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09 septembre 2016

Cazeneuve précise les contours de la Fondation pour l’islam de France



Le gouvernement doit s’illustrer, lundi 29 août, dans ce qu’il nomme l’élaboration d’un « islam de France ». Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, va procéder à une série de « consultations » auprès de membres du Conseil français du culte musulman (CFCM) mais aussi de « personnalités de la société civile » et de parlementaires, alors que la polémique sur le « burkini » a monopolisé le débat politique ces dernières semaines.

La mise sur pied, d’ici au mois de novembre, de deux institutions sera au cœur de ces discussions  : une Fondation pour l’islam de France, à visée culturelle, et une seconde à visée cultuelle. L’idée d’une Fondation des œuvres de l’islam remonte à 2005 et avait été lancée par l’ancien premier ministre Dominique de Villepin ; elle était restée lettre morte.
 « Cette journée constitue une nouvelle étape (...) pour réussir la construction d’un islam de France dans le respect des valeurs de la République », a redit M. Cazeneuve dans un entretien, lundi, au journal La Croix. En juin 2015, le ministère de l’intérieur avait annoncé une réflexion sur une nouvelle structure lors de la première réunion de l’instance de dialogue avec l’islam.

Budget de plusieurs millions

La première fondation, qui doit être présidée par l’ancien ministre de l’intérieur Jean-Pierre Chevènement, « a vocation à soutenir des projets, dans les domaines de l’éducation, de la culture, de l’engagement des jeunes, a détaillé M. Cazeneuve. Elle pourra prendre en charge la formation profane des imams, le développement de la recherche en islamologie, être un acteur d’une meilleure connaissance de l’islam à travers ses productions littéraires et artistiques ».
Elle a été pensée sur le modèle de fondations d’utilité publique déjà existantes comme celle du judaïsme français, du protestantisme ou encore la fondation Notre-Dame, qui ont des budgets de plusieurs dizaines de millions d’euros.
La Fondation pour l’islam de France va, elle, partir sur une base plus modeste. Des entreprises privées ainsi que des personnes physiques désireuses d’opportunités de défiscalisation ont vocation a être approchées. En attendant, l’Etat abondera à son capital à hauteur d’environ un million d’euros, précise l’entourage de Bernard Cazeneuve. De même, la dotation non employée d’un million d’euros faite par l’industriel Serge Dassaut à l’ancienne structure de M. de Villepin lui sera transférée.
Un directeur général sera nommé aux côtés de M. Chevènement. « Il ou elle sera musulman », précise Anouar Kbibech, président du CFCM. Le choix de Jean-Pierre Chevènement, 77 ans et non musulman, a suscité une incompréhension, redoublée lorsque, dans un entretien au Parisien, le 15 août, et en pleine polémique sur le burkini, M. Chevènement a invité les musulmans à « la discrétion » dans l’espace public « dans cette période difficile ».
« Tout sera mal perçu, quoi que je dise dans un sens ou dans un autre, a dit l’intéressé dans un entretien à l’Agence France-Presse dimanche 28 août. Il n’y a que des coups à prendre, aucun bénéfice personnel à escompter . Mais en même temps, cette mission est nécessaire : faire un islam de France, c’est une cause nationale qui devrait réunir la gauche et la droite. »
Le succès de l’initiative actuelle dépend des fonds récoltés mais aussi de la crédibilité dont elle jouiera aux yeux des Français musulmans, pour beaucoup réfractaires à l’image d’un islam piloté par les autorités publiques ou les Etats d’origine. « Il y a un mouvement qui a vocation à monter en puissance et à devenir légitime et attractif », souhaite un conseiller du ministre de l’intérieur. « Cette nouvelle structure sera le pont entre la République et les musulmans de France », vise M. Cazeneuve.

