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08 mars 2017

Robert Faurisson, "historien" officiel de l'Iran ?



Introduction : 
La face, à mon avis, la plus abjecte de la République Islamique d'Iran est son soutien au négationnisme de la Shoah ; un soutien parfois ouvert, comme sur cette illustration où on voit l'ex-président Mahmoud Ahmadinejad remettre un prix à Robert Faurisson ; plus souvent sournois, avec le soutien moral et matériel accordé à cette forme virulente de l'antisémitisme, lors de "concours de caricatures sur l'Holocauste", ou dans ses médias. Je reproduis ci-dessous un article de Valérie Igounet, repris le 10 septembre 2012 sur mon blog.
J.C

Le 2 février 2012, Mahmoud Ahmadinejad ouvre le trentième festival international du film de Téhéran. En marge de celui-ci se déroule la seconde conférence internationale sur "l'hollywoodisme et le cinéma". Comme l'explique une des participantes, un des objectifs de cette manifestation est de réunir des « gens soucieux de combattre le sionisme qui empoisonne le milieu cinématographique et qui, par là même, répand sa propagande mensongère et totalement dénuée d'humanité (1)". Une délégation française est là. Elle vient présenter ses productions cinématographiques et/ou s'exprimer sur un des thèmes proposés. 

La présence du négationniste français Robert Faurisson s'explique par la projection prévue d'un film dont il est le personnage principal. Il doit aussi parler en public sur ce sujet : "Contre l'hollywoodisme, le révisionnisme". Ce jour, Robert Faurisson est reçu en audience privée par le président iranien. Peu après, ce dernier lui remet un premier prix "honorant le courage, la résistance et la combativité". Âgé tout juste de 83 ans, le négationniste est accueilli en Iran comme un hôte de marque.

Cette sorte de consécration s'explique essentiellement par deux points. Le premier concerne l'Iran, son président et son rapport à l'histoire du génocide des Juifs et à celle de la création d'Israël en 1948. Pour Mahmoud Ahmadinejad, la shoah est un prétexte à l'existence d'Israël. Le président iranien a donc fait du négationnisme un axe stratégique, un instrument de propagande politique. En décembre 2006, l'organisation d'une « conférence internationale sur l'holocauste » réunissant une soixantaine de négationnistes, à Téhéran, montre officiellement l'émergence d'un négationnisme d'État. Robert Faurisson est un des acteurs de cette nouvelle donne. Il trouve dans ce pays un relais pour exprimer ses propos condamnables en France par la loi Gayssot ; une nouvelle terre d'accueil pour cet homme en manque de notoriété, en France, dès la fin des années quatre-vingt.

Depuis le début du XXIème siècle, Robert Faurisson est en train d'acquérir le statut d'historien officiel en Iran. On le retrouve "consultant" épisodique sur une chaîne de télévision iranienne ou présenté, dans un quotidien iranien, comme le "principal chercheur européen en matière de révision de l'Holocauste". Il peut également faire figure d'interlocuteur avec le président iranien. Par l'intermédiaire de Jawad Sharbaf, directeur général de l'Institut Neda des sciences politiques, Mahmoud Ahmadinejad demande à Robert Faurisson son aide pour l'organisation de la "conférence sur l'holocauste" à venir. En décembre 2005, Robert Faurisson reçoit cette lettre en provenance d'Iran :
"Monsieur le professeur, ( ...) Les récentes remarques du Président Mahmoud Ahmadinejad mettant en doute l' ''Holocauste'' ont créé une situation favorable au révisionnisme. À l'heure présente nous pensons qu'indubitablement le Président fera tout ce qui est en son pouvoir si vous prenez contact avec lui et lui demandez son assistance pour l'organisation d'une Conférence internationale sur le révisionnisme. Au cas où, à cet égard, vous auriez besoin de notre aide, n'hésitez pas à vous mettre en rapport avec nous. Nos meilleurs vœux vous accompagnent".
Cette histoire entre l'Iran et la France a commencé en 1987, au moment de la condamnation de Klaus Barbie à la réclusion criminelle à perpétuité. Le journaliste Edwy Plenel révèle dans Le Monde des liens entre Wahid Gordji (de l'ambassade d'Iran) et une librairie néonazie à Paris Ogmios. Il met au jour des convergences qui existent entre la révolution islamiste et l'extrême droite. L'attitude actuelle de l'Iran se situe dans la continuité. Elle expose des alliances, notamment entre les islamistes radicaux et certains qui se revendiquent « antisionistes ». Parmi eux figure Dieudonné M'bala M'bala. C'est le second point sur lequel il est nécessaire d'insister.

