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04 janvier 2019

Un nouvel article publié sur le Times of Israël : Racisme, antisémitisme, que faire ?


Un nouvel article publié sur le Times of Israël : il est intitulé « Racisme, antisémitisme, que faire ? »

Quelques remarques à propos de cet article, dont je vous donne ici le lien :

-       Il date d’un mois, mais ce n’était pas à proprement parlé un nouveau papier : en effet, il s’agit de la reprise d’un article publié déjà sur mon blog, modulo un ajout au début ;
-        J’ai tenu cependant à ce que vous le retrouviez plus tard en navigant sur « Rencontrejudaiquesfm », grâce au libellé associé à cette collection d’articles ; je souhaite en effet que mes lecteurs ici aient accès à l’ensemble de mes publications sur ce titre israélien prestigieux ;
-        L’ajout, par rapport à ce qui avait été publié ici, est une introduction liée à la – triste – actualité du moment, celle d’un antisémitisme qui n’a rien de musulman. La tuerie de Pittsburgh, puis les manifestations d’un antisémitisme odieux en marge du mouvement des gilets jaunes, sont venus apporter une confirmation sinistre à mon propos d’origine, qui datait de juin dernier.

Vous pourrez le lire :


Enfin, je rappelle que vous avez accès à tous mes articles publiés sur le "Times of Israël" en allant sur un lien permanent, en colonne de gauche de ce blog.

J.C

02 janvier 2019

Bye-bye 2018 ... et un coup d'oeil dans le rétroviseur


Et revoici le « marronnier » habituel au moment d’entamer l’année nouvelle, et que connaissent bien mes lecteurs fidèles : il vous invite à jeter un petit coup d'œil dans le rétroviseur, en dressant le bilan de l'année précédente pour ma série radiophonique. Vous en avez une édition complète en cliquant sur le lien situé à droite de la page, sous le répertoire "Invités et émissions", à l'année 2018.

En voici donc une petite synthèse.

1. 19 nouvelles émissions au total, un "score" toujours identique à celui des deux années précédentes ; Toujours le dimanche matin avec le même rythme bimensuel auquel vous êtes habitués, modulo la période des congés. A ce sujet, beaucoup de mes lecteurs et/ou auditeurs ont dû être informés du changement de propriétaire de la station, mais pour le moment la grille des programmes est restée inchangée.

2. A nouveau, 2018 a été particulièrement riche en nouveaux invités, 12 comme l’année précédente. En voici la liste, par ordre de diffusion : Sylvie Taussig, Alexander Winigradsky Frenkel, Mustapha Tossa, Mahnaz Shirali, Günther Jikeli, Ali Dolamari, Allan Kaval, Naseer Ahmed Shahid, Véronique Teyssandier, Nicolas Bontemps, Marco Sarrabia et Tania Heidsieck. A tous un grand merci, en espérant avoir le plaisir de les recevoir à nouveau.

3. "Rencontre" a ses "invités réguliers", et en général tous ceux qui sont venus sur mon plateau souhaitent y revenir : remercions donc ici Jacques Benillouche, journaliste franco-israélien ; Dorothée Schmidt, chercheur à l'Institut Français des Relations Internationales ; Rudy Reichstadt, directeur du site Conspiracy Watch ; Fatiha Dazi-Héni, spécialiste des monarchies du Golfe, chercheur à l’IRSEM ; Edmond Lisle, président de la Fraternité d’Abraham. Et ce fut aussi un plaisir pour moi de vous faire entendre un invité reçu dans les premières années de l’émission, l’universitaire tunisien Habib Kazdaghli.

4. Cette année 2018 a vu moins de livres traités avec leurs auteurs, puisqu’il y en a eu deux au total : « L’Arabie Saoudite en 100 questions » ; et « Au nom du Père et des Fils ». Vous pourrez accéder directement à leur présentation en cliquant sur les nouvelles couvertures ajoutées sur la page d'accueil, et nous reviendrons plus loin sur ces ouvrages.