« Elites de salon »

Pas sûr que le casting de la place Beauvau honore cette ambitieuse promesse. Le conseil d’administration de la nouvelle institution comptera onze membres dont trois représentants des ministères de l’intérieur, de la culture et de l’éducation nationale, le président du CFCM, deux membres d’un « comité des donateurs » et cinq personnalités qualifiées. Il s’agit, en plus de Jean-Pierre Chevènement, de l’islamologue réformateur Ghaleb Bencheikh, de l’écrivain marocain Tahar Ben Jelloun, du recteur de la mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, et de la cadre supérieure Najoua Arduini-Elatfani, qui a présidé le Club XXIe siècle, un lobby agrégeant des personnalités issues de la « diversité ».
« C’est un peu les mêmes élites de salon qui gravitent autour du ministère de l’intérieur depuis des années et qui sont dans du politiquement correct, critique ainsi Sihem Zine, militante et présidente de l’association Action droit des musulmans. Le ministère a peur de sa jeunesse. Il préfère s’entourer de personnes qui parlent le même langage de peur d’être froissé par des idées différentes ».
Adossée à cette fondation, une autre structure doit être mise sur pied, sans que l’Etat soit cette fois partie prenante, pour financer la construction ou la réfection de lieux de culte et la formation théologique des imams. Actuellement, près de 15% des financements de mosquées en France proviennent de l’étranger, d’après le ministère de l’intérieur. La future association cultuelle ne recevra pas de fonds de l’étranger, souhaite la place Beauvau. « On s’oriente vers un financement exclusivement français qui viendra à la fois de mécènes et qui pourra gérer la collecte de la redevance halal sur laquelle on avance », détaille M. Kbibech. Cette redevance sera « une contribution – volontaire et négociée – des acteurs de la filière halal », précise M. Cazeneuve à La Croix.

Des diplômes universitaires d’islamologie

Par ailleurs, si le gouvernement n’a pas le droit de s’immiscer dans la formation théologique des cadres religieux, il compte bien remédier au fait que la majorité de ceux qui officient en France sont formés à l’étranger. Des diplômes universitaires d’islamologie centrés sur la langue, la littérature et l’histoire, sont en germe, qui seraient proposés en partenariat avec les rares instituts privés de formation des imams sur le territoire, tels que celui de la grande mosquée de Paris ou celui de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF). « Il faut organiser cette offre », précise l’entourage de Bernard Cazeneuve qui a demandé au secrétaire d’Etat à l’enseignement et à la recherche, Thierry Mandon, de constituer un groupe de travail qui rendra un rapport  « avant le mois de décembre ». « On est au maximum de ce que l’Etat peut et doit faire pour davantage de formation d’imams en France ».
Interrogé sur les conséquences de la décision du Conseil d’Etat qui, vendredi 26 août, a cassé un arrêté antiburkini, et tandis que la droite appelle à l’adoption d’une loi, le ministre de l’intérieur a rappelé dans La Croix que le gouvernement « refuse de légiférer sur ce sujet car une loi serait inconstitutionnelle, inefficace et de nature à susciter des antagonismes et d’irréparables tensions ».

Julia Pascual
Le Monde, 29 août 2016

07 septembre 2016

La Turquie après l'échec du coup d'Etat : Dorothée Schmid sera notre invitée le 11 septembre

Après l'échec du putsch, Istanbul le 16 juillet 2016

J'ai choisi pour cette émission de la rentrée que l'on parle à nouveau de la Turquie, cette grande puissance incontournable du Moyen-Orient qui vit une période bien tourmentée : terrorisme de diverses origines qui a fait plus de 300 tués depuis l'été 2015 ; tentative de coup d'Etat le 15 juillet dernier, qui reste bien mystérieuse et qui a entrainé une répression sans précédent ; zig-zag diplomatiques difficiles à interpréter, vis à vis des Etats-Unis, de la Russie, d'Israël et des autres pays de la région ; intervention militaire directe en territoire syrien ; bref il était temps de faire le point, avec un invité qualifié pour en parler, et nous aurons le plaisir d'entendre à nouveau Dorothée Schmid. Nos auditeurs commencent à bien la connaitre, car j'ai eu le plaisir de la recevoir à plusieurs reprises. Pour rappel, elle est un des meilleurs spécialistes français pour les affaires turques, responsable du programme « Turquie contemporaine » à l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI). Et, grâce aux colloques qu'elle a organisés, j'ai eu la chance d'assister à plusieurs débats et conférences sur ce pays, que j'évoquerai dans notre entretien.

