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03 janvier 2017

Bye-bye 2016 ... et un coup d'oeil dans le rétroviseur



Grand classique au moment d’entamer l’année nouvelle, et que connaissent bien mes lecteurs fidèles : vous inviter à jeter un petit coup d'œil dans le rétroviseur, en dressant le bilan de l'année précédente pour ma série radiophonique. Vous en avez une édition complète en cliquant sur le lien situé à droite de la page, sous le répertoire "Invités et émissions", à l'année 2016. Vous pouvez aussi ouvrir ces liens à partir de la série de photos alignées verticalement, en bas de la page colonne de gauche : ce sont celles de tous les invités de l'an passé.

En voici donc une petite synthèse.

1. 19 nouvelles émissions au total, un "score" identique à celui de 2015 et dans la moyenne des années précédentes. Toujours le dimanche matin avec le même rythme bimensuel auquel vous êtes habitués, modulo la période des congés.

2. 2016 a été particulièrement riche en nouveaux invités,  12 l'année dernière. En voici la liste, par ordre de diffusion : Roland Burrus, Isabelle Kersimon, Gérard Fellous, Simon Skira, Hamdam Nadafi, Philippe Cohen, Deborah Harros Goldman, Jean-Paul Fhima, Samy Bochner, Lamia Ait El Haj, Robert Alaux, Nahro Bet-Kinne. A tous un grand merci, en espérant avoir le plaisir de les recevoir à nouveau !

3. "Rencontre" a ses "invités réguliers", et en général tous ceux qui sont venus sur mon plateau souhaitent y revenir : remercions donc ici Pierre Vermeren, historien spécialiste du Maghreb ; Marc Knobel, directeur des études du CRIF ; Geneviève Chauvel, historienne et romancière ; Dorothée Schmidt, chercheur à l'Institut Français des Relations Internationales ; Benjamin Stora, historien spécialiste de l'Algérie ; Chérif Amir, égyptien, docteur en géopolitique ; et Bernard Allali, historien spécialiste de la Tunisie. Beaucoup d'entre eux sont devenus des amis, au fil des années, et ce fut un plaisir pour moi de les avoir à nouveau sur mon plateau.

4. Contrairement à 2015 - je le déplorais dans mon bilan il y a un an - cette fois un grand nombre d'invités, nouveaux ou non, ont parlé de leurs dernier livre. Vous pourrez accéder directement à leur présentation en cliquant sur les nouvelles couvertures ajoutées sur la page d'accueil. Citons les, par ordre d'émission : "Le choc des décolonisations" ; "L'indifférence à la haine" ; "Islamophobie, la contre-enquête" ; "A la recherche d'un islam de France" ; "Les cavaliers d'Allah" ; "Iconoclastie du Moyen-Orient" ; "Ulcère" ; "C'était hier en Algérie". En parcourant ces huit titres, je réalise après coup la grande variété des ouvrages dont nous avons parlé : enquêtes ; compilation d'articles ; album de photographies anciennes ; roman ; livres historiques, de styles très différents ... un éclectisme bien à l'image de "Rencontre" !

5. Je suis heureux que nous ayons pu, au travers de quelques émissions, évoquer notre pays, la France, avec ses fractures, ses défis et parmi eux la place importante des Musulmans dans le paysage national. Marc Knobel a évoqué la haine, si présente en particulier sur Internet, et surtout la terrible "indifférence" qu'il combat au fil de ses publications ; la journaliste Isabelle Kersimon a critiqué le concept "d'islamophobie" et l'utilisation victimaire faite, en particulier, par le CCIF ; ancien Secrétaire général à la Commission nationale consultative des droits de l'homme, Gérard Fellous a expliqué, à partir d'une minutieuse compilation, comment l'islam cherche sa place dans notre pays ; Philippe Coen, avocat international qui promeut le label "Respect zone", a parlé lui aussi de la haine sur Internet et des moyens de la réduire ; et Jean-Paul Fhima a évoqué son noble et difficile métier de professeur d'Histoire.

