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20 janvier 2022

Zemmour, chevalier de la "Reconquête"

 

Eric Zemmour, on le sait, a créé un nouveau parti nommé « Reconquête ».

Un nom qui fait clairement référence à la "Reconquista" espagnole, nom donné à la période du Moyen-Âge correspondant à la restauration d’un royaume chrétien au cours d’un long processus de plusieurs siècles, jusqu’à la conquête de Grenade par la Castille en 1492. Alors disparut le dernier émirat islamique présent, mettant un terme à une occupation arabo-musulmane qui débuta en l’an 711.

On sait parfaitement pourquoi ce nom a été choisi : dans le discours zemmourien, la présence de plusieurs millions de musulmans en France résulte d’une « conquête » et non d’un processus migratoire, lié à diverses raisons (immigration économique, regroupement familial, venue de migrants réfugiés, etc.). Si donc il y a eu « conquête » il faut qu’il y ait « reconquête », y compris – même si ce n’est pas avoué clairement – par la force et au final l’expulsion massive.

Je me permets aussi de dire pourquoi, au-delà du grotesque de cette illustration, cette « Reconquista » proposée en plein 21ème siècle me parle douloureusement. Mon patronyme, d’origine espagnole  - Corcos est un petit village de Castille -  raconte aussi une page d’Histoire : celle de l'expulsion massive des juifs d'Espagne, précisément à partir de 1492 et avant que ne vienne le tour des musulmans. Tout, dans les postures et paroles de Zemmour raconte une France « de sang purement chrétien », où toute présence d’autres religions minoritaires serait oblitérée, les contraignant a minima à raser les murs. Et c’est cette réalité horrible qu’annonce aussi ce photomontage.

Jean Corcos

Cet article a été publié le 18 janvier 2022 sur le site Résistance aux Extrémismes .

 

14 janvier 2022

Interview de Didier Pourquery dans La Revue Civique


Journaliste, essayiste, responsable du site « The Conversation, France », Didier Pourquery a eu une riche carrière dans les médias. Rédacteur en chef à « La Tribune », « Métro », « Libération » puis au « Monde » et dans divers magazines, il est actuellement Président du site « The Conversation, France » et de « Cap Sciences ». Au cours des quatre dernières décennies, il a vu dériver le débat public, notamment sous l’influence des réseaux sociaux et de certaines chaines d’information en continu. Auteur de plusieurs ouvrages, cette homme aux réflexions approfondies vient de publier « Sauvons le débat. Osons la nuance » (Les Presses de la Cité). Face au jeu du tout polémique, et au moment où sur beaucoup d’écrans le débat tourne au clash, il nous dit dans ce livre que nuancer est essentiel pour sauver l’art de la conversation.

Présentation du livre sur le site Lisez.com :

Apprendre à débattre en écoutant soigneusement l'autre et en affinant ses propres arguments semble plus utile que de gagner au fight spectaculaire de "celui qui a toujours raison". 
Sortant d'un débat sur La Chaîne parlementaire, en janvier 2020, où il questionnait la compétence universelle de Greta Thunberg en matière de catastrophe planétaire, Didier Pourquery reçoit une volée de bois vert sur les réseaux sociaux. C'est une révélation. Face à des polémistes de plateau, dont il ne tient plus à utiliser les codes, il réalise que lui, cherche toujours à nuancer. C'est le point de départ d'une enquête sur ce que recouvrent cette passionnante notion et ses applications. Car d'Héraclite puis Montaigne jusqu'à Camus et Aron s'étend un espace où cohabitent réflexion et engagement, approfondissement et pensée ferme. Au moment où sur tous les écrans le débat tourne au catch, où le contexte politique semble pousser à l'affrontement incessant, où de nouvelles idéologies se bousculent, remplaçant les totalitarismes ou les reproduisant à leur façon... oui, nuancer semble essentiel pour sauver l'art de la conversation et l'héritage des Lumières. 

Lire l'article  :

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J.C

 

 

02 janvier 2022

2022, la sortie du tunnel ?


 L’année dernière, je titrais mon message de vœux : « 2021, année moins pire ? ». Il est toujours utile de donner un coup d’œil dans le rétroviseur avant d’aborder le même exercice un an après.