Parmi les questions que je poserai à Dorothée Schmid :

-        A propos de ce putsch raté, on a vu circuler tout de suite des théories du complot, disant que c'était un coup monté pour permettre au régime la féroce répression qui a suivi. Il y avait en effet plusieurs éléments troublants : qu'en pensez-vous ?
-        L'origine de cette tentative de coup d'Etat a été presque immédiatement désignée par le régime : ce serait la mouvance islamiste rivale de l'AKP, le mouvement "Hizmet" du prédicateur Fetulah Gülen qui vit en exil aux Etats-Unis. Dans une longue tribune libre publiée par le journal "Le Monde" le 11 août dernier, ce dernier proteste vivement contre ces accusations : que pensez-vous de cette accusation ?
-         Dorothée Schmid, quel est à votre avis l'état actuel de l'opinion turque ? Après le choc du coup d'Etat raté, il y a eu, clairement, une union politique de tous les partis qui refusaient le retour à l'époque ancienne où la démocratie était confisquée périodiquement par les militaires : mais cela va-t-il durer, et est-ce qu'on ne risque pas d'avoir, en boomerang, la révolte des victimes de la répression ?
-        Ce coup d'Etat manqué semble aussi avoir eu des conséquences sur la politique extérieure de la Turquie. D'un côté, alors qu'on avait vécu une crise très grave avec la Russie avec l'affaire de l'avion abattu à la frontière syrienne en novembre 2015, le Président Recep Tayyip Erdogan a rencontré Vladimir Poutine. D'un autre côté, il y a un refroidissement avec les États-Unis avec la demande d'extradition de Fetullah Gülen : à votre avis, cela peut-il aller jusqu'à un renversement d'alliance, la Turquie finissant pas quitter l'OTAN ?
-        Quel sera l'impact de ces évènements sur les relations avec l'Union Européenne ? On a lu un peu n'importe quoi l'année dernière, suite à la crise des réfugiés syriens, par exemple que la chancelière allemande Angela Merkel avait monnayé la coopération turque sur ce dossier contre une entrée dans l'Union : où en est-on un an après ?
-        La Turquie vit, depuis plus de cinq ans, avec la guerre civile syrienne à proximité immédiate. Pendant longtemps, on a accusé le régime turc non seulement de soutenir l'opposition au régime Assad mais d'être quasiment complice du Daech. Les choses semblent avoir évolué, surtout depuis les attentats djihadistes en Turquie même, qui ont fait des centaines de morts. Le Président Erdogan a envoyé son armée en territoire syrien, à la fin du mois d'août : mais qui a-t-il dans le collimateur, est-ce vraiment l’État Islamique, ou plutôt les Kurdes qui occupent le terrain sur sa frontière ?
-        Concernant l'accord de normalisation avec Israël, que vient d'approuver le Parlement d'Ankara : qui, d'après vous, a fait le plus de concessions ? Et, vu de Turquie, quel était l'intérêt à se rapprocher d'un pays, contre lequel l'opinion a quand même été très remontée, surtout dans les médias proches de l'AKP ?

Des sujets vraiment d'actualité, et j'espère que vous serez nombreux à l'écoute !

J.C

05 septembre 2016

Burkini au Conseil d'Etat : le problème n'est pas la laïcité, mais l'islamisme

Catherine Kintzler

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Le Conseil d'Etat a suspendu ce vendredi un arrêté «anti-burkini». Pour Catherine Kintzler, il ne s'agit pas d'une question juridique liée à la laïcité, mais d'une question davantage politique liée à l'acceptation (ou non) du communautarisme islamiste.

Philosophe, spécialiste de la laïcité, Catherine Kintzler est professeur émérite de l'Université Lille-III et vice-présidente de la Société française de philosophie. Elle est notamment l'auteur de Penser la laïcité (éd. Minerve, 2015) et anime le site internet Mezetulle.

FIGAROVOX. - Suspendu ce vendredi par le Conseil d'Etat, l'un des arrêtés «antiburkini» portait sur l'interdiction de l'accès à la baignade «à toute personne ne disposant pas d'une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et du principe de laïcité». Si le burkini pose vraiment un problème de laïcité, faut-il interdire également les soutanes ou les kippas?