6. L'Histoire, justement, a été largement présente dans ma série et tout au long de l'année : celle de la décolonisation avec Pierre Vermeren ; celle de la conquête arabe de l'Afrique du Nord avec Geneviève Chauvel ; mais aussi celle d'Israël avec Samy Bochner, engagé dans la coopération franco-isralienne ; sans oublier les Assyriens, dont nous avons évoqué le génocide oublié avec Robert Alaux grand spécialiste du sujet, et Nahro Beth-Kinne, militant associatif en exil.

7. Mais nous n'avons pas laissé de côté le monde musulman, celui d'aujourd'hui. Là encore, c'est en parcourant les numéros de "Rencontre" pour 2016, que je découvre une vraie cohérence dans les sujets : en fait, c'est des victimes que nous avons essentiellement parlé, en une période sinistre toujours dominée par les crimes de l'Etat islamique et de ses alliés : Réfugiés syriens au Liban, avec Roland Burrus, revenu d'une mission pour l'ONG "Relief and reconciliation for Syria" ; Baha'is d'Iran avec Hamdam Nadafi, qui milite en France pour dénoncer leur persécution ; Yézidis avec Deborah Harros Goldman, qui travaille à leur sauvetage auprès de Steve Maman ; et - même s'il s'agit plus d'une oppression que d'une tragédie -, sort des Femmes au Maroc avec Lamia Aït El Haj; jeune et douée écrivain dans une - presque - autobiographie.

8. Cela ne m'a pas fait oublier d'évoquer l'actualité politique du Moyen-Orient, même si les sujets abordés ont été moins nombreux que l'année dernière : la Turquie, avec Dorothée Schmid ; et l'Egypte avec Chérif Amir, deux invités maintenant bien connus de mes auditeurs.

9. Enfin, et même si ma thématique reste le monde musulman, il était tout à fait naturel d'évoquer sur la fréquence juive trois communautés, totalement disparues ou en voie d'extinction. C'est ainsi que nous avons parlé avec Simon Skira du départ des Juifs du Maroc, à partir d'un film documentaire qu'il a co-produit ; avec Benjamin Stora des Juifs d'Algérie, en feuilletant ensemble son album de photographies anciennes  ; et avec Bernard Allali de la mémoire des Juifs en Tunisie, à partir de son travail récent dans ce pays.

Merci aux auditeurs qui me liront pour votre fidélité ; et en espérant ne pas vous décevoir en 2017, à nouveau mes meilleurs vœux à toutes et tous.

Jean Corcos

11 décembre 2016

Les Juifs, une mémoire effacée en Tunisie ? Bernard Allali sera mon invité le 18 décembre

Bernard Allali (à gauche) dans le cimetière juif de Sfax

Lors d'une récente émission, nous avions évoqué avec Benjamin Stora le passé d'une communauté juive disparue, celle d'Algérie. Et dimanche prochain, nous allons évoquer une autre communauté, celle là presque disparue dans la Tunisie voisine, et mon invité sera Bernard Allali. Pour le présenter, je dirai que nous nous connaissons depuis plus de 30 ans, que avons à peu près le même âge, que nous partageons depuis des décennies la même passion pour l'histoire et la culture du peuple juif, mais que en ce qui le concerne, c'est la mémoire et le patrimoine des Juifs tunisiens qui a été la grande passion de sa vie, cette communauté dispersée qui fut la notre à tous les deux. Collectionneur éclairé de tous les documents possibles sur le sujet - photos, cartes postales, journaux, estampes -, il est le président et fondateur de l'ATPJT, "Association des Arts et Traditions Populaires des Juifs de Tunisie" ; il a réalisé plusieurs expositions, et il a écrit un album très original sur ce sujet jamais épuisé ; mais surtout, et alors que le contexte politique éloigne de façon drastique les originaires du pays, il y est retourné ces dernières années pour des projets bien précis dont il va nous parler. En fait, le sujet de cette émission n'est pas vraiment "notre mémoire à nous", mais celle de la population tunisienne : "Les Juifs, une mémoire effacée en Tunisie ?", tel est le titre que j'ai donc choisi. Et nous verrons ensemble si, à partir de tout ce qui reste de cette minorité, des vieilles photographies d'une part, quelques synagogues et des cimetières abandonnés d'autre part, on peut empêcher cet effacement sur place.

