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10 juin 2012

Une nouvelle agression antisémite….jusqu’à quand ?


Samedi dernier,  à Villeurbanne, trois jeunes juifs, reconnaissables en tant que tels à la kippa qui leur couvrait la tête, ont été insultés puis frappés à coup de marteau et de barres de fer.  Les agresseurs, des jeunes, très probablement d’origine maghrébine, se sont enfuis, après avoir blessé  leurs victimes. Cette agression antisémite s’ajoute à de nombreuses autres qui se sont produites  ces dernières semaines, sans toujours être aussi graves, bien heureusement. On aurait pu croire que les actes monstrueux commis par Mohamed Merah à Toulouse et Montauban, avaient provoqué un choc salutaire, un sentiment de honte, le désir de se distinguer d’un tueur d’enfants chez des jeunes  sans repères.  C’est le contraire qui s’est produit, il est devenu pour certains un héros, comme en témoignent des inscriptions ou des insultes  antisémites.   Selon le SPCJ, le service de protection de la communauté juive, 148 actes antisémites, dont 43 violents se sont produits entre le 19 mars (jour de la tuerie dans l’école juive et le 30 avril 2012). Le ministère de l’intérieur en avait recensé 389 pour toute l’année 2011. Une escalade de la violence que confirme le BNVCA, le bureau national de vigilance contre l’antisémitisme.

L’agression de Villeurbanne a été condamnée par l’ensemble des responsables politiques, le premier ministre, Jean Marc Ayrault, le ministre de l’intérieur  Manuel Valls, contrairement à ce qui s’était passé entre 2000 et 2002 avec Jospin et Vaillant, ont immédiatement réagi et condamné. Manuel Valls a rencontré les responsables de la communauté pour étudier avec eux la sécurisation des bâtiments  sensibles et en particulier la protection des élèves à l’entrée et à la sortie des écoles.  Il n’est  donc «  pas question de minimiser les actes antisémites » qui sont, a déclaré le ministre « une insulte pour la France et la République » Il n’y aura pas de changement, avec François Hollande et la nouvelle équipe gouvernementale, dans la lutte contre l’antisémitisme, il y a continuité. Manuel Valls réactive la circulaire Guéant du 23 avril ainsi que la plate forme « Pharos » du ministère de l’intérieur. Les agresseurs seront  arrêtés et  condamnés, cela ne fait pas de doute mais je pense qu’il faut donner de la publicité à ces arrestations, à ces condamnations, pour qu’elles aient valeurs d’exemple, pour que certains agresseurs qui sont encore des gamins, se rendent compte qu’insulter, attaquer un juif est un délit. Répression, prévention, éducation doivent aller de pair.  

 Les responsables religieux ont aussi réagi : la Conférence des évêques de France  a estimé « rien ne peut conduire à poser ou à justifier des actes violents antisémites », le Conseil français du culte musulman en France a fait part «  de son soutien et de sa solidarité fraternels face à ces actes odieux » : c’est bien mais de la part des responsables musulmans, ce n’est pas suffisant. Actuellement, l’antisémitisme en France est surtout un antijudaïsme, dont les islamistes se font les propagandistes ; il cause un tort intolérable aux juifs mais il dessert aussi la communauté musulmane dans son ensemble. La tuerie de Toulouse, les assassinats de Montauban, les agressions de Villeurbanne, de Marseille n’améliorent pas l’image qu’offre d’elle-même, la minorité musulmane en France. Ils ne rendent pas plus facile son intégration dans la société française, ils confortent l’extrême  droite, ils renforcent la xénophobie, les phénomènes de rejet, alors que de nombreux français issus de l’immigration commencent à avoir de très belles réussites professionnelles, de belles promotions dans l’administration, dans la société civile. Malheureusement, ce ne sont pas ceux là qui sont les héros, les exemples à suivre pour la jeunesse en cause dans les actes délictueux. Ses héros, elle les recherche, au mieux, parmi les petits caïds de banlieue, au pire, elle encense un Mohamed Merah. Une élite émerge de cette communauté, elle partage les valeurs qui sont communes à la société française, elle s’intègre sans renier ses racines, elle est laïque ou pratiquante, mais elle n’ose pas exprimer publiquement son refus de l’islamisme radical. Elle ne s’implique pas, elle ne s’engage pas. Une manifestation organisée le 28 avril à Paris, par des musulmans, quelques jours après la tuerie antijuive de Toulouse, pour défendre les valeurs de tolérance, n’a réuni que deux cents personnes. En désertant le débat au sein de l’immigration dont elle est issue, cette élite  laisse le champ libre  aux plus extrémistes, alors que les musulmans de France gagneraient beaucoup à condamner ces derniers d’une voix forte et claire.

