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20 janvier 2015

Face au Djihad, combien de divisions pour résister ? Un nouvel article publié sur le "Times of Israël"



Un nouvel article publié dimanche dernier comme bloggeur associé à l'édition française du "Times of Israël". Cette fois-ci, j'ai traité d'un sujet d'une actualité brûlante, puisqu'il s'agissait d'évaluer nos moyens face au terrorisme islamiste qui vient de frapper.
Ayant été ingénieur pendant toute ma vie professionnelle, je crois encore à l’importance d’évaluer précisément, de dimensionner toute information, et cela le discours politique l’évacue trop souvent derrière de belles phrases. Après lecture des différentes publications ayant traité des horribles attentats de Paris, j’y ai trouvé beaucoup d’analyses sur l’état de la société française, sur les raisons d’espérer ou de désespérer du gouvernement ou sur les raisons de faire ou de ne pas faire son Alyah maintenant ; aussi, beaucoup de passion mais pas d’évaluation quantitative sur la guerre qui nous est déclarée :

Vous pourrez lire la totalité de l'article :


Enfin, je rappelle que vous avez dorénavant accès à tous mes articles publiés sur le "Times of Israël" en allant sur un lien permanent, en colonne de gauche de ce blog.

J.C


Nota de Jean Corcos ajouté le 23 janvier 2015 :

Ainsi va l'actualité, souvent plus vite que l'on a le temps de l'analyser ... Dimanche dernier, donc, le "Times of Israël" publiait mon constat chiffré, mettant en évidence de graves insuffisances dans la lutte anti-terroriste. Mercredi 21 janvier, Manuel Valls présentait un plan détaillé pour le renforcement des moyens dans tous les plans : nouveaux personnels, nouveaux budgets, évolution du cadre juridique des renseignements, etc.

Vous pourrez en lire les détails sur ce lien

02 novembre 2014

21 septembre 2014

Les djihadistes veulent créer « un monde sanguinaire »

Zeid Raad Al-Hussein

Lors de son premier discours, le nouveau haut-commissaire de l'Organisation des Nations unies (ONU) aux droits humains, le Jordanien Zeid Ra'ad Al-Hussein, a dressé le portrait du « monde sanguinaire » que veulent créer les djihadistes qui sèment la terreur en Syrie et en Irak.

« De quelle manière pourrait fonctionner un Etat takfiri à l'avenir [terme désignant les extrémistes sunnites] (…) Ce serait un monde sanguinaire, hostile et malveillant, sans protection pour les non-takfiris », a déclaré M. Al-Hussein, s'exprimant lors de l'ouverture de la 27e session du Conseil des droits humains de l'ONU à Genève.
 « Dans le monde takfiri, à moins que votre opinion soit identique à la leur – et la leur est étroite et inflexible – vous perdez votre droit à la vie », a ajouté  le premier haut-commissaire de l'ONU aux droits de humains musulman.
« Dans l'esprit takfiri, comme nous l'avons vu au Nigeria, en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen, au Kenya, en Somalie, au Mali, en Libye, en Syrie et en Irak, et partout dans le monde où ils ont attaqué des personnes innocentes, y compris le 11 Septembre, il n'y a pas d'amour du prochain, il n'y a que l'anéantissement de tous les musulmans, des chrétiens, des juifs et (…) du reste de l'humanité qui ont d'autres croyances qu'eux. »

M. Al-Hussein est devenu en septembre haut-commissaire aux droits humains des Nations unies, succédant à ce poste à la Sud-Africaine Navi Pillay. Il a occupé par deux fois les fonctions de représentant de la Jordanie auprès de l'ONU à New York. Il a aussi été ambassadeur de son pays aux Etats-Unis et au Mexique.
Avant sa nomination, il représentait la Jordanie au Conseil de sécurité de l'ONU. Le royaume hachémite a été élu en décembre 2013 membre du Conseil pour un mandat de deux ans à compter du 1er janvier, après que l'Arabie Saoudite eut refusé d'occuper ce siège qu'elle avait auparavant obtenu.

Le Monde / AFP le 8 septembre 2014.

23 juin 2014

Le recrutement sur l'Internet djihadiste: pourquoi? Comment?

Djihadistes en Syrie

Six personnes soupçonnées de s'être rendues récemment en Syrie ont été interpellées et placées en garde à vue dans le cadre de l'opération anti-djihadiste menée à Strasbourg le 13 mai 2014. Se pose ou se repose la question de leur endoctrinement. Comme l'a montrée la démographe Michèle Tribalat dans un article du Figaro (21 septembre 2001), "Sortir des amalgames", les divers sites Internet francophones ou arabophones fréquentés par de jeunes Français (musulmans) offrent un matériau intéressant pour comprendre la problématique. 