Car Robert Faurisson n'est pas venu seul à ce festival. Il est accompagné de quelques personnes dont l'ancien humoriste français. Celui-ci vient pour son film « L'Antisémite », présenté comme la "première comédie sur l'holocauste". Un producteur iranien en assure le financement. Cela fait un bon moment que Dieudonné M'bala M'bala dérive vers le négationnisme. Il suffit de se remémorer son spectacle de décembre 2008, au Zénith de Paris, lorsqu'il fait monter sur scène Robert Faurisson ou, encore, d'évoquer un de ses derniers spectacles, intitulé "Mahmoud", dans lequel il rend hommage au président iranien et fait état de quelques discussions avec son "copain Robert". Aujourd'hui, Dieudonné M'bala M'bala fait partie de l'entourage proche de Robert Faurisson. Leur rencontre a eut lieu par l'intermédiaire d'un troisième homme : Paul-Éric Blanrue. Ce dernier est central dans l'itinéraire de Robert Faurisson. Il est, en quelque sorte, à l'origine du retour de Robert Faurisson sur le devant de la scène de l'histoire du négationnisme. C'est par lui que se sont rencontrés Dieudonné M'bala M'bala et Robert Faurisson. Paul-Éric Blanrue s'impose également comme l'héritier idéologique du négationniste et vient de réaliser ce film à sa gloire, « Un Homme », mis en ligne fin septembre 2011 et traduit rapidement dans plusieurs langues. Cette sorte de documentaire hagiographique d'une heure et demi - qui devait être projeté à Téhéran - occulte bien des informations pouvant nuire à l'image imposée de Robert Faurisson dans ce film, celle d'"un homme à la fois simple et héroïque, qui parle de ses découvertes sans haine ni violence, avec sérénité et humour, en n'insultant personne (2)". Aujourd'hui, Dieudonné M'bala M'bala et Paul-Éric Blanrue sont indissociables de l'itinéraire du négationniste. Ils se chargent, à leur manière, de répandre sa propagande.

Robert Faurisson se retrouve au centre de cette nouvelle nébuleuse. Sa réputation a suffit pour l'y introduire. Il est devenu le "martyr" de la cause négationniste. Il est d'ailleurs conscient d'être instrumentalisé par ces hommes. Le point de ralliement de ces hommes est un « antisionisme » radical, paravent d'un antisémitisme déguisé, qui trouve aujourd'hui son aboutissement discursif dans le négationnisme. La dénonciation du "complot américano-sioniste", l'axe du mal, figure au centre de cette rhétorique.

(1) "Deuxième Conférence Internationale sur l'Hollywoodisme et le Cinéma Mondial à Téhéran : compte rendu de Marie Bruchet", Le Clan des Vénitiens.
(2) Propos de Paul-Éric Blanrue recueillis Par Rachid Guedjal pour Algerienetwork, Le Clan des Vénitiens.

Valérie Igounet,
Huffington Post, le 29 février 2012
Valérie Igounet est Historienne, chercheuse rattachée à l'Institut d'Histoire du Temps Présent. Spécialiste de l'histoire du négationnisme et de l'extrême droite, et l'auteur de "Robert Faurisson - portrait d'un négationniste" (Denoël)

10 septembre 2012

Robert Faurisson, "historien" officiel de l'Iran ?