Gérard Akoun    
Judaïques FM, le 7 juin 2012

08 juin 2012

La prison Nador : "Un eldorado terrestre"


Un témoin souhaitant naturellement conserver l'anonymat par un pseudonyme, m'envoie cet article décrivant les conditions de vie dans une prison tunisienne ... un document exclusif sur le blog !

Le bus de l’Institut de presse et des sciences de l’information (IPSI) arrive devant la prison connue de Bizerte, « Nador », dans l’après-midi du lundi 7 mai. Cette prison qui a tellement fait horreur aux Tunisiens,  et qui contient 467 prisonnier,  a été, toutefois, considérée par ses cadres, notamment par son directeur comme «un paradis terrestre en comparaison avec les autres prisons de la République ».

Des prisonniers et quelques femmes devant la grande et lourde porte de la prison ont salué les étudiantes d’un groupe de l’IPSI accompagnées par leur professeure, avec des cris et des réclamations inédites adressées aux responsables de la prison. Comme : "Vous journalistes ! Transmettez l’info".

Un quart d’heure avant l’arrivée du Directeur de la prison, entre autre le Mkaddem Makram Ammar, des cadres travaillant au sein de la prison ont accueilli les étudiantes avec des bouteilles d’eau permettant de surmonter l'atmosphère lourde de la prison, pleine de souffrance, dans une ambiance de clair-obscur ...

A 15heures, M Ammar entra. Dès le début, un refus menace, effrayant. Le directeur a du contacter les parties concernées du Ministère de l’Intérieur pour confirmer l’autorisation de la visite. Faute de quoi, les étudiants devaient adopter un plan B sinon retourner à Tunis. Après vérification, M. Ammar a commencé à narrer les historiettes de Nador. Il a affirmé : "A Nador, tout va bien".
Cela s’explique, selon le Directeur, par le type de relation établie entre les surveillants des cellules et les prisonniers. Bonne communication interne, persuasion et empathie, ce sont les caractéristiques de cette relation basée sur la composante humanitaire spontanée. Quant à la torture, "Il n'y a pas d'instructions qui l’autorisent" a insisté M. Ammar. Ceci étant, le respect de la dignité des prisonniers s’avère fondamentale.
Samir Hedi, Premier Procureur, a affirmé dans ce cadre que le Juge ne sait rien dans tout cela. Il ne fait que juger. Et, dixit, " il ne comprend pas ce que veut dire au juste un emprisonnement de telle ou telle période".

Ceci dit, seul le prisonnier et celui qui y  travaille sont capables de décrire vraiment l’ambiance régnant dans la prison.
"Créativité, élevage d’oiseaux, peinture et cuisine", telles sont les activités qui préoccupent les prisonniers, nous dit-on. "Les surveillants des cellules et les prisonniers se trouvent en complète harmonie, ce qui leur permet de tisser des relations à haut niveau."
Le Directeur de la prison a raconté une petite anecdote à ce sujet : "On a emmené avec nous un prisonnier au souk de Bizerte. Nous l’avons laissé là-bas. Nous sommes revenus à la prison sans lui. Après quelque temps, le prisonnier est retourné à la prison dans un état de névrose et d’énervement". La prison lui manquait ... ce qui nous laisse rêveurs ! Dans cette anecdote, il s’agit de faire comprendre aux étudiantes que la prison est devenue le foyer par excellence du prisonnier, un foyer à ne pas quitter.
Toutefois, il y a eu quelques cas de fuite. Exemple : ainsi en 2004, en utilisant une camionnette livrant le pain.

"Le 14 janvier (date de la chute de Ben Ali), il n’y avait pas de problèmes", a affirmé le directeur de la prison. C’était une mentalité différente de celles d'autres prisonniers à travers le pays. Il a poursuivi que le 12 janvier 2011,  les prisonniers ont organisé un sit-in dans la prison pour exprimer leur solidarité avec le peuple tunisien. Ils ont également fait une grève de faim. Ce qui dénote du degré de conscience chez les prisonniers.
"Le 14 janvier après le départ de Ben Ali était un festin pour les prisonniers, on aurait dit qu’on était dans le stade d'El Menzah".

Or, dans certains témoignages, tels que celui de Ahmed Ben Rotman, à l’époque un détenu politique à la prison du Nador, envoyé de sa cellule et publié en avril 1979 dans la revue Les Temps Modernes, on lit : "Je me retrouvais aux termes d’un procès d'opinion, avec vingt ans de prison ferme. Et le jour même du verdict, je fus ramené à la prison du Nador de Bizerte, toujours seul, dans une cellule complètement isolée. Ce ne fut qu'en février 1975, après plus d'une année de total isolement, et à la suite d'une grève de la faim entreprise par tous les détenus politiques de la prison qu'on me mit avec mes autres codétenus, et que mon long isolement prît fin, (j’étais torturé)." Ceci ne se contredit-il pas les propos des responsables de la prison ?
A rappeler que la prison Nador, qui rassemblaient de grandes figures des droits de l Homme et des prisonniers d’opinion tels que M.M Hammadi Jebali, Ali Ben Salem et Nourddine Bhiri, se transformera bientôt en musée.

