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01 mars 2005

Un jeune et brillant orientaliste reçu par "Rencontre"


Pierre Vermeren est un historien, arabisant et ayant vécu une dizaine année au Maghreb, contrée qui l'a toujours fasciné depuis qu'il a quitté les bancs de l’École Normale Supérieure. J'ai été conquis par son livre "Maghreb, la démocratie impossible ?" (Éditions Fayard, 2004), ouvrage qui n'a pas eu le retentissement mérité. Nous l'avons reçu deux fois à notre émission, le 17 octobre dernier sur le thème "Maghreb, une histoire revisitée" et le 31 octobre sur le thème "Maghreb, la démocratie est-elle possible ?". C'était une marque assez exceptionnelle d'intérêt pour un ouvrage, car nous n'avions eu avant lui que deux écrivains reçus deux fois consécutives : l'historien israélien Michel Abitbol, et le brillant universitaire franco-tunisien Abdelwahab Meddeb. J'ai eu aussi la joie de publier une critique de son livre sur le journal en ligne "proche-orient.info", le 29 juillet dernier.

L'auteur  : Pierre Vermeren
Né en 1966 à Verdun. Normalien et agrégé d'histoire, arabisant, il a vécu huit années au Maroc, en Egypte et en Tunisie. Spécialiste du Maghreb, il a consacré sa thèse de doctorat à « la formation des élites par l'enseignement supérieur au Maroc et en Tunisie », et il a enseigné six ans au lycée Descartes de Rabat. Aujourd'hui enseignant d'histoire dans un lycée de Bordeaux, il est chercheur associé au Centre d'études d'Afrique noire (CEAN). 

Le livre : Maghreb, la démocratie impossible ? Auteur : Pierre Vermeren, Éditeur : Fayard 420 pages Prix : 22 euros

Par Jean Corcos

Dans cet essai, Pierre Vermeren frappe d'emblée : « Le Maghreb post-colonial est en passe de devenir la terra incognita de la recherche historique française ». Et l'auteur d'évoquer (ce qui ne lui fera pas que des amis), la disparition des experts chevronnés, et la quarantaine de journalistes et conseillers, « souvent marqués par une approche proche-orientale », qui travaillent parfois comme relais d'opinion des régimes autoritaires en place. Les toutes dernières lignes de l'ouvrage reviennent sur l'évocation, fréquente au fil du livre, de la fin des minorités non musulmanes, au tournant plus ou moins violent des indépendances. Ce sont maintenant les élites nationales qui risquent de partir, un risque de terrible régression pour le Maghreb « s'il perdait pour la troisième fois en un demi-siècle ses franges les plus dynamiques et les plus ouvertes sur le monde (après les pieds-noirs et les juifs maghrébins) » (...) 

J.C