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14 mai 2015

Un écrivain kurde-irakien : les Palestiniens devraient tendre une main amicale à Israël

Mehdi Majid Abdallah
 (photo afaaq.org)

Dans sa chronique sur le site progressiste Elaph.com, l’écrivain kurde irakien Mehdi Majid Abdallah exhorte les Palestiniens et les Arabes en général à renoncer au terrorisme du Hamas et à tendre une main amicale à Israël. Il écrit que, depuis sa création, Israël est confronté à un terrorisme qualifié de « résistance », et qu’aujourd’hui, il se défend contre le Hamas, qui tire des roquettes sur sa population civile. Il ajoute que c’est le Hamas, et non Israël, qui est responsable de la mort de Palestiniens innocents, tandis qu’Israël procure des soins médicaux à des centaines de milliers de Palestiniens.

Extraits : [1]

Depuis sa fondation à la fin des années 1940, le jeune État d’Israël est confronté à un terrorisme ininterrompu qualifié de « résistance ». Je ne dis pas que tous les Palestiniens sont des terroristes, car certains d’entre eux aiment la vie, préfèrent la culture de la paix et souhaitent vivre en paix et en sécurité aux côtés d’Israël. Je ne sais pas si le Hamas, quand il tire ses roquettes au hasard à l’intérieur des villes israéliennes, pense au fait qu’elles frapperont des femmes et des enfants qui n’ont rien fait de mal, hormis le fait de choisir de vivre dans le pays qui leur a été volé il y a des milliers d’années et qui leur a été aujourd’hui restitué.
[Aujourd'hui] ils veulent construire ce pays, mais le terrorisme palestinien sabote sans arrêt leurs moyens de subsistance, leurs [efforts] de croissance et leur prospérité. Que cela nous plaise ou non, la terre sur laquelle les Palestiniens vivent appartient aux Juifs, et des preuves historiques et religieuses, tant islamiques que non-islamiques, l’établissent. Je ne les présenterai pas ici, mais le lecteur est invité à les rechercher sur Internet et à découvrir de nombreuses preuves de ce que j’avance.
Aujourd’hui, les Palestiniens commencent à comprendre que le Hamas est un grave handicap et un mouvement terroriste. C’est pourquoi nous n’avons pas vu d’opposition palestinienne significative aux décisions internationales et arabes désignant le Hamas comme une organisation terroriste. Le charme de la soi-disant « résistance » s’est terni, après la révélation des actes de ses dirigeants et auteurs, et [à présent] ils ne parviennent plus à convaincre les personnes sensées.
Le dirigeant du Hamas Ismaïl Haniyeh appelle sans cesse à boycotter Israël, à l’éradiquer et le détruire, et exhorte sans relâche les Palestiniens à s’abstenir de maintenir des liens avec lui, dans tous les domaines. Il a même envoyé des milliers de jeunes Palestiniens mourir [pour cette cause]. Mais quand sa sœur, sa fille et plusieurs autres membres de sa famille sont tombés malades, les uns après les autres, nous l’avons immédiatement vu les envoyer dans les meilleurs hôpitaux de Tel-Aviv, où ils ont reçu un traitement avant d’être renvoyés à Gaza, sains et saufs. Pourquoi [ont-ils été renvoyés indemnes] ? Si Israël était [vraiment] un assassin de femmes et d’enfants palestiniens, ce que les médias arabes soutiennent à tort, il aurait considéré les proches de Haniyeh comme des proies de choix. Si Israël avait [vraiment] voulu exterminer les Palestiniens, ce que les Arabes et les musulmans prétendent à tort, pourquoi n’a-t-il pas fait tuer ou violer la sœur et la fille de Haniyeh ?
Au lieu de [prendre] les fonds donnés au peuple palestinien et les remettre aux pauvres et aux nécessiteux, le Hamas et d’autres mouvements de Gaza se hâtent [de les investir dans] la construction de tunnels et de passages secrets à des fins terroristes.
Selon un rapport de l’ONU, en 2008, Israël, qui est accusé par les Palestiniens d’assassiner des enfants innocents, a procuré des soins médicaux à 144 838 Palestiniens. En 2009, ce chiffre a augmenté de 20 %, pour atteindre 172 863, en 2010, il a atteint 175 151, en 2011, il a augmenté de 13 %, pour atteindre 197 713, et en 2012 il a atteint 210 469. Je me demande si un quelconque pays arabe ferait la même chose pour les Israéliens ?
Les femmes et les enfants palestiniens tués dans la guerre défensive de l’armée israélienne contre le Hamas n’ont pas été tués délibérément. Ce sont des dommages collatéraux, car n’importe quelle guerre fait des victimes innocentes. Israël le sait bien, comme en témoigne le fait qu’après chaque opération militaire défensive, il s’excuse pour la [mort] de victimes innocentes et indemnise les familles moralement et financièrement. Sans les actions inconsidérées du Hamas, qui tire constamment des roquettes sur de vastes régions d’Israël, [où vit une population] pacifique, il n’y aurait eu aucune victime innocente, car les actions d’Israël sont dirigées contre les terroristes.
Il est temps que les Arabes, les musulmans et les Palestiniens, qui sont dupés et drogués de faux slogans sans fondement, se réveillent et tendent une main amicale à Israël, afin que la paix et la sécurité règnent et que tout le monde puisse vivre en paix. Chaque Palestinien honnête devrait s’opposer au Hamas et à son terrorisme contre Israël. Si les Palestiniens veulent éviter d’être blessés par des tirs israéliens, ils doivent empêcher le Hamas d’utiliser leurs maisons, les mosquées et les écoles [comme bases] pour lancer ses roquettes terroristes sur Israël.