Cette prison est composée de cellules individuelles et de cellules de groupes, à raison de 30 prisonniers par surface de 6 fois 10. A souligner que le prisonnier isolé est privé du "panier" et de visites.
 "Le prisonnier d’aujourd’hui préfère être isolé", confirme M. Ammar. Ceci est évident : le prisonnier bénéficie du calme et de la télévision. Comme le dit le dicton tunisien, "dans le pire il y a quoi choisir" ... mais ceci est il suffisant pour dire que Nador est un Eldorado ?


Catha Freud

07 juin 2012

Un magasin exclusivement Halal et Casher, l'incroyable pari réussi de Hal'Cash



Réunir le temps d'un instant, Juifs et Musulmans, au gré de leurs courses en magasin, c'est l'incroyable pari tenté par Mondheur Mahdi, un entrepreneur bordelais. Lancée le 21 avril dernier, l'idée étonne, détonne, et ... cartonne. Avec environ 400 clients par jour, le projet, osé et courageux de Hal'Cash, séduit Juifs et Musulmans de Gironde : "C'est un bon concept. À Saint-Michel (NDLR : un quartier de Bordeaux), toutes les communautés se côtoient amicalement et fraternellement. C'est un mélange » affirme Béchir, un client du magasin.

L'idée est née il y a 3 ans, lorsque Mondheur, 32 ans, Musulman, s'attache les services de Norbert Attali, charcutier, Juif et septuagénaire. " Il préparait la charcuterie et moi je faisais la prière à côté de lui " raconte à titre d'anecdote notre chef d'entreprise.

De là, bourgeonna le dessein de proposer un commerce exclusivement destiné aux clients de confession juive et musulmane. Mondheur interroge alors l'Imam de Bordeaux et le Rabbin de la même ville. Emballé, ce dernier sera d'ailleurs le premier client de Hal'Cash : " Mon premier client, c'était le rabbin de Bordeaux. S'il est venu, ça veut dire que c'est bien, ce que je fais." A en croire cet entrepreneur, ce type de commerce est unique au monde. Et pour cause : « Les musulmans et les juifs, c'est la guerre. Mais nous, on est en France, on a le droit de se mélanger. On ne va pas faire la guerre. Ici, la différence de religion ne divise pas ; elle rassemble."

A bon entendeur, Salut, Shalom et Salam

Site Dafina.net,  
14 mai 2012

05 juin 2012

Dix raisons de croire que le Maroc pourrait devenir un émirat islamiste


Après 100 jours passés à la tête du gouvernement, les islamistes du PJD imposent un projet de société fondé sur un repli identitaire arabo-musulman.

Pour la première fois au Maroc, des islamistes que l’on a présenté comme modérés sont aux affaires, après leur victoire aux législatives anticipées de novembre 2011.
Pressé par la rue, le roi Mohammed VI avait auparavant réformé la Constitution du pays pour désamorcer la contestation née du printemps arabe.
Monarchistes, les islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD) menés par Abdelilah Benkirane, ont toujours clamé leur allégeance sans faille au trône alaouite.
Leur arrivée à la tête du gouvernement n’avait pas inquiété outre mesure l’Occident qui avait interprété leur victoire sous l’angle de leur assimilation progressive au jeu démocratique.
En somme, le régime monarchique, largement plébiscité par le peuple, pouvait, comme il l’a fait dans son histoire récente avec l’opposition de gauche, digérer l’islamisme légaliste.
Pourtant, à peine 100 jours passés aux commandes de l’Exécutif, les «islamistes de Sa Majesté» montrent une détermination sans faille à vouloir façonner la société à leur manière.

1- La censure de la presse «anti-musulmane» :
Une fournée de journaux et magazines étrangers ont été interdits d’accès au Maroc. Le Nouvel Observateur (par deux fois), L’Express, Le Pèlerin, Gazelle pour des raisons ayant trait à une interprétation rigoriste de l’Islam: ils ont été accusés d’avoir publié des représentations imagées de Dieu ou du prophète Mahomet. Ce type d’interdiction n’est pas une nouveauté au Maroc, mais le PJD veut en faire une politique systématique au point d’envisager une vaste campagne de communication à destination des éditeurs européens pour «clarifier l’image de l’islam et lutter contre les clichés le dévalorisant».

2- Le tourisme accusé d’être la source de péchés :
Mustapha Ramid, ministre islamiste de la justice et des libertés (!) —il est l’une des figures de proue du PJD— a suscité la polémique en affirmant que des touristes venaient à Marrakech, haut lieu du tourisme marocain, pour commettre des péchés. «Des gens du monde entier viennent pour passer beaucoup de temps à commettre des péchés et s'éloigner de Dieu», a déclaré Mustafa Ramid, lors d'une visite à une école coranique à Marrakech.