Robert Faurisson face à la télévision iranienne,
photo tirée du site négationniste "radioislam.net"

 
Le 2 février 2012, Mahmoud Ahmadinejad ouvre le trentième festival international du film de Téhéran. En marge de celui-ci se déroule la seconde conférence internationale sur "l'hollywoodisme et le cinéma". Comme l'explique une des participantes, un des objectifs de cette manifestation est de réunir des « gens soucieux de combattre le sionisme qui empoisonne le milieu cinématographique et qui, par là même, répand sa propagande mensongère et totalement dénuée d'humanité (1)". Une délégation française est là. Elle vient présenter ses productions cinématographiques et/ou s'exprimer sur un des thèmes proposés. 

La présence du négationniste français Robert Faurisson s'explique par la projection prévue d'un film dont il est le personnage principal. Il doit aussi parler en public sur ce sujet : "Contre l'hollywoodisme, le révisionnisme". Ce jour, Robert Faurisson est reçu en audience privée par le président iranien. Peu après, ce dernier lui remet un premier prix "honorant le courage, la résistance et la combativité". Âgé tout juste de 83 ans, le négationniste est accueilli en Iran comme un hôte de marque.

Cette sorte de consécration s'explique essentiellement par deux points. Le premier concerne l'Iran, son président et son rapport à l'histoire du génocide des Juifs et à celle de la création d'Israël en 1948. Pour Mahmoud Ahmadinejad, la shoah est un prétexte à l'existence d'Israël. Le président iranien a donc fait du négationnisme un axe stratégique, un instrument de propagande politique. En décembre 2006, l'organisation d'une « conférence internationale sur l'holocauste » réunissant une soixantaine de négationnistes, à Téhéran, montre officiellement l'émergence d'un négationnisme d'État. Robert Faurisson est un des acteurs de cette nouvelle donne. Il trouve dans ce pays un relais pour exprimer ses propos condamnables en France par la loi Gayssot ; une nouvelle terre d'accueil pour cet homme en manque de notoriété, en France, dès la fin des années quatre-vingt.

Depuis le début du XXIème siècle, Robert Faurisson est en train d'acquérir le statut d'historien officiel en Iran. On le retrouve "consultant" épisodique sur une chaîne de télévision iranienne ou présenté, dans un quotidien iranien, comme le "principal chercheur européen en matière de révision de l'Holocauste". Il peut également faire figure d'interlocuteur avec le président iranien. Par l'intermédiaire de Jawad Sharbaf, directeur général de l'Institut Neda des sciences politiques, Mahmoud Ahmadinejad demande à Robert Faurisson son aide pour l'organisation de la "conférence sur l'holocauste" à venir. En décembre 2005, Robert Faurisson reçoit cette lettre en provenance d'Iran :
"Monsieur le professeur, ( ...) Les récentes remarques du Président Mahmoud Ahmadinejad mettant en doute l' ''Holocauste'' ont créé une situation favorable au révisionnisme. À l'heure présente nous pensons qu'indubitablement le Président fera tout ce qui est en son pouvoir si vous prenez contact avec lui et lui demandez son assistance pour l'organisation d'une Conférence internationale sur le révisionnisme. Au cas où, à cet égard, vous auriez besoin de notre aide, n'hésitez pas à vous mettre en rapport avec nous. Nos meilleurs vœux vous accompagnent".
Cette histoire entre l'Iran et la France a commencé en 1987, au moment de la condamnation de Klaus Barbie à la réclusion criminelle à perpétuité. Le journaliste Edwy Plenel révèle dans Le Monde des liens entre Wahid Gordji (de l'ambassade d'Iran) et une librairie néonazie à Paris Ogmios. Il met au jour des convergences qui existent entre la révolution islamiste et l'extrême droite. L'attitude actuelle de l'Iran se situe dans la continuité. Elle expose des alliances, notamment entre les islamistes radicaux et certains qui se revendiquent « antisionistes ». Parmi eux figure Dieudonné M'bala M'bala. C'est le second point sur lequel il est nécessaire d'insister.