5. Je le rappelle régulièrement dans ce récapitulatif annuel, « Rencontre » a été choisi comme titre de l’émission à ses débuts, quand son objet principal était de faire se rencontrer Juifs et Musulmans pour le dialogue et l’échange. Je n’avais pas encore parlé dans ma série de l’association « Parler en paix », qui permet d’apprendre en parallèle l’Arabe et l’Hébreu ; et j’ai eu le plaisir de recevoir sa présidente, Véronique Teyssandier, ainsi que son vice-président Nicolas Bontemps. La Fraternité d’Abraham, qui existe maintenant depuis plus de 50 ans, promeut infatigablement le dialogue entre les trois religions monothéistes, cela faisait cinq ans que je n’avais pas reçu son président Edmond Lisle, et il était temps de faire un point sur leurs activités. Enfin, tout le monde sait combien il est difficile de conserver dans le monde arabe la mémoire des communautés juives, jadis si nombreuses ; le projet de réaliser à Tunis un « Musée du Patrimoine Judéo-Tunisien » devrait y participer, et j’ai été particulièrement heureux de recevoir le professeur Habib Kazdaghli, qui a tant fait pour son lancement.

6. Bien sûr, la « connaissance du monde musulman » ne se limite pas à celle de l’Islam, et soutenir les dialogues inter religieux ne dispense pas non plus de parler des religions par elles-mêmes. Avec Tania Heidsieck et au travers de son livre, nous avons évoqué la relation complexe entre « le Père » (le Judaïsme) et ses « Fils » (Christianisme et Islam), les seconds étant dans la filiation spirituelle du premier tout en ayant tenté aussi de la renier. Avec Naseer Ahmed Shaheed, missionnaire pour la France de son mouvement, nous avons pu présenter Al-Ahmadiyya, une branche pacifique et très minoritaire de l’Islam née au 19ème siècle dans l’Empire des Indes.

7. 2018 a été aussi l’occasion de parler des Musulmans, mais avec des angles de vue différents, parfois inédits et souvent inquiétants : avec Rudy Reichstadt, déjà invité il y a quelques années, nous avons parlé à nouveau du complotisme si répandu en terre d’Islam, mais qui se banalise aussi dans toutes les populations en dehors et surtout chez les jeunes, musulmans ou non ; Günther Jikeli, historien allemand et expert en matière d’antisémitisme, nous a parlé d’une étude récente portant sur les réfugiés du Moyen-Orient, récemment installés dans son pays ; et enfin, Sylvie Taussig, chercheur au CNRS nous a parlé d’une étude vraiment originale : il se développe depuis quelques années des théories délirantes, faisant de l’Islam une religion originelle de l’Amérique Latine, bien avant l’invasion espagnole !

8. C’est aussi une tradition de « Rencontre » que d’évoquer, de la manière la plus complète possible, l’Histoire et/ou l’actualité des pays musulmans. J’ai consacré deux émissions au livre extraordinairement riche de Fatiha Dazi-Héni, « L’Arabie Saoudite en 100 questions », l’une consacrée aux défis du changement à l’intérieur du Royaume, et l’autre traitant de sa géopolitique ; hélas, au moment de leur diffusion (avril dernier), beaucoup misaient sur le jeune Prince héritier Mohamad Bin Salmane pour réformer le pays ; mais l’affaire Kashoggi est venue quelques mois après remettre bien des choses en question. La Turquie, on le sait, a joué un rôle essentiel dans le dévoilement de cette affaire, et en parallèle l’actualité de 2018 a été fort riche pour ce pays ; j’ai donc eu le plaisir de vous proposer une nouvelle émission avec Dorothée Schmid, qui connait si bien ce pays. Au début de l’année, aussi, nous espérions bien sûr que les mouvements de révolte provoqueraient un changement de régime en Iran ; nous en avions parlé avec Mahnaz Shirali, politologue d’origine iranienne. Enfin, si le Maroc a plutôt connu des années de tranquillité malgré les « printemps arabes » et les différentes guerres qui ont suivi, il était temps de faire un point sur ce pays non traité depuis des années ; j’ai eu ainsi le plaisir de vous faire entendre Mustapha Tossa, journaliste franco-marocain.

