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28 juin 2018

Encore la Tunisie, encore Albert Marquet

Albert Marquet, "Le port de la Goulette près de Tunis"

Une toile sur la Toile
- juin 2018

Décidément, la Tunisie m’inspire beaucoup cette année pour cette série ! Nostalgie ? Retrouvailles avec des lieux connus, et curiosité pour les peintures qu’ils ont inspirées ?

Le port de La Goulette est un « incontournable » pour les Tunisois : port de commerce de la Capitale, c’est de là que partent en particulier les bateaux pour la France, aujourd’hui le Ferry, hier des paquebots sans oublier bien sûr les cargos. Mais c’est aussi un lieu de villégiature, avec des plages – de plus en plus réduites au fil des travaux portuaires -, et une petite ville, plutôt endormie en journée, mais grouillante le soir autour des cafés et restaurants.

Concernant le peintre, Albert Marquet, il a souvent été à l’honneur sur mon blog et je n’en dirai pas plus : cliquer bien sûr sur son nom en libellé.

J.C

08 mai 2014

Trois navires de guerre turcs accostent à la Goulette

Chaimae Bouazzaoui sur un bâtiment de la flotte turque

Introduction :
Mon amie marocaine Chaïmae Bouazzaoui, qui achève à Tunis une formation de journaliste, m'a envoyé ce reportage tout à fait original sur un sujet dont vous n'aurez sûrement pas entendu parler dans la presse ... la tournée méditerranéenne et africaine de trois bâtiments de la flotte turque. Projection de la puissance du pays loin de ses frontières ? Désir pour cette grande nation du Moyen-Orient, d'être présente dans de nouvelles régions ? L'auteur de l'article s'est en tout cas parfaitement documentée, et elle a même pu s'entretenir à bord d'un bateau militaire avec des officiers !
J.C

La Turquie effectue un voyage "militaire", dans 27 pays d’Afrique, qui dure 102 jours. 10 jours avant la tenue des élections locales en Turquie, 3 navires de guerre ont amarré au port de la Goulette, dans le nord de la capitale tunisienne. Objectif annoncé : diffuser la paix en Afrique. Eclairages.

"Nous sommes ravis d’entamer notre voyage en Tunisie. Nous souhaitons, à travers notre départ, réaffirmer notre amitié historique et renforcer la coopération bilatérale entre le pays et la Turquie dans divers domaines notamment sur le plan militaire", nous a affirmé l’amiral Tufan Uslu, chef de quartier du groupe opérationnel naval turc Barbaros 2014 (TDGG-2014). La visite effectuée en Tunisie a duré trois jours. Conférence, cérémonie, exécution de manœuvres et exercices bilatéraux entre les deux parties, turque et tunisienne, ont été organisées.

Originalité

Pour la première fois, la Turquie "militaire" se propose d’effectuer une visite africaine, dans le sens global du terme. La visite est effectuée sous le slogan : "Au-delà de l’horizon". En 2013, la Turquie avait effectué un voyage en Afrique. Mais cinq points de différence se prêtent à la vue. D’abord si la Tunisie a été choisie, en mars 2014, comme un point de départ pour le voyage turc, en juillet 2013, le "départ du Printemps arabe" (la Tunisie) était le point d’arrivée.
Il s’agit également du nombre de navires. Cette année, trois grands navires de guerre ont amarré au port de La Goulette. Tandis que l’an dernier, un seul navire militaire ("TCG Heybeliada") a accosté au port.
A souligner qu’en 2013, la Turquie a effectué une tournée en Afrique du Nord. Cette année, le voyage englobe toute l’Afrique. Les trois navires parcourront toute la "bande" du Continent noir, avec une distance de 15000 Nm. 29 ports seront visités.
Le contexte spatial a agi sur le contexte temporel. Alors que le voyage de 2013 a duré un mois, entamé le 10 juin, celui de 2014 dure 102 jours (du 21 mars au 27 juin).
Le voyage de l’an dernier s’est étalé sur une seule saison : l’été, alors que le nouveau s’étalera sur deux, y compris le printemps "africain".

Du guerrier pour la paix

Trois grands navires de guerre dont TCG Heybeliada et TCG Gediz "œuvreront pour la paix" dans l’Afrique, notamment dans la région du grand port de Centrafrique qui a connu récemment de violents affrontements éclatés par des groupes armés.
Les navires se proposent d’apporter un soutien militaire aux Forces africaines mais également de mener une action humanitaire dans plusieurs régions de l’Afrique. "Nous avons deux objectifs humanitaires : une assistance alimentaire et une assistance médicale", nous a fait savoir Celal Ulimaz, officier du centre de l’information pour le combat. Les navires offriront une assistance en aliments de base, papeterie et équipement médical ainsi qu’une éducation sanitaire et examens médicaux.
Une série d’opérations sera également menée en Afrique pour la paix, rapporte-t-il. Il s’agit notamment d’entrainer des équipes militaires de la marine dans certains pays et contribuer à la sécurité des lignes de communication maritime et du commerce des pays africains.
Les trois grands navires soutiendront également les efforts des pays contre la piraterie.
Le groupe naval Barbaros exécutera des opérations de présence dans les océans en vue de renforcer la communication de ces pays "en relation avec notre politique étrangère" a rapporté l’amiral Uslu, sans toutefois donner plus de détails. L’objectif majeur étant de développer les liens bilatéraux entre la Turquie et les pays de l’Afrique et exposer la capacité d’industrie turque de défense, souligne-t-il.
Pour la première fois le groupe naval se rendra dans des régions situées au sud de l’Afrique et au Cap de bonne espérance. "Nous allons nous rendre dans des régions que nous avons jamais visitées notamment l’Afrique du Sud", nous précise Celal Ulimaz.
Aux alentours du port de Denel Overberg, le groupe naval conduira à titre d’essai et du 5 au 9 mai, des tirs de missiles et de canon suivant des scénarios proches de la réalité.
Parmi les navires de guerre, le navire "TCG Gediz" dispose de systèmes électroniques et d'armement évolués, ainsi que d'une plateforme d'atterrissage pour hélicoptère. Il dispose du missiles Harpoon, de canons de76 mm et à torpilles MK46.