Note :
[1] Elaph.com, le 4 décembre 2014.

Source : Memri
28 avril 2015

12 mai 2015

Ici Tunis - Yamina Thabet : "Dénoncer tous les racismes, toutes les discriminations"

Yamina Thabet

Portrait. Cette étudiante en médecine de 25 ans envisage, avec son association, de défendre ses revendications devant l’Assemblée des représentants du peuple.

Un peu plus d’un an après la mise en application de la Constitution, offrant la liberté de conscience aux citoyens tunisiens, Yamina Thabet dénonce, avec son association, tous les racismes et les discriminations. Un véritable combat de titan, dans lequel elle s’est lancée avec passion et volonté…

Un combat de titan

À seulement 25 ans, Yamina Thabet ne tient pas en place. Entre ses gardes à l’hôpital – elle est étudiante en médecine – et son combat avec l'Association tunisienne de soutien des minorités (ATSM) qu’elle a fondée en septembre 2011, elle enchaîne les rendez-vous, démarchant les uns et les autres pour que, enfin, l’on parle des problèmes de racisme, d’antisémitisme et d’homophobie en Tunisie. Ses trois principaux combats, elle les mène contre une société parfois sclérosée par les traditions les plus conservatrices. Mais lorsqu’on lui explique, parfois avec véhémence dans les médias tunisiens, que le combat contre les discriminations n’est pas la priorité aujourd’hui, Yamina Thabet s’emporte… "Il n’y a pas de moment pour défendre la dignité humaine, ce n’est pas un problème secondaire", rétorque-t-elle. La preuve, rappelle la jeune femme, avec ce discours d’un imam de Radès qui, lors de la prière du vendredi, avait appelé à « éradiquer les juifs». Ou encore lorsque les Noirs sont interdits de location d’appartement par certains propriétaires qui indiquent clairement sur les annonces ne pas vouloir accueillir de locataires noirs.

"Ici, l’homosexualité est punie, pas l’antisémitisme ni le racisme"

Face à ces discriminations, Yamina Thabet appelle à lancer "un grand débat national". Certes, les médias tunisiens commencent petit à petit à lui ouvrir leurs portes. Mais la présidente de l’ATSM compte bien aller "défendre ces revendications devant la Commission des libertés, à l’Assemblée des représentants du peuple". Car c’est surtout la loi qui pose problème, pour Yamina Thabet. "En Tunisie, l’homosexualité est punie, alors que l’antisémitisme et le racisme ne le sont pas", rappelle-t-elle, mettant en opposition l’article 6 de la nouvelle Constitution, qui garantit la liberté de conscience, quand l’article 74 impose la religion musulmane aux candidats à la présidence de la République. "Une contradiction inadmissible", pour la future médecin, qui assure que "les repères doivent être posés maintenant. Nous sommes en période de transition, il faut poser les bases de la démocratie." Et les bases voulues par Yamina Thabet, ce sont la coexistence et la lutte contre la stigmatisation.