3- La réhabilitation des prédicateurs salafistes :
Le cheikh de cette école coranique n’est pas inconnu du grand public. En septembre 2008, le prédicateur qui dirige la medersa en question, Mohamed Maghraoui, avait provoqué une controverse en émettant une fatwa autorisant le mariage des filles à l'âge de 9 ans, prenant pour exemple le cas de la jeune Aicha que le prophète Mahomet a épousée. Maghraoui avait à l’époque été contraint de fermer ses écoles coraniques et s’était un temps exilé à La Mecque. Son site Internet  (aujourd’hui accessible) avait été désactivé par les autorités marocaines. Le ministre, qui a fait durant son intervention l’apologie de l’enseignement du prédicateur, a comparé ce qu’il a «enduré» «à la peine des prophètes».

4- La chasse aux «déviants sexuels» :
Début avril, une célèbre vedette transexuelle a été «bannie» d’une série télévisée alors que sa présence dans les médias publics ou privés n’avait jamais souffert d’une censure officielle. Les homosexuels ne sont d’ailleurs pas en reste. L’actuel ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement écrivait il y a quelques mois alors qu’il était encore le rédacteur en chef d’Attajdid, le journal officieux du PJD:
«L’homosexualité sur l’espace public constitue un défi à la religiosité ainsi qu’une atteinte aux valeurs et aux mœurs publiques».

5- Le bannissement des jeux de hasard :
Le ministre de la Communication Mustapha El Khalfi a annoncé l'interdiction de la publicité pour les jeux de hasard. Contacté par l'AFP, El Khalfi a indiqué que l'interdiction des jeux de hasard est conforme à la constitution qui «oblige dans son article 32 l'Etat à protéger les mineurs. C'est qui a été adopté par le CSA en France en mai 2010 et la BBC en mai 2011».

6- La promotion d’un art bigot :
Pour les islamistes du PJD, les festivals de musique très en vogue dans le royaume depuis une quinzaine d’années sont considérés comme «des lieux favorisant la débauche».
L’expression artistique au Maroc devrait être ainsi conforme à «un art propre», faisant la promotion des valeurs religieuses de la nation, à opposer à un art décadent forcément importé d’Occident. En ligne de mire, le Festival Mawazine de Rabat qui a vu ses financement publics annulés cette année. Les raisons invoquées concernent ses dépenses jugées injustifiées et la mainmise de son organisation par l’entourage royal, mais il y a deux ans, le PJD avait déjà tenté de faire annuler le concert d’Elton John à Mawazine, accusé d’être l’incarnation de tous les démons, estimant que sa prestation «encourageait l’homosexualité».

7- La marginalisation des langues étrangères :
Les cahiers des charges des deux chaînes (Al-Oula et 2M) ont été remaniés en faveur d’une plus forte arabisation de leur contenu: 80% des émissions de la première chaîne seront en langue arabe.
La moitié de la programmation de la chaîne 2M, réputée être la plus francophone sera dorénavant diffusée en langue arabe, 30% en amazigh contre 20% en langues étrangères usitées au Maroc, c’est-à-dire essentiellement le français et l’espagnol.
En outre, les radios nationales se voient obligées de dédier 70% de leur programmation à la chanson marocaine, suivie de la chanson arabe et étrangère.
Par ailleurs, le PJD a toujours considéré que la forte présence des missions culturelles étrangères, notamment à travers les établissements français, contribuent à une acculturation intolérable des Marocains. En plus de l’arabisation des médias publics, ceux-ci ont l'obligation de diffuser les cinq appels quotidiens à la prière.

8- La guerre à l’identité berbère :
Le PJD avait ferraillé contre l’officialisation de la langue amazighe dans la nouvelle Constitution. Abdelilah Benkirane avait, lors d’un meeting électoral, comparé les idéogrammes berbères au chinois soulevant un tollé dans l’opinion publique. Pour les islamistes, l’identité musulmane est consubstantielle à la langue arabe, la langue sacrée du Coran.

9- Le déni des droits des femmes :
Le gouvernement islamiste qui a accepté du bout des lèvres les maigres avancées de la Moudawana, le code de la famille adopté en 2004, se refuse à abroger la législation du Code pénal qui a poussé au suicide une adolescente mariée de force à son violeur.
«L’article 475 du code pénal ne risque pas d'être abrogé, du jour au lendemain, sous la pression de l’opinion publique internationale. Parfois le mariage de la violée à son violeur ne lui porte pas un réel préjudice», a lancé Bassima Hakkaoui, la seule femme du gouvernement et membre du PJD. La ministre chargée de la Solidarité, de la Femme et de la Famille avait aussi affirmé qu’une jeune fille de 14 ans pouvait être mariée si elle était «reconnue physiquement apte à procréer».

