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14 octobre 2007

Roquettes du Hamas : menaces sur le Néguev

"Exposition" de roquettes Qassam,
kibboutz Yad Mordechaï, mai 2003
(photo Jean Corcos)

D’abord quelques mots à propos de cette photo. Ce n’est pas tous les jours que, loin du studio de Judaïques FM et des mes interviews, certes passionnantes mais loin du terrain, j’ai pu me sentir (un peu) l’âme d’un reporter dans un pays en guerre ... Envoyé donc par ma radio en mai 2003 pour accompagner une mission d’amitié de l’AUJF, du CRIF et du FSJU en Israël, nous avons été très près de la frontière de la bande de Gaza - qui, à l’époque, n’avait pas été encore complètement évacuée. Mais déjà (rappel utile pour les critiques oublieux de ces faits), les Palestiniens du Jihad islamiste comme du Hamas avaient commencé à bombarder la frontière Sud du pays, leurs tirs se concentrant sur la petite ville de Sderot et les kibboutzim voisins. Et déjà à l’époque, donc, l’armée israélienne n’avait pas trouvé de parade à ce genre d’attaques.

Cette photo a été prise au kibboutz Yad Mordechaï, où on nous avait présenté une collection des projectiles reçus. On remarquera la modestie des débuts artisanaux de l’industrie de guerre « made in Gaza » : à gauche, de simples petits obus de mortiers ; la pièce de droite, en revanche, pouvait largement tuer, et du reste beaucoup d’Israéliens ont été tués et des dizaines blessés au fil des tirs terroristes visant délibérément des civils. En cliquant sur le libellé « Sderot » ci-dessous, on trouvera quelques échos publiés sur le blog à propos de cette guerre de basse intensité subie par les localités frontalières de la bande de Gaza, et qui fait rarement la « une » de nos médias.

Mais voici que la menace s’aggrave - et là, quels que soient les rappels historiques comme celui fait au début, et les excellentes raisons, militaires ou politiques qui expliquent le refus du gouvernement israélien de renvoyer l’armée occuper Gaza à nouveau, force est de constater deux choses :
- le Hamas, qui a pris complètement le contrôle du territoire au mois de juin dernier, a décidé l’affrontement et cela ne pourra qu’empirer ;
- l’abandon par Tsahal de la fameuse « route de Philadelphie » (qui bordait la frontière entre Égypte et la bande de Gaza), a fait exploser les trafics d’armes par les tunnels de contrebande.
Résultat, les islamistes possèdent maintenant des armes beaucoup plus sophistiquées que celles photographiées il y a quatre ans ... et c’est ainsi qu’un missile de type « Grad » a atterri dans un champ près de la ville de Netivot, dimanche dernier 7 octobre ! Je reproduis ci-dessous le communiqué publié sur le site de l’ambassade d’Israël à Paris, qui résume bien la gravité de la situation.

« Le dimanche 7 octobre, des terroristes de la bande de Gaza ont tiré un missile de type Grad qui a explosé près de la ville israélienne de Netivot, à 15 km à l’intérieur du territoire israélien. Ces roquettes de longue portée (25 km), produites en ex-URSS, sont une version améliorée des roquettes Katioucha, celles-là même qui ont été tirées par le Hezbollah sur Israël à l’été 2006. Le même jour, 8 obus de mortier ont explosé dans le kibboutz Keren Shalom, proche de la bande de Gaza, et 3 roquettes Qassam ont également été tirées depuis le nord de la bande de Gaza.
L’utilisation de missiles Grad représente une escalade dans la campagne terroriste menée par les organisations de la bande de Gaza, à la fois à cause de la portée plus grande de ces missiles et de leur force destructrice plus importante.
(...)
Depuis le désengagement israélien de la bande de Gaza il y a plus de 2 ans, Israël n’a récolté que plus d’attaques : plus de 2000 roquettes et des centaines d’obus de mortier ont explosé en Israël (une grande partie des roquettes et obus tirés retombant du reste en territoire palestinien), faisant 14 morts et des centaines de blessés, sans compter le traumatisme d’une population civile bombardée presque tous les jours depuis 2 ans. »



J.C

16 août 2006

« Le jour d’après » en Israël : 4000 Katiouchas, 42 civils tués

La souffrance des populations du Nord d’Israël a été clairement minimisée par les grands médias.

Il y a bien sûr une raison objective à cela : la réalité indiscutable des ravages au Liban, qui a beaucoup plus « trinqué » en matière de destructions et de victimes civiles - même si les centaines de morts libanais innocents n'étaient pas souhaités par Tsahal, contrairement aux civils tués en face (voir "post" du 11 août). Une autre raison à cette différence de traitement, souvent mise en avant par Israël et ses amis, serait la complaisance systématique de la majorité des médias occidentaux pour la partie arabe au conflit. Pour avoir pu suivre plusieurs chaînes de télévision internationales sur mon lieu de vacances, je peux attester qu’il s’agit d’une accusation que l’on aurait tort de généraliser : Paris n’est pas la France ... et la France n’est pas le Monde ! Quel que soit le contexte (conflit israélo-palestinien, guerre d’Irak, guerre avec le Hezbollah), les télés du monde entier semblent en effet « pré positionnées » selon deux grilles différentes : l’une qui garde systématiquement un équilibre (au niveau des invités, des sujets abordés, des reportages, des analyses), et j’ai apprécié ainsi la chaîne d’infos en continu britannique Skynews, la Télévision Suisse Romande ou l’américaine Fox News ; l’autre qui cherche à provoquer systématiquement de l’empathie pour la partie arabe et de l’antipathie pour Israël ou les États-Unis, et dans cette catégorie rentrent, avec du doigté CNN, et avec un cynisme abject BBC World.