Parmi les questions que je poserai à Bernard Allali :

-        A propos de manifestations récentes, ici à Paris : en 2014, la présentation du livre "Les Juifs de Tunisie, un autre regard", un album de plus de 300 pages dont l'iconographie est le reflet commenté de ta collection personnelle ; l'exposition "Les costumes juifs en Tunisie", en juin dernier à la Mairie du 3è arrondissement ; dans la même période, une conférence donnée sur la "dhimmitude"  : est-ce que des représentants diplomatiques, ou culturels du gouvernement tunisien sont venus à ces occasions ?
-        Au mois de mai 2014, dans le cadre du pèlerinage annuel à la Ghriba de Djerba, tu as présenté tes collections, en évoquant  "Les Juifs de Djerba et de l'intérieur" : as-tu eu un soutien officiel du gouvernement tunisien ? Y a-t-il eu beaucoup de visiteurs musulmans ?
-       Ta dernière exposition a été présentée du 20 au 27 juillet dernier dans  la Médina de Tunis, elle s'appelait "El Hara", nom du ghetto juif de Tunis rasé peu après l'Indépendance. As-tu eu un public nombreux, et surtout est-ce que cela a intéressé des jeunes, des intellectuels, des étudiants ? Quelle a été la couverture médiatique ?
-       On se pose plusieurs questions à propos des cimetières juifs de Tunisie : d'abord, on sait que le commandement religieux absolu est de laisser en place les corps inhumés ; mais comme d'une part, il n'y a plus de communautés sur place pour y veiller, et comme certains ont été rasés, la seule solution est de regrouper de façon décente les ossements dans des endroits sûrs. Y a-t-il des projets pour cela ? Pour les cimetières comme ceux de Sfax ou du Borgel, qui peut payer pour l'entretien des sépultures, et surtout trouve-t-on des Tunisiens prêts à le faire moyennant finance ?
-        Tu étais cet automne à Sfax, où tu as fait un travail assez fabuleux puisque vous avez nettoyé toutes les tombes, pris des photos et établi une véritable cartographie du cimetière juif. En dehors de l'aspect "mitzvah" - car c'en est une de redonner un minimum de dignité à des sépultures - quel est l'intérêt de faire un tel travail ?
-        Les informations récentes n'incitent pas à l'optimisme : à Sfax, par exemple, la grande synagogue est abandonnée après voir été vandalisée,; à La Goulette, le dernier restaurant casher, "Mamie Lily" de Gilles Jacob Lellouche a fermé ses portes, suite à des menaces : quelles sont les synagogues qui restent ouvertes ? Et, en dehors des discours officiels des Autorités, la population est-elle indifférente à l'extinction progressive de cette minorité ?

Je suis sûr que parmi mes auditeurs fidèles, les "Tunes" seront particulièrement intéressés par cette émission. Et j'espère que de nombreux autres nous écouteront aussi !

J.C

27 novembre 2016

L'Egypte dans un Moyen-Orient en ébullition : Chérif Amir sera notre invité le 4 décembre

Le Président égyptien, en visite surprise à ses troupes dans le Nord Sinaï, 
4 juillet 2015