Catherine KINTZLER. - Je ne suis pas juriste, mais tout le monde sait que le principe de laïcité au sens strict vaut pour ce qu'il est convenu d'appeler «la sphère publique». Par exemple, un fonctionnaire ne peut pas porter un signe religieux lorsqu'il est en fonction, un local administratif ne peut afficher aucun signe religieux, un magistrat ne peut pas invoquer un motif religieux dans ses interventions publiques. En 2004, devant les nombreux problèmes posés par des affichages très visibles et générateurs de conflits, la loi a étendu l'exigence de neutralité aux élèves de l'école publique en leur interdisant le port de signes religieux ostentatoires dans les établissements - on pourrait d'ailleurs penser à le faire à l'université dans les situations d'enseignement, comme l'avait suggéré le naguère le HCI.
Qu'on ait affaire à une « fausse question laïque » ne veut pas dire que ce «burkini» ne soulève aucun problème.
Mais dans les espaces ordinaires accessibles au public (rue, transports, etc.), l'expression des opinions est libre, dans le cadre du droit commun. Donc, je pense que le port du «burkini» sur une plage publique, pas plus que celui d'une soutane ou d'une kippa dans la rue, ne relève d'une question de laïcité: c'est une fausse question laïque. D'ailleurs en 2010, l'interdiction du port de la cagoule dans ces espaces n'est pas fondée sur la laïcité, mais sur un motif de sécurité publique. En revanche, qu'on ait affaire ici à une «fausse question laïque» ne veut pas dire que ce «burkini» ne soulève aucun problème, ni qu'il soit anecdotique.

Le burkini n'est-il pas le signe en revanche d'un communautarisme grandissant au sein de la nation française?

Quand on parle de communautarisme, il faut préciser les choses. Toutes sortes de communautés peuvent s'assembler en république et bénéficier de la législation sur les associations. Le communautarisme social commence lorsqu'un groupe considère qu'il y a obligation d'appartenance, fait pression sur ceux qu'il considère comme «les siens», leur rend la vie impossible s'ils n'adoptent pas une manière de vivre, de se présenter, de parler, de manger, etc. Sur ce terrain, s'installe le communautarisme politique, qui consiste à réclamer des droits et des devoirs spécifiques à tel ou tel groupe.
Plus les manifestations communautaristes se font provocatrices, plus cela témoigne de l'impopularité du communautarisme.
Le port du «burkini», à l'évidence, relève du communautarisme: c'est une tentative de stigmatisation envers toutes celles qui, de confession musulmane, le refusent et refusent le port du voile, refusent l'uniformisation de leur vie.
Faut-il en conclure que le communautarisme a le vent en poupe en France? Je pense l'inverse. Plus les manifestations communautaristes se font provocatrices, plus cela témoigne de l'impopularité du communautarisme. Les réactions très vives au sujet de cette signalétique ségrégationniste montrent pour le moins un malaise à son égard. Nos concitoyens sont extrêmement sensibles à l'attitude communautariste, on l'a vu notamment lors du grand rassemblement du 11 janvier 2015. Ce seuil de sensibilité, loin d'être une forme d'intolérance, est au contraire le signe que nous sommes très attachés à l'unité de la nation, à l'égalité des droits et des devoirs. En France la fraternité vaut entre des individus libres et égaux et non entre des communautés dont certaines pratiquent la ségrégation et l'inégalité.
On a affaire à une tentative de banalisation du totalitarisme islamiste.
D'autre part, il ne suffit pas de ramener le port du «burkini» à un simple geste communautariste au sens social. Cela va bien plus loin et touche le domaine politique: un jalon s'ajoute à tous ceux posés par une version ultra-réactionnaire et totalitaire de l'islam politique depuis une quarantaine d'années. La forte coïncidence chronologique avec les attentats tragiques de ces derniers mois - et tout particulièrement le massacre du 14 juillet à Nice - le situe comme une provocation politique. Laurence Rossignol a raison de parler d'un «étendard»: on est bien au-delà du moment d'expression religieuse! Ce qui compte ici n'est pas un événement isolé, mais la série, sa continuité et sa cohérence. Une fois de plus, dans un contexte aggravé, on a affaire à une tentative de banalisation du totalitarisme islamiste. Ce «burkini» est très récent, personne ne s'y trompe - on se demande même ce que les islamo-totalitaires vont encore inventer pour pourrir la vie des gens.