9. Les Kurdes n’ont hélas toujours pas de pays, mais ils subissent directement ou indirectement la répression ou les pressions de tous les Etats du Moyen-Orient. J’ai donc tenu à vous proposer deux émissions successives sur ce peuple. Mon premier invité était Monsieur Ali Dolamari, représentant en France du gouvernement autonome du Kurdistan d’Irak, et nous avons évoqué, entre autres, les représailles ayant suivi la déclaration d’indépendance de sa région, fin 2017. Mon second invité fut le journaliste Allan Kaval qui connait particulièrement ces populations pour avoir vécu dans la zone autonome du Nord Est de la Syrie, tenue par les milices kurdes : hélas, l’Histoire parfois s’emballe au Moyen-Orient, et le retrait précipité et inattendu des troupes américaines qui étaient leurs alliés, va créer un vide dans lequel la Turquie va s’engouffrer : nous risquerons donc de vous en reparler courant 2019.

10. Et Israël, dans tout cela ? Bien sûr, un grand nombre d’émissions de la fréquence juive vous en parlent au quotidien, et il est vrai que ma série ne lui accordent pas une place centrale. Il n’empêche que l’année écoulée aura permis d’évoquer encore plus souvent le pays, et à travers des facettes bien différentes. Avec Jacques Benillouche, nous avons eu deux interviews, l’une en avril et l’autre en décembre, qui nous auront permis de faire un point sécuritaire, avec le Liban pour la première émission et sur les Fronts Nord et Sud pour la seconde. Avec Marco Sarrabia, responsable francophone de l’opposition, nous avons parlé des minorités et de l’impact de la Loi sur « Israël état nation du peuple juif » ; enfin, avec le Père Alexander Wingoradsky Frenkel, du Patriarcat orthodoxe de Jérusalem, nous avons parlé des délicates relations des Eglises d’Orient avec à la fois les autorités du pays, les populations juives et arabes et les Etats voisins.

Vous pourrez retrouver ces différents invités en consultant le trombinoscope remis à jour, en bas et à gauche de la page d’accueil.

Merci aux auditeurs qui me liront pour votre fidélité ; et en espérant ne pas vous décevoir en 2019, à nouveau mes meilleurs vœux à toutes et tous.

Jean Corcos

01 janvier 2019

2019 : couverture noire, pages encore blanches


Un nouveau 1er janvier, et un nouveau rendez-vous avec les lecteurs, fidèles ou de passage. Et encore, comme je le fais ces dernières années, une carte virtuelle loin des cotillons et du champagne d’autrefois.

L’année dernière l’image illustrait le passage – en fait un saut dans le vide – entre les années 2017 et 2018, saut que j’estimais périlleux en particulier pour notre jeune et nouveau Président de la République. J’écrivais notamment : « Si Emmanuel Macron a su complètement rabattre les cartes et « tirer la situation vers le haut » en retournant à son profit l’effondrement des partis politiques traditionnels, le fait que ce soient La France insoumise et le Front National qui polarisent l’opposition est lourd de menaces en cas d’absence de résultats. Indulgents pour le moment – et c’est une surprise – les Français risquent de se retourner contre lui si les résultats tardent trop à venir ». Je n’imaginais pas à quel point ce retournement serait rapide et brutal !

Les semaines que nous venons de vivre en France l’illustrent parfaitement : un mouvement inédit, se plaçant d’emblée en dehors des cadres habituels des mouvement sociaux, rassemblant – par l’effet redoutable des réseaux sociaux, et en particulier de Facebook - de manière protéiforme et horizontale des protestataires virulents, a ébranlé à la fois le gouvernement et la société toute entière. Par ce que nous disent les enquêtes, c’est la France des départements favorables à Marine Le Pen – pour le Sud Est ou le Nord – ou à la France Insoumise - pour l’Ouest -, qui a soutenu le plus massivement cette révolte ; et ce sont encore plus les départements du "désert français", où la population diminue, qui ont vu le succès de la mobilisation. Les observateurs n’arrivent toujours pas à définir ce que veulent réellement les « gilets jaunes », entre jacquerie et révolution ; et ce, alors que des raisons objectives à la crise existaient et n’auront pas, par définition, de réponses rapides (révolte contre les taxes alors que les services publics régressent, paupérisation des classes moyennes, sentiment d’abandon de « la France périphérique », divorce profond avec « les élites », etc.). Nous avons vécu des samedi noirs à Paris et dans plusieurs villes de France, et je reste traumatisé par les souvenirs de l’Arc de Triomphe profané, des voitures incendiées et des magasins pillés. L’économie a été ébranlée, commerce et tourisme sinistrés en cette période normalement faste des fêtes de fin d’année. Cela, aussi, sans parler des gestes économiques coûteux concédés à contre-temps par Macron, gestes qui n’ont pas mis un terme au mouvement, du moins si on écoute ceux qui ont continué d’occuper les ronds-points.