Retour à l'actualité avec ma prochaine émission : j'ai en effet intitulé ce numéro de "Rencontre", "L'Egypte dans un Moyen-Orient en ébullition". Mon invité sera Chérif Amir. Mes auditeurs fidèles le connaissent un peu, la dernière fois que je l'avais reçu il venait de publier un ouvrage très intéressant, "Histoire secrète des Frères Musulmans", aux éditions Ellipses. Rappelons qu'il est égyptien, et docteur en géopolitique de l'Université Paris VIII. Passionné par l'actualité, et bien sensible aux menaces de l'islam politique, il présente ses analyses sur un site (adresse : "cherifamir.com"). Il donne aussi régulièrement des interviews en langue française sur la chaine égyptienne "Nile TV". Alors bien sûr les évènements se suivent et se bousculent au Moyen-Orient. Même si, depuis le renversement des Frères Musulmans et l'accession au pouvoir du maréchal Abdel Fattah al Sissi en 2014, on a eu l'impression que la situation politique s'était stabilisée, les menaces tant intérieures qu'extérieures demeurent. A quelques centaines de kilomètres se poursuit l'horrible guerre civile en Syrie ; mais il y a aussi une autre guerre dont personne ne parle, au Yémen ; aux frontières de l'Egypte, il y a la Libye, un Etat en décomposition ; mais aussi Israël , avec lequel les relations semblent s'être réchauffées ; les élections présidentielles américaines ont amené au pouvoir un nouveau venu, dont la diplomatie future inquiète beaucoup de monde ; pendant ce temps là, la Russie a fait un grand retour dans la région : bref, beaucoup d'inconnus, beaucoup d'inquiétudes, et nous comptons sur notre invité pour éclairer nos auditeurs. 

Parmi les questions que je poserai à Chérif Amir :

-        A vous lire, j'ai clairement compris que vous vous réjouissiez du retour des Républicains au pouvoir, mais surtout de la défaite d'Hillary Clinton : pourquoi ? et pourquoi à ce que j'ai lu, le Président Sissi a-t-il été le premier Chef d'Etat à féliciter le nouveau locataire de la Maison Blanche ?
-        Autre grande puissance, la Russie, engagée militairement sur le terrain en Syrie, et qui a largement profité du repli américain sous l'administration Obama. Depuis l'attentat du Daech contre un Airbus d'une compagnie russe ayant décollé de Charm El Cheikh, attentat qui a fait 224 tués, tous les vols en provenance de Russie ont été suspendus, ce qui a contribué à ruiner encore plus le tourisme : où en sont les relations entre les deux pays ?
-        Même si, la version saoudienne de l'islam, le wahabbisme, est a priori proche de celle des Frères Musulmans, l'Arabie - qui était à ce moment là en froid avec le Qatar - avait soutenu leur renversement en Egypte, avec une aide économique très importante pour aider votre pays à remonter la pente : or, d'après un article sous la signature du professeur Mozes publié sur le site Memri le 25 octobre, il semble qu'il y ait maintenant un véritable conflit entre Egyptiens et Saoudiens : pourquoi ?
-        Même après la mise hors la Loi des Frères Musulmans, l'influence des dignitaires religieux reste bien entendu déterminante. Or si - avec la pression très forte des Autorités - ils ont bien exprimé des condamnations claires du Daech, on a l'impression que les théories du complot continuent de faire des ravages : ainsi, comme le révélait un article du journal anglais "Telegraph" du 23 février 2015 -, le Cheikh Ahmed Al-Tayeb, grand imam d'Al Azhar, a accusé "le Sionisme" et les Etats-Unis d'être responsables du chaos au Moyen-Orient : qu'en pensez-vous ?
-        Le Président Abel Fattah al Sissi a multiplié les gestes envers la minorité copte si longtemps méprisée, et surtout persécutée par les islamistes militants. Mais j'ai été troublé par la lecture d'un article tout récent publié dans le journal "Le Monde" : intitulé "Le désarroi des Coptes d'Egypte", il nous apprend que les incidents confessionnels se multiplient, en particulier dans la province d'Al Minya. Il y a eu plusieurs agressions de foules en colère, suite à de fausses rumeurs : quelle est la situation actuelle de cette minorité ?

C'est toujours un grand bonheur pour moi que de recevoir un observateur vivant dans un pays arabe, pour partager avec mon auditoire un point de vue qualifié. Nos radios communautaires le font très rarement, c'est pourquoi j'espère vraiment que vous serez nombreux à l'écoute !

J.C

15 novembre 2016

Pas d'émission dimanche prochain



Dimanche prochain, un "radiothon" bousculera les programmes des stations de la fréquence juive de Paris : il sera, comme chaque année, au profit de "L'Appel National pour la Tsedaka".


C'est donc seulement le dimanche 4 décembre que vous entendrez ma prochaine émission.


Rendez-vous donc dans trois semaines, et en attendant ... donnez !




J.C