«CV» de Barbaros

Le groupe opérationnel a été initialement activé en 2010 entre mai et juin. Au cours de la première activation des visites portuaires ont été effectuées dans 9 pays dans la Méditerranée.
La deuxième activation était en mai et aout 2011, dans le Golfe persique et l’Océan indien avec 8 escales. Cette action était co-menée avec l’OTAN pour la lutte contre la piraterie dans la région.
Mais en 2013, le groupe a navigué en Méditerranée, entre mai et juin, pour se rendre dans 6 pays. La visite de 2014 est effectuée sous l’égide de la direction des Ministères des Affaires étrangères et de la Santé publique, par l’Agence turque de coopération et de coordination relevant du secrétariat du ministère de la Défense.
La diplomatie navale sera mise en valeur par le déploiement du pavillon national turc dans les mers internationales. Cette action de communication externe renforcera la coopération entre le pays et l’Afrique. Trois journalistes internationaux feront le suivi du voyage.
A rappeler que la première navigation circulaire turque a été effectuée en 1866. Il s’agit du plus célèbre et grand amiral de la flotte ottomane qui a offert la mer méditerranéenne à la souveraineté turque au 16e siècle. Et de se conformer au dicton historique envahi par la relation information-pouvoir : "Celui qui domine les mers domine le monde".

Chaïmae BOUAZZAOUI,
Tunis

04 juin 2007

Un été à La Goulette ou quelques moments de bonheur ...

Photo tirée du film "Un été à La Goulette" de Ferid Boughedir (Tunisie, 1996)

Mon Dieu, comme ces trois jeunes filles sont jolies ! Se dorant au soleil, rêvant encore au Prince charmant, elles vivent quelques moments de bonheur en ne réalisant pas que le vent de l'Histoire viendra, très vite, balayer la brise du bord de mer. La Juive, la Musulmane et la Chrétienne fille de pêcheur sicilien, toutes trois sont les héroïnes du film "Un été à La Goulette" du réalisateur tunisien Férid Boughedir.

L’histoire du film mêle une fiction (le serment de trois copines jurant de perdre leur virginité en même temps, et créant un « remake » de Roméo et Juliette à la puissance trois en s’amourachant de trois jeunes gens tous d’une religion différente à la leur), à un arrière plan historique que j’ai parfaitement vécu, étant le contemporain exact des trois jeunes filles, obligé de quitter la Tunisie à l’heure du départ des minorités - et de l’effacement définitif de la communauté juive au lendemain de la Guerre des Six Jours.

Si le thème du mariage mixte est un classique du cinéma (ainsi "Mauvaise foi", évoqué sur le blog), Ferid Boughedir a eu le courage de traiter d’un sujet volontiers ignoré dans la mémoire tunisienne, à l’exception de quelques historiens dont certains furent mes invités à la radio (lire ici). L’année du film (1996) fut aussi une année de grand espoir pour le rapprochement avec la Tunisie, puisque ce pays échangea des « bureaux d’intérêts » avec Israël, où se rendit même le cinéaste tunisien pour présenter son film. Ces relations furent rompues en 2000 au moment où éclatait la deuxième Intifada, mais on ressent une timide volonté de rapprochement dont j’ai souvent parlé sur le blog.

Pour ceux qui voudront revivre des années d’enfance à La Goulette, et même entendre le bruit de la mer, voir un court métrage tout à fait charmant !

J.C

07 juillet 2006

Oui - oui !


Le sourire du mois
- juillet 2006

C'est un petit film très court (32 secondes), en noir et blanc. Plein de nostalgie et qui pincera sûrement le cœur des "Tunes" qui ont mon âge ou beaucoup plus, et qui n'ont pas oublié le sable chaud sur la plage de La Goulette à une quinzaine de kilomètres de Tunis, en ces années de bonheur où la "boite à vacances" était si facile à ouvrir ! Nous devons une vraie dette à Belhassenino qui a mis sur la Toile une collection d'anthologie sur ce paradis perdu judéo-tunisien (taper son nom dans le moteur de recherche du site "YouTube.com" pour avoir d'autres trésors).

Il vous suffira donc d'appuyer sur le bouton virtuel pour faire revivre "Oui - oui", fameux personnage à chechia digne d'une "Comedia del Arte" goulettoise et qui arpentait la plage, pieds nus et démarche chaloupée, pour proposer ses cornets de cacahouètes et amandes salées. Oubliez l'écran devant vos yeux, écoutez la mer, regardez au loin le massif du Bou Kornin ... nous sommes en Tunisie dans les années soixante, et vous pouvez sourire de bon cœur car l'été vient de commencer !

J.C