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24 juin 2012

L'autonomie de la Kabylie, utopie ou projet politique ? Lyazid Abid sera mon invité le 1er juillet



Nous allons à nouveau parler de l'Algérie, mais cette fois-ci il ne sera pas question du passé comme pour la dernière émission, mais du présent et peut-être du futur du pays, puisque nous allons évoquer la question kabyle, et nous allons le faire avec un invité exceptionnel, Monsieur Lyazid Abid. Lyazid Abid vit en exil en Europe depuis 1994, et il est très engagé politiquement puisqu'il est le Ministre chargé des relations internationales au sein du "Gouvernement provisoire kabyle", qui a été créé dernièrement par le "Mouvement pour l'autonomie de la Kabylie" (M.A.K), formation bien sûr totalement hors la loi en Algérie. Alors pourquoi cette interview, et pourquoi maintenant ? D'abord, comme le savent tous ceux qui suivent ma série, j'ai toujours été attentif au sort des minorités dans le monde musulman, mais nous avons surtout parlé ces dernières années de celles du Moyen-Orient, oubliant un peu les Berbères d'Afrique du Nord qui luttent pour défendre leur identité culturelle ; c'est ainsi que ma dernière émission consacrée aux Kabyles remontait à décembre 2003, et il était temps d'en reparler ! Ensuite, et bien l'actualité s'est accélérée ces dernières semaines, avec deux évènements bien différents. D'abord au Mali - et nous en avions parlé lors d'une émission consacrée à l'Afrique au mois d'avril -, il y a eu la sécession du Nord du pays, et la proclamation par les Touaregs de ce qui a été présenté comme le premier état berbère du Monde", l'Azawad. Et puis à propos du M.A.K, qui sera représenté à notre micro, il y a eu et cela intéressera les auditeurs de la fréquence juive, ce voyage en Israël du leader, Ferrhat Mehenni, il y a quelques semaines : Lyazid Abid l'a accompagné là-bas, et nous serons bien sûr très curieux de ses impressions.

Parmi les questions que je poserai à mon invité :

- La Kabylie c'est d'abord une région du Nord Est de l'Algérie, en gros les Willaya de Béjaïa et de Tizi Ouzou plus quelques territoires limitrophes ; une superficie d'environ 250.000 km2 et 6 millions et demi d'habitants ; c'est une terre agricole, assez pauvre, le taux de chômage y est de 25 %, et la majorité de la population active vit déracinée, soit à Alger, soit dans l'immigration et en particulier en France : pourquoi le projet du M.A.K va-t-il au delà des revendications culturelles et linguistiques, qui ont motivé les révoltes depuis le printemps berbère en 1980, jusqu'aux émeutes du printemps 2001 ? Et ensuite, compte-tenu de la dispersion démographique et de la situation économique, une autonomie de la Kabylie n'est-elle pas un projet utopique ?

- Il faut rappeler aussi que beaucoup de dirigeants du F.L.N étaient kabyles : parmi eux, Hocine Aït Ahmed, qui se rebella dès le lendemain de l'indépendance et qui fut vaincu, avant de diriger le parti F.F.S - Front des Forces Socialistes - qui est toujours dans l'opposition ; et puis, dans la génération suivante, il y a le Docteur Saïd Sadi qui a fondé le "Rassemblement pour la culture et la démocratie". Ces deux partis sont légalistes, et ne mettent pas en cause l'unité du pays. Quels sont vos rapports avec eux ?

- Votre voyage en Israël était très courageux, car cela a donné aux autorités algériennes et à la presse du pays l'occasion d'attaquer votre mouvement de façon virulente, vous avez été accusés de traitrise, de collaboration avec les "sionistes", etc. : premièrement, pourquoi cette hostilité permanente, butée et obsessionnelle de tous les pouvoirs algériens contre Israël, contrairement par exemple à l'attitude plus mesurée du Maroc ? Deuxièmement, pourquoi votre projet de voyage ? Et troisièmement, qui avez vous rencontré sur place et quelles ont été vos impressions sur ce pays, détesté à la fois par les panarabistes et par les islamistes ?

- Il y a eu la proclamation de "l'état de l'Azawad" par les rebelles touaregs au Nord du Mali, et on a pu noter tout de suite le soutien des sites militants amazighs, algériens ou autres, qui y ont vu l'avènement historique du premier état berbère moderne. Pourtant, cette indépendance n'est pas reconnue par la communauté internationale. Et, surtout, on craint l'influence des djihadistes, qui sont en fait présents sur le terrain à travers, d'une part de l'AQMI - c'est à dire Al-Qaïda -, mais d'autre part d'une milice, à la fois touareg et islamiste, "l'Ansar Dine" : qu'en pensez-vous ?

Des sujets rarement abordés dans mon émission ... j'espère donc que vous serez nombreux à l'écoute dimanche prochain !

J.C