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27 août 2013

Retour en avance, menaces de guerre et quelques précisions



Les choses ne se passent (souvent) pas comme prévu : je vous avais annoncé une "rentrée" pour le 2 septembre, mon article - qui devait accompagner aussi des vœux pour la nouvelle année juive - était déjà écrit. Mais voici que l'Histoire s'emballe à nouveau au Moyen-Orient, avec la probabilité de plus en plus forte d'une guerre du côté de la Syrie.
De retour d'un petit séjour fort agréable en Israël, mon cœur est, avouons-le, toujours déchiré entre le bonheur de voir régulièrement le pays se développer et s'embellir, et la crainte de voir toutes ces constructions menacées et ce peuple massacré par un déluge de dizaines de milliers de missiles  ... A l'heure où je tape ces lignes, on ne sait toujours pas si les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux vont au final ou non frapper la Syrie, en réponse aux derniers massacres à l'arme chimique commis par le dictateur de Damas ; mais, même si à Jérusalem on fait (plutôt) dans ce cas l'hypothèse optimiste de non représailles sur le territoire israélien, tout est possible au Moyen-Orient, même le pire et le plus absurde - car le régime Assad signerait ainsi son arrêt de mort. Les dirigeants syriens - exactement comme ceux d'Irak à la veille de la guerre du Golfe, en 1991 - ont déjà défini le pays qui subira leurs représailles : ce sera l'état juif, ennemi haï, seule cible susceptible encore de fédérer les "rues arabes" ; et cela, alors même que tout le monde sait qu'il est resté globalement neutre dans l'horrible guerre civile à ses portes, alors même que toutes les puissances régionales - Iran, Arabie Saoudite, Hezbollah, Turquie - ont fourni armes ou combattants à chacun des camps. 

Ne pleurnichons pas sur la solitude d'Israël et voyons les choses en face, de manière brutale : cette solitude ressentie en particulier par la communauté juive en France, elle est réelle au niveau de l'opinion publique en raison de l'information qui est donnée ici : qui parle de l'affluence pour recevoir des masques à gaz (lire ici) ? Qui dit que la vraie crainte, en cas de dérobade au final des Américains - et la nullité de leur Président rend tout à fait plausible cette possibilité - c'est le spectre de l'abandon du pays face à la menace nucléaire de l'Iran (lire aussi ici) ? Mais cette solitude n'est pas vraie, reconnaissons-le aussi, au niveau stratégique, alors que l'on voit la puissance de feu alliée qui risque de s'abattre contre le régime syrien : les USA, les Anglais, les Français ... cela fait beaucoup de monde, et pas du côté ennemi !

Mais une autre triste réalité à voir en face est la fragilité d'Israël en cas de bombardements massifs par des missiles - syriens ou du Hezbollah - de tous calibres, de toutes portées : le pays est tout petit, ses centres vitaux trop concentrés ; et les échos de la presse israélienne ne sont guère rassurants sur la défense passive - voir par exemple les 40 % de la population qui n'ont pas de masques - ou sur la défense anti-missiles du pays, qui ne devait être totalement efficace qu'en 2015. Il y aura des dégâts, des lourds dégâts aussi bien humains que matériels, et cela déchire le cœur d'y penser comme je l'écrivais plus haut.

Je tenais donc à écrire cela, peut-être à quelques jours d'une nouvelle guerre, si inattendue et potentiellement si destructrice. Lundi 2 septembre, si le Moyen-Orient échappe à la tempête annoncée, je reviendrai donc vous "parler" et nous verrons ce qui s'est passé, au final. Dans le cas contraire, ce blog n'étant pas un "journal" et ne pouvant rien apporter sur l'actualité à part des analyses "a posteriori", j'attendrai la fin du conflit pour en discuter le bilan, et cela je l'espère pas au bout de plusieurs semaines. Bien entendu, sa fonction primaire - vous annoncer les prochaines émissions - sera assurée, car ma programmation sur Judaïques FM est déjà définie !

Bon retour à ceux qui reprennent le travail, bon courage à toutes et tous avec cette actualité chargée, amitiés à tous mes lecteurs et auditeurs.


Jean Corcos