10- La surtaxation de l’alcool : 
Si la consommation d’alcool est prohibée par la loi religieuse, malgré quelques controverses doctrinales, elle n’est pas interdite formellement par le droit positif marocain. Aussi, la loi marocaine sur l’alcool stipule que sa vente est licite sous autorisation, mais les islamistes tentent à tout prix de bannir sa consommation, d’abord en faisant barrage à la mise en place d’alcootest sur les routes et surtout en défendant un projet de loi visant à surtaxer les produits alcoolisés.
Ces quelques exemples ne sont que les prémices à une application plus stricte des préceptes édictés par l’islam rigoriste voulu par le PJD à l’encontre des libertés individuelles. Le PJD veut absolument éviter le débat sur l’avortement même en cas de viol, fustige toute référence à la liberté de conscience ou sexuelle et cherche aussi dans d’autres domaines comme celui de la finance à adopter des lois s’inspirant de la charia islamique.
Contrairement aux idées reçues, la monarchie et les islamistes ont, sur ces questions, des intérêts convergents. Les folles affaires des «rockers satanistes» en 2003, des «homos de Ksar El Kébir» en 2008, des «déjeuneurs du Ramadan» en 2009 et celle suscitée par le lancement de Mithly, le premier magazine gay du monde arabe, en sont la parfaite illustration. L’Etat a dû sévir en donnant raison aux islamistes. Aussi, l’image de modernité que veut donner Mohammed VI à son régime s’en trouve troublée. Le roi tire sa légitimité de son statut religieux de Commandeur des croyants et ne peut à ce titre contredire son gouvernement. Leur attelage est tiraillé par cette contradiction sur laquelle le PJD, cohérent avec ses idées et fort de sa victoire par les urnes, joue allégrement.
«Dire Non aux islamistes revient à dire oui au haram [péché, ndlr]. Et ça, même la monarchie n’osera pas le faire» résume à juste titre l’éditorialiste de TelQuel.

Ali Amar
Slateafrique.com, 29 avril 2012

04 juin 2012

Monde musulman - Les pèlerins reprennent la route de Jérusalem

La Mosquée d'Omar à Jérusalem

Après avoir dédaigné pendant des décennies l'ancienne route des pèlerins, les musulmans retrouvent le chemin de Jérusalem, et des pèlerinages vers leur troisième lieu saint, la mosquée Al Aqsa.

Ils se retrouvent ainsi au cœur de la polémique entre une grande partie du clergé musulman - opposée aux visites à Jérusalem -, et les leaders de l'Autorité palestinienne qui les encouragent.

La grande majorité sont des pèlerins musulmans de pays n'appartenant pas au monde arabe (Afrique du sud, Malaisie, Inde par exemple), dans lesquels il n'est pas stigmatisant de visiter Israël.

Ils ont commencé à revenir modestement en 2008, alors que les violences entre palestiniens et israéliens diminuaient d'intensité.
Les guides palestiniens, les tours opérateurs arabes israéliens estiment que l'accroissement de leur nombre va de pair avec le développement d'une classe moyenne dans les pays d'origine et notamment le monde musulman, qui a vu les futurs pèlerins en mesure de s'offrir un tel voyage.

Pendant plusieurs siècles, c'est en se rendant en pèlerinage à la Mecque que les musulmans s'arrêtaient accessoirement à Jérusalem, pour, pensaient ils, renforcer la valeur de leur visite à la Mecque.

Le chemin s'est interrompu en 1967, avec la guerre des six jours et la réunification de Jérusalem (et la prise par Israël de Jérusalem est) qui a complexifié les visites avec un même lieu qui abrite à la fois le Mont du Temple – le site juif le plus saint - et la mosquée d'Al Aqsa.

Pour nombre de ces pèlerins, venir visiter les Lieux saint musulmans revenaient à reconnaître la souveraineté israélienne sur Jérusalem est.
Ce sentiment s'est petit à petit atténué et les musulmans reviennent; leur nombre reste relatif (environ 2000 l'année dernière) au regard des trois millions de visiteurs qui entrent à Jérusalem (essentiellement juifs et chrétiens), mais un nombre qui tranche cependant avec l'absence totale de pèlerins musulmans pendant plusieurs dizaines d'années.

En février dernier, Mamhoud Abbas appelait les musulmans à venir visiter Jérusalem, "pour lutter contre la judaïsation des lieux saint musulmans", selon lui et renforcer la revendication palestinienne sur la partie est de la ville.
Appel auquel ont répondu un iman égyptien Ali Gomaa et un cousin de la famille royale jordanienne qui se sont rendus en pèlerinage il y a quelques semaines.
Des visites immédiatement condamnées dans leur pays, mais qui n'ont pas empêché deux ministres jordaniens et d'autres imams de suivre leur pas.