Car Robert Faurisson n'est pas venu seul à ce festival. Il est accompagné de quelques personnes dont l'ancien humoriste français. Celui-ci vient pour son film « L'Antisémite », présenté comme la "première comédie sur l'holocauste". Un producteur iranien en assure le financement. Cela fait un bon moment que Dieudonné M'bala M'bala dérive vers le négationnisme. Il suffit de se remémorer son spectacle de décembre 2008, au Zénith de Paris, lorsqu'il fait monter sur scène Robert Faurisson ou, encore, d'évoquer un de ses derniers spectacles, intitulé "Mahmoud", dans lequel il rend hommage au président iranien et fait état de quelques discussions avec son "copain Robert". Aujourd'hui, Dieudonné M'bala M'bala fait partie de l'entourage proche de Robert Faurisson. Leur rencontre a eut lieu par l'intermédiaire d'un troisième homme : Paul-Éric Blanrue. Ce dernier est central dans l'itinéraire de Robert Faurisson. Il est, en quelque sorte, à l'origine du retour de Robert Faurisson sur le devant de la scène de l'histoire du négationnisme. C'est par lui que se sont rencontrés Dieudonné M'bala M'bala et Robert Faurisson. Paul-Éric Blanrue s'impose également comme l'héritier idéologique du négationniste et vient de réaliser ce film à sa gloire, « Un Homme », mis en ligne fin septembre 2011 et traduit rapidement dans plusieurs langues. Cette sorte de documentaire hagiographique d'une heure et demi - qui devait être projeté à Téhéran - occulte bien des informations pouvant nuire à l'image imposée de Robert Faurisson dans ce film, celle d'"un homme à la fois simple et héroïque, qui parle de ses découvertes sans haine ni violence, avec sérénité et humour, en n'insultant personne (2)". Aujourd'hui, Dieudonné M'bala M'bala et Paul-Éric Blanrue sont indissociables de l'itinéraire du négationniste. Ils se chargent, à leur manière, de répandre sa propagande.

Robert Faurisson se retrouve au centre de cette nouvelle nébuleuse. Sa réputation a suffit pour l'y introduire. Il est devenu le "martyr" de la cause négationniste. Il est d'ailleurs conscient d'être instrumentalisé par ces hommes. Le point de ralliement de ces hommes est un « antisionisme » radical, paravent d'un antisémitisme déguisé, qui trouve aujourd'hui son aboutissement discursif dans le négationnisme. La dénonciation du "complot américano-sioniste", l'axe du mal, figure au centre de cette rhétorique.

(1) "Deuxième Conférence Internationale sur l'Hollywoodisme et le Cinéma Mondial à Téhéran : compte rendu de Marie Bruchet", Le Clan des Vénitiens.
(2) Propos de Paul-Éric Blanrue recueillis Par Rachid Guedjal pour Algerienetwork, Le Clan des Vénitiens.

Valérie Igounet,
Huffington Post, le 29 février 2012

17 février 2012

Faurisson et Ahmadinejad, le couple infernal


Le falsificateur de l’histoire, Robert Faurisson doit pavoiser. Le 2 février 2012, il vient de recevoir des mains de Mahmoud Ahmadinejad le premier prix dit du « courage, de la résistance et de la combativité », en marge du 30e Festival International du Film de Téhéran (sic). Quels ont été les sujets évoqués lors de ces journées ? « L’hollywoodisme dans la décadence humaine » et « l’hollywoodisme et l’Holocauste » (re-sic).

Tant de délires paranoïaques et d’anti américanisme primaire ont dû satisfaire les journalistes arabes et iraniens qui ont assisté à cette clownerie et si l’on en croit la propagande du régime des Mollahs, ce festival aura été un succès.
 Autour de Faurisson, quatre rabbins antisionistes de la secte (folle) Neturei Karta étaient aussi de la partie, ainsi qu’un ancien « humoriste » du nom de Dieudonné, qui participera à cette sauterie. Le pitre de service était d’ailleurs accompagné de l’inénarrable Maria Poumier.

