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04 juillet 2011

Le projet de constitution tunisienne prévoie l'interdiction de toute normalisation avec Israël


C'est une nouvelle assez lamentable que nous apprend cette dépêche AFP en lien.

Extrait :
"La presse arabophone a publié le contenu de ce pacte, qui définit la Tunisie comme un pays démocratique et libre, sa langue est l'arabe et sa religion est l'Islam.
C e pacte qui doit servir de socle pour la nouvelle constitution tunisienne refuse catégoriquement "toute forme de normalisation avec l’État sioniste" et soutient la question palestinienne.

Quelques mots de commentaires :

1) On aurait cru que la démocratie aurait permis à toutes les sensibilités de s'exprimer : or avec ce genre de décision, on va diaboliser la minorité de Tunisiens qui souhaitent une normalisation des relations avec Israël. Alors qu'il aurait été possible, sans faire de vagues, de poursuivre la prudente position de la diplomatie du pays - reconnaissance "de facto" d'Israël, dont certains ressortissants pouvaient venir discrètement faire du tourisme ; mais pas de relations officielles avant un accord de paix entre l’État juif et l'ensemble du monde arabe -, les nouveaux dirigeants imposent une ligne très dure, renvoyant à un passé que l'on espérait révolu.

‎2) On n'a jamais vu une constitution stipulant ce que doit être la politique étrangère d'un état : par définition, la diplomatie évolue en fonction des intérêts nationaux et du contexte international : là, on a clairement une position "idéologique",  et qui interdit toute évolution !

3) En lisant l'article, il y a pire encore : Israël n'est même pas appelé par son nom, il est question d'un "état sioniste" ;  la Tunisie, pays moderne à une heure d'avion de la France, s'exprimant comme le Hamas et le Hezbollah ... on ne peut que trouver cela lamentable, et bien décevant pour un pays dont avait tant vanté la révolution "de jasmin" !

‎4) Par cette décision, les Tunisiens infligent également une gifle à tout le peuple juif, à commencer par leurs anciens compatriotes originaires de ce pays, et qui lui sont restés si affectivement attachés : qu'ils sachent que le droit à l'existence d'un état juif au Proche Orient est une "ligne rouge" pour 99 % des Juifs du Monde, quelles que soient nos appréciations sur tel ou tel gouvernement israélien  ;  ils ne pourront avoir à la fois notre amitié, et notre complicité devant une telle décision aussi grave.

5) Enfin, en agissant ainsi, la Tunisie nouvelle se ridiculise face à la communauté internationale : toutes les résolutions (de l'ONU, du Quartet) prévoient la sauvegarde de l'existence de l’État d'Israël, qui est par ailleurs une puissance économique, financière et technologique qui pèse de plus en plus dans le monde. Ce sont les dirigeants tunisiens qui isoleront leur pays alors que l'impact de leur décision sera nul sur Israël, qui continuera d'entretenir des relations avec toutes les grandes nations du Monde.

J.C