En premier lieu, de nombreux écrits sur les sites islamiques développent des discours anti-occidentaux qui trouvent d'abord leur justification, sous une forme ou sous une autre, dans les textes sacrés. On s'étend longuement sur la corruption de la parole divine (le Coran) par les juifs et les chrétiens, qui prêchent par anthropomorphisme, associationnisme et idolâtrie. L'Occident impie est ensuite élevé au rang d'ennemi absolu, puis les diatribes anti-américaines et antisémites viennent clore le tout. Le sociologue Samir Amghar, interrogé par Le Parisien (20 septembre 2010, p. 2-3) estime qu'Internet est devenu la principale source d'information religieuse, mais aussi le principal pourvoyeur de radicalité. 

Ce n'est plus tant dans les mosquées, lieux traditionnels du débat mais aussi du recrutement des djihadistes avant le 11 Septembre 2001, et où les imams se savent aujourd'hui très surveillés par les services de renseignement, que le jeune musulman français se rend. À la question de savoir pourquoi une telle personne pourrait être sensible à ce discours, il répond: "Ce jeune âgé de 15 à 35 ans, souvent issu de la deuxième ou troisième génération de l'immigration, est mû par un double besoin de rupture: à l'égard de ses parents, dont il considère l'islam routinier, et du fait de sa quête d'identité. Sa revendication d'un islam éclairé comporte une forte dimension protestataire." À la question de savoir quelles tendances de l'islam on trouve sur la Toile, Samir Amghar répond: "Toutes. Mais un site sur deux est, selon moi, de tendance salafiste. Car le salafisme, mouvance fondamentaliste qui a pour référence les théologiens d'Arabie saoudite, a été le premier à fonder son mode de prédication et de recrutement de fidèles sur cet outil. On y distingue deux tendances: le salafisme djihadiste, minoritaire, qui prône la violence comme moyen d'imposer la primauté de l'islam dans le monde, et le salafisme quiétiste, qui récuse la violence terroriste tout en préconisant la distance avec l'Occident impie et ses valeurs. Cette mouvance supplante deux autres tendances: les Frères musulmans, dont l'influence s'exerçait par les cours, la diffusion de cassettes et DVD, et les conférences; et le Tabligh, qui utilisait le porte-à-porte."

C'est ainsi que les sites islamistes extrémistes (dont une vingtaine en français au moins) gangrènent la toile, mêlant antisémitisme virulent, théorie du complot et soutien au terrorisme. Différents discours des figures majeures de la nébuleuse islamiste sont accessibles. Ces textes, parfois longs (plus de dix pages) sont traduits en français. Ainsi, sur un "forum islamique", l'Égyptien Ayman al-Zawahiri (le numéro deux d'Al-Qaïda) répond longuement (mais pas en direct) à des questions d'internautes; l'un d'eux demande s'il faut "partir au combat". "Oui, l'assure Zawahiri, il y a la possibilité de partir en Irak ou en Afghanistan si la personne trouve un guide de confiance." Parmi des récits de "référence", on trouve aussi un "message à la jeunesse" d'Abdullah Youssouf Azzam, cheikh palestinien qui fut à l'origine du premier djihad en Afghanistan. "Rien que le djihad et les armes. Pas de négociation, pas de discours, pas de dialogue", répète celui qui fut l'un des modèles de Ben Laden. "Allah nous prépare pour la victoire", détaille pour sa part, sur une trentaine de pages traduites à partir de cours enregistrés, l'Américain d'origine yéménite Anwar Al-Awlaki -cet imam extrémiste de 38 ans a été abattu au Yémen fin 2009. Propagandiste djihadiste, il avait fait de la Toile son principal outil d'influence, et passe pour avoir été le "conseiller spirituel" de trois des auteurs des attentats du 11 Septembre 2001 et, plus récemment, de Nidal Malik Hassan - ce psychiatre de l'armée américaine a tué treize personnes en 2009 au Texas.

Les discours guerriers s'adressent également aux femmes, les "cavalières de l'islam" (combattantes tchétchènes ou palestiniennes). Un "cheikh martyr" détaille ainsi leur rôle "dans le combat contre l'ennemi", tout de "sacrifice" à l'époux et au fils. Un texte signé de l'épouse d'Al-Zawahiri et adressé aux "sœurs musulmanes" vilipende "l'Occident impie qui ne veut pas que tu te pares de ton hijab, car cette pratique divulgue leur déclin et la bassesse de leurs mœurs". Mentionnons également la Fatwa du cheikh Salman ibn Fahd al 'Awdah Hafizahullah sur le statut des opérations martyrs en Islam: "Quant à celui qui frappe jusqu'à la mort, alors ça doit être sous le contrôle de gens qui ont de l'expérience comme nous l'avons cité, pour s'assurer qu'il y aura des morts et des blessés, qu'il y aura de gros dégâts, que la terreur soit répandue chez les ennemis, que ça les pousse à rentrer chez eux sans pour cela engendrer des représailles graves de leur part, tel que se venger en tuant des innocents, ou la destruction des villes et des villages, ou toute chose semblable."