 Qui est Maria Poumier ?
 
 Cette universitaire est proche de Roger Garaudy. Plusieurs médias et associations lui reprochent d'être la « compagne de route des négationnistes » ou « des antisémites », comme secrétaire de rédaction de la revue À Contre-Nuit fondée par Roger Garaudy, et elle aurait été la traductrice d'Israël Shamir avec qui elle collaborera (1). Son rôle dans l'édition du Manifeste judéo-nazi -titre donné à un entretien anonyme paru dans Les Voix d'Israël, l'attribuant à Ariel Sharon- lui est également reproché. En septembre 1996, l'équipe de recherche de l'Université de Paris VIII Histoire des Antilles hispaniques, cadre de référence de María Poumier pour son activité universitaire, décide de l'écarter « de toute fonction au sein du bureau et de toute représentation de l'équipe à l'extérieur », en raison de « sa participation à la divulgation de l'ouvrage de Roger Garaudy, Les mythes fondateurs de la politique israélienne, et par conséquent à la divulgation des thèses révisionnistes ». Poumier n’arrête cependant pas de faire parler d’elle. Le 22 janvier 2009, lors du conflit entre Israël et le Hamas, elle publie un Appel des Chrétiens aux Evêques de France. Mais, ce texte transpose délibérément le « déicide » et son immense symbolique dans le conflit, rien que par son titre, un titre répugnant et délirant : « À Gaza, c’est Jésus qu’on assassine! » Le reste du texte suinte la violence et la haine d’Israël. Enfin, lors des précédentes élections européennes, Maria Poumier est candidate dans la liste antisioniste de Dieudonné.

 Proximité entre l’extrême droite française et l’Iran

La proximité de longue date des militants antisémites ou d’extrême droite avec l’Iran était encore d’actualité au printemps 2010. Seyed Mehdi Miraboutalebi, l'ancien ambassadeur de la République islamique d'Iran à Paris ne faisait lui aussi pas les choses à moitié. Mardi 13 avril 2010, « pour approfondir les relations entre les deux peuples » et « parce que les médias injectent des idées préconçues dans les opinions publiques », il s'était prêté à un jeu de questions-réponses dans un bar à vin parisien du 5e arrondissement (qui, pour l'occasion, ne servait pas d'alcool) tenu par un ex-militant du Renouveau Français (groupe pétainiste et antisémite), ex-colistier de la liste antisioniste de Dieudonné, très proche des hooligans du PSG et des ultranationalistes serbes, rapportait l’excellent Blog des droites extrêmes. Cette "causerie" était organisée par le journal Flash, le bimensuel d'une extrême droite qui se veut "altermondialiste" et dans lequel écrivent, entre autres, Christian Bouchet, Philippe Randa, Alain Soral et Alain de Benoist. Ce dernier était d'ailleurs aux côtés de l'ambassadeur. Dans la salle, se trouvaient des têtes bien connues du milieu. Marc George, ex-secrétaire général d'Egalité et Réconciliation, Jacques Bordes, nationaliste-révolutionnaire, proche de feu François Duprat et très introduit dans certains cercles du Proche-Orient, Thomas Werlet du Parti solidaire français, groupuscule "nationaliste-socialiste", Pierre Panet, ami de Dieudonné et auteur d'un texte intitulé "Faurisson, un humaniste".

