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18 janvier 2018

Un historien pakistanais écrit que les musulmans n’ont pas la légitimité religieuse requise pour gouverner Jérusalem

Mobarak Haidar

Après la reconnaissance par le président des Etats-Unis Donald Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël, le 6 décembre 2017, Mobarak Haidar, célèbre historien pakistanais, auteur de nombreux livres, a écrit sur sa page Facebook :[1]
 
Jérusalem et les revendications musulmanes

Le Saint Coran a évoqué la mosquée Al-Aqsa lorsqu’elle n’était pas une « mosquée » au sens islamique du terme. C’était un lieu saint du fait des prophètes d’Israël, de Moïse à Jésus. C’était le lieu sacré de culte des juifs et des chrétiens. A l’évidence, il n’y avait pas de musulmans dans la ville de Jérusalem jusqu’à l’ère de l’émir des Croyants Omar ibn Khattab… Le prophète [Mahomet] et ses fidèles priaient le visage tourné vers ce temple sacré juif-chrétien, car la Kaaba (le centre actuel du hadj musulman) était remplie d’idoles.
Après la conquête de La Mecque, les musulmans ont reçu l’injonction de tourner leurs visages vers la Kaaba et de se détourner de Jérusalem. Ils n’ont jamais orienté leur loyauté vers Jérusalem après cette date, pendant les 1 400 dernières années. Aucun musulman n’a voulu prier à Jérusalem jusqu’à sa conquête par le second Calife [Omar ibn Khattab], alors même qu’il n’y avait aucune restriction pour les musulmans. Ils ne s’y rendent pas aujourd’hui car ce n’est plus leur centre [religieux].
Les chrétiens ont été les maîtres de Jérusalem avant sa conquête par les musulmans. C’est toujours un lieu saint pour les chrétiens. Mais les chrétiens ne contestent pas la propriété de la ville. Ils jouissent du droit religieux de visiter la ville sainte, et les juifs ne les en empêchent pas. Les musulmans doivent également jouir des mêmes droits religieux, et ont en réalité ces droits ; les juifs ne les en privent pas. Les musulmans à travers le monde, par conséquent, n’ont aucun fondement religieux pour gouverner Jérusalem. La plupart des musulmans n’ont jamais souhaité même visiter Jérusalem. Quant à la revendication politique, seuls les Palestiniens peuvent l’invoquer et seuls eux doivent négocier.
Cela ne peut pas constituer une revendication musulmane collective. Les Arabes Quraychites furent les maîtres de Jérusalem pendant un certain temps. Ensuite, les Mamelouks, les rois musulmans, l’ont conquise. Les Turcs sont venus par la suite. Les chrétiens coloniaux ont été les derniers dirigeants politiques. Il est intéressant d’observer que les musulmans iraniens ou les musulmans du sous-continent indien ou d’Asie du Sud-Est et d’Afrique n’en ont jamais été ses maîtres. Ils ne peuvent revendiquer que des liens spirituels.
Les centres actifs de la foi musulmane ne sont autres que les Villes saintes de La Mecque et de Médine. Les Iraniens n’ont jamais contrôlé ces centres actifs. Pourtant ils construisent passionnément des armes meurtrières et [forment] des forces djihadistes pour conquérir ou détruire Israël. C’est la politique communautaire de l’hégémonie qui ne peut générer rien d’autre que division et douleur.


Note :
[1] Facebook.com/mobarak.haider, 7 décembre 2017. Le post original en anglais a été légèrement modifié pour des soucis de clarté.

Source : Memri, 10 décembre 2017