Mais revenons aux chiffres du « jour d’après » donnés le 15 août par le « Haaretz » : 3.790 roquettes et missiles à moyenne portée ont été lancés par le Hezbollah, seuls 901 sont tombés en zone habitée. Ils ont tué 42 civils et blessé 4.262 autres, dont heureusement seulement 33 gravement, 2.773 étant traités pour choc. C’est la ville de Kiriat Shmona (voir mon "post" du 9 août) qui a le plus souffert, avec plus de 1000 katiouchas tombées sur la ville ou dans les environs : plus de 2000 appartements y ont été endommagés ! En recoupant d’autres infos sur le Web, j’ai relevé qu’environ 750.000 arbres avaient disparu en fumée suite aux incendies provoqués par les missiles, le désastre écologique étant le plus frappant sur les hauteurs du Mont Meron près de Safed. Au total, 10.000 logements auraient été endommagés, dont 450 maisons totalement détruites.

Pour ne pas oublier ces journées de cauchemar, un petit film pris en direct le 17 juillet après-midi dans le quartier de Bat Galim, faubourg de Haïfa : on y entend l’arrivée du missile, on y découvre avec les sauveteurs la destruction d’un immeuble, les ruines fumantes ... et les dégâts faits tout autour, notamment une auto stationnée à proximité et criblée par les billes d'acier dispersées par l'arme terroriste.

J.C
 

08 août 2006

Quand Kiriat Shmona rime avec Katiouchas

Enfants à Kiriat Shmona, photo prise en avril 1977

C'était il y a longtemps, presque 30 ans déjà. Un de mes multiples voyages en Israël, celui-là avec un groupe de solidarité organisé par le Centre Communautaire de Paris. Nous avions fait un tour du pays, ce mouchoir de poche dont nos compatriotes n'ont aucune idée des dimensions. En même pas deux heures, on peut quitter Tel Aviv pour arriver au Liban : 90 kilomètres seulement pour atteindre Haïfa, ville morte depuis les bombardements meurtriers du Hezbollah, on croit rêver quand on pense que cela ne représente même pas la distance entre Paris et Orléans - et quand on sait que de Netanya (au bord de la mer) au "mur" avec la Cisjordanie, cette barrière de sécurité honnie par les "belles âmes" européennes, il y a tout juste la largeur de Paris !

Nous avions donc été sur la frontière libanaise, à Kiriat Shmona, petite bourgade du "doigt de la Galilée" coincée entre le plateau du Golan et les Monts de Nephtali. Une collection de cubes de béton gris, encerclée par des montagnes boisées ; avec la frontière juste au dessus ... Regardez la photo, elle parle d'elle même ! Inutile de faire un dessin, les habitants sont coincés dans une nasse, et on imagine les ravages qu'ont fait les "Katiouchas", ces roquettes de conception russe fabriquées par la Syrie et fournies par milliers au Hezbollah. Les reporters de la metula news agency donnent un compte-rendu impressionnant des dégâts, selon un autre témoignage écouté hier sur Radio J, des centaines de blocs d'habitation ont été endommagés, il y a eu des tués et des centaines de blessés ... Kiriat Shmona est aujourd'hui une ville morte, désertée par 70 % de sa population, seuls sont restés, terrés comme des rats dans les abris, les plus pauvres, ceux qui n'ont ni famille ni amis ailleurs pour être logés. On apprend aujourd'hui que plusieurs centaines d'habitants seront évacués. Et ce sont au total un million de personnes du Nord d'Israël qui vivent ainsi ou ont du fuir leurs maisons, des personnes déplacées qui n'ont guère fait l'objet de reportages à la télévision !

Je pense et repense donc aux enfants de cette vieille photo, devenus des adultes aujourd'hui ... Vivent-ils encore là-bas, font-ils partie des victimes de cette guerre affreuse ? C'est vrai que les tués civils des bombardements au Liban ont été dix fois plus nombreux, mais les journalistes oublient d'en préciser les raisons : le Hezbollah a conçu sa "défense du territoire" uniquement sur un mode offensif, accumulant un arsenal de mort et ne construisant aucun abri pour la population civile ; population utilisée au contraire comme "bouclier humain", les miliciens chiites n'ayant aucun scrupule à tirer leurs roquettes à partir de terrasses ou de cours d'immeubles ! Et puis - et heureusement pour Israël -, ces Katiouchas ("les orgues de Staline" du dernier conflit mondial) sont très imprécises ; la plupart sont tombées dans des champs, causant ainsi de gros dégâts à la luxuriante nature de la Galilée. Dix fois plus de victimes donc au Liban, pays pauvre et où les transports ont été paralysés par la destruction des routes (l'armée de l'air israélienne cherchant à tout prix à désorganiser la logistique du Hezbollah) : ceci explique pourquoi les ONG médicales n'interviennent que là bas, et pourquoi Israël organise lui-même ses secours aux populations sinistrées. Ce n'est pas une raison, non plus, pour faire comme si aucune souffrance n'existait dans ce pays, "oublié" par exemple par la Ville de Paris dans son appel à la solidarité ... Le CRIF vient d'écrire au Maire Bertrand Delanoë un petit message de protestation, publié sur son site.

La Diaspora s'organise donc, dans un climat détestable où Israël est à nouveau désigné comme le "vilain" par la plupart des médias. Les initiatives sont nombreuses pour apporter un minimum d'aide matérielle aux populations sinistrées. Je profite donc du blog pour relayer un appel à collectes qui m'a été transmis par mon amie du CRIF Claudine Barouhiel (dont vous avez pu lire un article il y a quelques mois). Il s'agit de "L'Opération Urgence Nord d'Israël", cliquez sur le lien pour avoir toutes les informations !

Jean Corcos