Ces diatribes (sur le Net) sont si virulentes qu'elles ne doivent pas manquer d'échauffer les esprits de quelques jeunes par ailleurs perturbés, en quête d'identité et confrontés au dilemme de vivre dans un choc de cultures. Par exemple, c'est ainsi que l'on trouve sur un portail de vidéo, cet échange étonnant entre un Français récemment converti à l'Islam et le Shaykh al-Albâni, sur le djihad. Le converti interroge le Shaykh: "Si les fautes que l'on a fait avant de se convertir à l'islam, lorsque l'on fait la chahâda ("attestation" ou "témoignage de foi" c'est la profession de foi de l'islam, dont elle constitue le premier des cinq piliers), ces fautes sont-elles effacées? Ces péchés sont-ils effacés?" Réponse du prêcheur: "Le Messager a dit: "L'islam (la conversion d'une personne) efface tous les péchés précédent (son) islam." Autre question: "Je voulais savoir maintenant, nous, quand on veut s'engager pour le djihad qu'est-ce qui est le plus important dans l'immédiat? C'est faire le djihad contre soi-même (la science) ou faire le djihad avec les armes pour combattre les mécréants?" Le converti demande ensuite ouvertement s'il doit partir en Irak ou ailleurs et immédiatement pour accomplir le djihad par les armes.

La mouvance islamiste utilise donc le "réseau des réseaux" et les sites qu'elle rassemble sont foisonnants et terriblement dangereux. Grâce à l'Internet, les islamistes diffusent leur propagande et recrutent les futurs terroristes dont certains, un jour, commettront des attentats en Europe ou ailleurs.

Marc Knobel
Le "Huffington Post", 16 mai 2014
 

21 mars 2012

Toulouse : réflexions à chaud sur un massacre djihadiste


Un choc en me réveillant ce matin ... mais mon hypothèse formulée dès lundi matin sur ma page FaceBook - et qui m'avait valu des critiques acerbes - se confirme : le monstre assassin de Toulouse et Montauban était bien un djihadiste .... oui, il avait tué des soldats à cause de l'engagement français en Afghanistan, et non parce que, comme on l'a lu, ils étaient musulmans. Oui, il a massacré - et dans quelles conditions atroces - des enfants juifs par haine antisémite, mais une haine venue de terre d'islam, où l'appel au meurtre de mon peuple est devenu banal à force d'être quotidien

Cela ne va pas plaire à la majorité des médias et des Français qui auraient préféré un tueur nazi solitaire. Oui, les discours tellement stigmatisés de mon ami Sammy Ghozlan et du B.N.V.C.A à propos de l'importation du conflit palestinien étaient fondés ; oui le mauvais climat qui voit délégitimer la simple existence d'Israël par des élites intellectuelles - ou prétendues telles - a du contribuer à donner bonne conscience à ce tueur. Et il faudra que, maintenant, certains fassent leur examen de conscience.
Un mot, à propos de ceux qui, sur les plateaux de télévision ou sur les "chats" des journaux en ligne, oseront publier une allusion aux "atrocités" occidentales en Afghanistan, ou israéliennes vis à vis des Palestiniens : on n'a jamais vu un soldat français courser une petite fille pour l'exécuter à bout portant, ou un soldat israélien viser volontairement un enfant (même si Charles Enderlin et ses soutiens de France 2 prétendent l'inverse) ... Victimes innocentes il y en a eu, en Afghanistan ou à Gaza, mais il s'agissait de dommages collatéraux non voulus.
Ceux qui me font l'honneur de me suivre depuis des années, sur les ondes ou ici, savent que je n'ai jamais ni voulu stigmatiser la communauté musulmane, ni désespérer d'elle ... mais c'est maintenant que l'on attend des "stops" clairs et nets de leur part : la France est leur pays, on a assassiné des enfants français : qu'ils disent clairement ce qu'ils pensent de ce tueur musulman, et ne nous chantent pas l'air de "la folie" ou de "la vengeance" ! 
J'écrivais également sur ma page FaceBook lundi que tous les attentats antisémites sanglants en Europe depuis plus de 30 ans en Europe étaient le fait d'Arabes, et étaient liés au conflit israélo-palestinien. Mais là, on attend un degré supplémentaire dans l'horreur, car c'est un jeune Français de 24 ans qui a commis ces actes monstrueux. La peur va s'installer, la méfiance entre communautés grossir encore ... et il faudra tenir bon, réagir pourtant !
Du point de vue l'enquête, ce que l'on a appris ce matin fait aussi froid dans le dos : les enquêteurs avaient déjà mis dans leur "short list" après l'assassinat des parachutistes le coupable. Si donc il avait été appréhendé avant la tuerie de l'école Ozar Ha Torah, on aurait évité le massacre ...
Du point de vue de la campagne électorale, enfin, il est clair aussi que cette affaire ne profitera pas à la Gauche : elle aurait exploité l'affaire si le tueur avait été un nazi, sur l'air de "c'est la faute du climat affreux créé par Sarkozy". Aujourd'hui, ce sont plutôt les islamophobes francs (le F.N), ou dont l'électorat tend à le devenir (à tout le moins, la majorité de  l'électorat de 'UMP) qui vont reprendre le dessus !
Jean Corcos