L'association a mis en place un observatoire

Pour ce faire, l’association a mis en place un observatoire. "Les Tunisiens se rendent compte que les discriminations ne sont pas anodines, il commence à nous envoyer des vidéos ou à nous rapporter des faits sur les réseaux sociaux", affirme la présidente, qui assure que la pire des choses serait que le racisme, l’homophobie ou encore l’antisémitisme se banalisent. "Nous nous battons pour les droits de l’homme, c’est inadmissible que des choses comme ça se déroulent en 2015", déplore Yamina Thabet, qui admet que "ces discriminations sont aujourd’hui assumées". Il faut maintenant changer la législation : "La Constitution garantit l’égalité des droits, mais nous voulons un article pour condamner les racismes." Car la plainte contre l’imam de Radès n’a donné lieu à aucun jugement. L’antisémitisme est encore trop courant en Tunisie. Quant à l’homosexualité, elle est punie de trois ans de prison. Et pour Yamina Thabet, un pays qui devient une démocratie doit offrir, à ses citoyens, "la liberté de leur sexualité". Et face à une presse parfois "moralisatrice", le travail semble encore long.

Le Point  Afrique 31 mars 2015

11 mai 2015

Du nouveau pour les liens ...



Comme vous le savent mes lecteurs fidèles, je remets à jour périodiquement les liens permanents du blog vous donnant accès à différents sites - ils sont visibles en colonne de gauche, et il y en a plusieurs dizaines !

Bien entendu, je conserve la "ligne" qui explique mes choix de favoris, et que vous retrouvez toujours, que ce soit dans mon émission, sur mon propre blog ou dans mes publications ailleurs : préférer l'information à l'idéologie ; vous donner à réfléchir en lisant ou écoutant des points de vue différents, et non pas vous imposer une vision du monde sectaire,  ceci n'empêchant, pas bien sûr, d'avoir des valeurs et donc de refuser de mettre en liens des sites extrémistes, racistes et haineux. Bref, la "revue de presse" que vous pouvez faire vous permet et vous permettra toujours de naviguer entre des médias de gauche ou de droite, communautaires ou nationaux, mais également internationaux avec une sélection de la presse arabe et israélienne ; tout en conservant, bien entendu, une dominante correspondant à ma thématique "monde musulman", avec aussi un soutien au dialogue inter religieux.

Voyons maintenant en quoi  à consisté le dernier "relifting" des liens existants :
- J'ai supprimé plusieurs sites peu actifs, ou "en panne" : Islam laïque, Nano JV, Mediarabe ;
- Suppression aussi du lien pour le blog de Jacques Attali (dont je trouve les analyses de plus en plus déroutantes), et "Terre d'Israël" (qui reprend en fait d'autres publications) ;
- Ajoutés, par contre, deux sites correspondant à des associations dynamiques travaillant pour le dialogue inter religieux : "Coexister" et "L'Amitié judéo-chrétienne de France" ;
- Enfin, ajout du site d'une importante association cultuelle, "Le Rassemblement des Musulmans de France", dont le président succèdera le mois prochain à Dalil Boubakeur à la tête du CFCM.

J.C

10 mai 2015

Daech, Iran, le Moyen-Orient de tous les dangers : Bruno Tertrais sera mon invité le 17 mai

Le Secrétaire d'Etat John Kerry et son homologue iranien Javad Sharif

Retour à l'actualité brûlante pour ma prochaine émission, que j'ai intitulée : "Daesh, Iran, le Moyen-Orient de tous les dangers". C'est vrai que, du point de vue de la sécurité internationale et des risques existentiels pour Israël, la double perspective d'un Califat islamique triomphant, d'une part, et d'un Iran possédant la bombe atomique, d'autre part, sont des cauchemars. En même temps ces deux acteurs s'affrontent directement, dans la grande fracture entre Sunnites et Chiites : et ce qu'on a vu, il y a un mois et demi, avec l'accord cadre de Lausanne sur le nucléaire iranien, découle aussi de choix géopolitiques faits par les Occidentaux, qui espèrent ainsi gérer les deux menaces en même temps. Pour en parler, j'aurai le plaisir d'avoir à nouveau comme invité un des meilleurs spécialistes sur la sécurité internationale, Bruno Tertrais. Pour rappel Bruno Tertrais est maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique, et membre de "l'International Institute for Strategic Studies" de Londres. Ses domaines de spécialisation sont la stratégie américaine, la sécurité au Moyen-Orient en en Asie, et les questions nucléaires. Le menu de cet interview est très riche, aussi je vais partager notre entretien en deux parties. En première moitié d'émission, on parlera de ce projet d'accord entre les grandes puissances et la République Islamique d'Iran , un projet encore bien nébuleux pour le moment, mais on verra ce qu'il implique, vu des Etats-Unis, vu d'Israël et vu des Etats arabes du Moyen-Orient. Et puis en deuxième partie, on parlera du Daesh ou "Etat islamique", en se limitant à l'aspect militaire de la guerre engagée maintenant par une vaste coalition de pays.

