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28 novembre 2017

La République résiste enfin aux "indigestes" !

Houria Bouteldja expose son programme
 
La semaine passée a vu les « Indigènes de la République » sous les feux de la rampe, d’abord sur les réseaux sociaux puis au niveau de la presse – la télévision restant, à ma connaissance, assez discrète sur le sujet.

Pour rappel, je m’étais intéressé depuis longtemps à ce groupuscule haineux contre notre pays, raciste, antisémite, en lui consacrant même un article sur ce blog en 2006. J’y analysais son idéologie, à partir de leur « Appel » servant de plate-forme au mouvement, l’année précédente. Depuis, il s’est même constitué en parti politique, « Le Parti des Indigènes de la République », ou « PIR ». Une abréviation boomerang, comme le patronyme détourné « d’Indigestes » que j’ai repris en titre.

L’encyclopédie en ligne Wikipedia   - voir sur ce lien – permet d’avoir une vue plus exhaustive sur leurs positions et sur les polémiques qu'ils ont suscitées au fil des années. A noter, à nouveau, que ceci était plutôt « passé sous les écrans radar » de l’opinion publique. 
Les « Indigènes » ont bénéficié trop longtemps de la complaisance de certains médias, syndicats ou responsables universitaires. Le combat n'est pas fini, mais beaucoup s'engagent maintenant, dans les associations laïques en particulier, pour combattre les "rouges-verts" : et la résistance marque enfin des points !
Il faut dire aussi que les provocations verbales de leur porte-parole Houria Bouteldja, invitée régulière de l’émission « Ce soir ou jamais » de Frédéric Taddeï sur France 3 , ont fini par attirer l’attention. Mais revenons à la chronologie des dernières semaines. D’abord, les propos maladroits de la députée « France Insoumise » Danièle Obono la qualifiant « de camarade » ont déplacé les projecteurs vers Jean-Luc Mélenchon ; ce dernier écrivant une lettre ouverte au nouveau président de la LICRA pour dire qu’il se démarquait totalement du P.I.R : lire ici .

Le « Canard enchainé » a publié un article rassemblant des citations choisies de la porte-parole des Indigènes de la République, et on pourra le lire dans le texte ci-dessous.


Mais tout cela n’avait pas empêché l’Université de Limoges de l’inviter à un « séminaire d’études décoloniales » … Le gratuit « 20 minutes » s’est fait l’écho des réactions provoquées par cette réunion, en titrant (sans trop se mouiller), que cette invitation faisait polémique . Au final, et vu l’intense campagne menée contre cette étrange conférencière, à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de l’Université, son président Alain Célerier a publié un drôle de communiqué pour l’annuler.
Lire le communiqué ci-dessous.


Je vous laisse apprécier le ton ambiguë de ce teste, où était défendu – en creux – les qualités de l’invitée : en rappelant que le livre que devait présenter Houria Bouteldja avait été publié par le prestigieux MIT américain, il en faisait même un peu la promotion ! A noter aussi que, au nom de la liberté de penser et du débat ouvert à tous, la même Université pourrait inviter la prochaine fois Robert Faurisson à débattre sur l’existence « controversée » des chambres à gaz et de la Shoah.

Autre scandale – mais là, la manifestation n’a pas encore eu lieu – le syndicat Sud Education de Seine-Saint-Denis organise en décembre prochain une journée de formation sur « l’antiracisme » avec le CCIF et les compagnons de route des Indigènes de la République. Au programme « Racisme d’État », et des ateliers « en non-mixité ». On ne rêve pas … des salles de classes séparées par « race », l’idéologie « racisée » des Indigènes faisant ainsi son entrée dans les locaux de l’Éducation Nationale ! La LICRA a vivement réagi. Et son président a cosigné un communiqué de protestation avec le Comité Laïcité République, le Printemps Républicain et le Grand Orient de France. De son côté, le Ministre de l’Éducation Nationale, Jean-Michel Blanquer, a porté plainte en diffamation contre le Syndicat Sud 93, à propos du soi-disant « Racisme d’État ». Et les propos du Ministre ont été vigoureusement applaudis sur les bancs de l’Assemblée Nationale, voir la vidéo sur ce lien .

La République - ou plus précisément ceux qui se reconnaissent dans ses valeurs - semble donc enfin résister au travail de sape idéologique mené depuis une dizaine d’années. Et il est permis de ne pas désespérer.

J.C

23 novembre 2017

Un nouvel article publié sur le « Times of Israël » : Ramadan, Burgat, De Cock, etc.





Un nouvel article publié le 9 novembre dernier, sur le "Times of Israël".

Cette fois, je ne parlais pas directement du monde musulman, mais de certains universitaires aux positions plus que douteuses.

J’y évoque en effet :

François Burgat, qui sur le blog qu’il tient sur Médiapart, a tenu a rappeler que « les combats de Tarik Ramadan restaient les siens » ; et cela, en citant « les violences infinies de l’occupant israélien contre la société toute entière », comme si cela avait un rapport avec son sujet ;
Laurence De Cocq, qui ne voit pas vraiment d’antisémitisme ou d’homophobie dans les positions des Indigènes de la République, mais par contre juge « islamophobe » un dessin de Plantu où est représenté Mohamed Merah ;

Et pour finir un Syrien, proche du régime et nommé dans une université américaine, et que je vous laisse le plaisir de découvrir !

Vous pourrez lire l’article

sur ce lien

Enfin, je rappelle que vous avez accès à tous mes articles publiés sur le "Times of Israël" en allant sur un lien permanent, en colonne de gauche de ce blog.