Dans le reste du monde arabe cependant, de tels appels sont bannis et condamnés par l'administration du Hamas à Gaza, les Frères musulmans en Egypte et Jordanie, ou les prédicateurs.

Ainsi, Yousef al-Qaradawi, un prédicateur très populaire déclarait : " visiter Jérusalem est interdit, visiter l'état de l'ennemi sioniste, est interdit. Jérusalem a besoin de combattants, pas de touristes".

Pour le porte parole du gouvernement israélien, Mark Regev, ces pèlerins "sont les bienvenus et bien accueillis", et les services de sécurité des lieux saints se familiarisent petit à petit avec ces nouveaux touristes musulmans…qui ne parlent pas l'arabe!

Né dans la péninsule arabique, Mahomet a introduit la prière en direction de Jérusalem autour des années 620, alors qu'il tentait de gagner les juifs à la nouvelle religion, l'Islam. En l'absence de réussite dans cette démarche, la prière en direction de la Mecque a été établie, et la mosquée Al Aqsa n'a été édifiée que soixante ans après sa disparition.

Gerard Fredj,
Site "Israël infos", 22 mai 2012

03 juin 2012

Une assemblée en plein travail !

Le sourire du mois
- juin 2012

Ce caricaturiste tunisien a un talent extraordinaire ... chaque personnage est croqué, dans des situations plus coquasses l'une que l'autre ! En le découvrant, j'ai immédiatement pensé à Albert Dubout (1905-1976) grand dessinateur français connu avant guère, et célèbre pour ses miniatures et ses illustrations de livres, dessins de presse et publications innombrables.

Pour en revenir à cette illustration, elle dénonce l'Assemblée constituante tunisienne, dominée par Ennahdha, où les travaux n'avancent guère ... mais qui a déjà distribuée une prime de productivité aux députés.

J.C

01 juin 2012

"Voilà, Boualem Sansal est reparti", par Jean-Pierre Lledo


Voilà, Boualem Sansal est reparti. Voyage éclair.

Mais pour toutes celles et ceux qui ont pu l’approcher durant ces 4 jours (13 au 16 Mai), à Jérusalem ou à Tel Aviv, à l’occasion de sa participation au Festival International des Ecrivains 2012 de Jérusalem, la lumière de l’éclair restera pour toujours. Pour d’innombrables raisons.

Malgré sa notoriété qui grandit de roman en roman, Boualem est resté le même, modeste, à l’écoute, doux, n’élevant jamais la voix, naïf et pas faussement, tellement sans masque qu’on a envie de le lui en tendre, au moins un, on sait jamais. Comment ne pas penser à cette autre force tranquille, l’écrivain Tahar Djaout qui, lui en plus, roulait adorablement les ‘’r’’ ? (Il fut assassiné le 27 mai 1993 par les islamistes alors qu’il venait de sortir de son immeuble et d’entrer dans sa voiture, dans une lointaine banlieue d’Alger).

Même les énormités ne perturbent pas plus Boualem qu’elle ne perturbait Tahar.

Et autant le dire de suite, Boualem n’en entendit pas une seule, là.

Les énormités, faut aller les chercher sur le net : haine, antijuivisme primitif le disputant à un aussi primitif anti-israélisme, insultes nauséabondes, baignant souvent dans ce nazislamisme déjà dénoncé par l’auteur dans ‘’Le Village de l’Allemand’’.

Même aussi dénué de préjugés que lui, arriver à Jérusalem quand on vient d’Algérie n’est pas une mince affaire. Que faut-il surmonter ? Je lui ai posé la question. Réponse : ‘’la peur’’. Et Boualem refuse d’avoir peur, car ‘’c’est entrer dans leur logique’’. Celle du censeur, du dictateur, du sectateur, et de tous les autres bien-penseurs. Il faudrait écrire panseurs.

N’ayant pas peur, il a pu savourer ses sensations, celles du lieu magique, Yérouchalaïm (Jérusalem prononcé en hébreu), celles des rencontres avec ses habitants-lecteurs-auditeurs, et en éprouver du bonheur. C’est beau de voir un visage émerveillé. On a beau avoir dépassé la soixantaine, c’est celui d’un enfant. Rien de mystique ni du fameux syndrome de Jérusalem, pourtant.

Car il en sera ainsi de tous les Arabes qui viennent et viendront en Israël. Planter ses dents dans le fruit défendu, c’est quand même le plaisir des plaisirs. Ensuite, retrouver ces Juifs qui ont été chassés de tous les pays arabes. 600 des 900 mille, ce n’est pas rien. Et donc forcément qu’à chaque coin de rue, vous avez de fortes chances de vous retrouver nez à nez avec un de ces 600 000, un pote de Tlemcen, ou de Constantine, ou du Mzab, ou du bled de la Kahena dans les Aurès… Et le nez, les Juifs comme les Arabes, ils n’plaisantent pas avec.