Le burkini n'est-il pas également une gageure vis-à-vis des femmes? Ne porte-t-il pas atteinte à l'égalité de l'homme et de la femme? En même temps, que répondre à l'argument «libéral» des femmes qui rappellent qu'elle le porte librement?

La banalisation du totalitarisme islamiste s'affirme le plus souvent par un contrôle du corps des femmes, par l'accoutumance insidieuse à une forme de «moralité» qui se présente comme quelque chose d'ordinaire, de «normal» et qui de ce fait tend à particulariser et à montrer du doigt celles qui ne s'y plient pas... Cette férocité est véritablement obscène: elle est une forme d'assignation, de harcèlement. Il ne faut pas inverser les choses: ce sont les femmes de culture musulmane refusant cette uniformisation étouffante qui subissent la stigmatisation. Et au-delà d'elles, par elles, toutes les femmes sont visées.

Que faire si les interdictions de burkini ne sont pas une solution? Est-ce un combat de nature quasi-idéologique qu'il faut mener?

Il s'agit bien d'un combat idéologique et politique au sens où la conception de la cité est engagée. Ce combat implique un devoir de réprobation publique.
Le motif de trouble avéré à l'ordre public peut parfois être avancé, mais cela ne peut être que ponctuel et temporaire. Il s'agit bien d'un combat idéologique et politique au sens où la conception de la cité est engagée.
Je pense que ce combat implique un devoir de réprobation publique, dans le cadre et les limites du droit commun bien sûr. Minimiser ces accoutrements revient à les soutenir, contribue à les imposer, à les rendre ordinaires, et donc à accoutumer un totalitarisme. Non, il faut que cela reste extra-ordinaire. Faire en sorte que la manifestation publique de ces marquages soit soulignée, questionnée, critiquée, expliquée dans sa signification politique. Faire en sorte que cela ne soit pas inclus dans le paysage, que ces affichages restent «remarquables» et remarqués. On peut les tolérer et exprimer sa réprobation en disant toute l'horreur qu'ils inspirent. La loi ne les interdit pas: mais ce n'est pas pour cela qu'ils doivent devenir une norme.
Si ne pas porter de voile, si porter une jupe courte, si porter un maillot deux-pièces, si s'attabler seule à la terrasse d'un café, si tout cela devient pour certaines femmes un acte d'héroïsme social, c'est qu'on a déjà accepté que cela le devienne pour toutes, c'est qu'on a déjà accepté de ne pas faire attention aux signaux envoyés par un totalitarisme féroce: c'est l'inverse qui devrait être «normal».

Alexis Feertchak,

Le Figaro, le 26 août 2016

Retour, et quelques décisions



Bonjour aux fidèles lecteurs de retour sur le blog !

De retour à la barre après trois semaines de vraies vacances, certes non exotiques mais qui m'ont vraiment fait du bien. Les ami(e)s qui me suivent sur Facebook le savent déjà, je suis passé par des épreuves me donnant envie, à la fois de me reposer dans l'immédiat mais surtout de prendre un peu plus de recul pour l'avenir : cela passera, petit à petit, par l'abandon de fonctions multiples qui me font souvent douter d'être à la retraite ; cela passera, aussi, par le choix de publier "moins et mieux"(trois nouveautés maximum par semaine sur le blog, mais plus d'articles originaux sur les médias qui m'accueillent, et dont je donnerai les liens ici).

Première mise en pratique de ces bonnes décisions : après l'horreur de l'attentat de Nice, le mois d'août aura vu un étrange sujet en tête de gondole sur nos médias, celui du Burkini. Je ne reviendrai pas sur ce feuilleton, ne pensant pas apporter plus de valeur ajoutée après tant d'arguments et de contre arguments. Mais, dix jours après la fameuse décision du Conseil d’État, je me limiterai à reprendre ici et à la suite, un entretien publié par le "Figaro", et où s'exprime Catherine Kintzler, philosophe, spécialiste de la laïcité. Un seul commentaire : je me reconnais tout à fait dans ses propos.

Merci pour votre fidélité, et bon retour sur mon blog.

J.C