J.C

20 janvier 2013

Qui écrit en France l'Histoire du Maghreb ? Pierre Vermeren sera mon invité le 27 janvier



Nous allons avoir une émission bien originale dimanche prochain, puisqu'il va être question du Maghreb, d'Histoire, mais pas d'un nouveau livre d'Histoire puisqu'il s'agit en fait d'un livre sur "l'Histoire des Historiens". Mon invité sera Pierre Vermeren. Les auditeurs de ma série le connaissent bien, je ne compte plus les émissions où il nous a fait l'honneur de passer sur notre antenne. Rappelons qu'il est historien de formation, arabisant, maître de conférences en Histoire du Maghreb contemporain à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, et qu'il a consacré plusieurs ouvrages à ces pays et en particulier au Maroc, où il a été longtemps enseignant. Alors le livre dont nous allons parler a un titre un peu étonnant : "Misère de l'historiographie du "Maghreb" post colonial, 1962-2012", c'est édité aux "Publications de la Sorbonne", et disons-le, c'est un ouvrage tout à fait technique où il fait un point extraordinairement détaillé de l'historiographie française sur ces pays - avec un aperçu plus rapide sur la recherche historique au Maghreb même et dans certains pays étrangers. L'historiographie, c'est à dire la manière avec laquelle on écrit l'Histoire, n'est pas quelque chose de secondaire ; et il faut s'intéresser au sujet en profondeur, comme il l'a fait, pour réaliser qu'elle est le fruit d'enjeux idéologiques, qu'elle reflète aussi l'état de la société à un moment donné, mais en même temps qu'elle façonne notre vision du monde extérieur ; et c'est particulièrement important lorsqu'il s'agit de pays avec lesquels la France a tissé tant de liens. Or justement, et c'est le paradoxe qu'illustre son livre, c'est précisément depuis qu'ils sont indépendants que les Etats du Maghreb ont disparu peu à peu du paysage académique français. Comme il l'écrit en introduction, les recherches restent denses sur la période coloniale, mais leur Histoire des cinquante dernières années n'a presque pas intéressé nos historiens : d'où, je le cite, "l'indigence globale du débat public sur l'Afrique du Nord, jusqu'au "printemps arabe" de l'hiver 2011".

Parmi les questions que je poserai à Pierre Vermeren :

- Vous décrivez "les méthodes classiques de l'historien : description des faits, prééminence des archives et de la chronologie sur l'analyse, croisement des sources, critique interne et externe des documents". Est-ce que ces règle sont généralement suivies, ou bien non ?

- Le récit colonial français a eu des inflexions par rapport à l'identité des peuples d'Afrique du Nord : on a l'impression qu'ils ont été alternativement présentés à l'époque comme des Arabes et comme des Berbères, pourquoi ? On a l'impression que pendant la conquête et après, les anthropologues avaient une connaissance extrêmement fine de ces populations, mais que le fait d'avoir utilisé cette science à des fins de domination a complètement tétanisé ensuite la recherche universitaire française : d'où l'idée partagée aujourd'hui par les pouvoirs politiques de part et d'autre de la Méditerranée, que l'on a affaire, en gros, aux mêmes "Arabes", dans le Golfe et en Algérie ou au Maroc.

- il y avait entre 50 et 60 spécialistes universitaires nés dans les décennies 30 et 40, ils sont tous morts ou partis à la retraite, et la génération actuelle compte moins de dix universitaires ; 695 thèses de doctorat sont soutenues sur l'Afrique du Nord pendant la période coloniale, or entre 2000 et 2010 il n'y a que 21 thèses soutenues sur le Maghreb en France, dont sept sur la guerre d'Algérie. Il y a dans les années 30, quatre chaires consacrées au monde arabe au Collège de France, deux à la Sorbonne : après 1962, tout cela va se disperser lors de l'éclatement de l'Université de Paris, on va voir aussi l'apparition de plusieurs instituts indépendants consacrés au monde arabe, mais au final, dites-vous, tout le savoir se dilue peu à peu : que s'est-il passé ?

- Vous insistez fortement sur l'influence des historiens marxistes sur l'historiographie du Maghreb : au lendemain de l'indépendance de l'Algérie, l'Université d'Alger est désertée par ses professeurs pieds-noirs ou pro-colonialistes, et la place est prise par ce que l'on a appelés "les Pieds rouges". Certains de ces universitaires d'ailleurs, pas tous historiens, sont devenus renommés par la suite, comme Pierre Bourdieu, Etienne Balibar et Bruno Etienne. Or ils reviendront en France au bout de quelques années, ils vont investir quelques place-fortes universitaires et surtout, infléchir fortement la vision que l'on aura, en France sur le passé et le présent de toute l'Afrique du Nord : quel a été leur parcours et leur influence ?

- S'il y a une chose que l'on peut reprocher à l'historiographie française sur le Maghreb, c'est bien de n'avoir pas vu venir le réveil brutal de l'islam politique, avec la guerre civile en Algérie et le fameux "printemps arabe" depuis deux ans. Vous énoncez des diagnostics tout à fait lucides, comme le fait que l'on n'ait pas vu le substrat religieux de l'insurrection du F.L.N, et que l'on n'ait pas voulu comprendre ce qui se passait dans l'Algérie indépendante avec l'arabisation et le "Code de la Famille" : et puis sont venus, remplaçant les historiens, les politologues, Gilles Kepel, Olivier Roy, François Burgat, pour expliquer ce qui se passait : or vous leur reprochez, justement, de ne pas être des historiens et de ne pas comprendre le Maghreb, pourquoi ?

Un sujet ardu, mais qui permet - parce que mon invité va au fond des choses - de découvrir vraiment un aspect inattendu du "récit national" : soyez nombreux au rendez-vous !

J.C