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16 septembre 2013

Haine et violences antisémites en France, quelles réponses dans notre société ? Marc Knobel sera mon invité le 22 septembre

Les tortionnaires d'Ilan Halimi (z"l)
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Nous allons poursuivre dimanche prochain notre entretien consacré à un livre de référence, "Haine et violences antisémites. Une rétrospective 2000-2013"; c'est publié chez Berg International Editeurs, et j'aurai le plaisir de recevoir à nouveau son auteur, Marc Knobel Pour rappel, il est historien de formation, spécialiste de l'antisémitisme qui a été un peu le "fil rouge" de toutes ses publications. Il est actuellement chercheur au CRIF où nous nous croisons souvent, et il a donc publié cet ouvrage imposant de quelques 350 pages sur la vague violente que subit notre communauté depuis 13 ans maintenant. Alors, le sujet était trop grave et son travail trop imposant pour n'y consacrer que 25 minutes, c'est pourquoi j'ai décidé d'en tirer deux émissions. La dernière fois, nous avons établi un premier bilan jusqu'à 2006, en parlant beaucoup du contexte extérieur de ces tristes évènements - antisémitisme islamiste, propagande haineuse véhiculée par l'Internet ou par certaines télévisions. Cette fois-ci nous allons reprendre le fil des évènements depuis ces 7 dernières années, mais surtout examiner ensemble les réactions de la société française dans son ensemble, et de la communauté juive en particulier : avons-nous assez réagi ? Avons-nous encore des amis, au niveau politique ou médiatique pour dénoncer ces agressions ? Comment à la fois défendre notre sécurité, dire la vérité mais surtout être entendus ? Comment se positionner alors qu'un autre racisme, cette fois visant les Musulmans, semble se développer ? 


Parmi les questions que je poserai à Marc Knobel :


-        Nous nous sommes arrêtés la dernière fois sur l'année 2006, une année particulièrement traumatisante puisqu'elle a été celle du premier meurtre antisémite depuis la Guerre, celui d'Ilan Halimi. Le livre rappelle l'affaire, d'abord  les hésitations de la presse à reconnaitre le caractère raciste de son rapt ; le sadisme de cette bande qui l'a séquestré et torturé pendant plusieurs semaines ; et bien sûr la figure effroyable de son principal meurtrier, Youssouf Fofana qui s'est présenté au procès comme un militant islamiste. Pour cette affaire particulière, au moins, la communauté juive n'a-t-elle pas été confortée par un soutien national ? 


-        Heureusement, il n'y a pas chaque mois une affaire Halimi ou une tuerie dans une école juive, comme l'année dernière à Toulouse, et pourtant - et le livre en donne des centaines d'exemple - il y a régulièrement des actes violents qui, s'ils ne tuent pas, traumatisent les victimes : attaques de commerces ou de domiciles ; coups de poings, coups de matraques, menaces violentes, etc. En 2012, 55 % des agressions racistes violentes ont visé la communauté juive, communauté qui ne représente que 1 % de la population. Cependant, et le livre publie plusieurs tableaux de sondages au fil des ans, lorsqu'on interroge l'ensemble de la population française on est à la fois rassuré et inquiet : rassuré, parce que globalement les préjugés antisémites reculent ; inquiet, parce que par exemple en 2008 seuls 5 % des Français pensent que les Juifs sont les principales victimes du racisme. Comment l'expliquer ? 


-        A propos du racisme et des risques de cassure entre citoyens juifs et musulmans de notre pays, il y d'autres éléments à considérer. D'un côté, les derniers sondages montrent effectivement une vision très négative de l'islam chez la majorité des Français, et il y a eu, c'est incontestable, des actes hostiles, mosquées taguées, cimetières vandalisés, et même des agressions physiques récentes comme à Argenteuil. D'un autre côté, certains collectifs comme le C.C.I.F présentent l'application des lois - par exemple l'interdiction de porter le niqab - comme un acte islamophobe ; il y a aussi un problème de définition des actes racistes, et là, la lecture du dernier compte-rendu annuel de la Commission Consultative des Droits de l'Homme donne l'impression que les actes antijuifs sont moins nombreux : comment tenir ensemble un discours cohérent ?


-        Le livre est assez disant pour ce qui concerne les différents responsables politiques, de droite comme de gauche qui se sont succédé au pouvoir et en particulier, il reproduit les déclarations solennelles faites lors de diners du CRIF, ou après l'attentat de l'école Ozar Hatorah : or cela n'empêche ni l'antisémitisme virulent d'une partie de la jeunesse, ni le manque de soutien de l'opinion publique, ni le sentiment d'impunité des agresseurs : est-ce que finalement, on ne se trompe pas de cible en parlant au politique, alors que les sphères de l’Éducation Nationale, de la Justice et de des Médias se sont montrées assez distantes vis à vis de notre Communauté ?


Beaucoup de questions fondamentales ... et même avec cette deuxième émission, on n'aura pas épuisé le sujet : merci en tout cas d'être nombreux au rendez-vous !

J.C