Parmi les questions que je poserai à Bruno Tertrais :

-        A propos de ce fameux accord avec l'Iran, annoncé le 2 avril. Très vite, on a réalisé qu'aucun document n'avait été signé, et qu'il existait plusieurs interprétations des points d'accord : est-ce bien sérieux, comme résultat au bout d'un an et demi des négociations acharnées ? Et est-ce qu'il ne faut pas voir, dans cette annonce finalement prématurée, la marque d'une administration américaine faisant preuve d'amateurisme ?
-        Que pensez-vous de ce qu'a écrit David Horowitz dans le "Times of Israël" sur les points de désaccords qui subsistent : «Les sanctions économiques seront-elles levées par étapes en fonction de la mise en place par l’Iran des accords ou au moment où l’accord sera signé? Ce n’est pas clair. Y-aura-t-il des inspections à tout moment et en tout lieu de tous les sites suspects nucléaires civils et militaires? Ce n’est pas clair. L’Iran sera-t-il contraint de transférer à l’étranger l’essentiel de son stock d’uranium enrichi? Ce n’est pas clair. L’Iran aura-t-il la possibilité de continuer la recherche et le développement sur les centrifugeuses sophistiquées pour accélérer le processus de fabrication d’une bombe? Ce n’est pas clair
-        La République Islamique d'Iran a comme idéologie la destruction de l’État hébreu, et c'est répété continuellement. Or, les Occidentaux n'ont pas exigé de l'Iran qu'il modifie cette ligne stratégique en reconnaissant le droit à l'existence de ce pays, d'où le sentiment de révolte des Israéliens. Et puis il y a maintenant une autre crainte, c'est que cet accord, s'il est finalisé et entériné par le Conseil de Sécurité de l'ONU, rendra impossible toute action militaire. Qu'en pensez-vous ?
-        Les Etats du Golfe, et en particulier l'Arabie Saoudite, ont exprimé leur inquiétude face à ce qu'ils ressentent comme un renversement d'alliances au Moyen-Orient. Aujourd'hui, l'Iran contrôle indirectement trois capitales arabes par alliés chiites interposés, Bagdad, Damas et Beyrouth. Et, avec l'offensive foudroyante des Houthis chiites au Yémen, il allait prendre le contrôle de ce pays, ce qui a entrainé en réaction la décision de créer une force armée arabe commune, et des bombardements de l'aviation saoudienne sur le Yémen, où il y a eu des milliers de morts en quelques semaines : les États-Unis, eux, laissent faire, et refusent de s'engager, à votre avis pourquoi ?
-        En Irak, on sait que la défection de dizaines d'officiers irakiens sunnites - qui ont rallié le Daech ou fui en abandonnant troupes et matériels -, a permis aux forces de "l'Etat islamique" de récupérer des blindés et des véhicules flambant neuf. Mais on peut relativiser cette impression de force invincible : d'abord, le Daesh a gagné du terrain sur les débris d’États ayant déjà implosé comme l'Irak ou la Syrie, mais il n'a pas pris le pouvoir dans des pays où l'autorité centrale est forte ; ensuite, ils ont eu des revers sur le terrain, les Kurdes ont résisté à Kobané en Syrie ou dans leur zone en Irak ; l'armée irakienne est arrivé à reconquérir Tikrit à la fin mars ; à votre avis, combien de temps peut résister sur le long terme une force militaire qui ne possède ni aviation, ni industrie d'armement, ni alliés pouvant fournir du matériel ou des pièces détachées ?
-        En Syrie, les jeux de chaque acteur ne sont pas clairs : d'abord il semble qu'il n'y ait pas de combats directs entre l'armée syrienne, présente à l'Ouest peuplé du pays, et le Daech qui occupe une vaste zone désertique de part et d'autre de la frontière irakienne ; en fait l'Etat islamique semble plutôt passer son temps à attaquer les autres groupes rebelles ; pendant ce temps là, d'autres groupes armés djihadistes, comme le Front Al Nosra, ont marqué des points dernièrement en occupant la frontière avec la Jordanie et la ville d'Idlib. Or Israël voit tout cela de façon détachée, comme s'il n'était pas concerné, et en fait il n'est intervenu que contre les transferts d'armes vers le Hezbollah : qu'en pensez-vous ?

Des sujets passionnants ... et j'espère que vous serez nombreux à l'écoute !

J.C