathie pour l’état d’Israël.

La lecture du "Monde" devrait permettre, aux lecteurs de ce journal, de connaître le témoignage que ces deux anciens normaliens auraient apporté sur la situation à Gaza, devant des étudiants qui ensuite en auraient débattu, pour ou contre, en toute liberté dans la grande tradition de l’École de Sartre et d’Aron. Inutile d’évoquer, dans le détail, l’apologie du Hamas à laquelle se livrent les deux auteurs à l’issue de leur voyage, ils en sont revenus remplis d’admiration,  mais on peut  s’étonner aussi de ce qu’ils n’ont pas voulu y voir - ce qui aurait sans doute obligé Stéphane Hessel à s’indigner -, comme la situation faite aux rares chrétiens qui y demeurent, l’application de la charia et le poids de tous les interdits qui pèsent sur les femmes, et sur des fillettes qu’on marie dés qu’elles ont douze ans. Mais là n’est pas  l’objet principal de ma critique. 

Il devait y avoir  débat, disent ils, mais y a t-il matière à débat quand à la tribune, tous ceux et celles qui vont s’exprimer, Leila Shahid, Elisabeth Guigou, Gisèle Halimi, Daniel Garrigue,  Michel Warschawsky et d’autres encore,  partagent les mêmes opinions ? Et pour seulement rendre compte d’un voyage à Gaza ? C’est  mentir que de l’affirmer,  les intervenants à la tribune étaient là pour soutenir les membres du collectif BDS qui font l’objet de poursuites judiciaires pour  avoir appeler au boycott d’Israël, non seulement  de ses produits alimentaires et industriels  mais aussi de ses artistes, de ses sportifs, de ses universitaires. BDS, ces trois  lettres signifient "Boycott, Désinvestissements, Sanctions". La loi en France interdit le boycott. Tous les orateurs l’ont justifié, place du Panthéon, où les organisateurs s’étaient repliés, après l’interdiction qui leur a été signifiée  de se réunir  rue d’Ulm. 
C’est pour eux,  pensent ils, la meilleure manière de soutenir le peuple palestinien, jusqu’à ce que, c’est dans le texte signé par Hessel et Debray, je cite « finissent par s’imposer les énoncés du droit international, à savoir les résolutions des Nations unies et les conventions de Genève ». C’est à dire, il faut appeler un chat, un chat  qu’Israël soit obligé, par exemple, d’accepter le retour sur son territoire, ramené aux frontières de 1967, de 5 millions de Palestiniens, ce que les Palestiniens qui réfléchissent avec plus de sérieux savent inacceptable pour les Israéliens sauf à se suicider .                                                            
N’a t-on pas entendu Edwy Pléynel, le directeur de Média part, qui fait campagne pour le boycott,  inscrire au passif  d’Israël tous les malheurs du monde,  en déclarant au cours de l’émission de Frédéric Taddei, mardi soir sur FR3, je cite : « il y a au cœur du  monde, un cancer qui mine le monde, qui est le refus des droits légitimes du peuple palestinien ».                                                                                                                    

Contrairement à la version que veulent en donner Stéphane Hessel et Régis Debray, la réunion organisée par le collectif BDS  n’avait pas l’intention de  susciter un échange d’idées positif, mais un appel au renforcement de la campagne de boycott de l’État d’Israël.
Il est légitime, en écoutant les partisans du boycott, de douter de leur désir de voir deux états l’un israélien, l’autre palestinien coexister en paix, cette paix qui ne pourra être que le fruit d’un compromis, qui ne satisfera complètement aucun des deux belligérants, mais que les peuples, au delà des discours extrémistes, attendent impatiemment.                          
                                                                                           
Gérard Akoun      
Judaïques FM, le 27 janvier 2011