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10 mai 2015

Daech, Iran, le Moyen-Orient de tous les dangers : Bruno Tertrais sera mon invité le 17 mai

Le Secrétaire d'Etat John Kerry et son homologue iranien Javad Sharif

Retour à l'actualité brûlante pour ma prochaine émission, que j'ai intitulée : "Daesh, Iran, le Moyen-Orient de tous les dangers". C'est vrai que, du point de vue de la sécurité internationale et des risques existentiels pour Israël, la double perspective d'un Califat islamique triomphant, d'une part, et d'un Iran possédant la bombe atomique, d'autre part, sont des cauchemars. En même temps ces deux acteurs s'affrontent directement, dans la grande fracture entre Sunnites et Chiites : et ce qu'on a vu, il y a un mois et demi, avec l'accord cadre de Lausanne sur le nucléaire iranien, découle aussi de choix géopolitiques faits par les Occidentaux, qui espèrent ainsi gérer les deux menaces en même temps. Pour en parler, j'aurai le plaisir d'avoir à nouveau comme invité un des meilleurs spécialistes sur la sécurité internationale, Bruno Tertrais. Pour rappel Bruno Tertrais est maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique, et membre de "l'International Institute for Strategic Studies" de Londres. Ses domaines de spécialisation sont la stratégie américaine, la sécurité au Moyen-Orient en en Asie, et les questions nucléaires. Le menu de cet interview est très riche, aussi je vais partager notre entretien en deux parties. En première moitié d'émission, on parlera de ce projet d'accord entre les grandes puissances et la République Islamique d'Iran , un projet encore bien nébuleux pour le moment, mais on verra ce qu'il implique, vu des Etats-Unis, vu d'Israël et vu des Etats arabes du Moyen-Orient. Et puis en deuxième partie, on parlera du Daesh ou "Etat islamique", en se limitant à l'aspect militaire de la guerre engagée maintenant par une vaste coalition de pays.

Parmi les questions que je poserai à Bruno Tertrais :

-        A propos de ce fameux accord avec l'Iran, annoncé le 2 avril. Très vite, on a réalisé qu'aucun document n'avait été signé, et qu'il existait plusieurs interprétations des points d'accord : est-ce bien sérieux, comme résultat au bout d'un an et demi des négociations acharnées ? Et est-ce qu'il ne faut pas voir, dans cette annonce finalement prématurée, la marque d'une administration américaine faisant preuve d'amateurisme ?
-        Que pensez-vous de ce qu'a écrit David Horowitz dans le "Times of Israël" sur les points de désaccords qui subsistent : «Les sanctions économiques seront-elles levées par étapes en fonction de la mise en place par l’Iran des accords ou au moment où l’accord sera signé? Ce n’est pas clair. Y-aura-t-il des inspections à tout moment et en tout lieu de tous les sites suspects nucléaires civils et militaires? Ce n’est pas clair. L’Iran sera-t-il contraint de transférer à l’étranger l’essentiel de son stock d’uranium enrichi? Ce n’est pas clair. L’Iran aura-t-il la possibilité de continuer la recherche et le développement sur les centrifugeuses sophistiquées pour accélérer le processus de fabrication d’une bombe? Ce n’est pas clair
-        La République Islamique d'Iran a comme idéologie la destruction de l’État hébreu, et c'est répété continuellement. Or, les Occidentaux n'ont pas exigé de l'Iran qu'il modifie cette ligne stratégique en reconnaissant le droit à l'existence de ce pays, d'où le sentiment de révolte des Israéliens. Et puis il y a maintenant une autre crainte, c'est que cet accord, s'il est finalisé et entériné par le Conseil de Sécurité de l'ONU, rendra impossible toute action militaire. Qu'en pensez-vous ?
-        Les Etats du Golfe, et en particulier l'Arabie Saoudite, ont exprimé leur inquiétude face à ce qu'ils ressentent comme un renversement d'alliances au Moyen-Orient. Aujourd'hui, l'Iran contrôle indirectement trois capitales arabes par alliés chiites interposés, Bagdad, Damas et Beyrouth. Et, avec l'offensive foudroyante des Houthis chiites au Yémen, il allait prendre le contrôle de ce pays, ce qui a entrainé en réaction la décision de créer une force armée arabe commune, et des bombardements de l'aviation saoudienne sur le Yémen, où il y a eu des milliers de morts en quelques semaines : les États-Unis, eux, laissent faire, et refusent de s'engager, à votre avis pourquoi ?
-        En Irak, on sait que la défection de dizaines d'officiers irakiens sunnites - qui ont rallié le Daech ou fui en abandonnant troupes et matériels -, a permis aux forces de "l'Etat islamique" de récupérer des blindés et des véhicules flambant neuf. Mais on peut relativiser cette impression de force invincible : d'abord, le Daesh a gagné du terrain sur les débris d’États ayant déjà implosé comme l'Irak ou la Syrie, mais il n'a pas pris le pouvoir dans des pays où l'autorité centrale est forte ; ensuite, ils ont eu des revers sur le terrain, les Kurdes ont résisté à Kobané en Syrie ou dans leur zone en Irak ; l'armée irakienne est arrivé à reconquérir Tikrit à la fin mars ; à votre avis, combien de temps peut résister sur le long terme une force militaire qui ne possède ni aviation, ni industrie d'armement, ni alliés pouvant fournir du matériel ou des pièces détachées ?
-        En Syrie, les jeux de chaque acteur ne sont pas clairs : d'abord il semble qu'il n'y ait pas de combats directs entre l'armée syrienne, présente à l'Ouest peuplé du pays, et le Daech qui occupe une vaste zone désertique de part et d'autre de la frontière irakienne ; en fait l'Etat islamique semble plutôt passer son temps à attaquer les autres groupes rebelles ; pendant ce temps là, d'autres groupes armés djihadistes, comme le Front Al Nosra, ont marqué des points dernièrement en occupant la frontière avec la Jordanie et la ville d'Idlib. Or Israël voit tout cela de façon détachée, comme s'il n'était pas concerné, et en fait il n'est intervenu que contre les transferts d'armes vers le Hezbollah : qu'en pensez-vous ?

Des sujets passionnants ... et j'espère que vous serez nombreux à l'écoute !

J.C