Ensuite, quand on vient du monde arabe, et qu’on a dû prendre son visa à Paris, donc traverser plusieurs pays d’Europe, où insensibles aux tueries et aux discriminations les plus intolérables du monde musulman, vis-à-vis des Noirs, des Chrétiens, et de tout musulman qui ose déroger, Israël est devenu le seul motif d’indignation, la grosse surprise c’est, bien sûr, de marcher dans des rues où se croisent des Arabes et des Juifs le plus normalement du monde, ou bien de traverser tout Jérusalem et ses quartiers plutôt arabes ou plutôt juifs, dans ce fameux tramway à peine inauguré, sans que l’on y voit un seul policier, sans que le moindre ‘’crime talmudique’’ ne soit commis pour faire de la galette avec du sang d’enfant arabe, puisque tel est le sujet favori d’une bonne partie de la production romanesque dans le monde arabe …

Boualem m’a d’ailleurs demandé comment étaient habillés les policiers. Je lui ai répondu que je me posais la même question, car je n’en avais pas encore vus, et que je me demandais même comment d’aussi grandes villes pouvaient s’autodiscipliner.

Et lorsque Boualem s’est rendu au lycée français de Jérusalem qui tient à s’afficher ‘’laïque’’ bien que situé dans le couvent St Joseph, ce qui l’a éberlué, c’était que hormis quelques profs et le proviseur, des Français, le reste, profs et élèves étaient Juifs et Arabes, ces derniers étant soient israéliens, soit venant des Territoires administrés par l’Autorité Palestinienne. Les keffiehs que portaient certains élèves ne lui ont pas échappé non plus. C’est vrai que c’était le jour de la ‘’Naqba’’ (catastrophe), que depuis quelques années les dirigeants palestiniens tiennent à commémorer, sous ce nom, presque l’équivalent en hébreu de la ‘’Shoah’’, excusez du peu, le même Jour que l’indépendance israélienne de Mai 1948.

Quand les Arabes et les Palestiniens pourront librement - c’est à dire sans que les intellectuels n’aient peur pour eux et leur famille - se réapproprier leur histoire, ils devront sans aucun doute conserver une Journée Naqba, mais en la situant bien, bien avant …

Par exemple, au tout début du 20ième siècle lorsque les premiers mouvements politiques arabes - ils ne se disaient pas encore ‘’palestiniens’’ puisque les premiers palestiniens de cet endroit furent … Juifs - au lieu de s’employer à bâtir les institutions de leur futur Etat, comme le fit le mouvement sioniste, consacrèrent toute leur énergie à nier le droit national des Juifs à avoir leur propre Etat, d’abord par la parole, puis par le boycott de leurs produits économiques, puis par les assassinats de simples gens, puis en commençant par chasser les Juifs de Galilée, de Hébron, et de Jérusalem, c'est-à-dire ceux qui n’avaient jamais quitté cette terre, enfin par la guerre dirigée par le Hadj Amin El Husseini financé dès les années 30 par les nazis. Fourvoyés par leurs chefs et par des pays arabes dont les frontières ont toutes été dessinées par la puissance dominante, l’Angleterre, telle est la véritable Naqba des Palestiniens arabes, chrétiens et musulmans.

Le jour où l’on verra des intellectuels arabes et palestiniens le dire et l’écrire, alors la solution du conflit israélo-palestinien ne sera plus très loin…

Sansal, quant à lui, est persuadé qu’un jour la paix arrivera.

Et il a même une petite idée toute simple qu’il ne nous a pas dissimulée…  "Il faudra qu’autour de la table, il n’y ait que des Palestiniens et des Israéliens." Pas d’autres.
"Ni des Européens, ni des Américains, ni des Russes, car tous n’ont en vue que leurs intérêts". Ni des Arabes d’ailleurs, surtout eux, qui aujourd’hui se sont livrés aux islamistes …

Les islamistes, et on l’avait compris depuis ‘’Le Village de l’Allemand’’, sont pour Boualem le mal absolu.

Aussi a-t-il tenu à s’élever contre ceux qui en Europe défendent l’idée que c’est "un mal nécessaire". Traverser le Mal pour aller vers le Bien ? "Ridicule, suicidaire !", hausse à peine la voix, Boualem : "Pour aller vers le bien, il faut s’ ECARTER du Mal".

Mais les élections dans le monde arabe qui lorsqu’elles sont libres portent partout au pouvoir les islamistes, laissent-elles un espoir, lui ont demandé maintes fois ceux qui firent salle comble à chacun de ses débats ?