 Un néonazi français : Thomas Werlet

 L’ambassadeur d’Iran a donc reçu tout ce beau monde. Arrêtons-nous un instant sur l’un d’entre eux : Thomas Werlet. Qui est-il ?
 Le 4 août 2007, des « militants » d’extrême droite agressent des enfants noirs dans le métro parisien. Après la diffusion de leurs « exploits » sur Internet, Kémi Seba l’ancien leader de la Tribu Ka -prétendant défendre les intérêts de la communauté noire- réagit sur Internet: « Si je les croise, si certains de mes frères, par hasard, les croisent, nous amoureux du nationalisme, déclarons que nous les corrigerons ». Six mois plus tard, Kemi Seba créée un mouvement, le MDI. Le MDI regroupe des militants nationalistes de tous bords. Ils sont fédérés par la haine du métissage et des Juifs. La droite socialiste -appelée dorénavant Parti solidaire français-, groupuscule néonazi, fait justement partie du MDI. Son chef s’appelle Thomas Werlet.
 Le 8 mai 2008, "la droite socialiste", organise une manifestation pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan. Kemi SEBA prend la parole. Dans le service d’ordre, nous retrouvons des militants connus du PSF de Thomas Werlet et des skins de Nomad 88. Ce sont les mêmes militants qui avaient agressé des enfants noirs dans le métro.
 « Le sionisme, c'est la gangrène, on l'élimine ou on crève. » « Le sionisme, c'est la gangrène, à Paris comme à Gaza, intifada. » Pour avoir diffusé ces slogans dans la ville de Courbevoie en 2009, Thomas Werlet, « garant de la grandeur de la France » et « antisioniste » comme on peut le lire sur son site Internet, comparait devant le tribunal correctionnel de Nanterre pour « provocation à la discrimination nationale, raciale, religieuse ». Car, en découvrant les affichettes portant ces inscriptions sur les lampadaires de la commune, la ville de Courbevoie avait déposé plainte en septembre 2008. Décrit comme « un personnage inquiétant » par le procureur Marie-Christine Daubigney, Thomas Werlet rejette en bloc les accusations d'antisémitisme. « Je suis un peu surpris de me retrouver devant le tribunal à cause du sionisme, qui est un concept politique », se défend cet homme de 26 ans à l'allure ordinaire, masquant sa nervosité à la barre, avec un brin d'assurance en trop, rapporte Le Parisien du 4 novembre 2009. Tout en tripotant ses mains croisées dans le dos, Thomas Werlet ne se démonte pas plus en exposant que « l'antisionisme n'est pas l'antisémitisme ». « Dire que le sionisme est un concept politique ne tient pas la route une seconde », rétorque Marie-Christine Daubigney. Le prévenu ne se démonte pas plus lorsque, tour à tour, le procureur et le président du tribunal, Olivier Fourmy, l'interrogent sur le choix et le sens du mot intifada.
 « Dans mon esprit, intifada signifie résistance. La résistance peut être passive. Ici en France, la guerre politique se fait en paroles, là-bas avec des armes et des bombes. » « Dans ces tracts, vous assimiliez le peuple juif à la gangrène, décrypte Marie-Christine Daubigney. Et vous suggérez à ceux qui croiseraient un juif sioniste de mener l'intifada. » Thomas Werlet sera... finalement relaxé à la suite de ce procès.
 Plus tard, dans un entretien qu’il accordera au site anti-impérialisme.com, Werlet exprime son aversion du sionisme (il faut entendre par là des Juifs): « La question de l’idéologie sioniste peut apparaître comme un détail lorsque l’on analyse la situation nationale ou mondiale actuelle. Mais, comme elle est la source des concepts politiques, économiques, universalistes et de conflits sociaux en tous genres… (démocratie libérale, capitalisme, brassage des populations, immigration de masse, communisme, socialisme, anarchisme, droite bourgeoise, libéraux, démocrates.. .diviser pour mieux régner), cette dernière ne peut alors plus paraître aussi insignifiante et sans importance aux yeux d’hommes et de femmes clairvoyants et compatissants envers les peuples qui luttent chaque jour contre cette doctrine dangereuse, raciste, colonialiste et meurtrière. Par conséquent, les Français doivent disposer d’une formation politique sérieuse et véritablement dissidente du système actuel et qui ne soit ni prisonnière d’un dogme religieux quelconque, ni d’une famille politique particulière. Elle doit être structurée pour mener un combat purement et exclusivement politique sans jamais remettre en question le lutte originelle du parti : « la défense de la Sainte mère Patrie et du peuple qu’elle abrite depuis des siècles ». »
Le même Thomas Werlet cosigne un article extrêmement virulent et d’un antisémitisme grossier, publié sur le site Internet du Parti national Radical de la fédération de Corse : « Nous n’avons aucune leçon à recevoir de ce peuple “sûr de lui et dominateur”, qui a plus de sang sur les mains que n’importe quelle autre communauté dans le monde : Nous n’oublions pas le rôle des commerçants juifs dans l’esclavagisme au Moyen Age, ainsi que dans la traite négrière ; nous n’oublions pas le rôle des juifs bolcheviques dans le massacre de trente millions de Russes et d’Ukrainiens après 1917. Aujourd’hui, ce sont les populations palestiniennes qui sont transformées en “chaleur et lumière” par les bombes au phosphore de l’occupant. Nous en avons ras-le-bol de cette propagande judéo-sioniste qui vise à détruire les peuples libres dans le but d’établir une dictature cosmopolite universelle. » Cet article est également cosigné par Henri De Fersan, Président du Parti Français Chrétien, le négationniste Pierre Guillaume (Éditions de la Vieille Taupe), Maurice Martinet (Président du Parti National Radical), et le blogueur antisémite fanatique Hervé Ryssen.
 Bref, ce sont ces gens que l'ambassade d'Iran aide (et finance?) 
Faurisson, l’extrême droite française et le régime des Mollahs : une vraie histoire d’amour sur fond d’antisémitisme crasse, de fascistes violents et d’un j’irai cracher sur vos tombes permanent.

