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06 décembre 2012

Impasse israélo-palestinienne, par André Nahum



Mahmoud Abbas dont la popularité s’effrite régulièrement  au profit de son grand rival le Hamas, vient  de réussir un joli coup médiatique en faisant admettre la Palestine comme membre observateur de l’ONU.
Ce strapontin qu’il obtenu grâce à sa majorité automatique dans l’organisation internationale et au soutien de plusieurs pays européens dont la France - la République Tchèque étant  la seule de l’Union européenne à voter contre -, ne changera pas grand-chose à la situation à Gaza ou en Cisjordanie, mais son importance psychologique et politique est indéniable. Sans compter que les Palestiniens pourront  désormais et ils ne s’en feront certainement pas faute,  traduire devant le Tribunal International tel ou tel dirigeant israélien pour crimes de guerre ou même crimes contre l’Humanité.

En réponse à cette action unilatérale que ne prévoyait pas les accords d’Oslo qui, jusqu’à nouvel ordre, régissent les relations  entre Israël et les Palestiniens,  Netanyahou a cru bon d’annoncer la construction de trois mille logements dans la banlieue de Jérusalem et en Cisjordanie,  provoquant  la colère immédiate des États-Unis et surtout  de l’Europe, où plusieurs pays dont la France ont  convoqué l’ambassadeur de l’état   hébreu pour lui  remonter les bretelles.

Si l’on  peut  mettre en doute l’opportunité pour le gouvernement israélien d’annoncer un  tel projet, qui dans les meilleures conditions ne verra pas le jour avant  longtemps, on doit cependant  remarquer que face à l’unanimité des états arabes et de leurs amis pour condamner régulièrement Israël  à tout propos  pour n’importe quoi, les Européens  font preuve d’une méconnaissance absolue des problèmes qui agitent le Moyen-Orient. Ils ne peuvent ignorer qu’une immense majorité d’Israéliens souhaitent la paix, mais  n’est pas assurée de la sincérité de l’OLP et encore moins  du Hamas, dont l’objectif proclamé est la destruction pure et simple de « l‘entité sioniste« . 

Pourquoi cette précipitation à reconnaitre un état  bicéphale, dont une des composantes se réclame d’une guerre totale jusqu’à la victoire finale ? Pour qui  la France a-t-elle voté au juste à l’ONU ? Pour le Hamas, afin qu’il continue à se faire surarmer par l’Iran, à envoyer des missiles sur le territoire israélien  et qu’il s’empare de la Cisjordanie comme il s’est emparé de Gaza ? Nos dirigeants ne voient-ils pas qu’en votant cette reconnaissance  prématurée de la Palestine avant tout accord  avec Israël qui joue sa survie dans cette aventure, ils éloignent les  perspectives de  paix en renforçant les extrémistes des deux camps ? Le Hamas crie victoire et  voit dans  cette admission à l’ONU  la  justification de sa lutte armée. Les Israéliens qui vont voter le mois prochain  risquent bien d’envoyer à la Knesset une majorité encore plus droitière.

Est-ce bien cela que souhaite  notre Quai d’Orsay ?

Dans un article récent,  Benny Grossman affirmait que les Palestiniens étaient soucieux avant tout  de retrouver leur dignité. 
Une revendication légitime mais qui  pour être satisfaite a plus besoin de  dialogue et de respect mutuel, que  de lance- roquettes, de culture de la haine, de ripostes et de contre  ripostes.
Au lieu d’attiser les flammes, les amis des Palestiniens feraient bien de s’en convaincre.
Si la proclamation de l’état palestinien avait été faite dans une ambiance d’accord  et de bon voisinage et pas dans la confrontation comme le confirme le discours de Mahmoud Abbas à l‘ONU, gageons qu’Israël aurait été le premier à le reconnaitre, et qu’un pas important aurait été fait vers la paix.
Dommage !

André Nahum,
Judaïques FM, le 5 décembre 2012

Nota :
Ce titre de mon ami André n'a pas été choisi par lui ... mais il me semble bien traduire la réalité, hélas !
J.C