‘’Pas à brève échéance’’, admet l’écrivain. Et précise-t-il, le temps à lui seul n’y fera rien. De débat en débat, Boualem ne craint pas de se répéter : "les intellectuels du monde arabe doivent se mettre au travail", pour élaborer une pensée indépendante des pouvoirs consacrés, une pensée qui ne recule devant aucun tabou. Et comme Boualem ne veut pas désespérer, il énumère quelques exemples (peu nombreux) de réactions positives à son voyage actuel en Israël, qui certes par ces temps de fange haineuse, illuminent...

La question qui est revenue le plus souvent est : "Pourquoi restez vous en Algérie ?". Certains le prièrent même, larmes aux yeux : "Ne tentez pas le diable, partez !’". Et Boualem de citer un échantillon de la longue liste des bêtes noires du pouvoir qui depuis 1962 ont toutes été assassinées dans différentes villes d’Europe, sans même que les polices de ces pays dotés pourtant d’Etats de droit et de justices indépendantes n’aient mené la moindre enquête. "Ce n’est pas moi qui doit partir, ce sont eux (les pouvoirs) !".

Evidemment, le public israélien n’a pas l’habitude de rencontrer pareils énergumènes.

Surprise. Etonnement. Effarement. Ahurissement. Stupéfaction. Ebahissement. Eblouissement. Emerveillement. Fascination ... Voilà, je vous ai mis tous les synonymes de ‘’surprise’’ que me propose l’ordinateur. Et il est certain que le charme, comme l’éclair dont je parlais au début, n’est pas prêt de s’estomper.

Tant de mots du coeur lui ont été dits… En aparté : ‘’Beaucoup vous admirent, moi je vous aime’’, dixit Ziva. Et en public : ‘’si Primo Lévi était vivant, il serait votre ami, Boualem !’’. Suprêmissime compliment par quelqu’un qui, nous dit-il, avait perdu 60 personnes de sa famille dans tous les camps hitlériens.

Là, où passe Boualem, l’effet est durable. Et au moment de se séparer, le seul mot que son public et lui n’ont pas prononcé, est ‘’adieu’’, tant il était évident pour tous, qu’une longue histoire venait de commencer. Venait ou avait déjà commencé depuis si longtemps, il y a 2000 ans ou plus, lorsque les premiers Juifs arrivèrent après avoir été chassés de leur Judée et qu’ils furent adoptés par les Berbères ?

Car s’il est bien un sentiment qui vous prend à la gorge et ne vous quitte plus en arrivant pour la première fois à Jérusalem, c’est que c’est bien le lieu où l’histoire brisée et violente de l’humanité se recollera et s’apaisera… Que les artistes et intellectuels du monde arabe qui auront un peu de son courage sachent ce qui les attendent et ce qu’ils auront à ressentir : combien il est bon d’être aimé par ceux que l’on nous avait présenté comme des ennemis !

Ses derniers moments hiérosolomytains, Boualem tint à les passer avec ses compatriotes de Tlemcen, Miliana, Blida, Alger, et j’en oublie, (cf toutes les photos ci-dessus) dans une superbe maison du quartier juif de la Vieille Ville, rasé après 1948, quand il tomba dans les mains de la Jordanie, et reconstruit après la victoire israélienne lors de la guerre des six jours en 1967. Avant de se séparer, on monta sur la terrasse. Il faisait grand nuit, et le Dôme du Rocher luisait de sa dorure. On pouvait rêver à la grande réconciliation entre les enfants d’Abraham que venait à peine d’évoquer notre hôte, lui aussi Abraham, dans une magnifique envolée lyrique, applaudie par Boualem…

Moi je ne pus m’empêcher de penser à ce SMS reçu à Paris il y a 2 ans, que me retransmit une intellectuelle algérienne et qui disait, alors que l’on venait juste d’inaugurer la grande synagogue "Hourva’" explosée, avec de nombreuses autres en 1948, par la Légion jordanienne : "En ce moment les buldoozers deTsahal sont en train de détruire El Aqsa".

PS : Ah, j’allais oublier… On a aussi beaucoup parlé de littérature. Boualem ne la joue jamais "Ah vous savez c’est très mystérieux’"… Il demande juste combien de temps on lui donne pour répondre, et comme s’il se parlait, il recompose, et réemprunte devant nous, mezzo voce, tous ses labyrinthes créatifs.

Mais pour cette fois, je crois que là n’était pas l’essentiel…

Jean-Pierre Lledo, 
cinéaste, le 17 mai 2012


Nota de Jean Corcos :
Je remercie Jean-Pierre Lledo, cinéaste, qui m'a communiqué ce compte-rendu tellement percutant sur la visite courageuse du grand romancier algérien en Israël. C'est un grand bonheur, pour moi, de voir réunis ici ces deux amis, enfants de l'Algérie et que j'avais eu le plaisir d'avoir comme invités à mon émission : vous pourrez entendre mes interviews en visitant mes pages de podcasts, numéro du 22 février 2009 pour Boualem Sansal, et du 25 avril 2010 pour J.P Lledo.