Ai-je besoin de le préciser ici ? Les manifestations ouvertes d’antisémitisme en marge des manifestations de gilets jaunes, « quenelles », pancartes et slogans échangés sur les réseaux sociaux m’ont bien entendu inquiété, mais plus encore deux choses. D’abord la perméabilité de beaucoup de monde à ces discours de haine, surtout chez les sympathisants de l’extrême-gauche et de l’extrême-droite, et alors même que trop de gens dans la communauté juive ne voulaient – et ne veulent encore pour beaucoup – voir l’antisémitisme que chez les musulmans. A ce sujet, lire ou relire mon article :  "Racisme, antisémitisme, que faire ?". Ensuite, et cela m’interroge beaucoup, l’indifférence du reste de la population devant ces faits : la noble image des révoltés en gilets jaunes, souvent sympathiques quand des petits retraités évoquent devant les télévisions leurs fins de mois difficiles, l’emporte encore dans l’opinion sur la face d’ombre de ce mouvement, qu’il s’agisse des meneurs, des objectifs ou de ses méthodes d’action. Tout ceci me conduit, pour la première fois de ma vie, à me dire que peut-être je ne pourrai pas vieillir tranquillement dans mon pays.

D’autres choses m’inquiètent, bien sûr, et en relisant les vœux des nouvel an précédents – cliquer sur le libellé sous l’article - vous n’en serez pas surpris. Fidèle à mes valeurs, je redoute les progrès des partis populistes dans toute l’Europe ; leur prise de pouvoir en Italie, la fragilisation d’Angela Merkel en Allemagne et l’absence de majorités parlementaires dans plusieurs pays font craindre une vraie « vague brune » partout, la France étant une des dernières digues qui peut maintenant céder. M’inquiète aussi la Russie, à la manœuvre derrière ces déstabilisations. Dans mes vœux pour 2017, j’écrivais déjà : « le virus "complotiste" apparait de plus en plus en plus pour ce qu'il est, un travail de sape de nos opinions publiques, et une désinformation systématique, menés de main de maître par les services secrets de Poutine avec une stratégie précise : détruire l'U.E et l'OTAN ; et placer ses pions partout. » M’inquiète enfin, et c’est peu de le dire, la direction chaotique imprimée aux Etats-Unis par Donald Trump, revenu – après deux ans d’hésitations - à sa promesse électorale de 2016, celle d’abandonner partout ses alliés : en quittant la Syrie et en laissant lâchement les Kurdes face à l’armée turque, il laisse aussi Israël bien seul ; et cela, même si l’actualité militaire de l’année écoulée a démontré, pour le moment, que le rapport de forces avec l’Iran et son allié du Hezbollah reste favorable. Mais un conflit généralisé, brutal et inattendu peut surgir à tout moment, et il faut aussi le redouter.

Et je reviens ainsi à la « carte virtuelle » choisie pour la nouvelle année. Un livre, à la couverture bien noire, comme le petit bilan écrit pour ces vœux.  Mais aussi un livre dont les pages sont par définition encore blanches, que l’on peut contribuer à écrire à notre modeste niveau et en restant fidèles à nos valeurs. En ce qui me concerne, ma contribution sera, encore et encore, de partager avec mes auditeurs des émissions originales avec des invités de qualité ; et, pour les lecteurs du blog, en écrivant ou en partageant des articles qui aident à réfléchir.

Bonne et heureuse année à tous !

Jean Corcos