Note :
1) Le lecteur regardera l’entretien qu’elle a réalisé avec Israël Shamir. Cet entretien est reproduit sur le site d’extrême-droite de Voxnr.com

Marc Knobel
Site du CRIF, 15 février 2012

31 décembre 2008

Cette ordure de Faurisson, paradant à la télé de Téhéran ...

Robert Faurisson, interviewé par la télévision iranienne, décembre 2006
(photo tirée du site négationniste et antisémite "Radio Islam")

Depuis ce week-end, l’affreux Robert Faurisson a donc droit aux « feux de la rampe » de l’actualité grâce aux bons soins du non moins ignoble Dieudonné, qui lui a offert, dans la soirée de vendredi, de vrais feux de la rampe : ceux du Zénith, où ils furent tous les deux acclamés par 5000 personnes - sans doutes la crème des antisémites de Paris et banlieue, venus pour entendre « casser du Juif » à défaut de le faire eux-mêmes ...

Rendons hommage au blog « conspiracywatch » qui fut un des tous premiers à révéler ce scandale. On lira sur ce lien l’article associé, avec en particulier de nombreuses adresses utiles, une réactualisation au fil de l’eau sur les réactions, et surtout la vidéo reprise de « Youtube », où - hélas ! -, une absence totale de « modération » laisse fleurir des dizaines de messages négationnistes, antisémites orduriers et islamistes haineux (cliquer ici).

Mais j’ai voulu profiter de cette actualité pour rappeler qu’il y a, aussi, un pays où Robert Faurisson non seulement n’est pas poursuivi par les tribunaux, mais joue les vedettes : il s’agit bien sûr de la République Islamique d’Iran, où le président, « petit Hitler de notre époque » organisait une conférence négationniste en décembre 2006. Faurisson y a joué les vedettes, interviewé par la télévision locale (voir photo), et prononçant un discours débordant de haine antisémite ... Pour ceux qui auraient le cœur suffisamment solide, voici la prose du "cher professeur" à Téhéran. Elle est tirée du site « Radio islam » dont le responsable, Ahmed Rami, opposant marocain en exil et longtemps basé impunément en Suède - ce beau pays de « belles âmes », tellement neutre pendant la Seconde Guerre Mondiale, et tellement critique d’Israël jusqu’à il y a peu. « Radio islam » est le site de référence et de rencontre de tous les antisémites, islamistes, panarabistes, nostalgiques du nazisme mais surtout négationnistes, puisqu’on peut y trouver les oeuvres presque complètes de ... Robert Faurisson !

J.C