Commençons par répondre au point d’interrogation du titre d’il y a un an : 2021 a-t-elle tenu, au moins, l’espoir limité que je mettais en elle ? Oui, à plusieurs points de vue. Certes, nous ne sommes pas sortie de la crise qui bouleverse la Planète depuis maintenant presque deux ans. Vague après vague, avec des intensités variables selon les saisons et surtout selon les variants, le COVID revient. Je me permets de reprendre ici quelques phrases du texte écrit pour un ouvrage collectif dont je vous avais déjà parlé sur ce blog, le numéro 1 (nouvelle série) de la revue "La Nouvelle Equipe Française" : « Commençons par nous placer dans l’espace-temps. En ce mois de février 2021, et après plus d’un an de pandémie, il a été totalement distordu. « Le virus est le maitre des horloges », « nous vivons un jour sans fin », autant de réalités qui se sont imposées à nous tous, à force de découverte d’un mal inconnu (…) ». Mais aussi et bien sûr, l’année a été riche en évènements positifs qui ont évité le pire : vaccination massive de milliards de personnes à travers le monde, même si certains continents restent largement en retard pour le plus grand bonheur du virus qui mute et qui voyage ; crise économique surmontée chez nous grâce au « quoiqu’il en coûte », mais qu’il nous faudra rembourser même si cela prendra beaucoup de temps ; et puis une grande discipline de la majorité de la population, aussi bien en France que dans les autres démocraties, alors qu’on aurait pu craindre le pire avec les campagnes de déstabilisation d'une extrême-droite aussi virulente que nocive.

Mais tout cela reste fragile, à la merci d’un variant encore plus contagieux – nous le vivons actuellement avec le Omicron – ou alors, désastre absolu, échappant aux vaccins. Ceci entrainerait un vraie catastrophe, non seulement sanitaire mais aussi économique et humaine ; et ce, alors que notre pays va connaitre des échéances électorales décisives. Ceci m’amène directement à évoquer un autre virus, celui-là politique et personnifié par un incendiaire abject : Eric Zemmour. Ceux qui me suivent ici de temps en temps savent combien je me suis engagé contre lui, en particulier à travers le nouveau site "Résistance aux Extrémismes", que je vous invite bien sûr à visiter d’urgence pour ceux qui le découvriraient ici. Le travail que j’y consacre vous explique aussi pourquoi – au moins jusqu’à l’élection présidentielle – je ne publierai que rarement ces prochains mois sur ce blog.

Et j’en arrive ici pour terminer à évoquer diverses activités qui ont aussi marqué l’année 2021. Le 1er janvier dernier, j’évoquais le choc qu’avait été pour moi mon éviction de la station Judaïques FM – liquidée quelques mois plus tard pour être absorbée dans Radio J. Cela, après 23 ans de bénévolat ; sans un mot de remerciements, mais parfaitement dans une ligne communautariste et "à droite toute", devenue majoritaire dans l’audimat du 94.8. J’écrivais aussi : « je peux vous assurer qu’on ne m’a pas « tué » comme chroniqueur / journaliste. » Et bien, cet objectif aura été rempli au-delà de mes espérances ! Sur la colonne de gauche de ce blog – devenu maintenant une sorte de « porte d’entrée » pour découvrir mes différentes productions -, vous verrez toute une série de photos. D’abord, celles de ceux qui ont été interviewés tout au long de l’année et qu’on peut entendre à la fois sur ma chaine Youtube, et sur le blog radiophonique "Voix Plurielle" animé avec ma « collègue » Monique Naccache ; ensuite les personnalités interrogées, cette fois à l’écrit, pour le site politique "La Revue Civique". Et ceci, sans parler des publications sur le site « Temps et Contretemps » de mon ami Jacques Benillouche, ou sur mon blog du « Times of Israël » ; et enfin, sans rappeler ma présence très active sur Twitter où les bientôt 1.800 followers enregistrés témoignent, je l’espère, de l’intérêt de ce que je peux y partager.

J’espère donc, tant que j’en aurai la force et la santé, poursuivre dans ces nouvelles aventures et les partager avec vous.

Souhaitons nous tous une « sortie de tunnel », enfin en 2022.

Bonne santé à tous, mes meilleurs vœux à tous et à ceux qui vous sont chers, et merci pour votre fidélité,

Jean Corcos